CHAPITRE XV
DE L'APPOSITIF.
Sa définition.
739. L'appositif est un substantif qui se rapporte à un autre substantif pour en montrer la nature, en restreindre le sens ou en faire mieux connaître la signification.
(a) Sib.. 2^ part, n» 413, p. 178.
176 Quatr. part. Ch. XV. De l'appositif. [ n^ 739-740
Remarque. Les grammairiens de Bassora appellent l'appositif Jj..' permutatif, ceux de Koufa <-»j>-^ explication^ ù\^x déclaration^ ou j, ^p^J répétition (a).
Règle générale d^accord.
740. Les appositifs s'accordent en cas avec le substantif auquel ils se rapportent, bien qu'ils puissent en différer pour le genre, le nombre ou la détermination {b) : ç-yS t J 111 ^^
ti jVÎ i-:^i5^ ^«î ù:*îj J>- ûi-îr^ J^ '^Ù ^7^^' ^^^'^^ Seigneur JésuS'Christ, vrai Dieu, vrai homme, Fils de Dieu et son Verbe
éternel, est ressuscité; — "dV-- """ <^>^ ~" vliif^ X^x ^•>y ^^ — fjjî^ j' ai passé auprès d'un homme qui te ressemble, ou «w^z-e que toi (c); l^iU!M>-jj i3-U> iJij cÂi=-j ^*b f^^ ^^ fi?ew^ hommes, Vun bon et Vautre mauvais , Zj^^ A^a Zjj^S acji il a une voix de tonnerre; JM^l ^y vêtement tout usé; UjL^i'^'iJir Slyl jî S{>-j Ij^i Lj^ u[ ^^' ^w frappes quelqu'un, un homme ou une femme, frappe fort; L;?;! Oi^ lilj J^-jl wo^y'<? contrée, soit la plaine, soit la montagne, a été arrosée par la pluie; t j\i^j \j^Z\\^ ul ^^p ^w wo2/5 a comblés, grands et petits, de tes bienfaits; j^l O) a* 4I il a une main comme le pied du taureau; rLU r-y ry /,A ^U^^ gémissent, comme gémit une colombe; a> j a!^c J>.JI l^ J l> ô homme, serviteur de Zaïdl U^j^jl à ce Zaïdlà! jbj l
Mm m ~
'^jli-i 0 Z«2o? Al-Eareth! t a:p /> j l>'j dl.* i-i !>l5' ^^5 c^ewa;
(a) Ichmouni, 3® part,, p. 116. (b) Ichmouni, 3« part., p. 120.
(c) Sib. iro part, no 101, p. 179.
no 740-741] Quatr. part. Ch. XV. De l'appositif. HT
frères y Zaîd et Amr, sont chez nous; UU-i \jJj C^,j^o -U/fc j'ai frappé Zaîd, frère de Hind; Ç:^ \t'>. Z>lj^\ ji^iST tu as mangé
une partie des pains [a); jl^ O^^ O^^Ua c'est une voix, ^^n braiment d'âne; ^ .?. ^^i Je».; U<fc ^'^5^ un homme, un guerrier (6);i^^ <ail -Ci C->'b /«« we/ Abdallah en personne; 'f^ Ct dtf ^' vl^l^l^ y^ ^6 suis abouché avec quelques-uns de tes cousins; lj.cl5 ^^*\i Lcl* (*-^^, Lit C^.y^ j'ai frappé des personnes, dont les unes étaient debout et les autres assises; o%>\ A^ «u-lL-1 dAcb^ C*»> f^^ vendu tes meubles, ceux fi^'en haut avant ceux d'en bas; ,^Vl> \^J^\ <> ^1 jX-^==2-.^ j'ai frappé les deux pierres l'une contre l'autre (c).
Division de l'appositif.
741. Il y a deux espèces d'appositifs, l'appositif explicatif J-U^ et l'appositif corroboratif ajT'dl.
Remarque. Les grammairiens arabes distinguent de l'appositif le terme qu'ils nomment ^J^-^ ^.lac Ze conjonctif explicatifs et qui consiste en un terme plus connu, spécifiant un autre terme moins connu, par exemple : JbjvULa-l^ i\o. ton ami Zaïd est venu. Dans cette phrase Juj est le conjonctif explicatif de »;i-L»- \^ .
Ils regardent aussi comme un appositif un correctif mis à la place d'un autre mot; ils le nomment iaJLJl Jju permutatif de la faute^ comme c-j ^'^ IjJ^U. \ju, j jiVi frappé Zaïd^ je me trompe^ j'ai frappé Khaled (d).
(a) As-Sabbân, 3® part., p. 80. (b) Sib. V^ part, n^ 78, p. 153.
(c) Sib. ire part, qo 35, p. 64. (d) As-Sabbân, 3« part., p. 119.
178 Quatr. part. Ch. XV. De l'appositif. [n0 742
De l'appositif explicatif.
Sa définition.
742. L^'appositif explicatif est un substantif qui spécifie une chose, et peut être un mot représentant : 1^ toute la chose elle-même, comme l^JI 4-«U ^J^i ^J^ Pierre^ le prince des apôtres, a été crucifié; 2^ une partie intégrante ou accidentelle de la chose, comme eO) (^ I zX^ f^^ baisé la main de mon père; i^!>(5j ii/^ lTj^' l^"^^ ^^ manière d*agir et déparier de Pierre m'a plu; 3^ une chose dépendant de la chose en question, ex. : X^a^ i ^ Jo' j ij^- on a volé à Zaïd son habit et son cheval; c^ ^y,^ ù> r^ l'arrivée de ton père m'a fait plaisir; *cla>- s^^^ ^«â.j le discours de l'orateur m'a été utile.
Dans les deux derniers cas, comme on le voit par les exemples, on joint à l'appositif un pronom affixe, qui le relie à son substantif.
Une simple relation entre deux objets ne suffit pas pour qu'il soit correct d'employer un nom avec un pronom comme appositif d'un autre nom; mais il faut que le second objet appartienne réellement au premier. On ne dira pas, par exemple, oU la> 3 sI-> 'j y^i ^u le père de Zaïd, parce que Zaïd n'est pas une chose qui soit regardée comme la possession de son père [à).
(a) Sib. ire part, vfi 35, p. 64.
n«743] Quatr. part. Cli. XV. De l'appositif. 179
Emploi de l'appositif.
743. P Pour que l'emploi de l'appositif soit permis, il faut qu'il ajoute quelque chose à l'idée; on ne dit donc pas
ojU j ^1 ^\» le fleuve, son eau a débordé , parce que '^
fleuve et ojU son eau sont choses identiques, qui n'offrent rien de nouveau à l'esprit ; C^^j^\isL^ dlill'Û le roi, son bourreau a tué les coupables; ^^all ôj^&5 jjj^ ^. ^^ ministre, ses emploljés ont bâti le château. En effet, il est inutile de spécifier dans ces exemples que l'exécution a eu lieu par la main du bourreau, et l'érection du château par les employés du ministre [a).
En second lieu, il faut que l'appositif puisse disparaître sans changer le sens général de la proposition. D'après cela on ne dit pas 4> l*a> lolU. o>-^-< 1 fui mis la selle sur Khaled, sur son cheval : car, il [yA>- supprimé, la phrase renferme un contresens.
2^ Il n'est pas permis d'employer l'appositif après un substantif suivi d'un pronom de la première ou de la deuxième personne, à moins qu'il n^'ait un sens aussi étendu que le subs-
tantif auquel il se rapporte : \> JJ j Gi^^V IjU-fJ/l (ïl^ij ton
père nous a donné du pain, du premier jusqu'au dernier; /^5L:UL; S^ Uii Ij-U prenez cela pour vous trois (b).
Remarques. 1** Si rextertsion du sens de l'appositif est restreinte, son emploi est controversé.
(a) As-Sabbân, 3» part., p. 118. (b) Ichmouni, 3^ part., p. 121.
180 Quatr. part. Ch. XV. De l'appositif. [n» 743-744
Les grammairiens du Bassora le défendent, ceux de Koufa le permettent; d'autres ne l'admettent qu'après une particule d'exception, comme dans cette phrase: l-L jVl ^Ss-T^y^-a U je n'ai frappé nul d'entre vous, si ce n'est Zaïd\ d'autres enfin n'en accordent l'usage que lorsqu'il signifie la partie d'un tout : ^o.j pfciSV Ij Cj'^'^\ çÎ^pj] il m'a menacé de la prison et des ceps aux pieds (a).
2** On signale les tournures suivantes : •\>\ <».lill\ cJl^ \ Â.a.li.dl siJLÎ fai mangé le tiers de la pomme; "y» jj-^^^l ^.:.-:sc.& 1 ,^^^«-!i)\ ^^^ la beauté du soleil m'a plu [h),
3^ Après la particule Ul , la conjonction J^ précède l'ap-
positif uni au pronom. On ne dit pas ljy3Zj ipijS Jbj U^
Zaïd s'est cassé le bras, mais on dit IjyJ^A ao\jJô a» j ui .
Appositif au nominatif ou à l'accusatif.
744. P Lorsqu'une énumération, formée d'appositifs pour expliquer un substantif, est complète, ces appositifs peuvent s'accorder en cas, avec ce substantif, ou se mettre au nominatif ou à Taccusatif : J^j ou LilU M<>jj i^rU >Uj ^^^WJ: ^-^j'
•^CU J^rJJ ^i^C» fai passé auprès de deux hommes, Vun bon et V autre mauvais ; "Xjj J^ijj i^'*^'* i)\ù\ iî îlJi ' Ojy ou bien ClIj iaJj ou ^^i1 j ajjj jlui^'^OÛl fai passé auprès de trois individus, dont deux chrétiens et un païen (c);
>^*ja> sli ^*ja> ob iLllI dl) ye ^e donne les brebis, à une pièce d'argent chaque tête [d).
Si rénumération était incomplète, on éviterait l'accord
(a) Ichmouni, 3® part., p. 121. (b) As-Sabbân, 3® part., p. 122.
(c) Sib. iro part, n^ 101, p. 182. (d) Sib. ire part, n^ 93, p. 167.
n0 744] Quatr. part. Ch, XV. De l'appositif. 181
en cas, à moins qu'on ne sous-entende dans l'esprit le reste des appositifs i^l^:;.! [a] : ^ti^lj 'iljjCll llLi-l ^c 1 j—^jc 1 évitez les péchés y V orgueil et la turpitude, JjVl» JjVl dl^y t J I ^65 ^en5 wrz « ww 50/2^ venus nous trouver [h).
Toutefois les appositifs complexes, qui ne forment pas une énumération explicative, suivent le cas du substantif auquel ils se rapportent, ex. : U Jlj -\Ji a>3 ^j-^o Zaïd a été frappé à la main et au pied (c).
Sont exceptés les mots • L ventre^ J^ dos, \^ plaine
et j::>. montagne unis ensemble (c?) : i3a j \J^ ^1 juc ^^*^
Abdallah a été frappé sur le ventre et sur le dos; ^ Jt ^^
i—Ja) j d ,^ ^mr a eVe renversé sur le ventre et sur le dos;
Ll—o-j Ijd^ l* Ja^ nous avons eu la pluie dans la montagne et
sur la plaine. On dit de même avec l'article : ^lolt c-^^-^
2° L'appositif du pronom relatif peut s'accorder en cas avec lui, ou se mettre au nominatif ou à l'accusatif, ex. : 10)3 ou -^> 3 C'-î^tiôil /il 'y^ fais du bien à celui que tu as accompagné, à Zaïd veux-je dire [e).
3® L'appositif formé par répétition suit la même construction, quoique l'accord en cas soit préférable : j^l^AÂli Je J^ S ou mieux ;,\^\ Ac Aç. S il a la science des jurisconsultes (/);
(a) Ichmouni, 3e part., p. 125. (b) Sib. V^ part, n» 96, p. 168.
(c) Sib. ir« part n» 36, p. 69. (d) Sib, l^e part, n» 36, p. 68.
(e) Ichinouui, 3® part., p. 125. ( f ) Sib. 1" part, n» 76, p. 151.
182 Quatr. part. Ch. XV. De l'appositif. [n0 744
> -^ .» •-' îT A'
^ui-l ry ry ^k elles ont le gémissement de la colombe; L^>. tj^ ou /^5- O^^ »^^-^ i^ ^^ ^ ^^^^ ôe//e voix; liC3î r^y-^ r^^*^- ^^ pousse des cris, comm,e les cris aune mère qui a perdu son enfant ; !,%ai\ ^Ij (^Ij ^ il est de l'avis des hommes nobles; jl^ 'vlj^^Cjj^ii il brait comme un âne; jy j\^ Cjj^^ il il beugle comme un taureau (a),
4® L'appositif, qui représente la chose entière, peut se mettre au nominatif, ex. : fj^^! ou iU-î ^1 al*> Cjjy fcù passé auprès d'Abdallah, ton frère [b); dt J-t^j-Gil ^\,\ !v^>-* fais du bien aux hommes, tes frères.
5® Les mots indéterminés j^\ — U-^"^ c^ ^ "~ Cj' ~ ol5^ ~" >.*ir — ^jP — jbi et jyi, employés comme appositifs, s'accordent toujours en cas • a> i i.li«^^ÛÎ ti U 2/ n'« /?«5 5o^^ semblable dans le monde; j^^l dlii^i Oj,* u /e n'ae point passé auprès de quelqu'un qui te ressemble {c).
6^ Enfin, quand les appositifs sont suivis de termes avec lesquels ils forment un sens complet, ils peuvent, outre leur accord en cas, se mettre au nominatif ou à l'accusatif [d) : Ç,.Uj ^A jja\ l^.Jb OU jjh\ UU) 4»ijjll 'U)! jU />e>w « créé la girafe avec les pieds de devant plus longs que les pieds de derrière; Js^ j' 3 i^^iT iicll* c-> Ij /âJ2 vw ^e^ meubles, les wn5 sur les autres; ^J- 4>.j -^ -^ 1 4^>-j ou j^ I 4^j i-Vj j j> Ij
(a) Sib. ire part, n» 75, p. 151. (b) Sib. l'e part, n^ 105, p. 192.
(c) Sib. l^e part, n» 145, p. 261. (d) Sib. l^e part, no 35, p. 66.
qo 744-745 J Quatr. part. Ch. XV. De l'appositif. 1 83
fai vu Zaïd, dont la figure est plus vilaine que celle d'Amr;
J^. 0-2 J^^ '(4^*1^ ^^ J^' fr^. ^^y ^^^^ ^'^^ ^^ ^"^ tes gens étaient tous meilleurs les uns que les autres [a).
En effet, Ç-.Uj ^^ J^i Ula» , ^*) Jy i^«> ^^ C/t ^^ ^^-^ jy^ 4:^j signifient par eux-mêmes 565 ^26^5 de devant sont plus longs que ceux de derrière, les uns sont sur les autres , et sa figure est plus vilaine que celle d'Amr,
Du nom propre appositlf.
745. P Si à un nom propre simple se trouve joint un surnom ou un sobriquet simple aussi, celui-ci se met au génitif : ^3)0)3 Zaïd-le-canard; ^iï Jâ Quaïss-le-panier ; 3 f^ x.».^ U* celui-ci est Saîd-la-besace (b).
Remarque. Les grammairiens Confites permettent raccord en cas : \jj^ Ijuj»- it^ \j j'ai vu Zaïd-la-besace (c).
Mais si le nom est avec l'article, le surnom reste au même cas que le nom {d) : j i^ vl)jli-l Al-Hareth Panetière.
2® Si le nom propre ou le surnom est composé d'un substantif et d'un génitif, le surnom reste au même cas que ce nom propre : da> ^\ a*p la^ celui-ci est Ahdallah-le-canard; dDS ÎÂi O) 3 4) 1 celui-là est Abou-Zaïd-le-panier : ^; I ^^3-11 a^c «U jL-it Abd-ach-Chams au nez de chamelle est venu; zJ^j OÇyJI ii jjJxH-Vl y'<^2 v^^ Alexandre aux deux cornes (e).
(a) Sib. ire part, n» 35, p. 66. (b) Zamakhchari, p. 6.
(c) Al-Khidari, V^ part., p. 101. (d) Ichmouni, iro part., p. 144.
(e) Ichmouni, l^'o part., p. 144.
184 Quatr. part. Ch. XV. De l'appositif. [n^ 745-746
Il est encore permis dans ce cas de mettre le surnom ou le sobriquet au nominatif ou à l'accusatif: oÙI'^fl j^}^ d'/y j'ai passé auprès de Zaïd au 7iez de chamelle. Avec le norainatif on sous-entend ^ti lui, et avec Taccusatif, Ip 1 je veux dire (a).
Apposîtif du vocatif.
Apposltif simple.
746. P Le nom propre simple et sans article, employé comme l'appositif d'un nom propre, prend la terminaison — , ex. : j$^ Ji'j C à Zaïd panetière! (h) JLi Oj'jl 6 Zaïd Bichr ! {c) ^jj ôQ-^ î» ^ Simon Pierre !
2® Si ce nom propre appositif a l'article, il a indifféremment la terminaison — et — , ex. : ojli-l A) j l ô Zaïd Hareth! Il en est de même du nom commun appositif: JU Jl A L '^l^ijlj ô gens de Tamim, hommes et femmes !
3° Si le vocatif est un nom commun ou un pronom démonstratif, son nom propre appositif a la double terminaison — ou I —, ou encore — ou —, suivant sa declmaison, ex. :
ljk)3 OU 0)3 f^l\> 0 garçon Zaïd! as^i^l ô jeune homme Ahmad! id)\j^) ou jb j li* l ô un tel Zaïd! j>3a»3ùl«^^ ou ly-j U,3 (e).
(a) Al-Khidari, l^e part., p. 101. (b) Ibn-Hicham, p. 229
(c) Ichmouni, 3® part., p. 141. (d) Ichmouni, 3® part., p. 140.
(e) Sib. ire part, qo 147^ p. 266.
n» 746-748] Quatr. part. Ch. XV. De l'appositif. 185
4® Le corroboratif 0^^»-*^^ peut aussi avoir la finale ô;.— , ex. : v>it«j>-l ou ùy^ f^. ^ ^ ^^^^ tous, gens de Tamîm [à),
Appositif du vocatif avec l'article,