‹ Grammaire anglaise simplifiée à l'usage de toutes les classesChapitre 4 sur 44 · PRELIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRELIMINAIRES

phérique qui règne en Méditerranée » s'il savait que condition signifie état, et que ta 2^recail signifie, régner, dominer;

d) beaucoup d'adjectifs et de verbes anglais ne prennent pas la même préposition qu'en français ; nous disons fâché contre quelqu'un mais l'anglais dit angry with ; là où nous disons penser à quelque chose l'anglais dit to thinh of \

e) une multitude d'expressions, faciles d'ailleurs à comprendre, sont non pas des traductions mais des équivalents du français ; personne ne pourrait deviner que :

Défense d'entrer doit se dire Private.

Défense de passer — No thoroughfare.

Défense de fumer — No smoking.

Réparations de bicyclettes — Cycles repaired.

Entrée gratuite — Admission free.

Les gallicismes et proverbes français ne passent pas en anglais sans changement : on ne pourrait savoir sans l'avoir appris que « voir trente-six chandelles » se dit en anglais voir six cent mille étoiles {six hundred thousand stars) et que lorsque nous disons : un tietts vaut mieux que deux tu l'auras, un Anglais dit qu'un oiseau dans la main vaut mieux que deux dans le buisson [a hird in the hand is v:orth tico in the hush ,•

f) enfin et surtout la pratique seule enseigne que l'Anglais ne pense pas toujours comme le Français et que pour bien traduire il faut la liberté que donne l'usage. La langue anglaise a en particulier une facilité que le Français ne soupçonne pas pour suivre le développement d'une action et le reproduire comme le cinématographe. La phrase suivante : la cloohe nous faisait lever à cinq heures, peut bien se traduire intelligiblement par : the bell made us get oui of bed atfive in the morning, mais un Anglais qui veut exprimer la même idée dit tout naturellement et d'une manière bien plus pittoresque ^ : îce li'cre rung out of bed at fixe in the morning.

D'un autre côté, le français l'emporte quelquefois sur l'anglais : il n'y a pas de mots anglais pour dire constater, ou en revanche, ou pourvu que, marquant un souhait : il faut repétrir toute la phrase.

1. Pittoresque (de pictor, peintre), ce qu' peint, ou est à peindre.

En somme, savoir bien deux langues, ce n'est pas savoir deux sortes de mots pour désigner les mêmes objets, c'est avoir deux manières de penser. Cette idée efEraie; cependant des milliers d'étrangers d'intelligence moyenne se rendent parfaitement maîtres de l'anglais en un an ou deux avec de la lecture et des exercices de traduction et de conversation. Seuls les premiers pas sont pénibles et l'on en est récompensé par la connaissance d'une littérature qui, pour la poésie, le drame et le roman l'emporte sur la nôtre.

4. La prononciation de l'anglaîs n'est-elle pas une clif ficiilté bien connue ?

L'anglais accentue fortement une syllabe dans chaque mot et les monosyllabes importants dans chaque phrase, en sorte que sa modulation est différente de celle du français; il marque les consonnes avec une netteté qui paraît presque dure {eut, bat, tea, milJc) ; il fait très brèves les voyelles brèves {catj stop, lût) et très longues les voyelles longues [fate, stride, ropè) ; il a trois lettres, Vh, le th, et Yr initiale qui demandent des efforts aux Français ; enfin et surtout son orthographe comparée à sa prononciation, paraît absurde, principalement dans les noms propres.

Il est vrai qu'on a vu des Français passer les trois quarts de leur vie en Angleterre sans paraître apercevoir ces différences et sans se débarrasser de leur accent, mais c'est aussi le cas de beaucoup de Méridionaux qui passent les trois quarts de leur vie à Paris et gasconnent comme au premier jour. Il faut un effort ])Our ai)prendre à prononcer une langue comme pour apprendre à chanter et c'est une absurdité de croire que quiconque ii-a habiter l'Angleterre n'aura qu'à compter sur le temps. Il faut un bon maître et la volonté de l'imiter sans plaindre sa peine ni craindre la fausse honte : moyennant quoi il n'est pas extraordinaire qu'en quelques mois, même en quelques semaines, un jeune Français ou une jeune Française apprennent à prononcer l'anglais avec une pureté qui parfois étonne.

Les bons modèles sont rares : il y a en Angleterre beaucoup moins de gens capables de prononcer correctement leur langue qu'en France. Cependant en cherchant on en trouve et quand

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on les a trouvés il faut vouloir les imiter. Imiter, répéter inlassablement les sons, les intonations, la vokc surtout d'un anglais cultivé : il n'y a pas d'autre méthode.

On peut donner à Toreille la moins sensible la révélation de l'accent anglais par l'imitation burlesque d'une phrase française prononcée avec la voix, l'intonation et les sons de l'anglais. Il faut se persuader que ion est aussi ridicule en prononçant l'anglais à la française que l'est un Anglais de comédie quand il récite le Corbeau et le Renard avec Taccent de Londres.

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