néimpra<sion de l'Anciea Htnilear. t. V, p
i. Ibidsm. l. VIII, [). ',10. — 5. T. 1, p. (17. — 6. T. I, p. 549.
LES ÉTATS GÉNÉRAUX. L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE i^S
les membres du côté droit... mais encore par les membres oki côté gauche, tels que Clemiont-Tonnerre, d'André. Duquesnoy. Talleyrand, Emmery, Le Chapelier, Thouret. Barnave, sauf à laisser ignorer aux uns le concours qu'on demandait aux autres *. » Mais c'est seulement après le retour de Varennes qu'il signale l-'action modératrice et conciliante de Duport, Lameth, Barnave et leurs amis. « On a vu, dit-JÎ!. de quelle douleur jalouse l'influence croissante de Robespierre aux Jacobins avait pénétré le cœur de Lameth et comment sur la pente rapide de la Révolution, Duport s'était arrêté tout à coup, saisi de lassitude, et comment le sourire d'ufte reine captive avait subjugué Barnave : à partir du retour de Louis XVI à Paris, ces quatre importants personnages, n'hésitèrent plus. Rompant avec la place publique, rompant avec la fraction jacobine de l'Assemblée, ils se réunirent sans conditions comme sans réserve à la fraction purement parlementaire, qui, dès lors, devint tout à fait dominante, soit à la tribune, soit dans les comités ^. » On trouve là jusqu'à la légende qui attribue le revirement de Barnave à l'impression qu'auraient faite sur lui les grâces de Marie-Antoinette,
Devant le témoignage si précis de Morris on ne saurait douter que les faits se sont passés autrement, qu'ils remontent à la seconde quinzaine du mois d'avril 1 7g i et qu'ils prirent la forme de négociations proprement dites avec le ministèue. Un plan que Malouet et Montmorin formèrent à la même époque, après la mort de Mirabeau et dont il sera bientôt parlé, montre également qu'alors le ministre croyait pouvoir compter sur Lameth et sur Barnave ou, du moins, pouvoir leur confier ses projets les plus secrets.
Cependant en mai 1791 ces négociations n'aboutirent pas ; sans qu'on discerne la cause qui les fit avorter. Jusqu'au 29 de ce mois, date du départ de Morris pour l'Angleterre, le Journal ne contient plus aucune mention qui s'y rapporte ; ce qui reçoplit ces pages, ce sont des détails sur Vaffaire des rations, qui finit également par avorter, et sur un autre objet qui in-
ï. Histoire delà Révolulion française, 1. V, ch. vu. 3. Histoire de la Bévolution française, 1. VIII, ch. vi.
i,jG GOUVERNEUR MORRIS
lércsse aussi Morris. Il s'agit des changements qui s'opéraient ou se préparaient dans la maison du Roi et de Ja Reine, et qu'il avait lui-même conseilles. Il allait y avoir plusieurs femmes de la reine à nommer et il songe à ses amies ; Mme de Flaliiiiit, i]ui se met sur les rangs ; Mme Le Coulleux, h qui la charge conviendrait assez, mais qui craint de déplaire à son mari et à la famille de celui-ci ' ; Mme de Beaumont. pour qui la l'onction aurait peu de charme, mais qui fera ce que désire son père, M. de Montmorin ". II n'y a pas jusqu'à ce dernier qui ne soit intéressé dans l'affaire. Dès ce momcii! en effet il songe à quitter )e ministère : « Mme de Flahaut me dit aujourd'hui (i5 mai) qu'elle espère avoir bientôt la plac;' de premiàre femme de la Reine, qui se réservera l'éducation de sa fille. Le Dauphin doit passer au\ mains d'un homme. Cette place est, je crois, l'objectif de Montmorin, car il m'a dit qu'il en accepterait une dans la maison du Roi '. »
" perd point sa confiance dans la poli-
t dans les moyens pécuniaires. Le
'exprimer à Montmorin ses idées
ersation prouve en même temps que
se laire avec les chefs de l'Assemblée ; o Je
retire des affaires étrangères, il devrait àssu-
est la seule véritable source de l'auto-
Morris, d'ailleurs, L tique de négociatjo
ir ce sujet et leur mtente n'a pu lui dis que s'il s€
r la liste civile, qui i rite. Il dit qu'il n'est pas fait pour manier les affaires d'argenl, .1 est fatigué de l'état dans lequel il se trouve et que s'il pouvait réaliser sa fortune, il irait en Amérique. 11 dit que e pourrait le retenir à la Cour, si ce n'est le désir de servir ou, plutôt, de sauver le roi et la reine : qu'il leur a déjà fait faire de grandes dépenses, pour une entreprise qui l'a p.is i^ussi. Je lui dis que la tentative pour acheter les nrinlii'i^s de l'Assemblée était une mauvaise mesure. Il dit |iie (!■ n'est pas là ce qui a occasionné ces dépenses. On l'ap- ]i:ll[' ;i\ ant que nous puissions aller plus loin *. n
Le 17 mai Montmorin lui tient un langage qui confirme la ■iipture des négociations et indique des tendances opposées :
. T. [, p. ii8, iio
a Montmorin me dit qu'il considère l'Assemblée comme finie et cela me donne une petite idée de sa sagacité. Il y a quelques jours il était dans les transes et maintenant il est dans une sorte de sécurité, aussi peu justifiées Tune que les autres. Cependant il craint encore pour la personne du roi. Je lui dis de rester tranquille, car l'Assemblée fait en ce moment tout ce qu'elle peut pour le roi avec l'intention de faire tout ce qu'elle peut contre lui.,. Il dit qu'il redoute le comte d'Artois et le prince de Gondé. Je prends cela légèrement en supposant qu'ils ne peuvent agir qu'en faveur de l'auto^-ité royale ; mais il dit qu'ils vont former un parti séparé, d'où je conclus seulement qu'ils obligeront le roi à écarter tous ses conseillers antérieurs*. »
Enfin le 26 mai voici comment il prend congé de Montmorin : « Je lui dis que les enragés sont au désespoir. Il me dit qu'il pourrait leur donner le coup de grâce, s'il le voulait, bien qu'il ait quelque raison de croire qu'ils sont sur la piste de l'afl'aire des rations. Je lui dis que je ne le sais pas, mais que je le saurai. Il me demande si je reviendrai de Londres dans le cours du mois de juin. Je lui dis que oui. Notre conversation est interrompue et je promets de dîner chez lui le lendemain ^. » Le Journal ne dit rien de cette dernière entrevue ; elle dût être insignifiante, si elle eut lieu.
Morris était en Angleterre lors qu'éclata ce coup de foudre, la fuite de Varennes. C'était un de ces faits, auxquels tout le inonde a songé d'avance et qui étonnent tout le monde lorsqu'ils se produisent. Dès la fin du mois de juin 1789, dès que la représentation nationale eut affirmé et fait reconnaître ses droits, l'idée dut se présenter aux royalistes, d'éloigner le roi de Paris et de l'Assemblée et de le mettre en un lieu sur, où il pourrait revendiquer et défendre au besoin son indépendance. Mme de Campan rapporte que le 16 juillet 1789, dans