‹ Gouverneur MorrisChapitre 62 sur 150 · T. I, p. /io · texte numérisé non relu

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2. Le décret des qaaire ans dans le Journal, c'est ordinairement celui de novembre 1789, d'après lequel aucun membre de l'Assemblée ne pouvait être appelé au Ministère pendant toute la durée de ses fonctions et même deux ans après leur expiration. Pour l'avenir cela faisait au moins quatre ans, la durée de la législature étant de deux années. Mais on peut douter qu'ici il s'agisse de ce décret voté depuis dix-huit mois. Certains membres ih l'assemblée vpulaient d'autre pari « que les membres d'une législature quelconque ne fusseni fééltgihles qu'après un intervalle de quatre années ». Séance du |6 Biai 179 1, discours de Prugnon, Réimpression de l'ancien Monileur, t. Vm, p. iii7.

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dis que s'il peut faire passer maintenant le premier, ce sera le moyen de détacher IcsQualre-vingt-neuf et les Jacobins, ce qui les rendra les uns et les autres moins intraitables. Je lui dis de plus qu'à mon avis lei-oi doit essayer de s'unir à la populace, il en tombe d'accord '. » Ici, Morris, tout entier à l'intrigue politique, oublie ses principes. Il va jusqu'à souhaiter le vote du décret prohibant la réélection, dont il a justement combattu l'idée, et cela parce que dans son jeu cela peut élre une bonne carte. Le décret pourrait détruire une coalition, dont au fond il se méfie et les deux partis rivaux étant alTaiblis seraient plus malléables.

Beaucoup plus tard, le 4 février 179a, racontant rétrospectivement à Washington ce nouveau groupement des partis, il paraitavoiroubliéccsdétails ; « Vous vous rappelez, dit-il, que lapremière Assemblée avait décrété qu'aucun de ses membres ne pourimlt recevoir un emploi de la Couronne ni être élu représentant du peuple. Le premier décret était de filiation jacobine ayant pour but de déjouer leurs ennemis qui étaient sur le point d'arriver au pouvoir : le second décret fut enlevé contrairement aux secrètes intentions des deux partis. Lo résultat c'est que chaque parti fut sérieusement désappointé et. comme il était certain que la Constitution ne pourrait pas se maintenir, ils commencèrent à s'apercevoir que sa ruine entraînerait la leur ; ils formèrent une coalition dans laquelle chacun d'eux comptait se servir de l'autre pour ses propre» fins -. o Rien' n'est plus simple que les choses vues ainsi après coup. Mcrris nous montre luI-môme, dans le Journal d'avrii et mai 1791, qu'elles étaient plus compliquées.

A cette dernière époque, il avait personnellement travaillé aux négociations. Mme de Flabaut y était également mêlée : mais cotte fois l'ami et l'amie n'étaient pas du même côté. L'aflairc avait deux faces ; l'intérêt du roi, et l'intérêt des chefs unis (le la majorité. C'était ce dernier qui pré'occupait surtout Mme de Plahaut. Le 33 avril Morris va la voir : a Lorsque j'arrive au Louvre, M. de Flabaut m'accueille et se plaint de ce que Madame part pour l'Assemblée avec M. Ricy. Elle me

l,p. ilo8.— I. T. I, p. 5o3.

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dit qu'elle ne sait où donner de la tête ; M. de Montmorin doit lire ses instructions pour nos ministres à l'étranger, les informant que le roi s'est mis à la tête de la Révolution. Je ne vois pas que cela puisse être une chose de grande importance pour elle *. :» Mais le 26 avril cela s'éclaircit : « En causant des aCFaires avec Mme de Flahaut aujourd'hui, à ce qu'elle me dit et plus encore à ce qu'elle ne me dit pas, je m'aperçois qu'il y a sur pied un plan pour faire passer toute l'autorité des mains du roi dans celles des chefs de l'opposition... Madame m'a dit ce matin que M. de Gurt (député de la Guadeloupe) doit être ministre de la Marine si le décret des quatre ans est rapporte 2. »

Morris, de son côté, travaille les Jacobins non seulement par MM. Brémond et Jaubert, mais aussi par M. de Monciel, qui deviendra ministre en 1792 : « Monciel vient me voir (26 avril) et me rapporte ce qui a été fait avec les chefs des Jacobins. Il doit avoir une nouvelle conférence. Ils pensent que le mieux serait d'agir de concert avec la Cour, sans en avoir l'air, de peur de perdre leur popularité. J'approuve la convenance de cette conduite et, conformément à ce que je suppose être leurs vues, j'insiste sur le rappel du décret des quatre ans et sur le décret de non rééligibilité ^. Il doit le leur proposer, et obtenir, s'il le peut, la liste des articles qu'ils désirent* ; aussi, s'il est possible, celle des places auxquelles ils aspirent ^. »

Le 1°' mai, l'intrigue continue, Morris dîne chez Montmorin : « Je l'informe de ce qui a été fait avec les chefs des Jacobins. Il me dit quelle est l'attitude du Ministère à cet

égard Nous convenons du langage qui doit être tenu avec

les chefs des Jacobins ®. » Le lendemain Morris reçoit la visite de Brémond par deux fois : « MM. Brémond et Jaubert me rendent visite de nouveau. Ils me communiquent quelque information de peu d'importance et me demandent mon ppi-

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