Édition de 18^2, t. II, p. 809 et suiv
m GOUVERNEUR MOBBIS
grossièrement insu lié par l'arrestation d'une dame (toujours les femmes!) dans ma maison par ordre du Comité de sûreté générale.'. Je ne pouvais pas en montrer le ressentiment que J'aurais dû en quittant le pays, parce qu'un grand nombre de nos concitoyens étaient encore retenus en France avec une grande partie de leurs biens et je savais les violences dont étaient capables ceux qui dirigeaient le gouvernement... Mes représentations obtinrent une demi-apologie et une promesse de satisfaclion, mais entraînèrent l'ordre de solliciter mon rappel ^. s D'autre part, dès le printemps, Washington avait demandé le rappel de Genêt, ambassadeur de France aus Étals-Unis, et, par contre-coup le gouvernement français demanda le rappel de Morris '. Il est possible que l'incident <li' k dame n'y ait été pour rien. Mais le gouvernement des Kl;ils-Unis hésita longtemps avant de donner cette satisfaction, si bien que Morris se croyait sur le point de triompher sur toute la ligne, lorsque son successeur fut nommé. C'était Moiiroe. Il dit encore à Washington dans la lettre du 3o décembre 1794 - " Tant qu'ils crurent aij succès de leur demande de rappel ils traitèrent mes représentations avec indilTérence et mépris; mais à la fm. ne recevant rien de leur ministre sur ce sujet, pas plus que sur aucun autre, ils se mirent dans la tète que j'étais immuable et firent des ouvertures conciliantes... Je répondis aux avances que je n'étais pas homme à être touché par de belles paroles et qu'ils devaient commencer par faire droit aux diverses demandes que j'avais présentées et montrer par des faits qu'ils étaient bien disposés. Peu de temps après, je reçus une lettre spontanée du commissaire pour les relations extérieures, m'assurant qu'il avait transmis mes diverses réclamations au commissaire de la Marine * et qu'il espérait me donner des réponses satisfai-
I . Morris emploie ordinairement le terme de Commillte ùJSafclj pour désigner le Comité de salut public. Ici il ; a CommUUe o/ General Safelj. 1« rroirùs qu^il a'agil du Comité de sAreli génitale bien que geoerat puisse là se traduire par public.