CHAPITRE III
Des voyelles
64. Les Arabes n'ont que trois signes pour indiquer tous les sons. Le premier, nommé <:<» ou Ix'J fatha, est figure comme notre accent aigu et se place au-dessus de la consonne avec laquelle il forme un son arliculé. Ex. -'5' cataba. Le son exprimé par le fatha répond tantôt à notre a plus ou moins ouvert, tantôt à notre è ou ai, comme dans les m«ls succès, faire.
(i) Voyez là-dessus mon Anthologie grammaticale arabe, ^. 4, et mon Commentaire sur let Séances de Hariri, p. 566. Ahmed, flls d'Ali, flls de Masond,
dans son Traité du tasrifou de la conjugaison, intitulé r'jj'* ' ^j^ > compte
15 lettres permutables comprises dans les mots techniques ^ J-^ /»^f. CL^^-.!
et il donne des exemples de toutes les permutations dont chacune des ces lettres est susceptible. Il y a des grammairiens qui portent jusqu'à 18 le nombre des lettres permutables. Mais il faut bien distinguer, entre ces lettres, celles dont la permutation est régulière et fixée par les règles de la grammaire, et celles qui n'éprouvent de permutation que dans certains mots ou dans quelques dialectes. Les premières sont les seules dont Ebn Malec ait parlé dans l'Alfiyya, et nous les ferons observer à mesure que l'occasion s'en présentera;
les autres, comme le changement du ^ en -^ , dans -s^c et -<^ , pour i^
et 3' ou celui du , js en J, dans fi-^^i, pour «.^r^-^' , sont des anomalies extrêmement rares dont il serait tout à fait inutile de se charger la mémou-e et qu'on doit apprendre dans les dictionnaires ou par la lecture des scholiastes.
Le second est nommé ^ — >>S ou ïj — IS kesra. Il est figuré comme le précédent, mais il se place au-dessous de la consonne avec laquelle il forme un son articulé, comme dans le
mot^ nimri. Le son du kesra répond tantôt à notre t, tantôt à notre é.
Le troisième, nommé 14 ou ï*^ dhamma, a à peu près la figure de notre chiffre 9; quelquefois il ressemble à notre (,), et il se place toujours au-dessus de la consonne avec laquelle
il forme un son articulé. Ex. ^ coullou. Le son du dhamma répond tantôt à notre o, tantôt à notre ou ou à notre eu.
Les voyelles et les signes qui les représentent sont nommés par les Arabes 'iSj-a. motions (n» 4), et Ja!i figures; cette dernière dénomination ne s'applique, je crois, qu'aux signes graphiques des sons ou voyelles.
65. f Les Arabes omettent le plus souvent, dans leur écriture, les signes des voyelles. L'usage seul et l'intelligence de la langue peuvent apprendre alors comment on doit prononcer chaque mot. Quoiqu'il semble que cette omission offre un obstacle très grand à la lecture, on parvient assez promptement à le vaincre.
66. f II s'en faut beaucoup que, dans le langage usuel, on fasse entendre distinctement toutes les voyelles qui sont exprimées dans l'arabe littéral écrit. Le plus souvent, par exemple, la première voyelle d'un mot, quelle qu'elle soit, si elle n'est point suivie, dans la même syllabe, d'une autre consonne, se prononce d'une manière si brève qu'on peut l'assimiler à notre e muet. La dernière voyelle d'un mot, si elle indique une inflexion grammaticale, est presque toujours supprimée dans
la prononciation vulgaire. Ainsi les mots ^jloc==, JX<S ,yJl'f,
cataba , kitâbou , mounâciri , &e prononcent vulgairement clab, ctâb, mnâcir.Cesi ainsi que, dans la prononciation vulgaire et
dans la conversation, nous passons très rapidement sur \'e muet, comme dans les mots reprendre, retenir. etc.<"
67. Quoiqu'il soit impossible de fixer précisément les circonstances où les voyelles arabes représentent un son plus ou moins ouvert, cependant on peut observer en général que le falha répond à notre a, et le dhamma à notre o, lorsque ces deux voyelles arabes se trouvent articulées avec une consonne forte ou gutturale, ou qu'elles précèdent immédiatement une de ces consonnes. Les lettres qui produisent cet effet sont les suivantes :-., ^, (jo, ^, Js, Jj,c,,i. et^^; le. produit souvent le même effet. (2)