‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 125 sur 188 · VU — DES NOMBRES · texte numérisé non relu

VU — DES NOMBRES

815. Les noms arabes ont trois nombres, ainsi que les verbes (n» 329) : le singulier, le duel et le pluriel.

816. Le duel se forme du singulier par l'addition de la finale .!, en supprimant la voyelle ou voyelle nasale par laquelle se

termine le singulier et en substituant un ^o au i' final dans les noms qui finissent par cette lettre. Exemples : ^\j^ un livre,

.L)\L^ deux livides; ^ I femelle, jj^r-^ ' deux femelles; 'LA un

peuple, (j^l deux peuples.

817. Quand la dernière lettre d'un nom est un > ou un ^ et qu'au singulier on leur a substitué un élif hvel représenté soit par un I soit par un ^c (n<'s208 et 221), on rétablit, pour former le duel, la forme primitive. Exemples : ^^-^ pour ^;^^ jeune homme, duel ij^; ~s'j^'^ pour ^J-Ti souvenir, duel ^jlJJi'i;

Ua£ pour j*fl-c bâton, duel ,!j..-a£.

Il faut observer que, dans les mots de trois lettres, la radicale reparait au duel, soit qu'elle soit unj ou un ^$'; mais que si le mot a plus de trois lettres, le j se change en ^. Ainsi,

^^y, adjectif verbal passif dont la racine est yf. , fait au duel ^lyto^ et non y^^y.

818. Quand le singulier se termine par un hamza précédé d'un I de prolongation formatit du genre féminin (n" 809), le hamza se change euj au duel, comme i^jl^, féminin de'Jk^) jaune, duel .tjl^ilo.

819. Si le hamza précédé d'un ! de prolongation tient lieu d'un j, ou d'un ^ radical (n» 232), ou s'il est ajouté après les lettres radicales, non pas comme caractéristique d'un adjectif féminin, mais pour former un dérivé, ainsi, par exemple, qu'on le voit dans *lj^ caméléon, on peut, en formant le duel, conserver le hamza ou le changer en j. Exemples : *!i. pour ^Î3.

manteau, duel J^'^'^j 0Ur;'j'^j' *'— ^'^' ^rou d'un mulot, duel

^i.LSJu ou ^ijUi-JU. Si le hamza est radical, on doit le conserver. Exemple : *tj3 lecteur, de la racine Vf lire, duel ^J'^f.

820. Quand le ^ a disparu au singulier, à cause de la voyelle nasale, comme cela a lieu dans , I ' pour 'Aj (n» 225) tireur,

il reparaît au duel; ainsi, l'on dit jQj.Il en est de même du

j suppnmé au singulier dans quelques noms, comme dans v.t

père,^ frère, T^Quv y] et^l ; onditdoncauduel^'olet ,l^!.

Le duel de ^[ pour^ fils, et de Z^ pour^*l no7n, est (j'-J-'l

etjjUl!^, comme on ditjjlii! deux, de la racine^^J'; au féminin

de ce numératif, on dit j'-^1 ou bien ^jL^'. Le duel de vO^

pour iljt fille, est ,.\'-^'.

821. Si l'on a supprimé au singulier la troisième radicale, soit un j ou un ^ (no 725), soit un a (n» 726), en la remplaçant par un s, elle demeure supprimée au duel. Ainsi, de L-«J pour

jiJ dialecte, se forme jjL^ ; de ïX-i pour ï-jJLi, lèvre, .LLLi.;

de a:^ pour a.^ année, .Ul;.

822. On forme quelquefois un duel d'un pluriel irrégulier, comme on le verra plus bas.

823. Il y a deux sortes de pluriels : l'un uniforme ou régulier, nommé par les Arabes ^^;s^^g. < a. ou ^. ..^ j» n. t 7 intègre, et

JU. j!-»^ OU A./>JU, »*;». parfait, parce qu'il conserve toutes les lettres et toutes les voyelles du singulier ; l'autre qui adopte un grand nombre de formes et que les Arabes appellent ►lO a*». ou^^~~XJI ^L-i^ pluriel rompu ou de fraction, et que nous nommerons irrégulier. Il est appelé rompu parce que la forme du singulier y est altérée, soit par l'addition ou la suppression de quelques lettres, soit par le changement des voyelles.

Le pluriel régulier se nomme aussi j^îlsc^ ^ x.is>. pluriel formé par l'addition de deux lettres.

824. Le pluriel régulier se forme, pour le masculin, en substituant à la voyelle ou voyelle nasale qui termine le singulier la finale ^j , et, pour le féminin, en substituant à s' la finale O»! . Lorsque le féminin ne se termine point au singulier par la finale s , il ne s'agit que de substituer à la voyelle finale du smgulier la termmaison c^i. Exemples : t^y~- i>o/ewr^ pluriel

.5 9.L1.; ii.Ll voleuse, pluriel .j^jL^XL; /—ij-^ Marie, pluriel

825. Si le nom singulier masculin se termine par un^ quiescent après un kesra ou un fatha, ou absorbé par la voyelle nasale (n^s 224 et 225), il se fait au pluriel une contraction suivant les règles de permutation (nos 229 et 230) . Exemples :

pour ^io^juge, pluriel ^yolj pour .j^^; ^ç^y Moïse,

pluriel .y^yj» pour .j~-^ ; ^ Ji. h ,.fi <» choisi, pluriel ,jjUa/^i» pour .JJlSo^.

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