‹ Grammaire arabe, composée d'après les sources primitives (volume 2)Chapitre 2 sur 185 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

De Talphabet.

1. Les lettres arabes s'écrivent ez se lisent de dr<:»îî^ à ffauche: elles sont au nombre de Tm^-hnii. Tontes ces lercres sont des consonnes, même les trois d'entre elles qni ont le son d'une Toyelle ex dont nous parlerons plus bas: '::::es aussi sont minuscules.

Les yorelles ne sont pas représentées par des lettres oomme dans les alphabets européens. D'<:r<iniaire elles sont sous-entendues dans récriture : il faut t suppléer par la pratique, la grammaire et les lexiques. Quand on veut les écrire, on les ûgure par des signes spéciaux placés au-iessus ou au-dessus des consonnes : c'est ce qu'on appelle points-TOvelles. Il v a peu de livres accentués en arabe : la Sainie-Bible. les poètes. le Goran et quelques ouvrages en prose rimée, tels que Hariri, sont presque les seuls publiés avec les points-voveUes.

2. La disposition des lettres dans l'alphabet arabe n'est pas

2 Prem. part. Ch. I. De l'alphabet. [ n" 2

constante; nous en donnons le tableau d'après Tordre usité

en Syrie.

Tableau des Lettres.

Lettres séparées.

Leur valeur.

Lettres unies.

Leur

en arabe.

nom

en français.

Alef

Bâ

Cj

Ta

th (anglais)

-Jt'

Ta

Jîm

j (espagnol)

Hâ Hâ

JS

Dâl

d [8 grec)

Dâl

Râ

Zâ

cr*^

Sîn

ch

Chîn

s (dur et sec)

Sâd,

d (dur et sec)

Dâd

t (dur et sec)

ialg.U

Ta

no 2-3 ]

Prem. part. Ch. I. De Talphabet.

Lettres séparées.

Leur valeur.

Lettres unies.

Leur

en arabe.

nom

en français.

Z (entre les dents, dur et sec)

Zà

^Aïn

r (grasseyé)

Gain

< AAi

Fâ

cP

Qk^

dl<^=^

^Id

Kâf

fV

Lâm

Mîm

Noûn

h (allemand)

Hâ

ou

Ouâou

lS

Yâ

3. Ces vingt-huit lettres sont renfermées dans les mots techniques :

i]k^ j^ cJ^j jsj^'^ j*.^ ^^^>- jy^ a^l

En Algérie on a disposé les lettres de l'alphabet dans Tordre suivant :

^ 3 o cr

4 Prem. pai-t. Cli. I. De l'alphabet. [ n^ 3

Le ^ dans l'alphabet algérien s'écrit avec le point en bas ^5 et le J avec un point en haut J» .

A la fin d'un mot le ©, surmonté de deux points s, s'énonce comme un Cj et se nomme ^L^j» "^Ij (^« ^^e), par exemple : X.^xS^ église, prononcez kanisatoun, comme s'il y avait c^^

Les lettres \ ^ S j j et j ne s'unissent qu'avec la lettre

qui les précède et jamais avec celle qui les suit : JUj les

hommes ; jj^Ilj j* jll Ul les nomades et les citadins; ^^JS^men-

songe ; jj^ semence.

La lettre \ n'est pas proprement une consonne ; elle sert de support à la lettre ^l 'jf (hamza, piqûre); elle a encore une autre fonction dont nous parlerons plus bas.

Les deux lettres j et (^ malgré leur son de ou et de i sont traitées comme de vraies consonnes, ex.: j^seau^ ^u maison. Elles ont en outre un emploi analogue à celui de 1' I . Nous allons en parler immédiatement.

Les lettres ' ' r ' ^ et J n'ont pas de lettres

correspondantes dans les langues occidentales. Le 1 forme

un hiatus aspiré. Le ^ est une forte aspiration gutturale. Le î> se prononce en serrant la glotte. Enfin le J est un q qui se produit dans la gorge. Ces quatre lettres ne peuvent se prononcer exactement qu'en les entendant énoncer par un Arabe. Cependant nous les représenterons, elles et les autres sans équivalent en français, par les signes conventionnels suivants :

no 3-4 ] Prem. part. Ch. I. De l'alphabet. 5

'thhdsdtz'gq

Certaines lettres diffèrent dans la prononciation suivant les pays et les localités.

Le J s'énonce comme un g guttural par les Bédouins et se confond avec le J^, surtout chez les Chrétiens des villes de la Syrie.

Le -r se prononce j dans le littoral de la Syrie, et dj à Alep, par exemple; en Egypte il équivaut au g dur français. Ainsi U.J homme dans la bouche d'un Beyrouthin sera rajouloun; dans celle d'un Alepin, râ5oÇ/'ow/ow?2; et dans celle d'un Egyptien, ragouloun.

En Syrie et en Egypte le o s'articule tantôt comme un Cj tantôt comme un ^ , et le i comme un 3 • Néanmoins les habitants de la Mésopotamie, les Druses et les Bédouins donnent à la première de ces deux lettres la valeur du th anglais et à la seconde celle du 8 grec.

Le i^ est prononcé la langue entre les dents par les Bédouins et les Druses ; ceux-ci confondent aussi cette lettre avec le ^ . La même prononciation pour le J^ et le ^j^? a cours en Mésopotamie.

Toutefois dans les lectures publiques en Syrie on commence à donner à chaque lettre son articulation véritable.

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