XI
les grammairiens arabes à neuf conditions, savoir : 1° ï-4*l*3 1
la qualité de nom propre; 2° c:^^^ ' le genre féminin; 3*^ * ; j
j*ii \ une forme qui approche de celle d'un verbe; 4° ^si-soy I la qualité d'adjectif; 5° J^ ! /a déviation ou formation par altération d'une autre form.e ; 6° >t^ \ le nombre pluriel; 1° ^,^~ijî) I
/a composition ; 8° L»ar*'! ^a qualité de nom étranger; 9° v~i' -»l
.ujjMJj! .jij|j l'addition de la terminaison J . Toutes les
fois que deux de ces conditions se trouvent réunies, elles assujettissent le nom ou l'adjectif à la seconde déclinaison. Une seule suffit pour produire le même effet dans les trois cas sui-
vants : ('> 1" l'élif bref, signe du féminin ï 'j..aïj ! ^-i-^'^ ' ^-^ ' ; 2° l'élif avec medda, signe du féminin OjwW) ! O^L^ ! >— aJ ! ; 30 le nombre pluriel >»^ ! ou plutôt le pluriel de l'une des der-
mères formes 5-^*4- ' ,c^^^-^ *-^r^ (n" 873).
L'application de ces conditions et le développement de ces règles exigent bien des observations que je supprime, en ayant présenté les résultats d'une manière plus facile à saisir.
914. Les deux mots ^et ^, qui signifient tous deux et qui s'emploient le premier pour le masculin et le second pour le féminin, ne se déclinent que quand ils prennent pour complément un pronom affixe. On dit alors au génitif et à l'accusatif
Les noms de la seconde déclinaison se déclinent comme
(1) Voyez à ce sujet ce que dit Motarrézi, dans mon Anthohgie grammaticale arabe.p.iiS et suiv., et ce que j'ai observé dans les notes sur ce morceau extrait de l'ouvrage de ce grammairien, p. 235 et suiv.
ceux de la première, dans certaines circonstances, ainsi que nous le dirons dans le paragraphe qui suivra immédiatement celui-ci.
015. Il faut observer, dans la déclinaison ou formation des cas, les règles de permutation, par Teffet desquelles il arrive souvent qu'un nom a plusieurs cas ou même tous les cas semblables. Lorsqu'un nom, à cause de ces irrégularités, a plusieurs cas semblables, quoiqu'ils dussent être différents à raison de la déclinaison à laquelle il appartient, sa déclinaison est nommée ^jiMJ virtuelle, par opposition à celle qui est
réelle et sensible et qu'on nomme "J^àJ énoncée ou jipo apparente.
Quand la dernière lettre d'un nom est un j précédé d'un fatha (n" 208) ou bien un ! ou un ^ précédé aussi d'un fatha
et nommé élifbref(n° 73) et sUli wà)! élif doux,W les trois cas sont semblables, cette lettre refusant toute voyelle (n»» 208 et 221), ce que les grammairiens appellent ,Jj»i' impossibilité. Ces noms sont appelés . j^/ brefs ou privés, à cause de la privation qu'ils éprouvent de leurs inflexions finales. Si c'est un ^ précédé d'un kesra, le nominatif et le génitif seulement sont semblables, le ^ ne pouvant dans ce cas supporter ni le
dhamma ni le kesra (\\° 224), ce qu'on nomme Jlïl:;-! difficulté de prononciation. Ces noms sont appelés tfyi^ défectueux. Ainsi l'on dit aux trois cas^*fl.£ pour j^, y^ et îj , ~i6
(no 209), et -L. pour '^j, J^. et Ll;^. (n» 222), qui sont de
la première déclinaison; ^jali au nominatif et au génitif pour ^^\i et ^ye\i, de la même déclinaison (n» 225) ; ^ pour ^^^ au nommatif et ^^:*i' au génitif, de la même déclinaison (n» 226) ;
^5yuj pour ^ji^ au nominatif et ^Ja^ au génitif et à l'accusatif, nom de la seconde déclinaison; «J.j'^^ pour ^.ls-« au
(1) Cet «■/»/■ se nomme aussi ï^^ ^x) 1 éli^ isolé ou unique, parce qu'il n'est ni affecté d'un tnedda ni suivi d'un hamza.
nominatif et ^%=^ au génitif et à l'accusatif, pluriel irrégulier quadrilitère de la seconde déclinaison (no221);j'; — =>- au nominatif et au génitif, pour ^J^y?- et ^.Uf»., pluriel irrégulier de la forme J-cl^, de la seconde déclinaison. Il y a cela de particulier que, dans les noms de cette dernière forme dérivés d'une racine trilitère dont la troisième radicale est défectueuse, le nominatif et le génitif sont de la première déclinaison et prennent une voyelle nasale, et l'accusatif est de la seconde déclinaison; on dit donc à ce dernier cas ^j\yxA^'> Quelques grammairiens disent aussi au génitif ^j\ys^.
916. f Les voyelles nasales qui forment un des caractères particuliers des noms et dont on fait usage pour distinguer les cas de la première déclinaison et les pluriels réguliers féminins portent difïérents noms chez les grammairiens arabes, suivant les circonstances où elles se trouvent employées. Quand elles forment les cas d'un nom propre ou appellatif, ou d'un adjectif, on les nomme ^j-X^i)! iji.j^ voyelle nasale aervant à la déclinaison.
017. t Les noms indéclinables de leur nature, dont nous parlerons plus loin, comme ^.^ paix! silence! !x a ^^^^-a. holà! ça donc! ^Jj>\ hier, reçoivent quelquefois le ienwin et l'on dit
(1) On peut même lui donner le tenwin et dire y.j'j?- • C'est ainsi que M»ténabbi {Chrestom. arabe, tome III, p. 3 du texte arabe, 2' édition) dit : *— ''~^-' L4^ j.jj ^ '-4-'^ • Mais peut-être cela ne doit-il être regardé que comme une licence poétique ou, ainsi qu'on le dira tout à l'heure, comme une voyelle nasale rythmique.
On peut aussi, dans la poésie, rendre le jj de ^yj^ quiescent à l'accusatif, en assimilant ce cas au nominatif et à l'accusatif.
Voyez, sur ces noms en particulier, Motarn^zi, dans mon Anthologie grammaticale arabe, p. 229.
jL» ^a., |-u») . (I) On appelle en ce cas le tenvoin ^y^s
BwXjJ ! ou y^~-^ ! iji.j-^ voyelle nasale rendant le sens indéterminé. En effet, suivant les grammairiens arabes, l'addition du tenwin, en ce cas, donne à ces mots une signification plus vague; . r*^', par exemple, signifie hier et ir*-j>i un des jours passés. (2)
918. t Les voyelles nasales qui terminent les deux inflexions du pluriel régulier féminin sont nommées i-LUi— Jl ^yS voyelles nasales de correspondance, parce qu'elles équivalent au . final des deux cas du pluriel régulier masculin.
919. t On nomme J^'j^ ' ^.t-' voyelle nasale de remplacement celle qui est placée sur l'avant-dernière radicale, quand la dernière radicale, étant un j ou un ^ précédé d'un kesra,
disparaît, comme jj^'-J pour ^^'-J et ,cf ^ (n° 225), Jj. ! pour
^Jj! et ^Jo.! (no 211), jt^ pour ^j'^ (n" 915). On comprend sous le même nom le tenwin qui indique et
(1) Voyez une observation sur les mots de cette nature, dans mon Commentaire sur les Séances de Hariri, p. 302 et 405.
(2) J'ai suivi ici Martollotto, le commentaire sur la Djaroumia de Thomas Obicin et la grammaire d'Ebn Farhât. Guadagnoli comprend sous cette dénomination le tenwin de tous les noms appellatifs et des adjectifs et ne donne le nom
de i,JT~^-^ i^.J~~-' qu'au tenwin de la déclinaison des noms propres ,
comme >V. j et -y-y ■ Ce système, qui me parait plus juste, est peut-être celui de quelques grammairiens arabes qu'il a consultés. Les noms propres de la seconde déclinaison, comme /^j^ ' , prennent un tenwin quand on les emploie d'une manière vague et non plus comme nom propre d'un individu. Exemple :
'■^^^~'' ^5****:'. ^^H' \J^ ^—~-V\ f-c^ji' V") J'ai vu plus d'un Ibrahim dont le fils ne se nommait pas Ishac. Le tenwin, en pareil cas, est vraiment un
itl2 DES DIFFÉRENTES PARTIES
supplée une ellipse. Ainsi, dans j-jl-L^, composé de .".ya. au temps et il lorsque, le tenwin indique l'ellipse de ces mois: cela arrivera, car Xxj.<^ équivaut, disent les grammairiens arabes,
à [j.?^. '^ç'*" '>^ '■^^ i^rr^ **" temps où cette chose arrivera. Lorsque o^=> totalité est employé sans complément, on lui donne un tenwin pour suppléer cette ellipse. Exemple : J-^= J«-y! >wjJJ [universitas legatos mendacii arguit'\ pour ^^l'^
j~»J! y,^jiS [universitas eorum,etc.], ils ont tous traité de menteurs les envoyés (de Dieu).
920. f Souvent on donne une voyelle nasale à des noms de la seconde déclinaison, surtout en poésie et quelquefois aussi en prose, par une licence prosodique et pour conserver la rime ou la mesure; dans ce cas, on appelle cette voyelle JiyJ 1 iMy^ voyelle nasale rythmique.
921. f Lorsqu'il se trouve deux mots placés immédiatement auprès l'un de l'autre et que le premier de ces mots, appartenant à la première déclinaison, se termine par une voyelle nasale, tandis que le second, appartenant à la deuxième déclinaison, ne doit point en avoir, on peut décliner alors le second mot comme le premier, et sa voyelle nasale, qui est vraiment rythmique, se nomme aussi, dans ce cas particulier, ^j — ty^ SLiiLiLj ! voyelle nasale de correspondance.
922. Toutes les inflexions qui forment des cas éprouvent un changement dans certaines circonstances qui sont le sujet du paragraphe suivant. •''
(1) On fait rarement sentir la différence des cas dans le langage vulgaire, ce qui a donné lieu de penser que cette distinction était une invention des grammairiens qui n'avait jamais été usitée dans le langage. Mais, outre que cela ne parait pas vraisetiiblable du duel et du pluriel régulier, dans lesquels la diffétence des cas ne consiste pas uniquement dans les voyelles, et sans entrer ici