‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 14 sur 188 · Le . répond exactement à notre h, et le j à notre z · texte numérisé non relu

Le . répond exactement à notre h, et le j à notre z

39. Le jw répond à l'articulation de notre s, lorsqu'il est au commencement des mots. Quand cette lettre se trouve, dans des mots arabes, entre deux voyelles, on peut la rendre par un ç, afin qu'on n'en confonde pas la prononciation avec celle du z, que prend \'s, en pareil cas, dans les mots français.

40. L'articulation du , C- est parfaitement rendue par notre CH. Beaucoup d'écrivains français la rendent par les trois lettres sch, pour que les étrangers n'en confondent pas la prononciation avec celle du ^ : c'est l'usage que je suis ordinairement.

D'après la manière dont les Arabes d'Espagne transcrivaient l'espagnol en caractères arabes, il y a lieu de croire qu'ils prononçaient le / i comme l's fortement articulée, et le , ^ comme le ç ou le z.

41. Le (jo répond à notre s, mais doit être articulé un peu plus fortement que le , .„ , ou avec une sorte d'emphase. Ce que j'appelle emphase ou articulation emphatique est une espèce de dilatation de la voûte supérieure de la bouche qui laisse en quelque sorte entendre un o sourd après la consonne : amsi le mot JUo se prononce presque comme soad, sans cependant que cet o se fasse entendre distinctement. Ces nuances ne sont pas toujours 1res sensibles dans le langage ordinaire.

Il parait même que l'articulation de «es deux lettres a souvent été confondue; car on voit dans les notes marginales de quel-

ques Alcorans que le mot ]o\ye était écrit dans plusieurs anciens exemplaires par un «^ au lieu d'un (jo , (') et dans les livres des Druzes le mot ^J-xs et tous les dérivés de la même

racine sont constamment écrits par un /^. . Dans des pièces nouvellement écrites en Egypte, on trouve souvent un (^w= au lieu du ,^. dans le mot .^^, au lieu de.j^ muraille.

42. Le «s répond au d articulé plus fortement que le d français, ou avec une sorte d'emphase. Les Persans et les Turcs le prononcent comme notre z; quelques peuples, comme ds. En rendant les noms arabes en français, on peut employer, pour exprimer le .jo, les deux lettres dh.

43. Le i répond au t articulé fortement et d'une manière emphatique. Si l'on veut, en écrivant en français, le distinguer du o» , on peut le rendre par th.

44. Le i ne diffère aucunement , dans la prononciation , du je, et l'on ne peut le rendre en français que de la même manière. Ces deux lettres sont très souvent confondues dans les manuscrits. Il faut cependant observer qu'en Egypte on prononce souvent le J» comme un z, avec une articulation emphatique.

45. L'articulation particulière au c, ne peut être exprimée par aucune des lettres usitées chez les peuples de l'Europe, cette articulation leur étant absolument inconnue. Elle se produit en retirant l'air extérieur vers le gosier, et ce mouvement me parait avoir quelque rapport avec celui qu'on fait pour la déglutition quand on avale avec peine, soit à cause de quelque gonflement dans les amygdales, soit par la raison que ce qu'il s'agit d'avaler est d'un volume un peu considérable, ou d'une

(1) Voyez, sur les cas oii il est permis de substituer le (^>= au /►" , ma Chrestomathie arabe, 2" édition, t. II, p. 231.

substance sèche qui ne se prête pas à la déglutition. Il y a beaucoup de rapport entre la prononciation du o et celle du ., si ce n'est que le c. s'articule plus fortement. La figure même du hamza, qui n'est autre chose qu'un petit o, indique cette analogie. L'articulation du o est plus difïicile à faire bien sentir quand cette lettre se trouve au commencement d'un mot ou d'une syllabe, que quand elle termine une syllabe.

La manière dont les Piémontais prononcent le n me paraît approcher beaucoup de l'articulation du o . Exemples : caw chien, bon bon, bona bonne. O

46. Le ç. représente une articulation qui participe de celle de l'r et du ff : c'est ainsi que les Provençaux prononcent IV en grasseyant. Quelques écrivains ont rendu cette lettre par un r suivi d'un h, d'autres par un r suivi d'un g, ou même des deux lettres gh; mais, comme l'articulation de IV ne doit se faire sentir que très faiblement, j'aime mieux employer, pour rendre le !> , le g seul ou les deux lettres gh.

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