‹ Grammaire arabe, composée d'après les sources primitives (volume 2)Chapitre 179 sur 185 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Des deux mots ^^ et C .

567. En terminant ce traité des particules, nous ajouterons quelques observations sur les deux mots ^ et û qui ont besoin d'une explication spéciale.

(a) Zamakhchari, p. 66.

11° 568 ] Trois, part. Ch. VI. Des deux mots ^i] et U 555

Du mot ^^k\ .

568. 1^ Le mot ^li est un verbe négatif, qui s'emploie seul ou comme auxiliaire (43); il indique communément un temps présent (âj) : ^^^T"^! il n'écrit pas ; '^tj jJ' ti '^x! il n'y « pas de maladie contagieuse dans le pays ; ]>LJic fjji \ Tpxl ^o/z /jère 72^5^ /?«5 malade .

Quelquefois il se rencontre avec le passé ou le futur : ^1 4.Viio Ja5 Ûu-U J^> jamais homme n'a parlé comme lui ;

iSe^ faveurs se répandent chaque jour, et le don d' aujourd'hui n'empêchera pas celui de demain.

> > 2P Ce mot est aussi une particule d'exception (536) : 1 J:5

'^♦.^3 ^ (^9^j}^ \^ ils ont tous été tués, excepté leur chef, 3^ Il peut précéder immédiatement la particule *^[, ex. :

dil^n ^^Jall Vj^TpAi il n'y a devrai parfum que le musc;

''1J7 Jo VI "-ôi «V n'y « d'avare que Zaïd; ^\ «sfeT C VI ' Jil î

/»1^ i:& n'est-ce pas seulement ce que Dieu défend qui est

mal ?

4^ Il peut se mettre dans le premier membre d'une énumé-

ration négative : j^JiX Vj J^^lall '^ \LJ^ Ioa ù^^ ce^ Aom-

me n'était ni grand, ni petit; Vj j^ l^UV ISCT ^ À

'«^LJl A.l> j ^OM^ chant n'a pas son histoire, et les chants, qui en

(a) Zaœakhchari, p. 121.

556 Trois, part. Ch. VI. Des deux mots ^1 et U [ n^ 568-569

ont une, n'ont pas ions de rutilité ; et même ceux qui ne sont pas sans utilité ne renferment pas toujours des beautés qui ravissent le regard, ni des récits qui charment l'ouïe.

Du mot U.

569. P Cette particule a le sens de «quelconque » après un mot indéterminé : Uj>o.j ^l^ un individu quelconque est venu; U \j\J>. oJUp Oj^j U je n ai pas trouve chez lui un morceau de pain quelconque.

2° Elle signifie «tant que», et se construit avec le passé, mais rarement autrement : U- c^^^ U dis jlj 1 V je ne me séparerai pas de toi, tant que je vivrai; jb'j ^y^ u dfe^^ V ou ^ K j^} 3 U je ne t' accompagnerai pas, tant que Zaîd sera debout.

3® Avec 1 elle signifie « aussi longtemps que » : jjLiî i U fJjUcî <--lL dOÎ) fJy»'î(i J jJîj ùC-lVÎ (ijS tant que tu ne consulteras pas les vieillards et les sages, tes ennemis prévaudront contre toi; dl-^V, 'j^ ï U dl^i U jejie t'accompagnerai pas, tant que tu n'auras pas pardonné à ton frère.

4P Elle précède les particules ^ — Le — M^ et l£li, ex. : J^^j J^if-^ lAj u ^«/^^ /e connu, que l inconnu; u pyll «U la»' 3 ^-Vp L* ou L'j 5U ^^ monde est venu, excepté Zaîd.

5^ Elle s^unit aux trois verbes JlU — ^ — yS qui forment avec elle des espèces d'adverbes, signifiant « longtemps, peu ou souvent» : 5Ci 11 IL il pleure longtemps; jjj ASC^^ Qj

no 569 ] Trois, part. Ch. VI. Des deux mots ^'J et U 557

Zaïd parlé peu; Ijjl ^u U jJi"^ Lwc e^^ î;e/2w souvent .

6^ Elle s'unit aussi aux verbes j>. — :c~ a^ — .^ij "~^ et ïL , ex. : liLtl cJj Si L*l lwt> c^'e^^ bien! nos yeux ont déjà vu; U-«l ih CaÏ>> je l'ai bien broyé; i^:i J^li-I J^ ^^1 si tu enseignes l'ignorant, tu feras une bonne œuvre; dl^Ms U J^

ton discours est mauvais; ^ L^ 1^ Jj Pierre est bon;

cJ*î l« i:L c'e^^ m<7/ ce que tu as fait; <) jCJâ«j i«jt') c'e^^ w^ Ô0/2 conseil qu'il vous donne ! U ail ou u jj , U ji-dA^I ^^^1 aimes-tu ta mère ? — Oui certes !

7^ Elle sejoint à certaines particules d'une manière explétive,

ce sont : P Si , ex. : {^ \ \^ USl quand tu le feras, je le ferai;

2P ISl, ex. : ^j^aI «uic pB a)^II ji^VI «U U V^[quand le prince ar-

rivera dans le pays, les habitants se soulèveront contre lui; 3^

^\, ex. : ^ I ^*^ U Ol ^^' ^^ ^^ /èî;e5, /e me lèverai; 1 a* l*$l

V Ul /<35Z5 cec^^ si tu n'as pas autre chose à faire ; 4P ^\ , ex. : j^U llji ^ L: ^ cijt /<^^ connu que ton père est bon; 5° ^ , ex. : dll ,^^'* le diÂî^L /^ ^^ /eraz w^2 présent qui te sera agréable; 6° jÛT, ex. : c/"l ^C U" a^o j:^ /e 5W25 venu après

qu'est venu mon frère; 4.-*^ U' a») I^a il s^est réveillé

après un léger sommeil; 7° ^v,, ex. : (J,\ A^ l^u c^ je me suis levé, pendant que se levait mon père; 8^

q\o., ex. : JJUll oU ^^jJail Aij Uo- quand le médecin arriva, le malade mourut ; 9° ^j , ex. : ^ ja> l:S 1 C j peut-être que Pierre est arrivé; 10^ '^ j ; H^ i^ô

(525, 3^); 12« o&£, ex. : J^^j fj^^l U oB 2/ y a wne

558 Trois, part. Ch. VI. Des deux mots ^^^ et C [ n° 569

grajide différence entre ton frère et le mien; 13^ • t, ex. : J-l? l/- 50?/5 peu; 14^ j^^p, ex. : Uy di^ *j^j ojl^j U-Uç: quand ils le regardèrent furtivement, ils virent qu'il riait de plaisir ; 15^ J^, ex. : A^ L j^ -.a^ C>U 2/ mourut sans maladie; 16^ (^ , ex. : JiS V^^^J^ dl ^-^^ ^î-*-^ 0^^ Ici 7?^^dant que Jésus montait à Jérusalem, il dit; ^i-\ J^ ^'X 1; jjkt Cajj 1:.Lj U» nr)^^5 allumerons le feu de la guerre contre notre ennemi; 17^ fj , ex. : ^i? l,o /^O^ i/we /« chose soit comme tu l'as dit ; \JiS^ V j^ />.» Cs" \y^J% qu'ils soient ce qu'ils sont, ou qu'ils ne soient pas; 18^ j^ls , ex. : 1 joj 0^ j.^^1 comme si Zaïd était un lion; 19^ ^ (527), ex. : ^^ tX* Çs=s\ U-,i^ je suis venu pour t' honorer; 20^ J, ex. : i- ,^ ilMi i) il oLli l' J^ ûl chaque homme a un ange qui le gar-

de; AvJÎ «^) %»)> il c'est pour l'utile que travaille Vhom-

me; 2P U, ex. : iU ^1;^ 1 ljl«i peut-être que tu rêves; 22®

♦^CJ , ex. : IjOp ^Cj^j LiiO u.) Ji^ iiii^ ye le croyais un ami;

mais j'ai reconnu que c'était un ennemi; 23° ,^, ex. : '\^

*?-b :ij^ ^ /«55e /e C2>/ que ton père revienne! 24° ji* , ex. :

jj j ^^A) Ud^ ç/U ye me lèverai de la même manière que

Zaïd; 25° ^a , ex. : ^'^\ (^ l^,-^!^ rnrLr-" ^ ^^ cawse G?e /ez/r vol ils ont été jetés en prison; 26° /j , ex. : dlJ-i L^j hélas! ton pauvre frère !

8° Ajoutée aux mots ^1 — |>^î — oCÎ — vl^>. — ^p — cXi^ la particule U généralise l'idée. Les Arabes l'appellent alors ^iisCll U , ex. : ô âtf> c^-»^ le ju^ J^*^^ 3j^tl>- partout où

nO 569 j Trois, part. Ch. VI. Des deux mots ^J et U 559

sera prêché r Evangile, on publiera ce qu'elle a fait ; l^li- ^^*Si L-ifcJb J irai partout où tu iras; 'JClll °y^ °JL*S Ijo 1 OÙ que vous allie z, nous VOUS ferons dubien; ï\^^\ ^i:^i j;l -i 4>^ J^d I J* jyxjl Jc>jil jt jiJI J^aJ 1 L 1 e/ « /âfe^ demander aux sages de décider lequel est préférable, de pardonner à un ingrat ou d'en faire un exemple; Uj I Uij U l>i

quelque chose que tu fasses, je le ferai; ^ Jl 4> JajJ U 0^^

,^^* jb 2/ v« /^ 02/ le vent le pousse,

9^ Lj[ a un sens restrictif, ex. : ôjii/ o i'S OUb ^' L>"1 ^j«ll iM) -jC c'e5^ seulement parce qu'il était éloigné du pays des Arabes, que son nom est tombé dans l'obscurité et qu'il a péri.

Il en est de même de U/l selon quelques-uns.

\1\ signifie encore ace que» : -^^ fj^lp Ql ce que tu as est beau; 4^f ,.::JU> Ql ce que tu as fait est honteux. Dans ce sens il est composé de ôl certes et de U pronom relatif [a).

10^ C^ composé de V« pour U' quoi et du U de généralisation signifie : P ce tout ce que» : ji'l Jj»ij CI, tout ce que tu feras, je le ferai moi-même ; 2^ «toutes les fois que» : L^ 4^Js=ss>\ j]^\ ^^ ^'j toutes les fois que ton frère me visitera, je l'honorerai; 3^ elle sert à l'interrogation : IjJlil J, l^ qu'ai-je cette nuit [b) ?

11° On place iT devant un nom répété pour exprimer la

(a) Al-Khidari, pe part., p. 208. (b) Zamakhchari, p. 59.

560 Trois, part. Ch. VI. Des deux mots ^jJ et U [n0 569

terreur : j;^piUI U û^t^^H la peste, oui, la peste l U 0^ I r y

^11 ^ y jour de la mort, oui, jour de la mort! U 4«) y\\

4*> jjl la tempête, oui, la tempête l

\2P Elle perd son \ dans les particules interrogatives :

ex. : JjJal I i[UÎI } i^ ^ ù>' jusques à quand, jusques à

quand se prolongera cette calamité?

Remarque. Quelquefois même elle perd le J en poésie ou garde son I par exemple :

0 Abou-l-Assouad, pourquoi nCavoir laissé après toi pour être accablé d'ennuis et de tristes souvenirs 1 ^Jj J...»-j:i) ^15 l« U pourquoi un homme vil s' est-il levé pour m' insulter ?

►»^soo4>cOig^

Addenda. 561

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