‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 170 sur 188 · Déclinaison de l'adjectif ^^i t qui · texte numérisé non relu

Déclinaison de l'adjectif ^^i t qui

SINGL'LIEU

Masculin : ^Xl! et plus rarement 3.15!, JD! et ^JJJL Féminin : ^J ! et plus rarement wJJ t et oJJ ! .

Dt'EL

Masculin : nominatif, .!3 — L'', 13 — Ut et ^1 J LM; génitif et

accusatif, i^J-ÎJ' et Tr:".-^-^'-

Féminin: nominatif, ^'Jdît, LL5JI et ^UJJ!; génitif et accusatif, j^4-^' et r^-iJJî.

PLL'RIEL

Masculin: ^^j^J' et plus rarement ^-iJI, ^j-iJJ! et J ^!.

(l)Voyez,sur la nature des noms et autres mots conjonctifs, mes Principes de grammaire générale, 2= édit.,p. Ho.

Féminin: ^bU! et plus rarement v^.iU!, ^t^î, o-l^î,

On dit quelquefois ^ JJ pour ^^ I.

980. f II faut observer que ^5 JJ ! , ^c-^ ' et jj-j-^ ' ^<^"'^ *^^^

contractions pour ^ J-SJ !, c^'! et ^^.«^ I, mais cette manière

plus abrégée d'écrire n'est autorisée que dans ces trois formes, et cela à cause qu'elles sont d'un usage très fréquent; dans toutes les autres formes, qui sont moins usitées, il faut conserver les deux latn et écrire Jl) t, ^IJxU t, etc.

981. f Ceux d'entre les Arabes qui se servent, au pluriel masculin, de la forme ^jjJJJt la déclinent à la manière des pluriels réguliers; ainsi ils disent au génitif et à l'accusatif

982. + La forme ^J ^ t est quelquefois employée pour le pluriel féminin et la forme ^cbi3 ! pour le pluriel masculin. On dit aussi 2^!, pluriel commun aux deux genres.

983. f Quelques Arabes disent au pluriel masculin ^jj^ ' pour le nominatif et 'j^îUl pour le génitif et l'accusatif.

984. t De l'adjectif conjonctif ^J-" on forme un diminutif pareil à celui qui se forme de l'article démonstratif (no973); ce diminutif est pour le masculin : singulier Ijji! I, duel jIjjI! !,

pluriel '.J3JJ! et pour le féminin : singulier l^!, duel jUxÎjI.W

985. fil est facile d'apercevoir que cet adjectif conjonctif est formé de la réunion de l'article déterminatif Jt et de l'article démonstratif ]'i, etc., avec l'interposition d'un J. Presque toutes les formes de l'adjectif conjonctif sont effectivement

(1) Voyez, sur la manière de prononcer le diminutif l^ |^ ce que dit Hariri, dans mon Anthologie grammaticale arabe, p. 64.

celles de l'article démonstratif, et les diminutifs de l'un et de l'autre sont formés de la même manière. (D

986. f II faut appliquer au conjonctif ^JJ t et à toutes ses variations ce que j'ai dit précédemment au sujet de l'article démonstratif (no971). Les Arabes ne reconnaissent point toutes ces différentes formes comme une véritable déclinaison : cha-

(1) Quelques grammairiens arabes ont reconnu cette formation de l'adjectif conjonctif, d'autres la rejettent, mais par des raisons purement systématiques, et veulent que cet adjectif conjonctif soit composé des trois radicales ^-^ pour

le masculin et ^9-^ pour le féminin. Ils prétendent aussi que J ' , ajouté ici au commencement du mot, n'est point réellement l'article déterminatif, mais est une particule indéclinable et explétive. La langue hébraïque fournit une preuve convaincante que la formation du mot ^^ ! est telle que je l'ai dit. On y trouve effectivement le démonstratif composé n^'^n^ formé de l'article déterminatif n, de l'article démonstratif nj et d'un b interposé entre ces deux articles et qui n'est peut-être lui-même qu'une abréviation du démonstratif '^k ou ^;K. (Voyez Noldius, Concordantiœ particularum ebrœo-chaldaicarum.) On voit par là quelle est l'origine du J interposé, dans le conjonctif arabe, entre l'article déterminatif et l'article démonstratif. Il est vrai que le mot hébreu n'est qu'un article démonstratif, au lieu que le mot arabe est un adjectif conjonctif; mais les rapports entre ces deux espèces de mots sont plus grands qu'on ne pense; et, pour s'en convaincre, il suffirait de bien faire attention à ce que j'ai dit, dans mes Principes de grammaire générale (2' édit., p. 64 et suivantes), sur le rapport qu'il y a entre l'article démonstratif et les adjectifs que j'ai nommés qualificatifs. .Mais, sans entrer dans cette discussion, j'observerai seulement que le démonstratif ni fait souvent, en hébreu, la fonction de conjonctif, comme on peut le voir dans Noldius, ce qui a même passé dans le grec du Nouveau Testament, et que l'on trouve quelque chose de pareil en arabe, où l'on dit : '.5 l» JJiii qm fais-tu? viljUs I J /U qui t'a frappé? pour J.xÀJ ^jj ! U et J

,iij li C JJ t ; aussi, quelques grammairiens arabes regardent-ils | i ^ jans ce cas, comme un véritable conjonctif; et il y a des dialectes dans lesquels, au lieu du conjonctif ^ jJ ' , on emploie j-5 , qui n'est autre chose que l'hébreu i: ou II, qui sert tantôt de conjonctif et tantôt de démonstratif. L'article démonstratif J I fait lui-même assez souvent la fonction de conjonctif chez les

Arabes, comme je vais le dire.

cune de ces formes est pour eux un mot indéclinable et absolument indépendant de ceux qui servent à exprimer les autres genres ou nombres.

987. Les conjonctifs indéclinables sont ^^ ce/wt qui,celle qui, celui que, celle que, qui ne se dit que des êtres raisonnables,

et U ce qui, ce que, qui se dit des êtres non raisonnables, animés ou inanimés, et des qualités ou manières d'être; on emploie

quelquefois ^ À.' \ au lieu de U.W Ce qui distingue essentiellement V et U de ^>iJ ', c'est que l'adjectif conjonctif >5X) I s'emploie ordinairement comme qualificatif d'un nom, comme dans cette phrase : >iX^! ^^1 ^ ^^Xj vj-f-^ ' J^-y ' l'homme

que lu as vu est le fils de loti frère; tandis que ^^ et L.^, outre la valeur de l'adjectif conjonctif qui ou ^we^ renferment encore l'idée de la chose qualifiée et signifient celui qui ou celui que,

ce qui ou ce ywe. Exemples : J:» y ^ celui qui fuira sera tué;

-à.) j» ^'^^ *^. "i {-r^ celui que vous avez vu chez moi est mon frère; jjà\ Jj<i3' Uce que vous ferez, je le ferai; jJwjUs! xS U ftiJI jJLj j^ li ^ ce qui t'était arrivé de mal, c'a été par la permission de Dieu.

088. Il est un autre point de vue sous lequel ^ diffère encore essentiellement de ^il ! ; c'est que, comme je l'ai dit précédemment (nos 403 et 420), ^ convertit le plus souvent en futur le prétérit ou l'aoriste du mode conditionnel qui le suit, ce que ne fait point l'adjectif conjonctif ^5'■^ !.

(1) C'est ainsi qu'un poète a dit :

« Peut-être le temps, dam son cours, ramènera certaines gens à ce qu'ils étaient « autrefois.^)

L'expression propre eût été i 5-' '— ^ >— j-i .

989. Le conjonctif ^ peut concorder avec les verbes de différents nombres, comme on le verra dans la Syntaxe. Il est quelquefois déclinable, mais c'est un cas particulier sur lequel je reviendrai tout à l'beure.

990. Le mot ^\ pour le masculin et i-T! pour le féminin, lequel, laquelle, &s\. un nom conjonctif; il est déclinable de sa nature, mais au singulier seulement, n'ayant d'ordinaire ni duel ni pluriel. Dans certains cas, il a ces deux nombres; quelquefois aussi il s'emploie comme indéclinable.

991. f Quelques Arabes emploient aussi pour adjectif conjonctif jj dans le même sens que ^3-J t; ce mot est indéclinable et s'emploie pour les deux genres et pour tous les nombres.!*) Cependant, on dit aussi pour le féminin O'IJ au singulier et o^lj^s au pluriel, sans aucune différence de terminaisons pour les cas. Quelques-uns déclinent j J et disent au génitif ^j et à l'accusatif !i.

es

992. f L'article déterminatif J i est aussi regardé comme conjonctif par la plupart des grammairiens arabes, et il en fait effectivement la fonction dans un grand nombre d'occasions, comme on le verra particulièrement lorsque nous traiterons de la concordance de l'adjectif. L'usage de cet article comme conjonctif est surtout très sensible lorsqu'il se trouve placé devant un verbe, une préposition ou une proposition nominale, c'est-à-dire qui commence par un nom qui lui sert de sujet; et il ne sera pas inutile d'en donner quelques exemples:

Tu n'es pas un juge dont on doive agréer le jugement.

(1) Voyez là-dessus le Commentaire sur la Cafiya, composé par le célèbre Djami pour l'usage de son fils Dhiya Eddin Yousouf , et qui a été imprimé à Calcutta en 1818 (p. 269). Dans l'exemple que donne Djami, j^ se rapporte k j^ puits, qui est du genre féminin.

'J^ij—ri-i j!>;^^

L'homme qui ne cesse point de témoigner sa reconnaissance à ceux qui sont avec lui.

(Ils font partie) de ce peuple auquel appartient l'apôtre de Dieu, cet apôtre devant qui s'inclinent humblement les cous des enfants de Maadd.

Il est impossible de ne pas reconnaître que, dans ces trois exemples, le mot J! remplace le conjonctif^j — 'I.Les deux premiers n'ont besoin d'aucun développement; la chose, quoique moins sensible dans le troisième, n'en est pas moins certaine, puisque le mot ^y^^ apôtre, étant déterminé par le mot 4iJ! de Dieu, qm lui sert de complément, rejette nécessairement l'article, comme on le verra dans la Syntaxe.

993. L'article J! remplace encore logiquement l'adjectif conjonctif dans les cas analogues à l'exemple suivant :

'ii ^ijjpj ! ^\ j^Ilj»L5' ^^ \s5!:^jt c/*'"-^- ^-^''^'S^'

Ij h ij>— ^J ^-^jj

Les mères allaiteront leurs enfants deux ans entiers et le

père de l'enfant (mot à mot is cui natum est ou natus est sousentendu jowerj sera tenu de les nourrir et de les vêtir.

Sans aucun doute D S jJj*J ! est pour Sij i) iJj ^1) ! . Cette manière de s'exprimer est d'un usage très fréquent.

994. f II est encore d'autres cas où le mot J t remplace le conjonctif; c'est lorsqu'il est placé devant des adjectifs verbaux joints par la conjonction j et avec des verbes employés à un temps personnel, comme dans l'exemple suivant :

Ceux et celles qui auront cru et qui auront fait à Dieu un prêt généreux, il leur sera accordé une double rétribution.

L'article J ! devant les deux mots ^j^x.aj> et C-'Lsj-.aj' fait évidemment la fonction de conjonctif,tant pour ces deux mots que pour le verbe \yô^\ qui les suit. W

995. Les mots conjonctifs U, Ji> et ^1 servent aussi à interroger, ce qui n'a rien de surprenant, puisque les propositions interrogatives qui commencent par un mot conjorictif ne sont véritablement que le second terme d'un rapport dont le premier terme est sous-entendu. Que faites-vous? est l'équivalent de Je demande ce que vous faites, ou Dites-moi ce que vous faitesA"^) ^.

Le conjonctif ^ J-J ' ne s'emploie jamais comme interrogatif.(3)

(1) La surate 100« de l'Alcoran fournit encore un exemple de cette construction. L'article déterrainatif ^ des Hébreux fait aussi assez fréquemment la fonction d'adjectif conjonctif, et on le trouve placé devant des verbes, tant au participe qu'à des temps personnels, et même devant des prépositions. (Voyez Noldius, Concord. partie. ebrœo-chald.,el Alb. Schultens, /ns(Jttt<(ones ad fundamenta Ung. hebr., p. loi.) Cet usage est d'ailleurs reconnu par tous les grammairiens, et le P. Houbigant lui-même ne l'a pas contesté, quoiqu'il n'en admette pas l'application dans le passage du livre de Samuel, 1. 1, chap. ix, vers. 24.

(2) Si l'on dit à un homme : w^ 1 ^ qui es-tuf il devra répondre en faisant

connaître son nom:^J*i ^ji ij^ " ';'e«ttis JV...,yî/sdeiV...;maission luidlt: ' — '-> < ^ [quid es tuf] qu'es-tuf il doit reconnaître qu'on lui demande quel est son métier, sa profession, et répondre en conséquence. C'est ainsi que dans l'Alcoran, Moïse ayant adressé la parole à Pharaon, au nom du Maître des

mondes |j~»J W I ^. , pharaon lui demanda : ^j-::»^ ^ ' ■^j ^ qif est-ce que le Maître des mondes f se servant de ' — ' [quid] et non pas de ^j-' {qui$]. Voyez mon Commentaire sur les Séances de Hariri, séance xiv*, p. 138.

(3) Les noms conjonctifs ' — » et ^^j-^ semblent perdre quelquefois, lorsqu'ils servent à interroger, leur valeur conjonctive, en sorte qu'ils peuvent être suivis

du conjonctif ^•^ '.On peut donc dire : O.^ ^3J t L» qu'est-ce que tu

as faitf ^.i-y* A^ ^S, ' e/* '''*' *^' "*'"* qui t'a salué f Alors ^r' équivaut * J-^j-^ ' i'^omme, et U à 1^^ | la chose. (Voyez là-dessus mon Anthologie

996. t Ic^ , féminin ï-j1, étant employé seul et comme interrogatif, est susceptible de tous les nombres et de tous les

cas; on dit donc au duel : ^Q' , féminin .Lx>l, et au pluriel : .j j), (éminin CjL-j I ; et l'on décline tant le singulier que le duel et le pluriel, par les trois cas, à la manière des noms.

997. f v-/», employé comme interrogatif, prend aussi les genres, les nombres et les cas; mais il faut pour cela que l'on n'ajoute rien après ce mot; on le décline alors ainsi :

Singulier

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