P Elle signifie «si» pour le passé, comme *J;I pour
le futur : ^ Lpl dii Jl* (^JÏI ^j ^' Ûa& ù^^j^^ z}S*}
L?- ^C« dLla*^ ilJLi c-»^ o^^^*V («) si tu avais connu le don de Dieu et quel est celui qui t'a dit : Donne-moi à
boire j tu lui aurais demandé [de l'eau) et il t'aurait donné de l'eau vive,
2^ On s'en sert dans une supposition impossible : J^ } bLi- o€" \^ ûl-'i^y^ si l'homme était une pierre, il appartiendrait au règne minéral,
3® On la rencontre comme synonyme de Jjl si et de ^^ quand avec le futur : Jj.j a^j joJl /^ ùU-' (ir^>-' -^*-' j^ CjU I ^£^ j- ii 4J!>1 jlj quand un soldat lâche est loin de rennemi, il jette feu et flamme ; s'il le rencontre, il se sauve à toutes jambes.
4° On la trouve aussi avec l'aoriste, auquel elle donne le sens du passé : l«$^j ^«ûi \yj^ j'MsCÎ I U^ C-«î— Uj 0>»— i j) b^-j s'ils avaient entendu cette parole, comme je Vai entendue, ils se seraient prosternés devant Dieu en adoration.
5° Souvent elle est accompagnée de la particule J\ , ex. :
(a) St Jean, ch. IV, v. 10.
494 Trois, part. Ch. III. De la conjonction. [n0 530
oj: j î7^^ IcL vie de l'homme serait douce^ s'il se contentait
de ce qu'il possède et recherchait le royaume de Dieu et sa
justice! à^Xp^ l.xi:^ dlj 1 } si lu étais venu, je t'aurais
G?o;2n(? V hospitalité ; ^^^ajj JC:u 4«J^in jU^'l i} j ûj:>y
vous voudriez en être séparés par l'immensité des mers.
6^ Si la proposition, qui suit celle où se trouve J , est affirmative, son verbe se met au passé et s'annexe ordinairement le J corroboratif : Ijl Lj[ oLulaïl ^Lii } si nous eussions voulu, nous l'eussions mis en pièces; «^ à\»ÀJ cJ»^ J jU-V %A ^^\ c}:^c>-3 j^^VI ^zX\j -Ùj^ si tu avais connu ton véritable intérêt, tu te serais séparé des méchants» et tu aurais recherché la compagnie des bons ; dlU iJ^^i ^»ii '} si ton frère fut parti, il eut péri.
7^ Mais si cette proposition est négative, on emploie les négations 1 ou L«. La négation i n'admet pas le J affîrmatif, et \a l'admet rarement, ex. : c/Mi' ç/lJÎ J^j* uiT' *i
si l'homme, ami du plaisir , ne donnait pas, dans son incurie, sa préférence au peu de bien du jour présent, il ne perdrait pas, au lendemain de sa vie, les grandes joies de la félicité sans fin ; ZxJ^\ ô i* \U dl)Ul l» dLl J,l vji^U^l } si tu avais écouté ton père, un tel malheur ne te serait pas arrivé ; a^l ^j i^Ji^ li ly p ^ ^'zY^ eussent su, ils n'auraient point crucifié le roi de gloire.
n» 530] Trois, part. Cb. III. De la conjonction.
8° La seconde proposition, accompagnant celle qui renferme y, peut être nominale, à condition qu'elle commence par le J afnrmatif : (J,^ ^iap ^^j^-il C^^^Sj 4A)I U^j ^j^^ (*t -^ i.C*JÎ s'ils avaient observé les commandements de Dieu et de VÈglise, grande aurait été leur récompense dans le
ciel.
9^ Bien que la conjonction } soit régulièrement suivie d^un verbe, on la rencontre quelquefois employée avec un pronom ou un accusatif transporté ou dans une proposition nominale : ^-^ j^l ^JuJal ji^^ d\'^ } si wie femme m'avait souffleté, fen serais mort de honte ; ^ \'J>. i^^Jkl Zj I J
vira, à l'heure de la mort, de posséder tous les trésors des Césars et des Chosroès? ^<c\ J==>\ iô'lj Ijb'j ^ si tu avais vu Zaïdy tu V aurais honoré ; -^ i'i^ b c-lS^ j>»^ dllCi jî-l ^ ^r va! I si ton bien était justement acquis, tu serais au comble de la joie.
10® Elle sert à marquer un souhait, avec le sens de .^JS plût à Dieu, ou une invitation, avec la signification de Vl, quand elle est suivie du CJ gouvernant le subjonctif, ex. :
ti^^ c5~-i^ ^ P^^^ ^ ^^^^^ ^^^ ^^ '^^^sses m'entretenir! ^j^ ^ji^d lî a;p Jj\j J allons ! que ne viens-tu chez nous pour trouver le bien-être! ' ^ ^JxJXa aé^î ^zJyP i'j^ (X o^ J ©0)^11 jUl ^lâc <7?/e 7i'ai-je une voix de tonnerre, pour vous dépeindre le supplice du feu éternel !
496 Trois, part. Ch. III. De la conjonction. [ n» 530
IP Elle a la signification de ^1, surtout avec les deux verbes ^^o^ et ^j souhaiter:
^)f '^ Cj^' ^^^ sk^' l/*- .(*Îj' ^ J^ '^y ^^ Q-^-' Souvent les meilleurs avantages nous échappent par la lenteur; la vraie résolution veut qu'on soit prompt à agir;'j ^^^1
CjSXA. I 0^ U».....L1 jlô ^ J 1 i) Ote^ 2^ souhaiterait d'avoir mille — '' — '^^^»»^
pièces d'or pour les partager entre les pauvres; ) ly ^ y jjf**^! J^^^ -^ O^ chacun eut souhaité de mourir pour le Christ.
12° Dans une phrase optative, on sous-entend souvent le second membre de la proposition : Ju J, Ofe^ } ^^ f avais de V argent L., dl) f^^ J-U^ J'-^ ^î ù^ y ^^ ^^ «v«25 i^^ ami sincère pour t'avertir !...
Remarque. Il est rare que x^ suive jJ, ex. :
Si tu Veusses voulu, il eut étanché la soif du cœur 'par une potion, qui eût coupé Venvie de boire à ceux qui la ressentent.
13° La particule ) précédée de j signifie «ne fut-ce que, quand bien même», ex. : JIâj Jj ly-Ua^ faites l'aumône, ne fut-ce que d'une obole ; ^SCJut ^â^ jlj diiapl^^ ^ÎL L^ quelque chose que tu me demandes, je te l'accorderai, fut-ce même la moitié de mon royaume,
14° La conjonction 'j s'annexe les trois négations V , i et U.
Les deux particules "^j] et Uji, signifient «si ce n'eut été, sans», et exigent après elles le sujet d''une proposition nomi-
no 530 ] Trois, part. Ch. III. De la conjonction. 497
nale dont l'attribut est sous-entendu [a] : UdU fz"^^ ^J sans le Christ, nous eussions péri; ^^y \ -^ I4 itj> \ Vj sans ton père, je n'aurais pas réussi; ..^iL ci ^^fe-' ^J tl^ dxs^ \.^Xy^ /,« l /J«ll sans ton application à l'étude, V intelligence ne t'eût servi à rien. L'attribut ^j>-y existant est sous-entendu. On ne peut donc pas dire par exemple ^}^ jo j ^J si Zaïd n'eût pas été debout, mais il faut tourner la phrase comme il suit : ^^ la» 3 i^ ^y ou j,> j ^L5 V jJ • Remarque. Quand il s'agit d'un état ou d'une action accidentelle, plusieurs bons grammaii'iens permettent néanmoins d'employer l'attribut ou un verbe explicatif, si le contexte ne l'indique pas d'aiUeurs : Vj)
»--»^jî-l •Jt»^* (i Oy^--x J V Jila» 1 iJ^j-ow sz ^es soUlats n'eussent été des
héros, tu eusses été vaincu dans cette guerre; ■• ^ -l vi-^r j^j ^1 Jl VjJ
IjJi- 5? wo?z ^jère ?ie ^n'eiilii corrigé, je serais devenu un sot,
15*^ Vjl et l«^ 'précèdent 0^ avec l'attribut ou le verbe exprimé : \'L\iSCL\a 'j2 lIP-j iî^ ô^ Vjl si Dieu ne nous eût fait miséricorde, nous eussions tous péri; ^^^^ijj" ^^S'u^WJ Uly i aJI Û\J t^ j^U' i^J^ s«rz5 50^z visage renfrogné, tu verrais le monde accourir à lui en foule.
16° Après Vjî on emploie les pronoms séparés et rarement les pronoms affixes : If il ^ Lo ioM ^'} sans vous,
nous serions partis; jJ\ ti ^^^J^^ il^-b ci'^j^ ^^^^ ^^^ ^^ 5^725 ^071 frère, vous vous seriez noyés dans le fleuve,
17° La proposition qui suit Vjl ou Ujl commence d'ordinaire par le J corroboratif, quand elle est affirmative; c'est
(a) Al-Khidari, 2« part., p. 204.
498 Trois, part. Ch. III. De la conjonction. [n» 530-531
le contraire, quand elle renferme la négation U , ex. : V ji os. /^xl^^ c->l^V ^jLi'^l sans la sentinelle^ il vous aurait surpris; ^jb ^v ^ji' \Sj ^^ ^^ quelquefois U .^juLlI Uj) JUaJI sans»4e médecin, le malade ne se serait pas tiré de sa grave maladie ;
iSf ^2« n'eusses prêté Voreille aux calomniateurs, f aurais l'espoir de rentrer en grâce avec toi, après avoir encouru ta colère.
Remarques. 1" Avant -J on ne se sert jamais du 3 affirmatif.
2° On peut sous-entendre la seconde proposition, quand l'esprit y supplée facilement : LU."^ <-.Ju OiTj u-*-! <) Ij ^^'liH\ fy^^ w *J^i r^lf "^J sans les miséricordes du cœur sacré de Jésus... ; il nous a aimés et s*est livré pour nous., sous-entendu UxJl.tJ nous aurions péri.
3<* Il est très rare que l'adverbe jJ soit usité dans la seconde proposition : (i^Vjl iJLjl.5 ^J ^J^j Vji sans la crainte, tu aurais égorgé mes enfants.
18^ 1 j) s'emploie toujours avec un verbe : ^1 l J^ l'J
si tu ne t'étais pas levé, je ne me serais pas levé non plus.
Remarque. LJ et Vjl , avant un verbe, sont aussi des adverbes d'exhortation ou de reproche. Nous ;6n avons parlé précédemment (499).
De la conjonction £^.
531. Outre que cette particule est un adverbe d'interrogation (506, P), elle sert aussi de conjonction signifiant «quand» avec le passé ou le futur, ex. : ^\ ^J>-J,t ^^ quand tu
no 531-532 ] Trois, part. Ch. III. De la conjonction. 499
viendras chez moi, j'irai chez toi; JJL ^ y J^l c/'j* (J^-* e^Uj Jl J-^' Sj^lU o^lj j[ Jl^ j^C. quand V espoir poussait quelqiC un vers lui, ou qu'on se présentait à lui avec une requête, il se hâtait de combler tous les vœux, comme se hâte un courant d'eau vers les gouffres de son lit (a).
Des conjonctions Ju — ji * •
532. Ces deux conjonctions signifient «depuis, depuis que», précèdent les noms, les pronoms, les verbes et les particules JûLo- et O'î ^t indiquent un temps déterminé soit présent, soit passé.
Quand il s'agit d'un temps présent, elle correspond à (\, dans : Il«jj ôi k^\j\A je ne Vai pas vu d'aujourd'hui c'est-à-dire Lu^ (^ en ce jour: lâ,fc t^t Ju iÛJS^ L* j^ ne lui ai pas parlé de tout le mois ; mais s'il s'agit d'un temps passé, elle équivaut à ûVl ^^i IJû sS^j -^ depuis telle époque jusqu'à maintenant : j,^^\ ^y'i* iô'^j C je ne l'ai pas vu depuis dimanche; juL>- 1a depuis lors; jjiï ' x* depuis que j'ai dit ; jj^\ ly i;^ depuis dimanche; â^ ^11 1 ii\ >Jj d «il \)\ je n'ai pas cessé de mépriser la richesse depuis mon jeune âge; \a y ^ts. t^2- Jiu di^l ui)l il y a quinze jours que 710US nous sommes rencontrés avec ton frère; iri ij C» 'M j^ e>\i\ ô\ X* je ne l'ai pas revu depuis que son père l'a frappé.
(a) Zamakhchari, p. 69.
500 Trois, part. Ch. III. De la conjonction. [ n° 533
De la conjonction j •
533. P Elle signifie «et», ex. : \y^^ 3 j^^^xi ûlr^-L- Ij .:^
jO ûQj w^*i j^ U-ui) ^^03 j r^^'^y^ ^^^ ^^ prosternèrent en adorant Jésus, ils ouvrirent leurs trésors et ils lui offrirent leurs présents, c'est-à-dire de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Elle relie tous les termes d'une énumération.
2^ Lorsqu'il s'agit d'un choix à faire, elle a parfois le sens de c(OU, ou bien», ex. : OA'j jwai^ Jî^l choisis entre patienter et mourir ; ^JSy^ u^y^ c-r'W (assieds-toi auprès de Pierre ou auprès de Paul.
3^ Il s'emploie au commencement d'une phrase explicative : ^^i)l c^if aïj ou 4«ilU ^^^J»-3Jlj (^jW sÇ. Pierre est venu au lever du soleil ou après le lever du soleil; illT ^ij ^y^ r:^ Paul sortit en pleurant.
4P Elle signifie avec le subjonctif «en même temps que, pendant que» : i^è^j iijjj\ "^ je ne te visiterai pas, pendant que tu me fuis ; dli^'» 'j ^JiiâT \ est-ce que tu m'opprimes, pendant que je suis juste envers toi ?
f^^ — .. M^ V^ Vi^
iVe prohibe pas un défaut, pendant que tu en es coupable ; en agir ainsi serait pour toi une grande honte.
Avec le subjonctif, elle a de plus le sens de J» afin que :
dl^^sssplj (J j3 visite-moi, afin que je t'honore.
5® Elle précède toujours la particule ÛJ répétée, ex. :
û® 533 ] Trois, part. Ch. 111. De la conjonction. 501
î;e^^a; connaître la raison des choses, étudie soit la philosophie, soit la théologie.
6^ Elle peut précéder aussi jk J , ex. : ^ j- ^vj j a) 3 f i* JU Zaïd s'est levé, mais Amr est resté assis. Elle se place de même avant jCi , ex. : > ^^^ j ^^ 1 /C-» j-^ ^ ^^^ l^^^^ ^^ m'a pas frappé , mais mon oncle, avant ô^l (465), avant Tadverbe impératif J (491), avant Ul (513^ 4^) et enfin avant et après UI^V (494).
7^ Elle tient parfois la place de la préposition ^, ex. : ^\.*3^AI\cJ\ /t/ connais ta richesse, pour dillc ; «llJI ^1) l^j^j sl£ y'«i vendu les brebis, chacune pour une pièce d'ar-
- sr ■• > .
gent, pour ^aj^ SlJLJI j>) ♦
8® Elle se place entre '^\ et la locution fjll prends garde et peut précéder l'accusatif ou la particule ôK ^x. : £11 [ jlIV'j prends garde au lion; \JS^ C^ '^\j fjll prends garde d'agir ainsi.
9^ Elle précède VI dans les phrases conditionnelles : (jjj dLlc l^j^l VIj visite-moi, sinon je t'en voudrai.
10^ Elle se supprime, quand deux mots expriment une seule idée composée : ^^U >U Û^J ^ '^^ grenade est aigre-douce. Quand un adjectif se rapporte à un même objet, le j peut se supprimer : ^^ ^If, ^ ia Pierre est poète et écrivain.
11^ Elle peut unir un verbe à un mot mis à la place d'un autre verbe : ^If ^ ^-v— UIT \>.j^ cJjy fcti passé auprès
502 Trois, part. Ch. III. De la conjonction. [ n° 533
d'ini homme qui écrit en vers et en prose, j\i est mis à la place de Jo •
12*^ Elle peut, dans une exclamation, unir un mot répété, qui représente un mal à éviter, comme oJi Ij O JL ^ gare à
la mort! ou un bien à faire; "^ ^^ Ij '^U^l la vertu, la
vertu !
13^ La conjonction j, comme ^ et "j^, suit l'adverbe d'interrogation I (462), ex. : ^3 \ b \y^Sk> i ji e^ n'ontils pas attaqué audacieusement leurs rivaux ?
\4P Elle unit les unités aux dizaines à partir de vingt : Oj^j -x*' vingt et un.
15^ Elle est quelquefois explétive, comme, par exemple,
dans les phrases suivantes : ^^^^^ i^iiiCJ I c*^ ^^1 5^- JU^ V '^. ^ 7'^^ marché jusqu'à ce qu'arrivé à l'église les portes m'en furent 07ivertes ;
/e t'ai observé dans toutes les réunions et voilà que je t*ai vu favoriser ceux qui me font tort.
16^ On répète Vl ea:ce/?^e sans la conjonction j, ex. : -^ 1 ill?- VI fJU.^ VI tiy^^ VI J^^ il n'y a de sauvé que ton père, que ton frère et que ton beau-père .
17^ La conjonction j, comme ^, peut commencer un discours : jutjil 'JÊj' Aé^j o'-»^1 ' V o-U(i OlTj e^ eV y avait dans une certaine ville un homme appelé Rachid.
no 534 ] Trois, part. Ch. IV. De la préposition. 503