Trente et unième forme : l L) L»j , l Le Li j' , etc
Quelquefois, dans les pluriels de la forme précédente, on supprime le ^ quiescent avant la dernière radicale et on le compense par un ï, qu'on ajoute à la fin du pluriel, qui est alors de la forme llîUi. Exemples : ^j-^} , pluriel jjI-JLj! et
ï-Uljt diables; J-Jlj', pluriel Jw»!4j' et iij^bib' disciples.
Il y a aussi des noms quadrilitères qui prennent au pluriel la finale ï , quoiqu'ils n'aient pas de lettres quiescentes avant la dernière radicale au singulier, ce qui arrive surtout aux noms étrangers et à un grand nombre d'adjectifs relatifs de quatre lettres. Exemp. : v^àa—i , pluriel v—mLII ou iiâL,! évéques;
J,^, pluriel ^y*f barbaresgues ; j^i, pluriel ï^oUs empereurs;
^^y~J^, pluriel i-n-ob philosophes; ^^j-ss., pluriel ï— o !^a.
Circassiens ; ^.^, pluriel Ï JU^ Esclavons; ^i]yju, pluriel
5 jjUj natifs ou habitants de Bagdad,
880. f Les formes de pluriels quadrilitères servent encore à former les pluriels qu'on nomme pluriels de pluriels a*^ I jvikk
et qui sont dérivés d'autres pluriels. Ainsi de iil> ongle se forme le pluriel .Litl , et, de celui-là, le pluriel de pluriel ^^-^Lk! ; de
Jj pour c^J main, Jj) pour ^-^ji et ensuite ^^i-»'; de »~.l " ^ ■>" " ' " \ "■
pour y*-. nom,i\-i^\ , puis v>— !; de .ij— bracelet, ï.y— .1 et
de là jjl^'.
Les pluriels irréguliers donnent aussi naissnnce à de nouveaux pluriels réguliers féminins, qui sont des pluriels de pluriels. Ainsi de JjLIj', pluriel de iJLl. lettre, ?,e forme vO^'Ll. épistolaires, c'est-à-dire recueils de leçons tirées des épltres des
fi r f fi i. y fi t ^ t *
apôtres; de vO>^, pluriel de o^.^-^ maison, se forme ,^\Jiy^
assemblages de maisons, casernes; de J'— a-. , pluriel de J— =>-i
' ' fi ■' '
homme, C-''^'— =>-, multitudes d'hommes. De même O^LK—L che-
mins parait formé de ^J|J^, pluriel de i^,^-
Ces sortes de pluriels ne peuvent s'employer que depuis neuf et au-dessus et quand le nombre est indéterminé.
881. t Les noms qui ont cinq lettres ou plus, non compris les lettres ', j et ^c quiescentes après une voyelle homogène, et aussi le 'i final, suivent au pluriel la même forme que les quadrilitères; alors ces noms perdent une des lettres du singulier, et c'est le plus souvent la dernière et quelquefois l'avant-dernière. Si, cependant, parmi leurs lettres, il s'en trouve quelqu'une de celles qui ont coutume d'être ajoutées à la racine primitive pour former les quadrilitères qu'on appelle ,^^JsA-j>
>IjJJLj, comme le ., lej, le ^, etc. (nos 263 et 616), c'est celle-là que l'on doit supprimer par préférence. W Ex.: Ja.^^,
(1) La règle générale est, en ce cas, de réduire d'abord le mot de cinq lettres ou plus à quatre lettres, pour en former le pluriel. Si, parmi les cinq lettres, il ne s'en trouve aucune qu'on puisse regarder
DU DISœURS 377
pluriel - .LLu, coings; o^-^-^-^, pluriel w-J'Li-c araignées;
i^^jjs., pluriel ^j|/=^ ou ^j|/à. araignées.
Si, dans ces sortes de noms, l'avant-dernière lettre est un j ou un ^ non quiescent, mais djezraé et précédé du fatha avec lequel il forme une diphtongue, on ne retranche aucune lettre au pluriel : le j ou le ^ devient alors quiescent après un kesra, et dans ce cas le j se change en ^. Exemple : ^^^j^ crocodile, pluriel ^^[f-
882. t Les noms ou adjectifs de plus de quatre lettres qui sont formés d'une racine trilitère ou quadriJitère, par l'addition d'une ou de plusieurs lettres servîtes, perdent quelqu'une de ces lettres au pluriel. S'ils sont formés par l'addition d'un * au commencement, ils le perdent au pluriel. Exemple : -j-aJ^, pluriel jr j^-^ lieux dans lesquels une chose roule. Si, outre le ^ servile, il y a encore un . ou les lettres o-w, le ^ se conserve au pluriel et les autres lettres serviles disparaissent (n» 706). Exemples : (jii-^, pluriel ^JJU^» délivrés; -.^arOJ', pluriel Ty-^ cew^ qui font sortir. Au reste, les exemples de cette sorte de pluriels sont rares, et les mots auxquels s'applique cette règle étant pour la plupart des adjectifs verbaux, ils forment souvent leur pluriel régulièrement.
883. t Un grand nombre d'adjectifs relatifs forment le pluriel par l'addition de la finale », ce qui les assimile aux singu-
comme ajoutée à la racine, c'est la cinquième qu'il faut retrancher pour former le diminutif et le pluriel. Ainsi, de ij^y^ vieille femme décrépite, il faut retrancher le ^ pour former le diminutif ^;*r^ et le pluriel ^^ . — Voyez
le Sihah de Djewhari,aux mots ^;^.X;* et ir'y*-^ • Au surplus, il est souvent difficile, pour ne pas dire impossible, de déterminer, dans un nom composé de quatre, cinq ou six lettres, quelles sont les radicales primitives et sur quelles lettres doit tomber le retranchement. Souvent, les grammairiens arabes euxmêmes ne sont point d'accord à cet égard.
éJé DES DIFTÉRÊNTES PARTIES
liers féminins. Cette forme de pluriels est surtout usitée pour les adjectifs qui désignent la relation à des sectes ou dynasties. Ex.: ^^, pluriel i--*-9Li musulmans de la secte de l'imam
Sehaféi; ^y^s, pluriel '>>-^yo sofis, moines; ^l*i i, pluriel
ï-PuLe descendants ou clients de la famille d'Othman.
884. •}• Quelquefois les adjectifs relatifs perdent entièrement, en passant au pluriel, leur terminaison caractéristique^ et prennent la forme des pluriels réguliers. C'est ainsi que de ^Acs*' on fait au pluriel ,j«a:'' et de ^j^ on fait ^if^' •'*'
885. t Enfin, il y a des noms dont le pluriel est anomal ou même emprunté d'une autre racine. Ex.: ^^.y>, pluriel ^Cj^j^
chemins;i^ i*î, pluriel C^^^i mères; J, pluriel ïly! bouches; fLp, pluriel i\'-A ou sll» eaMx. Dans ces deux derniers noms, c'est le singulier qui est anomal, car ^ est pour sy et < O pour ïl> . Le singulier 'i\y\ femme n'a point de pluriel; on se sert,
pour le pluriel, de *Llj, «^ et ^J'y^- Le mot ^}^^ homme
fait au pluriel ^j^\ et par contraction ^^1j .
886. •}- Il y a aussi des pluriels qui n'ont point de singulier usité, comme JJ..^^ vagabonds.
(1) Dans le poème Moallaka, d'Amrou, flls de Kelthoum, on lit ce veïs :
Quand avons-nous été les domestiques de ta mère f Suivant le commentateur Zouzéni, ^iy^ est le pluriel de ^Sy^ adjectif
relatif \^y-^ *-' , qui est dérivé de jC^^-^ > nom d'action du verbe ^^^ • On peut consulter làrdessus XaSihah de Djewhari.
(î) J'ai déjà observé (n- 880) que w''-J^ pourrait avoir été autrefois un pluriel de pluriel formé de (3j^ •
887. Il arrive quelquefois que les pluriels irréguliers donnent naissance à des duels. Dans ce cas, le duel signifie deux collections de choses de la même espèce. Ainsi de J^si tronc , origine, se forme le pluriel jj — aoI. Ce pluriel, comme terme technique, veut dire la réunion des principes fondamentaux d'une science, et, dans cette acception, il donne naissance au duel ^yJi , qui signifie (^,-ï-" J^-*' les principes fondamen-
taux de la théologie, et A-iLi)l J).^ol les principes fondamentaux de la jurisprudence.^ De même de r-^s lance, pluriel irrégulier de -<*., un poète a fait le duel .'o.L»., pour indiquer les lances réunies de deux familles arabes.®
On peut encore former un duel d'un pluriel lorsqu'on veut indiquer que le môme mot est employé deux fois. Exemple :
On ne peut pa,s admettre que [dans ce tçxte dç l'Alcoran]
{!) Voyez, à ce sujet, la Relation de l'Egypte, par Abd Allatif, p. 478. Je pense
qu'on doit dire de même jj^j^ , duel de ç-jj'* , pour indiquer la riunUm des
1 ' I conséquences ou lois spéciales déduites des Jj""' ou principes fondamentattx
de la théologie et de la jurisprudence.
(2) Le vers où se trouve ce mot est cité par Tebrizi, dans son Commentaire sur le Hamasa (édition de M. Freytag, p. 155). Le voici :
Jlyj .lUU ^^j ^ J Ll xJt Jjt J^ o-lâli'
« Elles ont brouté l'herbe, depuis le premier jour où elles ont été envoyées à la pâture, entre les lances de Malic et de Nahschal», (c'est-à-dire des descendants de Malic et de ceux de Nahschal ).
Suivant M. Lumsden, tous les pluriels irréguliers, autres que ceux qu'on dé-
signe sous le nom de 9-j-»-4^ ' ^S " ' •* (n» 873), étant considérés comme de
simples noms collectifs ^-*-4^ ' (*— ' , peuvent donner naissance à des duels. (Voyez a Grammar of the arab. language, p. 510.)
l'adjectif conjonctif serve de qualificatif aux deux [mots] nisaï (femmes), car les antécédents qui régissent ces deux nisaï sont différents. (*)
888. t Parmi les noms composés, les uns ne peuvent former ni duel ni pluriel; ce sont ceux qui renferment une proposition
entière, comme Vjk iaJlj' Taabbata-Scharran (n» 791). Si l'on veut parler de deux ou de plusieurs personnes auxquelles ce nom soit commun, il faut employer une tournure particulière et
dire, au duel : \ji, JaJli !j j j,î«?. il m'est venu deux possesseurs
[du nom'] de Taabbata-Scharran, ou L^iL> l^—î, L jLj' 3ïL=». Taabbata-Scharran, tous les deux, sont venus chez moi. On dira de même, pour le pluriel : tj-i I^JU' !jji> j,^, ou bien ^'^ ''m^ !Ji. iu l3' des possesseurs [du nom] de Taabbata-Scharran ou Taabbata-Scharran, eux tous, sont venus chez moi. Quant aux noms composés d'un antécédent et d'un conse-
il) Pour comprendre cet exemple tiré du Commentaire de Béïdhawi sur l'Alcoran, il faut avoir sous les yeux le texte auquel il se rapporte (sur. 4, vers 27, édit. de Hinckelmann). Le voici :
Il vous est interdit d'épouser vos mères et les mères de vos femmes, et vos
belles-fitles qui sont élevées chez vous [et qui ont reçu le jour] de vos femmes avec lesquelles vous avez cohabité.
On voit que le premier nisaï (femmes) a pour antécédent le mot vos mères
*S jly' I , tandis que le second a pour antécédent la préposition de (^ .
C'est encore à peu près ainsi que, suivant quelques grammairiens, dans la formule >iJ-l-J , qui s'emploie pour indiquer la disposition à obéir aux ordres ou à répondre à l'appel de Dieu, le mot ^ est un duel à l'accusatif^ par forme elliptique ou adverbiale, duel qui tient lieu de la répétition du mot ^^. (Voyez mon Commentaire sur les Séances de Hariri, préface, p. 6.)
quent,soit jUsi (nos 595 et 789), comme ^| j^lc Obéîd Allah,
c'est-à-dire le petit serviteur de Dieu, soit "ç?->° (n° 790), comme ^ji I >ll ou ^j=ji \ AL sorte de lézard; si l'on en veut former un duel ou un pluriel, on ne fait passer à ces nombres que le premier mot de ces composés, le second demeurant au singulier et au génitif, comme on le verra plus loin. Ainsi deL^tji dhou'lhiddja, nom d'un mois, et qui signifie proprement le [moisi possesseur du pèlerinage, on dit au pluriel et au féminin
(no 833) L-è^ ! >ôlji ; de j^^ ! 'ÀL, on dit au duel jay^ \ L3L1 et au pluriel ^ji ) Ay^; de ^j ) ^) le fils du hurleur, le chacal, on dit au duel ^j ! Uj I et au pluriel, mais du genre féminm, ^ji O'^'; de ^w^ ^] belette, on dit au duel ^~'f■ ^' et au pluriel ^^^ O^L^; de '.Cj jL^ cloporte, on dit au duel .UJ Î.Uii. et au pluriel ,llj ►*=>.. W
889. f II ne faut pas confondre avec les pluriels proprement dits certains noms qui, sous une forme primitive et réellement
du nombre singulier, indiquent collectivement une espèce en-
tiere, comme j.U=>. pigeon, j^ datte, ^-^ ^ caravane. Ces noms,
que les Arabes nomment ^^\ A-^i, ressemblants au pluriel ou
^hs^- ' .»-j noms c?e pluralité, forment, par l'addition du » final, de nouveaux singuliers qui ne signifient qu'un seul individu de l'espèce, comme Ï-/»L*3. un pigeon, 'iy^ une datte, et que nous avons indiqués précédemment sous la dénomination de noms d'individualité (no 678). De ces singuliers se forment ensuite des pluriels, comme JUa^ pigeons, iOtUi' dattes.
(1) Suivant Djewhari,on peut dire au pluriel de rff' (•'— , en supprimant le premier mot, L<5^ et ^y'} , ou, en supprimant le second mot, A^.
Il ne faut pas confondre les noms dont il s'agit ici avec les noms collectifs qui sont tels uniquement par leur signification,
comme ^y peuple, X-^ armée, àsuLh troupe, classe. Les noms
de pluriel ^>-i^\ *-', ou ressemblant au pluriel ^^4^1 A~i, en même temps que, par leur signification, ils sont collectifs, ont cela de spécial qu'ils semblent être formés par l'addition ou la suppression de quelques lettres ou de quelques voyelles d'un singulier qui n'exprime qu'un individu de la même espèce.
Ainsi ^J-à. des domestiques, ■. >ls^ des nuages, ^^'^s-^ et a>Ls-^
des compagnons, ^.^ , une troupe de voyageurs montés sur des
chameaux sont des noms collectifs dérivés, ce semble, des singuliers ^^U-, ijla^, -.s2wUe et ^.^\'. . Mais les rapports entre ce genre de noms collectifs et les singuliers dont on suppose qu'ils sont formés sont très arbitraires; ils ne sont l'objet d'aucune analogie constante et ne sont fondés que sur l'usage ; il serait donc inutile de s'y arrêter. (*)
Beaucoup de noms sont considérés par quelques grammairiens comme des pluriels rompus, tandis que d'autres les envisagent comme des noms collectifs.
890. Pour rendre plus facile l'application de tout ce qui a été dit, dans cette section, sur les formes de pluriels et leurs rapports avec celles des singuliers, nous allons présenter, en plusieurs tableaux, les diverses formes les plus ordinaires, tant des noms que des adjectifs verbaux au singulier, avec les formes de pluriels rompus ou irréguliers qui correspondent le plus souvent à chacune d'elles. Les détails dans lesquels nous sommes entrés précédemment sont propres à faciliter la re-
(1) On peut, si l'on veut se faire une idée de la grande variété de formes de ces noms collectifs, consulter M.Lumsden (a Grammar ofthe arab. language, tome I, p. 606).
cherche des singuliers auxquels appartiennent des pluriels donnés, ou, pour m'exprimer en d'autres termes, à remonter d'un pluriel donné à son singulier. Les tableaux suivants présenteront les moyens de trouver le pluriel ou les pluriels d'un singulier donné. Nous devons néanmoins observer que ces tableaux ne comprennent pas tous les cas possibles et que c'est dans les dictionnaires seuls qu'il faut puiser la connaissance exacte des pluriels dont chaque nom ou adjectif est susceptible. Cette partie de la grammaire arabe est celle où il règne le plus d'arbitraire et où les règles générales sont sujettes à un plus grand nombre d'exceptions.
891. Les grammairiens arabes distinguent avec soin les rapports constants et généraux entre certaines formes de singuliers et de pluriels, comme entre le singulier LLkj et le plu-
riel jjé et entre le singulier J*s et le pluriel J^*»', et ceux qui ne sont qu'accidentels, particuliers à certains mots et fondés
uniquement sur l'usage, comme w-^, , pluriel v -Li?.! dattes ;
parmi ces derniers, ils distinguent encore ceux qui sont autorisés par un grand nombre d'exemples et ceux dont les exemples sont rares. Ils nomment les rapports constants et géné-
raux :>j-)r\ > universels, ou |^~-iL» et ç—'-n-* analogues , et les
f ' ' - ' rapports accidentels fondés sur l'usage Jj j-iŒ^ conservis dans
la mémoire, c'est-à-dire fondés uniquement sur l'usage, ou ^-c' — *— fondés sur l'audition, ou enfln (^L~J j-^ ^J* non conformes à l'analogie ; ceux dont il n'y a que peu d'exemples sont nommés ..jIj rares ou Jli. très rares. Nous n'avons pas cru devoir suivre, dans tous ces détails minutieux, les grammairiens arabes, d'autant plus qu'ils ne sont même pas d'accord entre eux. Il nous sufiQra de rappeler le principe que nous avons établi plus haut à l'occasion de la vingtième forme : sy Li(no859).
892. TABLEAUX DES FORMES des noms et des adjectifs singuliers, avec les formes des pluriels irréguliers qui correspondent le plus ordinairement à chacune d'elles.
NOMS MASCULINS TRILITÈRES qui n'ajoutent aucune lettre aux radicales
EXEMPLES
DU DISœURS