‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 173 sur 188 · PRONOMS AFFIXES · texte numérisé non relu

PRONOMS AFFIXES

représentant le génitif et l'accusatif

Masculin Commun

Féminin

l""» personne

1 Singulier ( Pluriel

/ Singulier

2» personne

l Pluriel

! Singulier

3» personne

< Duel

l Pluriel

Lj r

1007. t Quelques Arabes substituent au pronom dJ, affixe féminin de la seconde personne,^, ou bien ils ajoutent le ^t, après ^ et disent (ji^.Ce(/L s'appelle ikSilSJ I /y^. Dans un autre dialecte on emploie le , w au même usage, au lieu du , i, et il se nomme LXJTJ ! ^~». (i)

1008. Ces pronoms affixes servent également pour le génitif et pour l'accusatif, si ce n'est que celui de la première personne au singulier pour l'accusatif est cJ au lieu de ^. Le

. inséré ici se nomme '^,^^ I ,jJ noun de précaution^ parce que son usage est d'empêcher que l'affixe ne se confonde avec les inflexions du verbe et ne cause ou un hiatus ou une contraction. On le nomme aussi ^Li«J ! ^j-j noun de soutien ou servant de point d'appui. (2)

1009. Les mots qui prennent des affixes éprouvent des changements qui peuvent être réduits aux règles suivantes :

1° Le tenwin, c'est-à-dire l'articulation n comprise dans la voyelle nasale des noms de la première déclinaison, disparait, et il ne reste que la voyelle simple. Exemple : ■^j' — L-T livre, i — ) ' — ^ — T son livre ;

2° L'affixe de la première personne fait aussi disparaître la voyelle elle-même, par exemple ^ UL-T mon livre; et alors il n'y a aucune différence entre les trois cas;

3° Les noms qui se terminent par un ï le changent en O'. Exemple : a*xj bienfait, 4X*«J son bienfait;

4° La finale ^ des duels et la finale \ des pluriels masculins

(1) Voyez là-dessus mon Anthologie grammaticale arabe, p. 110. Quelques grammairiens regardent le ir' ou le /r- ajouté à ce pronom comme une particule. {Ibid., p. 267.)

(2) Voyez, relativement à cette dénomination, un passage du ï j.5 ^— ' ' — ^ QolJxJ ! de Hariri, dans ma Chrestomathie arafie, t. II, p. 444.

terminés en .j disparaissent. Exemples: ^Ijli-^au nominatif et ^^^-^ULTaux deux autres cas, deux livres; avec les affixes,

»i UlxT et SIj ut vos deux livres; .yj au nominatif et ^j^ au

génitif et à l'accusatif, /î/s; avec les afRxes, .Jl) j-j-> et dA;:j tes fils;

50 Les noms terminés par un hamza le changent en un j si sa voyelle est un dhamma et en un ^ s'il est mû par un kesra. Exemples : *Llj femmes, SjLlj ses femmes ^ ijHJ à ses femmes;

60 Dans les inflexions finales des verbes, Vélif muet, après un j quiescent ou djezmé, disparait. Exemples : ^^j^ ils ont ataé, Jjj.^ ils m'ont aidé; 1^. ils ont jeté, (^j-^\ ^is ont jeté contre eux;

7° Après la finale J de la seconde personne du pluriel masculin du prétérit, on ajoute un dhamma sur le j. et un j quies-

cent. Exemples : f^,K vous avez vu, »»j^ 1. vous les avez vus; 8° Dans les personnes de l'aoriste qui se terminent en ^j , comme .y^Sj>, on retranche quelquefois le ^ final devant les affixes ^ et U. Je pense que la même chose peut avoir lieu dans la seconde personne du singulier féminin de ce temps, terminée en ^^ , comme j^~o^J'. Exemples : UyliJ' pour UJ jiiLj'

vous nous haïssez, Jjij>U' pour jJjy>\j vous m'ordonnez; ^^^

(1) Voyez Excerpta ex... Hamasa, à la fin de la Grammaire d'Erpénius donnée par A. Schultens, p. 500. Le seœnd exemple est de l'Alcoran. On trouve une contraction du pronom i de la première personne avec la

dernière syllabe d'un verbe dont la troisième radicale est un ^j . Cette troisième radicale, suivie immédiatement du pronom v3 , perd son fatha,el l'on dit ^J—Lj» pour i5~^ il Wo rendu puissant. (Alcoran, sur. 18, vers. 94). On trouve aussi dans l'Alcoran (sur. 18, vers. 36) I— LA J pour '— i! j>-^.

Ce n'est pas ici un afBxe,mais une contraction insolite de la conjonction ^j^7 unie avec le pronom isolé Ij t je.

9° Le ^^ quiescent après un fatha peut, tant dans les noms que dans les verbes, se conserver ou être changé en èlif; ainsi de ^j il a jeté, on peut dire sL]^ ou ^-^^ il a jeté contre lui; de law. meule, on peut dire »Uk. ou ^jsa meule;

IQo Dans les particules qui se terminent par un ^ quiescent après un fatha, le ^ prend un djezma à cause des afiBxes.

Exemples : ,Jc sur, Ullc sur nous ; j~ I vers, slJU ! vers toi.

1010. L'affixe de la première personne ^, au lieu d'être quiescent après un kesra, peut toujours être mû par un fatha et se prononcer ^ , comme dans ^^ ; il peut aussi, quand il est suivi d'une pause, prendre le is djezmé, appelé -—i-â^ I sL» etvOjWl! îU, comme ill U et aI*'-*^ pour J U et ^^Lo^. Il doit toujours être articulé avec un fatha quand il est précédé immédiatement de l'une des lettres !, j et ^, cette lettre étant quiescente. Si la lettre qui le précède est un ^ quiescent ou djezmé, il se confond par un teschdid avec celui de raffi:^e (no228); si c'est un j quiescent après un dhamma, le j se change en ^ et se confond avec l'affixe au moyen d'un teschdid q\. le dhamma se convertit en kesra (no231). Exemples: Lj Iki. joécAés, ^\>yak. mes péchés ; Sj'^ deux esclaves , ^^'^i)ti

mes deux esclaves; (.r^^ de deux esclaves ; 'J»biî de mes deux esclaves; ^J-s, sur moi, "^à dans moi; Uo.c bâton, ^L^j mon

bâton; jÀJj'uffe, ^^^ mon Juge; \^»Jw des musulmans,

^^^*Lw» de mes musulmans; .j^Ll^ nominatif, fait pareillement avec l'affixe "c^*****

1011. On supprime quelquefois le ^ de l'affixe de la première personne, comme ^^. pour^ . mon maître, .,^\ pour ^^^5-tt-j] craignez-moi. Cela arrive souvent lorsque le nom est employé dans le sens du vocatif et presque toujours quand le mot auquel est joint l'affixe se termine par un hamta qui, à

cause de l'affixe, se convertit en ^. Exemples : ^^\ mes amis,

yS^^ mes pères, pour ^^^ et J^\ de îL^I et *Cl.

1012. Les affixes de la troisième personne s, LL», Li et ~*Â changent leur dhamma en kesy-a quand ils sont précédés immédiatement d'un kesra, ou d'un ^ quiescent après un kesra, ou enfin d'un ^ djezmé après un fatha et formant une diphtongue avec ce /"a^Aa. Exemples : «.U^, l»a.U=>., ^jU^, JU.Lm^,

^-r:^» ^rr<}4. . ^4-^. r-^P-^. etc. W

1013. t L'affixe s perd quelquefois sa voyelle et prend un djezma; ceci n'a guère lieu que chez les poètes. On en trouve aussi des exemples dans l'Alcoran ; tel est celui-ci :

I"- '•..'^••''\ll •'('/. t'"-''!"- '•"i"^-!?' '!'''•''••'

i^ ijy «jai.-»' w>!yj ^^, (^j l^ 4j>i L>jJ I ■wjly :y. ^\/»

Quiconque désirera les récompenses de ce monde, nous lui en ferons part, et quiconque désirera les récompenses de l'autre vie, nous lui en ferons part.

Dans cet exemple, ajj-j est pour Ajy.

1014. Lorsque les affixes l-î et *== sont suivis d'un élif d'union, on donne pour voyelle accidentelle au ^ un dhamma. Si 1 amxe *-* doit être prononcé ^, on donne aussi au f un kesra. '^l

1015. Quelquefois un même verbe prend deux affixes, pourvu qu'ils ne soient pas de la même personne, et alors, si l'un des deux est de la première personne, il doit être placé le pre-

(1) Cette règle, cependant, n'est pas adoptée par tous les grammairiens arabes, comme on le voit dans plusieurs manuscrits de l'Alcoran, où quelques notes

marginales nous apprennent qu'il y a des lecteurs qui prononcent ^ , f^^ et non pas .« % ; , ,« i^ ;. '■ g .

(2) Il y a cependant quelques grammairiens qui disent, dans ce cas, a — >> , comme j^f , ^^s^- D'autres disent a^ , ^^r^-

mier; si l'un des deux est de la seconde et l'autre de la troisième personne, celui de la seconde personne doit précéder

l'autre, comme i »— >' !a-=' [dédit mihi ewm] il me l'adonné,

> ^ C. 0 G [sufficiet tibi contra illos] il te suffira contre eux. La môme chose a lieu avec des noms d'action, comme a — ~ — ; — a. l'amour de moi pour lui. Lorsque le premier des deux pronoms affixes est celui du pluriel masculin de la seconde personne * — S', on ajoute entre les deux affixes un j précédé d'un dhamma; c'est ainsi que l'on trouve dans l'Alcoran ^j—sJCjj-j [ostendet vobis eos] il vous les m,ontrera. Cependant ces exemples sont rares, et lorsqu'un verbe est dans le cas d'avoir deux pronoms pour compléments, on emploie ordinairement pour l'un des deux le pronom isolé composé dont nous allons parler.

1016. Il se trouve certains cas où, le pronom devant être à l'accusatif, il conviendrait d'employer les affixes, suivant ce que nous avons dit plus haut (n" 1004), et dans lesquels néanmoins on est obligé d'employer un pronom isolé, soit à cause de la rencontre de plusieurs pronoms, tous à l'accusatif, soit à cause de l'ellipse du mot qui devrait servir d'antécédent et auquel par conséquent on devrait attacher l'affixe.Dans ce cas, on forme un pronom isolé, composé du motLj!, qui n'a aucun sens par lui-même, et du pronom affixe.

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