‹ Gouverneur MorrisChapitre 65 sur 150 · I. T. I, p. /4a3. — 2. T. I, p. /jaG · texte numérisé non relu

I. T. I, p. /4a3. — 2. T. I, p. /jaG

g GOUVEnNEUri MORRIS

1 comité privû on discuta' à- Versailles- la qoestion de savoir , si le roi partirait avec les- troupes, ou s'il irait à Paris ', et c't^st Siins doute celte délibération que menlionne Moreau. 1 Le lendemain le roi reçut une députation à la têle de laqiioUe était l'archevêque de Vienne et j'en allai attendre l'issue chez le maréchal de Broglie : celui-ci était enlèrmé avec son état-major. Le malheureux Foulon se trouvait avec la maréchale à qui il parlait de tempsen temps dans une croisée. il se promenait à grands pas et disait toul: haut : a Tout esl perdu, iljanl qae le Roi cède et accorde tou(. » Je- ne crus pas qu'il parlait sérieusement et je m'avisai dé lui répondre : >i It est perdu s'il cède ; tout est sauvé s'il sait monter à cheval''. B

A la fin de juillet Morris, dans une lettre' à Washington, lui communique cette information : « Le roi a actuellement le projet de passer en Espagne. Les mesures prises pour le dissuader auront-elles de l'effet, comme je l'espère ? Le temps aeul le fera connaître. Si cependant i) prenait la fuite il ne serait pas aisé de prédire les conséquences ; car le pays est aussi prés de l'anarchie qu'une nation peut en approcher sans 50 dissoudre *. »

Au mois d'août 1789, ce fut un autre projet, sérieux celuilà et qui ne venait pas du. roi. Il avait été forme par Malouet, Berj^aâsc et leurs amis qui se croyaient sûrs de trois cents députée au moins ; et il s'agissait de faire accepter par l'As-

inbl('G elle-même sa translation k vingt lieues de i'aris, k Soissûns ou È Compiigne : naturellement le roi la suivrait. <i 11 fut décidé, dit Malouet, que Mgr l'évèque de Langres, M. Ucdon et moi serions chargés d'en faire la proposition au roi, en lai garantissant que, aussitôt qu'il aurait prononcé Is translation, il serait suivi par la majorité- de l'Assemblée, d En eiîct ?(eckeT et Montmonn consenlicont, dan» les derniers jours d'août, à soumettre le projet à Louis X.VI : a C'était jour de ciinseil. mais le roi venait d'arriivra' de la chasse, trè rfttigué, il avait remis le conseil au lendemain. » Lea deu ministres osèrent insister ; il y eut conseil ; mais après minuit

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ils rapportèrent la réponse que le roi ne voulait pas quitter Versailles : « Le Roi est bon, dit Necker, mais difficile à décider ; S. M. était fatiguée ; elle a dormi pendant le conseil. Nous étions de Tavis de la translation de l'Assemblée ; mais le Roi en s'éveillant a dit non, et s*est retiré * . »

Alors reprennent les bruits de fuite. Le i5 septembre 1789 Mme de Ségur exprime à Morris ses inquiétudes à cet égard : « Elle est dans une grande anxiété, appréhendant que le roi veuille s'enfuir. Je lui dis que cette fuite tne paraît impossible. Elle pense que cela mettrait Paris en feu. Il n*y a pas à conjecturer les conséquences. Un prince aussi faible ne peut exercer que très peu d'influence par sa présence ou par son absence ^. » Lui-mêiïie cependant vers la même époque conseillait d'éloigner les enfants de Louis XVI et de les mettre en lieu sûr ^.

Le 5 octobre 1789, la Cour était avertie ; elle attendait le flot qui de Paris allait se déverser sur Versailles. Le départ fut momentaniément décidé, comme nous l'apprend une note précise de Mallet du Pan : « Mounier et d'autres proposaient la retraite, d'abord de la Reine, qui ne voulut pas, ensuite de la famille royale. Les gardes du corps et huit à* neuf cents gentilshommes rassemblés à la galerie eussent escorté le convoi^, qui serait monté à cheval, ia Reine en croupe derrière un garde du corps, le dauphin dans ses bras. Le Roi éloigné eût convoqué l'Assemblée à Rouen ; le président était décidé à les suivre^ ainsi qu'un très grand nombre de députés ; on eût publié un manifeste sur l'attentat des 20 000 hommes venant de Paris pour forcer la volonté et le palais du Roi ; on eût ratifié toutes les concessions. M. de Saint-Priest fit passer le projet et se mit en route avec sa femme. A deux lieues de là un courrier vint lui apprendre que le Roi restait et attendait M. de La Fayette. » « Le Roi lui-même, dit aussi Moreau qui était alors à Versailles, avait empêché ses gardes de tirer sur les rebelles ; lui-même avait refusé de partir pour se soustraire à la violence de ces parricides ^ » . Enfin voici ce

I. Mémoires, t. I, p. 3o3-3o4. — 2. T. I, p. i5/i. — 3. Ci-dessus, p. 27.

4. Le texte publié par M. Sayous (Mémoires et correspondance de Mallel du Pan, t. I, p. 181, note) porte ce mot ; mais il faut sans doute lire : le roi.

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