I. T. II, p. 78. — 2. T. II, p. 66. — 3. T. II, p
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il est pi'obable que beaucoup, qui se taUenl par crainte, s'habilueronl par dcgn's à parler favorable ment du présent çou- \ernemeRt, afin de cainiur lus soupçons et aiusi se dégagera J nue opinion publique qui, une fois qu'elle s'est proaoncAtt. T
e la généralité dos hommes. Si, par ce moyen, la aoa- \elle république prend meilleure racine, il ne sera pas flictle 1
\ puissances étrangères, je le crois, de la Jeter à bas, car la I nation française esL une masse immense qu'il n'e$t pas l'adlâ I ,1 dereponaser. \ous remarquerez. Monsieur. que J les cboses sont maintenant ramonées à une question entre U 1 Monarchie absolue el la République, car c'en est l'ait de tous | les moyens termes '. s
Le aa septembre (après les massacres) il écrit à Washington : a Ils sont moinlenant fous de leur République et peut- i éUe odopleront-ils par acirlamation quelque forme de gouve^- I nemcnt : mais qu'ils adoptent une bonne l'orme el que l'ayant J adoptée, ils sachent s'y maintenir, c'est ce que je ne Crôia I point (toujours la l'oi aristocratique !j. L'avenir est donc I enveloppé dans le brouillard et dans l'obscurité. Il n'y a qu'on I souverain en Europe — Timpératrice de Russie — qui ItO'! soit pas, dans la balance des talents, considérablemesl aia^, | ■dessous du pair", s Le a3 octobre 179a, il parle, dans » lettre à Jelferson u de la République, dont le peuple s trouvé en possession par une sorte de magie ou par un touE I <le passe-passe et dont pourtant il est aussi entiché que « J c'était son propre rejeton* ». Et plus loin : « En ce qui con-- 1 B la disposition présente du peuple de ce pays. 1 bien nette est que la majorité réelle est inaintenaatpi Mique. Quelles seront lu disposition et l'op
est ce qu'aucun homme raisonnable ne poiN
, prendre sur lui de déclarer, encore i 4tre iixé sur la forme de gouvei'nement que présenten,Q Convention. Si elle est vigoureuse, il est très prublémaUi qu'elle soit acceptée par les départements à moim qu'ils n soient forcés par le sentiment et la menace du niiil si elle est faible, il est impossibl^^UB^^jnent priant} .
qu'elle puisse contrôler leur tempérament effervescent, comme le montre suffisamment le sort de la dernière Constitution. Seront-ils capables de saisir cet heureux moyen qui assure toute la liberté que comportent les circonstances, combinée avec l'énergie qu'elles requièrent? Sauront-ils établir une autorité qui n'existe pas, comme un succédané (et toujours un dangereux succédané) du respect qui ne peut être restauré après qu'on a tant fait pçur le détruire? En criant : à bas la religion I et même en la ridiculisant, serontils capables d'établir sur la base tremblante et incertaine de la philosophie métaphysique un solide. édifice de morale? — Voilà les questions que le temps peut résoudre. » Le 24 octobre il écrit à Hamilton, l'ami de la forme monarchique : « Vous avez vu sans doute que la précédente Constitution de ce pays a fait naufrage — accident naturel à une chose qui n'avait ni voile, ni lest. La fuite de La Fayette, le meurtre du duc de La Rocheloucault et autres, ainsi que nombre de circonstances semblables ont, je le sais, influé sur les idées de quelques personnes. Mais quel sera le sens républicain, en ce qui concerne la nouvelle République? Tiendra-t-on pour acquis que Louis XVÏ était coupable de tous les crimes et spécialement du crime énorme de ne pas s'être laissé couper la gorge, ce qui certainement était un complot abominable contre le peuple ? Quelque puissent être les opinions, nous en avons fini en France avec les rois au moins pour le présent *. » Enfin, le 3 décembre 1792, il exprime encore à Thomas Pinckney des sentiments d'espoir et celte confiance qu'il a quand môme dans la force de la Révolution : « Depuis que je suis dans ce pays j'ai vu le culte de bien des idoles et très peu celui du vrai Dieu ; j'ai vu beaucoup de ces idoles brisées et quelques-unes réduites en poudre. J'ai vu dans le cours d'une année la dernière Constitution admirée comme un monument prodigieux de la sagesse humaine et ridiculisée comme une production remarquable de la folie et du vice. Je désire beaucoup le bonheur de ce peuple inconstant. Je les aime. Je suis reconnaissant de leurs efforts dans notre cause
A^ COi;VER.\EL'R MORRIS
et je ron^idére t 'établi ssement Ici d'iiae bonne CwislitutîoD comme 1(! principal moven. avec l'appui de la Divine Providenci^. (l'iH^ndre le» bienFaïU de la tï^rté à tant de million» ■d'hommE^, mes frères, tjui gémissent dans les liens de l'esclavai.'e «ur le continent européen. Mais je ne me laîse pas trop aller aux flatteuses illusions de l'espérance, car je ne vois pan encore ce rétablissement de la morale, sans lequel la liberlf'' n'est qu'un vain mol'. »
Morris, saul ses réserves, traduisait fidèlement l'opinion piibli<(iii-. i-orsque fut élue et se réunit la Convention nationale, toiil le monde en France était républicain, sauf les arislocr.ilc» proprement dits, ceui qui avaient vécu de l'ancien ré^'iriu: cl ïe trouvaient déchus avec lui. Le conventionnel Thibaiiiji'au, écrivant ses Mémoires, après la chule de l'Empire. i>t f;iÎ5ant son mea calpa, se reconnaissait innocent sur ce point : <' La Convention décréta dans sa première séance, à i'unniiJNiité, l'abolition de la royauté et l'établissement de la R('pnljli'|iie. C'était une chose convenue d'avance et qui fut généra loi lient approuvée. Depuis, et lorsque l'Empire s'est élevé sur Ici ruines de la République, on a amèrement blâmé la Coiivention d'avoir décidé, par acclamation et pour ainsi dire à l'improviste. une question aussi majeure et qui était d'un aus!^i grand intérêt pour la France ; mais il est certain que les c^tprits y étaient préparés. Les événements précédents r^iv^ii'nt déjà forcement décidée. Dans la situation des choses, il éliiil impossible de relever le trône: une assemblée de LM;iir^'iiesct deSolon» n'y oùt pas réussi. Il n'était au pouvoir ili' (jiii i{UG ce fût de rétablir la dynastie qui avait cessé de ré;^'rier. j'ersonne n'y pensait. D'Orléans, le seul prince qui ci'il eu ([iiclque popularité, était avili, la monarchie Qétrie- Si la <:iiiiM'iUion eût pu résister à son propre enthousiasme, à riiii[)i]kiiiii d'une grande partie de la nation et à la nécessité .•l'iiiïi hii|iielli! elle se trouvait placée, elle eût. en travaillant à lit oiiilii* révolution, allumé la guerre civile dans toute la
Mais Morris subordonnait sa croyance en la durée de la
République à deux conditions. La première, c'est que l'opinion ne se retournerait pas contre elle ; et d'abord tout sem ^ Lie y conspirer : les victoires des armées s'affirment et se multiplient, et la récolte de 1794 s'annonce comme magnifique. Il écrit de Seineport à Robert Morris en avril 1794 ' « Le ciel semble s'être prononcé en faveur de la République contre ceux qui veulent par la famine la priver de la liberté. Je n'ai jamais vu une telle promesse de fruits et de toutes les productions de la terre. C'est un vrai miracle de la nature, étant donnée la latitude, car en ce moment tous les fruits sont formés, les fraises en pleine floraison, les pommes sont nouées, les vignes ne sont pas encore, en fleur mais les grappes futures sont marquées * . »
Mais il croit constater un revirement. Dès le 7 mars 1798, il écrit à Jeflerson : a La Convention tombe dans le mépris, parce que les tribunes la gouvernent impérieusement. Ils cherchent à sauver les apparences. Mais le peuple ne saurait être longtemps dupe. C'est la vieille histoire du roi Soliveau ; mais combien s'écoulera-t-il de temps avant que Jupiter leur envoie une grue pour détruire les grenouilles et les grenouillettes, c'est un point qu'on ne saurait déterminer. Déjà ils commencent à réclamer un dictateur ^. » Et plus loin : « L'opinion est très montée contre la Convention. On les suppose incapables de diriger le vaisseau de l'État dans la présente tempête. Mais elle doit souffler un peu plus fort avant qu'ils soient jetés par-dessus bord. » Le 19 avril il écrit à Jeflerson que «bien qu'on guillotine ceux qui expriment des opinions royalistes, celles-ci courent les rues et qu'il y a dans la Convention une majorité qui considère la royauté comme indispensable et qui n'ose se déclarer^. »
La seconde condition était qu'on donnât à la République une bonne Constitution. Or ce n'était ni le premier projet de Constitution, dit Constitution girondine, ni à plus forte raison la Constitution, que prépara et fit voter plus tard le Comité de salut public, la Constitution du 24 juin 1793, qui pouvait contenter Morris. Il n'a parlé que de la première. Dans