‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 12 sur 188 · Le V . répond à notre b, et le o^ à notre t. En Afrique · texte numérisé non relu

Le V . répond à notre b, et le o^ à notre t. En Afrique

on donne souvent au -^ la prononciation de la lettre o-idont nous allons parler.

32. Le ~±.' indique une articulation qui ne peut être rendue en français par une seule lettre : il répond au th des Anglais, comme dans le mot thing; et l'on ne peut mieux le rendre en français que par les deux lettres ts, qu'il faut prononcer en appuyant légèrement sur Ys. La plupart des Arabes néanmoins ne font aucune distinction entre la prononciation de cette lettre et celle du c:^; quelques-uns même regardent comme vicieuse la prononciation particulière que je viens d'indiquer. Les Persans et les Turcs prononcent le ^- comme notre p : je le rends ordinairement par th. Dans les manuscrits, celte lettre est souvent confondue avec la précédente.

33. Le ^ représente une articulation pareille à celle du g italien lorsqu'il est suivi d'un i, comme dans giardino, et peut s'exprimer par les lettres dj. Cette prononciation est la plus usitée, et c'est celle des habitants de l'Arabie et de la Syrie. Mais en Egypte, à Mascate, et peut-être dans quelques autres

provinces, on prononce le ~. comme notre g suivi d'un a ou d'un o, par exemple dans les mots garder, agonie.

Dans les mots persans qui se terminent par un 5 et qui ont été admis dans la langue arabe, le s est remplacé, tantôt par

un (J, comme dans ^^y agneau, qui vient de zy , et tantôt par

un ~., comme dans -er^i.x»Li chènevis, qui vient de AJjLsli,; ce qui donne lieu de penser qu'autrefois, dans une grande partie de l'Asie, le ~. se prononçait à peu près comme le g dans zigzag, ou le e dans trictrac.

Cette supposition est encore appuyée sur une autre observation du même genre; c'est que, dans les mots persans qui ont passé dans la langue arabe, et dont quelques syllabes commencent par le -.jS ou par le i^îT", lettre qui se prononce comme le g français dans les mots gain, guide, guêpe, les Arabes remplacent ces lettres persanes par le -.. Ainsi, de

j^jûs melon, ^jù=> Gourgan, nom d'une province, j.»yS=

perle, jj^i=i banquier, tijS pain rond, J.xx±:= voûte, les Arabes

ont fait^^, ^J^j=^ , j»ja. , i^^^a-, i^^j^ ou (3-^-?., enfin isj^j^a. et isAw^a. . (»)

34. Le -. indique une aspiration plus forte que celle de notre h dans les mots heurter, héros, et assez semblable à la manière dont les Florentins prononcent le c devant a et o. A la fin des mots, cette aspiration est beaucoup plus difficile à

imiter. Par exemple, le mot ~Ji se prononce à peu près louèh.

35. Le -^ répond au ch des Allemands lorsqu'il est précédé d'un a ou d'un o, comme dans les mots nacht, noch. Les Espagnols expriment la même articulation par le jota. Cette articulation ressemble beaucoup à l'efïort qu'on fait pour cracher

(1) Voyez, à ce sujet, mon Anthologie grammaticale arabe, p. 379 et 406.

et elle est produite par un raclemeiit de la base de la langue contre le palais supérieur : je la rends en français par les deux

lettres kh.

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