t On a longtemps cru que le caractère d'écriture dont
(1| ï-jLj5 \jj-^ ^ M aalnk fcemdna. Voyez Arab. ling. novœ et method. ImM., par Antoine ab Aquild, p. 35. Observandum ut titteram ^ m principio dietionum cujuslibet verbiesie notam tertjce penonœ nuuc. prœtentis.et pronun-
eiatur aut ie (ut J~.*ij iefaal, facit, J-^l iksallem, «a(»o<j; aut i (ut 9-jj-i
I, vadit, v^-ji>J iKTOB. scrlbit). Cim autem pont ^ sequUur una ex his,
IRUEHH ,
-., c., 1, tune c pronunciatur ia (ut .^'^ ikCHOD, accipit, w*«'^i iahhseb, exittimat, v^J iaaref, cognoseit). Ibid., p. 23. (î) ï A 9 HB (pronunciatur) ut k Germanorum, sono pleno. Ibid., p. U.
(3) ~.y NUEHH, <>«4' ELMESiEHH. Ibid., p. 81. C'est ce son que les grammairiens hébreux ont représenté par leur pa<acft /■«rti/", comme dans ni'7 et n'wo . Voyez A. Schultens, Inslit. ad fund. ling. hebr., p. 72.
(4) Ainsi le mot J-*c se prononce aïd.
se servent aujourd'hui le plus communément les Arabes, et qu ils appellent neskki ,^f^ , n'avait été inventé que vers le commencement du iv» siècle de l'hégire; et effectivement il paraît que les Arabes, avant cette époque, se servaient d'un autre caractère que nous nommons cufiçue ou plutôt coufigue, du nom de la ville de Cou fa, où, sans doute, on avait commencé à en faire usage. (" Ce caractère a une si grande ressemblance avec l'ancien caractère des Syriens, nommé esiranffhélo, qu'il n'est pas douteux que les Arabes ne l'aient emprunté des peuples de la Syrie. Toutefois, le nom même de coufigue, donné à ce caractère, prouve que ce n'est pas celui dont les Arabes du Hedjaz faisaient usage du temps de Mahomet, la ville de laquelle il prend son nom n'ayant été fondée qu'en l'an 17 de l'hégire. Quelques papyrus nouvellement découverts en Egypte nous ont appris que le caractère dont les Arabes du Hedjaz se servaient dans le ler siècle de l'hégire différait peu de celui qu'on appelle neskhiS") Au surplus, au temps de Mahomet, l'écriture était, parmi ces Arabes, si nous en croyons leurs traditions historiques, d'une invention assez nouvelle et d'un usage fort borné. Mais il en était autrement, suivant toutes les vraisemblances, parmi les Arabes, soit nomades soit domiciliés du Yémen, de la Mésopotamie et peut-être de l'Arabie centrale; car, bien que nous ne connaissions pas l'écriture dont les Arabes se servaient dans les temps plus anciens et
(1) Voyez, sur l'origiue et l'histoire de l'écriture arabe, la dissertation du savant M. Adler, intitulée Deseriptio eodicum qiiorumdam cuficorum, etc. Altona, 1780; et un Mémoire que j"ai inséré dans le tome L des Mémoires de l'Académie des belles-lettres.
(2) Voyez, sur ces papyrus, les Mémoires de l'Institut, Académie royale des inscriptions et belles-lettres, t. IX, et la dissertation intitulée Nouveaux aperçus sur l'histoire de l'écriture chez les Arabes du Hedjaz, insérée dans le Journal Asiatique, t. X, p. 209 et suiv.
que le petit nombre de traditions que les écrivains musulmans nous ont conservées à ce sujet ne puissent jeter que bien peu de lumière sur ce point d'antiquité, il n'est guère possible d'imaginer que tous les peuples de l'Arabie soient demeurés sans écriture jusqu'au vi» siècle de l'ère vulgaire. La religion judaïque et la religion chrétienne s'étaient beaucoup étendues dans l'Arabie; les Ethiopiens, qui faisaient profession de cette dernière religion, avaient même conquis le Yémen et en avaient conservé la possession assez longtemps; une autre partie de l'Arabie avait des relations fréquentes avec la Perse et s'était même trouvée, à plusieurs époques, dans une dépendance plus ou moins immédiate des rois persans de la race des Sassanides. Peut- on raisonnablement supposer que les Arabes, dans toutes ces circonstances, aient ignoré l'usage de l'écriture? N'est-il pas plus vraisemblable que ce que l'histoire nous apprend de leur ignorance à cet égard n'est vrai que de quelques tribus, de celles, par exemple, qui étaient fixées à La Mecque ou aux environs de cette ville; que le caractère que celles-ci reçurent de la Mésopotamie, peu de temps avant Mahomet, ayant été employé à écrire l'Alcoran, se répandit bientôt dans toute l'Arabie avec la doctrine de Mahomet et fit tomber en désuétude d'autres genres d'écriture plus anciens? Il ne nous reste, à la vérité, aucun vestige de ces écritures; mais s'il est permis de hasarder une conjecture, il pouvait y en avoir une qui ne s'éloignât pas beaucoup de cet ancien alphabet, commun à la plupart des peuples de l'Orient, et dont les monuments phéniciens et palmyréniens, ainsi que les ruines de Nakschi-Roustam et de Kirmanschah, et les médailles des Sassanides, ont perpétué la connaissance jusqu'à nos jours. I'' Peut-être une autre espèce, propre à l'Arabie
(1) Mémoires sur diverses antiquités de la Perse, p. 1, 166 et Î71.
méridionale, n'était- elle qu'une variété de l'écriture éthiopienne.
8. Les Arabes d'Afrique ont un caractère un peu différent de celui dont se servent les Arabes de l'Asie. Je ne comprends pas, parmi les Africains, les habitants de l'Egypte; ceux-ci se servent du même caractère que les Asiatiques. Celui qui est en usage parmi les Africains a plus de rapport avec l'ancien coufique que le neskhi; et, comme il peut présenter quelques difficultés à quiconque ne connaît que le caractère dont on se sert en Asie, j'en joins ici l'alphabet gravé, ainsi que l'alphabet coufique, et à chacun de ces alphabets je joins un exemple de la même écriture. (*' Je fais aussi connaître la manière dont les Juifs et les Syriens emploient leurs caractères particuliers lorsqu'ils écrivent en langue arabe.
Je ne parle point ici du caractère nommé talik i^^> ou nestalik ^^IxJùJ , parce qu'il est particulier aux Persans. J'en dis autant des divers genres d'écriture propres aux Turcs ou aux peuples de l'Inde, parmi lesquels les musulmans de la Perse ont introduit leurs caractères avec leur langue et leur religion.
(1) J'ai fait connaître la manière dont les Arabes d'Espagne et d'Afrique employaient le caractère arabe pour écrire l'espagnol. Il parait qu'il existe aussi des livres arabes écrits en caractères espagnols; mais je n'en ai vu aucun, si ce n'est le dictionnaire arabe de Pierre d'Alcala, publié à Grenade en ISOS, et intitulé Vocabulista aravigo en letra casliUana, et la Grammaire du même, qui a pour titre Arte para Ugeramenie saber la lengua araviga, et dans laquelle il se trouve divers morceaux écrits en langue arabe et en caractères espagnols. Voyez les Notices et extraits des manuscrits de la Bibl. du Boi, t. IV, p. 626 et suivantes; Chr. Fr. Schnurrer, Bi6/io<ft. arab.,p. 16 et suiv.