‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 178 sur 188 · II - DES PRÉPOSITIONS · texte numérisé non relu

II - DES PRÉPOSITIONS

1032. Il n'y a pas de préposition sans un complément, car les prépositions ne sont que les exposants des rapports qui existent entre deux mots, et, de ces deux termes du rapport, le conséquent est nécessairement le complément de la préposition qui sert d'exposant au rapport.

1033. f On pourrait croire que c'est à raison de cela que les Arabes nomment les prépositions J^ ! ^j^ et traduire cette dénomination par particules attractives, parce qu'elles exercent une influence sur leur complément, qu'elles attirent après elles, et le complément serait nommé, par la même raison, jifF^ attiré. Cependant, les grammairiens arabes O donnent

(1) Martellotto semble entendre autrement cette dénomination et celles des autres cas, mais j'ignore si son opinion a quelque fondement dans les grammairiens arabes. (Voyez InUil. ling. ara6.,p.97 et 334.)

On peut voir dans mon Anthologie grammaticale arabe, p. 241, la raison pour

laquelle, suivant un grammairien arabe, les prépositions sont appelées ^if^ yÇ. \ et LiUs^ ! ^if^ .

de cette dénomination une autre raison, que j'ai rapportée ailleurs {n° 900, noie). Ils nomment encore les prépositions

jaii^ 1 , 9j f^ particules du génitif ou de la voyelle i (n» 900),

parce qu'elles mettent leur complément au génitif.

Enfln, on les appelle aussi ^-3 L-toi) ) jj t^ particules d'annexion.

1034. Dans les détails où je vais entrer relativement aux prépositions, soit préfixes, soit isolées, je ne m'arrêterai point à l'influence qu'elles exercent sur la signification des verbes quand elles leur servent de moyen pour se lier à leurs compléments. Cette partie si importante de la connaissance de la langue arabe, dont j'ai déjà dit un mot ailleurs (no251), appartient au dictionnaire, car ces particules modifient la valeur des verbes.

1035. Parmi les particules préfixes, six sont prépositions (no 1030); ce sont y),^,>iJ,J,c.et-..

1036. La préposition w^ indique différentes sortes de rapports. Voici les principales. Elle s'emploie :

1» jjLJ!^',pour indiquer Yadhésion et signifie auprès. Exem-

pie : *->U J^j> '^~'}fJ^ passai auprès d'un homme qui dormait; 2° Pour affirmer avec serment, *Ijl13. Exemples : a)J Ljw>*^I j'en jure par Z>ieM;vliw|^ par ta tête;

3° On s'en sert, iiUx^bO pour indiquer l'emploi d'une chose comme moyen, instrument, W etc., et elle peut se traduire par avec, au moyen de, au prix de. Exemples : U^j JL> .Lsr'»-:'. LiLi' ils donnaient l'un et l'autre des coups avec leurs cornes; L-V-,».-!

(^4*=>-J' ' \^j*^. J^^^^ l'insensé se connaît à siœ qualités; j^ bU,

(1) On peut voir des exemples du sens de ce terme teclinique *-J L «x wi5 1 dans les gloses sur le poème de Tantarani (Chrestom. av., 2" édit., t. II, p. 513 et mS), et dans un passage du dictionnaire Kamous, rapporté dans mon Commentaire sur les séances de Hariri, séance xxxv, p. 386.

il l'a atteint avec une pierre; ^J^U ïJbL^ ! Ij'^^l^l ils ont acheté l'erreur au prix de la vérité, c'est-à-dire ils ont sacrifié la vérité à l'erreur. Quand la particule v> est employée dans le sens de au prix de, on la nomme (J-Iô-LJ I jLj èé du prix;

40 La préposition ■^ s'emploie, Ll;a.U3^ ou iL^bL^.pour indiquer la réunion, la concomitance, et se traduit par avec. Exemples : h^ ^^^ H s'est assis avec lui; i^Lac-O 'U^ ! ^y~^\ il a acheté l'âne avec son licou;

50 On s'en sert, Ç^j^^ ou ^J, ^j^^-*^, , pour indiquer une circonstance de lieu et comme synonyme de ^j, dans. Exemples : jJlaj ijj t fSyià Dieu vous a secourus à Bedr; ^^ viJ—o l s 9

^5 jJj ! K c..>.i Jj-^. v^.^;-^ ^j^^ arrêtez, nous pleurerons au souvenir d'une amante qui avait sa devneure à la chute d'un coteau sablonneux ;

6° Elle sert, J-JulU , pour indiquer le motif ou la cause : 1^

.j^sxSj lyLS Uj IJ I i^tjx des tourments douloureux seront

leur partage, à cause qu'ils traitaient de mensonge [la parole divine];

7° On l'emploie, Ï-jJ-jcLU , pour rendre un verbe transitif ou pour joindre à un verbe un complément indirect. Cela a lieu principalement après les verbes qui signifient venir, aller, partir, s'en aller, comme »L4>, ^'t, jLl,, IK, ^^^^J, se tenir debout ou se lever, comme [.la, ^ja^ , et une multitude d'autres. Au moyen de la signification transitive que leur donne la préposition V . qui les joint à leur complément indirect, il faut les

traduire par amener, apporter, emmener, remporter, soulever, dresser, etc. Exemples: *».j~) iJ) ! ^I^ i Dieu a emporté leur

lumière; a1^ ^ Sj j^ ]y li apportez donc un seul chapitre gui soit semblable à cela : 1^-^ ^ A-^ il a soutenu ou fait triompher

lavérité; 'LSX^\ .LlaLi /jâ^ il a soulevé ouporté le fardeau des affaires de l'Etat;

8° Elle se met souvent devant l'attribut d'une proposition négative et est en quelque sorte explétive. Exemples: ^ Oj

^j^j^ ils ne sont pas croyants ; ,jL»xj Us J-9'*J •'-U ! \j>^ Dieu '" ' '',,,.'

ne néglige pas d'observer ce que vous faites; *-J Ljo Ow je ne

sais pas.

On trouve aussi, mais rarement, la préposition >wJ employée

ainsi devant un attribut affirmatif. Exemple :

ji j'^Lî... ^J^'i .o!jiI3! ,J U. ^JJ! aÛ! jÎ 'jj-j J^i'

N'ont-ils donc pas compris que DieUj qui a créé les deux et la terre,... est assez puissant pour rendre la vie aux morts f W 9° La préposition v»j parait encore explétive dans quelques

autres cas, comme dans l'exemple suivant : t-V^ ^ '-f ..5^"^^ il suffit de Dieu pour témoin ;

10° Après tJ! .signifiant voici et qu'on appelle alors SU-li^ liit {rfAa exprimant un événement inattendu, le nom qui indique la chose sur laquelle on veut fixer l'attention peut se construire

avec la préposition y>. Exemple : 'i^j> jlU t J Jbb J-ayJ t-i] J— *-3! J— J( wotVà qu'un homme qu'on appelait le Sétd Béraca s'avança.

1037. On ajoute quelquefois après la particule » . le motU»,

qui est alors explétif et ne détruit point l'influence de la préposition sur le nom qui lui sert de complément, comme on le verra dans la Syntaxe.

(1) Voyez Alcoran,sur. 46, vers. 32. Beaucoup de grammairiens arabes refusent d'admettre cet usage de la préposition v j dans les propositions affirmatives, et

dans le passage même de l'Alcoran que je cite ici, ils prétendent que le >--'

explétif dej'5'ji^ est destiné à fortifier la négative J^ ' -^^ LJJ^ qui est au

commencement de cette phrase 'j^ «^j , ce qui est d'une absurdité évidente.

Pour qu'il en fût ainsi, il aurait fallu dire : ... -V ' i-5^> ^j^} ^ ' ^ jjJ^.' orment-ili àoM que Dieu ne peut pas.,., etc.

1038. La préposition ^Jointe à la négation ^, forme une particule composée qui signifie sans. Exemple: j!ii ^ .Uall -U il) j!^ wn roi ssliïs Justice est comme un fleuve sans eau,

1039. La préposition o- n^est employée d'ordinaire que dans cette formule de serment :i-ULjjoar Dieu; cependant, on s'en sert quelquefois dans un petit nombre d'autres formules de serment, comme ^y par mon Seigneur, 'LIjSJi I yZjyi par le maître de la Caaba, ^ — c-^jJ Li' par le Dieu miséricordieux, vlljl^ par ta vie.

1040. La particule préfixe ^ est une préposition qui sert à

comparer i-^i»j■^^ et signifie comme, de même que. Exemple : ï.l^^ L- J ç» ils sont comme les pierres.

1041. On ne joint pas ordinairement la préposition ^ avec les pronoms affixes; quelquefois cependant on la trouve jointe à ces pronoms. Exemples : J' comme moi, -^ S comme toi, i S^ comme lui, L^-i' comme elle. L'usage de cette préposition avec les afïïxes de la première et de la seconde personne est extrêmement rare; on l'emploie plus souvent avec ceux de la troisième personne. En général, on se sert, avec les affixes, du

mot jij>, qui signifie la même chose.

1042. On joint aussi quelquefois la préposition ^ avec les pronoms isolés (n" 1004). Exemples : Ul/ comme moi, o>il J' comme toi,^ comme lui. En voici deux autres exemples :

Parce que ceux qui veillaient à sa garde ne dormaient point et que les démons qui formaient sa garnison étaient rétifs comme elle.W

„ - I vT" .' ' ' 'y' >c f , r^ , '

(1) Ceci est tiré de la Vie de Timour, par Ebn Ârabschali (t. I, p. 330). Il s'agit de la citadelle de Mardin, et l'aatear joue sur le double sens du mot ^^^'^ i^> qui signifie rebelles, obstinés, et qui est le nom propre de cette place forte.

// se mit en marche couvert d'une cape garnie d'une bordure fine comme lui.W

1043. On joint aussi cette préposition avec les pronoms isolés composés (no 1017) ; on dit donc ^\j}~S comme moi, viJljLS^ comme toi, mais tout cela ne doit être regardé que comme des licences ou comme des usages particuliers à certains dialectes.

1044. On trouve assez souvent la préposition ^ jointe au nom jh> mis au génitif, ce qui forme un pléonasme. Exemple :

XiS \ jJLiS comme la ressemblance de l'âne, c'est-à-dire comme l'âne.

1045. Quelquefois la préposition ^ forme le complément immédiat d'une autre préposition, comme dans cet exemple :

^j-4-JLJ'^ .J-Lé-^ , à la lettre : Il rit de comme des grains de grêle, c'est-à-dire il découvre en riant des dents aussi fraîches et aussi blanches que des grêlons.

Cette manière d'employer la préposition >jJ a engagé plusieurs grammairiens arabes à la considérer comme un nom indéclinable.

1046. Le mot \JS, composé de -iJ et du démonstratif !i, est considéré comme un nom. En conséquence, s'il forme le second terme d'un rapport d'annexion, le nom qui sert d'antécédent à

ce rapport perd le tenwin. On dit donc : t j/ïi-l ^^^ \^ j^ ^

en un tel mois d'une telle année.

1047. De la préposition jJ et du nom conjonctif ^ ce qui, ce

que (n° 987), on forme le mot U-i', qui signifie de même que, de la même manière que. Ce mot est un adverbe ou du moins équivaut à un adverbe conjonctif.

(1) C'est encore d'Ebn Arabschah (t. II, p. 64) qu'on a emprunté cet exemple. Il y a aussi un jeu de mots sur le double sens de l'expression i-^ ^ ' (Jf^ ^ , qui, appliquée à un vêtement, signifie qu'if est garni d'une bordure fine ou délicate, et, dit d'un homme, signifle qu'jf a une suite peu nombreuse.

1048. Quelquefois U après jJ est purement explétif et n'empêche pas que le complément de -l) ne soit un nom au génitif.

1049. La préposition J s'emploie pour indiquer différents rapports, principalement les termes de l'action; elle répond le plus souvent au datif latin ou aux expressions françaises à, pour, à cause de, afin de. Elle sert :

lo ^ilUJ ou |jâUiCa..bU, pour indiquer la propriété ou l'attribution. Exemples : i — U j œt»J I la gloire [appartient] à Dieu; iii Ul nous [sommes] à Dieu; i/y^ A^^ ' '-^^ '^^ mors [est] au cheval.

Cette préposition, dans ce sens, répond souvent au verbe français avoir. Exemples: ^\ ^j w»! J> '^ à moi n'est ni père ni ^/«,c'est-à-direye n'ai ni père ni fils; jjp. S-^ U) U à nous

n'est sur vous aucun droit, c'est-à-dire nous n'avons aucun droit

sur vous.

■ C'est à cet usage de la préposition J qu'il faut rapporter ces

formules admiratives sTi aJJ, J4-, !^y '^7^ ^ , qui signifient qu't^ n'appartient qu'à Dieu de produire quelque chose d'aussi excellent que la personne ou la chose dont on parle.

Lorsque, dans une même proposition, on trouve les deux prépositions J et ^^ , la première indique une dette active, un droit à exercer, une créance,e\, la seconde une dette passive, un devoir, une obligation. Exemple :,^,^ <J^ t ^^-V^ J> à moi sur ^oij c'est-à-dire (u me dois mille pièces d'or. Je reviendrai sur cet objet en parlant de la préposition ^;

st.

2° La préposition J s'emploie, S:}^ ou lUJ , pour indiquer la cause, le motif. Exemples : ixîjUJ (.U il se leva pour le secou rir; ajJJ»'^ AjLaJ ^y^ .J^^ '''ow chagrin s'enflamma à cause de l'accident survenu à ses deux yeux;

3° Elle sert souvent à joindre à un verbe son complément indirect. Souvent même elle s'emploie pour joindre à un verbe

transitif son complément direct quand ce complément se trouve déplacé, afin, disent les grammairiens arabes, de fortifier l'influence du verbe sur son complément Jw>L»3 i i j j sLxJ ,

influence diminuée par ce déplacement. Exemple : "Jj^; (^ ij\ .jj^' SI vous mterprétex cette vision.

Par la même raison, on l'emploie aussi pour joindre aux noms d'action ou d'agent des verbes transitifs leur complément direct, parce que, suivant les mômes grammairiens, l'influence de ces noms sur le complément est moins forte que celle du verbe ;

40 Elle s'emploie comme synonyme de 3, signifiant au sujet de. Exemple : ^jt \y^ \i\ ^\jà3 IjJli ils ont dit au sujet de leurs frères, quand ceux-ci sont allés combattre...;

50 On s'en sert pour exprimer Vadmiration ^,.,^3^*^ ou pour appeler au secours iJ'ljcL^ . Si la particule est précédée immédiatement de l-j. , elle prend pour voyelle un fatha. Exemples :

JojJ \>holà, ZéidI ■. ^:)^ \ ï*~^j v^?^ V. ^ chose prodigieuse I

6 discrédit des leitres/W La préposition J, servant à appeler au secours, peut avoir pour complément le nom de la personne ou de la chose appelée au secours a j oL*-i.~>J ' ou celui de la personne ou de la chose pour laquelle on réclame du secours

^\ ^ d.uji:sïï.(2)

(1) Cet exemple est tiré des Séances de Hariri. Dans mon édition (p. 24), on lit , et, suivant le commentaire, il y a ellipse de la personne appelée

^.J l-^;-i>J I , et l'auteur n'a exprimé que la chose pour laquelle la personne est

appelée i^ ! 'IcJ^ t. Le sens, dans cette supposition, est : O.qui que tu sois,

^ " * viens voir une chose surprenante, viens voir à quel point la littérature est anéantie! Cette interprétation me parait elTectivement préférable.

(2) Ebn Malec dit positivement, dans VAlflyya, que si l'on se sert de J pour appeler au secours, le nom de la cliose ou de la personne qu'on appelle se met au génitif, étant régi par la préposition, qui doit se prononcer par un fatha :

J^'i^ Lli" Lo.j.xi/» jbU L Liais». ^g.ill» *—! o^^jkx— I !it

Dans ce cas, on peut détacher la préposition du nom qui lui sert de complément. Exemples :/^^ ! JU Holà/ au secours de

l'islamisme /W'J^\^ \y^ .\l^ J^ô Holà/ enfants de Mazen, levezvous et accourex à moi/

1050. Il arrive souvent, quand on emploie cette formule, qu'on donne pour complément à la préposition un pronom personnel qui ne se rapporte à aucun antécédent, mais dont la valeur est expliquée ensuite, au moyen de la préposition ^ suivie du mot même que représentait le pronom. Exemples :

--^ (j^ *^ ^- v^j v^ 0->^ --^.Xi. J,j ^ &jj

J'étais attiré vers Alep par un désir qui s'était emparé de moi et par une passion, oh/ quelle passion /

O toi, alouette qui es dans une prairie, rien ne t'empêche de t'élever dans l'air; ponds donc et siffle.

On peut même supprimer la préposition j^, comme dans cet exemple :

ï 1jw 143 U L4-x*^j 'ij-^ *V s^j-3 ' [j^ Parce que les préfets ont de la hauteur et de la dureté, oh/ quelle dureté/

1051. La préposition J remplace souvent le rapport d'annexion, soit par suite d'inversion, soit pour éviter de déterminer le nom qui formerait le premier terme de ce rapport.Ainsi,

(1) M. Reinaud, dans les Extraits des historiens arabes relatifs aux guerres des Croisades (p. 267 de la 2* édit.), a repris à tort A. Schultens d'avoir lu et traduit ainsi. Il a pensé qu'il fallait lire y -i— ' -" ' J ' ^ . Je ne partage pas son opinion. L'orthographe dont il s'agit ici est commune dans les anciens manuscrits.

DU DISCOURS ATi

l'on dirait ^1 J O^L^ il est mort un mien frère, parce qUe si

l'on disait ^^t o-U, ce qui signifierait mon frère est mort,\e mot frère serait déteraiiné. Autre exemple : J*'-^ (^ viUj»t jUJ \ j il a fait périr leurs grands seigneurs et les gens du commum.

1052. Elle entre dans des manières elliptiques de s'exprimer telles que celles-ci : t J^ \ySakJ .1 ^ .^JU Ji êtes-vous

d'humeur à faire ceci? ,y..AJ ,t J vlJJ ,y^ veux-tu faire la

méridienne? •S,3j\ \^\> J ^ qui me procurera ce remède?

1053. Cette préposition, étant jointe aux pronoms afflxes,

prend un fatha au lieu d'un kesra: viJJ, LU, *SJ à toi, à nous, à vous, etc., excepté au pronom afTixe de la première personne du singulier, où l'on dit J à moi.

1054. Quand elle précède l'article déterminatif j!, elle lui fait perdre son t. Exemple : OyJ pourÇAl ^ au Seigneur.

1055. Elle fait aussi fonction de conjonction et signifie afin que, pour que; elle se joint alors à l'aoriste subjonctif. Exemple :

ili U Lli. (T-*^' ! il chercha quelque chose pour le manger.

Dans ce cas, J ne cesse pas d'être préposition, mais il y a, comme disent les grammairiens arabes, ellipse de la conjonction ^\ ou S que; on peut même exprimer la conjonction et dire ^ ou ^^^O pour que; mais on ne peut pas sous-entendre tout ensemble la conjonction et la préposition J.

1056. La préposition J, jointe à l'aoriste conditionnel, lui donne la signification impérative. Exemples:

^^^rjjpLjj aj r Je-;

Que ceux donc qui mettent leur confiance, la mettent en Dieu.

Qu'un écrivain en dresse un acte entre vous,conform.ément à la justice.

m DES DIFFÉRENTES PARTIES

La préposition J, en ce dernier sens, peut être précédée des conjonctions préfixes j et ^, et alors elle peut perdre sa voyelle et prendre un djesma, comme on le voit dans les deux exemples précédents.

Dans cet emploi de la préposition J,il y a réellement, comme dans le précédent, ellipse d'une conjonction et d'une proposition antécédente, comme lorsque l'on dit en latin aheat, wenia^jC'est-à-dire volo.jubeo ut veniai. La préposition J, dans

ce cas, est nommée j-^^ t z»^ lam impératif ou de commandement.

1057. Le nombre des prépositions séparées n'est pas très considérable; ce sont J,^ ^J^, L^U., ^, lii, ^, ^, ^, jjJJ,

jj, ^JJ, >^,^V 6t J^; encore parmi ces mots y en a-t-il plusieurs qui sont plutôt des verbes ou des noms employés d'une manière adverbiale que des prépositions.

1068. La préposition J, ! à, vers. Jusqu'à indique le terme d'une action îUxj'bJ t. Exemples : ïajjJ ! J,! lU. il est venu à la ville; l^J^siCa^ J,' 4*Si^ l 5.>'j ils ont ajouté une sagesse avec ou à leur sagesse.

C'est par une suite de cela qu'on dit dU 3 J^ J,| pour et le reste,» à\ Jji et ce qui suit jusqu'à la fin, et caetera.

On dit aussi J,t pour i» avec, c'est-à-dire j'oint à. Exemple:

Ne mangez pas leurs biens avec vos richesses.

Mais dans ce cas et dans les cas semblables, la préposition indique l'ellipse d'un verbe qui devait lui servir d'antécédent. Ici il faut sous-entendre L^^*^' les ajoutant ou A^j^v^a» ajoutées; le sens de ce verbe sous-entendu est virtuellement renfermé dans le verbe \jJ-^\ji.

1050. Le mot S^ s'emploie de quatre manières :

1° On emploie ^^-^ comme préposition pour indiquer le terme, l'extrémité, «L^bU ou 'iS].j^. Exemple : ti^t »li^^a. jusqu'au moment où se lève l'aurore. Dans ce sens,^:^ a pour complément ou un nom, et l'on met ce nom au génitif, ou une proposition conjonctive commençant par la conjonction .1;

ce

2° On emploie ^c-^ comme conjonction wsJajii3, ou plutôt comme adverbe, dans le sens de et même, et alors cette particule n'exerce aucune influence sur le nom qui la suit et que l'on met au même cas que celui avec lequel il est lié par la

conjonction. Exemples : i L L^ ! J^ >j id t ^Lk le peuple est arrivé,méme ceux qui marchaient à pied, -^ LX-a-J I oXSl ^-"U J'ai mangé le poisson, et môme sa tête.

Dans ce cas, on pourrait souvent traduire ^-^i-a. "^SlT jusqu'à et l'on pourrait s'imaginer que cette particule serait synonyme de J,l ; mais il y a entre elles cette différence que J,! signifie jusqu'à un certain terme exclusivement et ^^ jusqu'à un cer-

tain terme inclusivement. A.msi,i^^) . ^ss. L C»aJ ! cJ-S'! veut dire^''ai mangé le poisson jusqu'à la tête inclusivement, ma'iS si

l'on disait ^t> J-',le sens serait jusq^l'à la tête exclusivement;

3° On emploie ^-^^ comme conjonction servant à lier une proposition avec celle qui la précède, et alors J^ est simple-

meni particule tnchoattve d'une nouvelle proposition, ^^ jj. — a.

^Lix»^! ou «Ijv-:^^! ^J^- ^^ particule o^-=k,dans ce sens, répond a jusqu'à ce que ou à donec des Latins suivi du mode indicatif et n'a aucune influence grammaticale sur la proposition qui la suit. Exemple : (j.*iJ t ,,1,^1]= ^^^ ^^^--i '.^^j' j*^ ils partirent ensuite et firent route jusqu'à tant que le soleil se leva;

40 Si le verbe de la proposition qui commetice par IL 'èiât à l'aoriste et a le sens du futur, cette particule répotid alofs à

donec suivi du subjonctif. Elle devient ^^^-aj ^^, c'est-à-dire qu'elle exige après elle le mode subjonctif. On peut souvent la rendre alors par a/în de, pour que. Exemples : ^.Xi^^ ^^J^]

^iy ^^ ^'l-'^'^ je SUIS venu pour te rendre visite. ?>\ l'aoriste était pris dans le sens du présent, ce cas rentrerait dans le précédent, où le verbe est au prétérit. («

1060. En considérant ces diverses manières d'employer et de construire la particule ^^, je demeure convaincu que ce n'est proprement qu'un adverbe ou plutôt un nom de la forme

Juis, qui ne régit des noms dans la première acception qu'en vertu d'un rapport d'annexion ou par l'efîet de la préposition Jjdont on tait ellipse, comme dans la quatrième acception il régit le verbe au subjonctif à cause de la conjonction .1 sousentendue, ainsi que le reconnaissent les grammairiens arabes. Dans la troisième acception, il y a aussi ellipse de la conjonction .t.

1061. liU. comme ^ et !^ excepté, prépositions d'exception

(1) On peut consulter, sur le cas dont il s'agit ici, Ebn Hescham, dans mon Anthologie grammaticale arabe, p. 169, et la note qui correspond à ce passage, t6id.,p. 204. Je reviendrai sur ce sujet dans la Syntaxe, lorsque je traiterai de l'emploi du mode subjonctif. J'observerai seulement ici que, dans ce cas, il me

parait qu'il y a entre ^9^^ et le verbe mis à l'aoriste indicatif ellipse du verbe

jjo et qu'on fait l'ellipse de ^ , parce qu'il y a avant ^c^~^ un autre verbe au prétérit. C'est ce qui a lieu dans ce passage de l'Alcoran, sur. 2, vers. 209 :

■JJ! , ^2 i JU A**

C'est comme si l'on eût dit Oj)^.. ^ ^<^- Relativement à cette ellipse du verbe ^jO, on a déjà vu des cas analogues.

-iU.Ces trois mots sont originairement des verbes qui signifient être séparé de, être au delà de. Ainsi, quand on dit !jlxi Jj; 1^ *.^jç;*a., cela signifie, à la lettre, la totalité d'eux, ce qui est au delà de Zéid,a été tué, c'est-à-dire ils ont tous été tués, ai l'on en excepte Zéid. Aussi peut-on construire ces mots comme des verbes et mettre leur complément à l'accusatif, et c'est sans doute la construction primitive. Dans la suite, on aura perdu de vue leur signification propre, et, en les considérant comme des prépositions, on aura adopté l'usage de mettre leur complément au génitif. (*) On dit aussi tXJ L>' et ^a U avec le complément à l'accusatif.

1062. ^^ sur, au-dessus de, préposition, indique : 1° Un rapport de situation supérieure îbLjcx^i) '. Quelquefois on doit la rendre par contre : aUc ' ^ il sortit contre lui, c'està-dire pour lui faire la guerre;

2° ^Jc suivi d'un complément, avec le verbe .15^ exprimé ou sous-entendu, s'emploie souvent comme équivalent du verbe français devoir. Exemples : .Ll>p v^jiJ I ^^ sur moi mille pièces

d'or, c'est-à-dire ye dois mille pièces d'or; !3-» J xi i' ,1 >.lAlLc

^ té

sur toi que tu fasses cela, c'est-à-dire tu dois faire cela; U 0--j! ^^ * J^ -^ toi, aucune chose n'est à toi sur moi, c'est-à-dire je ne te dois rien; iiJ ! ^Jt ^y.^\ L*)) ma récompense est seulement sur Dieu ou à la charge de Dieu;

3° La préposition ^ sert à indiquer Vétat dans lequel on est, relativement à la religion, aux occupations, à la profession, à

(1) Voyez, sur la double manière d'envisager ces mots comme prépositions j^ ^^j=>- ou particules d'exception i^^-^-i-^ ^ 'fj=^,moa Anthologie grammaticale arabe,p. 244 et 256, et sur liX=>. en particulier, mon Commentaire sur les Séances de Hariri, séance xiv, p. 140.

i^ DES DIFFÉRENTES PARTIES

la santé, à la fortune, aux dispositions de l'esprit, etc. Exemples : ^

Les hommes sont sur (c'est-à-dire se confoYrhéyit à) la religion de leurs rois.

Les Juifs ont dit: Les chrétiens ne sont sur rien; et les chrétiens ont dit : Les Juifs ne sont sur rien (c'est-à-dire professent une religion qui n'a rien de vrai).

diL, ^ ^jc dij Jil J;fJî Mais je te livrerai à la torture, sur ton grand âge (c'est-àdire tout avancé en âge que tii es);

4° Elle signifle encore à raison de, en récompense de. Exemple :

iu duLu lijLi! ^

Je ne vous demande pas, à raison de cela, de l'argent;

5° On se sert aussi de ^Jx. pour dire moyennant, à condition de, sous la clause de. Exemples :

^Z i^s::,, J j. Jus i] j^Jiii

// consentit à leur demande, bi Condition Qu'ils l'aideraient en lui fournissant des armes.

// ne cessa point de négocier avec lui et d'employer envers lui les caresses et les refus , jusqu'à ce qu'enfin il fit la paix avec lui moyennant le quart de la somme qu'il avait d'abord exigée;

6° Avec le verbe J ^S entrer ou autres qui renferment la

même signification, ^^ indique qu'on trouve dans le lieu où l'on entre la personne chez laquelle on vient. Ainsi a IJ | jÀ.b signifie il entra chez lui, et *4-^ <S-^^ il entra sur lui, c'est-à-

dire dans le lieu où il était. Avec les verbes t y» lire,\-> réciter, ^ signifie devant, en présence de.

1063. On dit adverbialement ,,' (J^ il^ se fondant sur cela que, à raison de cela que. Exemple :

-5 viJJi .1 |ic «l-lj / va~jt J-^ J-*^ <i;li ~.t-:^\ U i— lia. (^j

Z)m nombre des choses qu'il lui demanda, fut qu'il lui fit apporter de l'oignon blanc, se fondant sur ce qu'il ne s'en trouve point dans toute la Syrie et à plus forte raison à Safad.

1064. Entre les manières de parler dans lesquelles entre la préposition ^ on peut remarquer les suivantes : (/"'JJ ' ^^ ..►jO I ., moi k moi sur la tête et sur l'œil, c'esi-k-dire avec respect et soumission ; .51^^ t ir'Ji o* *"^ ^^^ têtes des hommes assemblés, c'esi-a-à\re dans les lieux où lepublic s'assemble ; ^^,'^^ ,i-*

iJJ ! pour l'amour de Dieu ; ^^-fs. ^^ pour un temps; SJ^ ^}a de

son temps; ^y jJ ^^ par le ministère de Moïse.

1065. On dit aussi viL-JLc sur toi pour signifier J-à. prends. Exemple : IjjJ viiic prends Zéid. Le complément étant à l'accusatif, cela indique qu'il y a ellipse d'un verbe; c'est donc comme si l'on disait IJj; J-àu ,l >iL ic tu dois prendre Zéid.

On dit, dans un sens un peu différent, a j .le amenex-le moi, c'est-à-dire w ^^ !yla.Ji entre» prés de moi avec lui.

1066. La préposition ^^ signifie d'ordinaire Véloignement,

l'action de passer outre » : j Li** t , ou rfe se passer et rfe «e rfëtourner d'une chose. Exemples :

Z)teM n'a /)a« besoin fou e«^ a«se« ricAc /jour se passer) de» hommes.

La dépense qu'exige l'entretien de ma famille me détourne d'exercer la générosité envers les autres.

Il est avare au détriment de lui-même (c'est-à-dire il se prive par avarice de ce dont il a besoin).

Tu n'auras aucun avantage sur moi (à la lettre tu ne me dépasseras pas en mérite).

Ne dispute pas pour la défense de ceux qui se trahissent euxmêmes (c'est-à-dire joowr écarter la punition ou la vengeance de dessus eux).

1067. Par suite de cette première signification, la préposition ^jc s'emploie aussi dans le sens de au lieu déjà la décharge ou à l'acquit de. Exemple :

Une âme ne paiera rien à la décharge d'une autre.

1068. Elle se prend encore dans le sens de après, au delà. Exemples :

Après peu de ^ewi^s (c'est-à-dire dans peu) ils se repentiront.

La guerre de Wayel a enfanté [des troubles] après qu'elle avait reçu les approches du mâle sans concevoir (c'est-à-dire après un long espace de temps pendant lequel elle n'avait produit aucune hostiiité);--v ■^•t'v'' •

Elle dormait toute la matinée, n'ayant point repris sa ceinture depuis qu'elle s'était déshabillée.

Afin que quiconque périra périsse d'après un titre authenthique,et que quiconque vivra vive d'après un titre authentique.

1069. On emploie ^é après tous les verbes qui renferment l'idée de découvrir, d'enlever ce qui couvre, de mettre au jour, de laisser voir ou connaître ce qui était cacAé. Exemples:

Ils ne pourront pas détourner le mal de dessus vous.

, j^.a*J I IiJ I fi j^i Il a dévoilé le secret caché.

Il n'est parvenu de toi aucune action qui indique ta vertu et qui mette au jour des indices de ta noble origine et de ion mérite.

C'est là une question au sujet de laquelle a été interrogé l'envoyé de Dieu et au sujet de laquelle il a répondu.

Je suis entré dans leur habitation pour demander de leurs nouvelles, et leur habitation n'offrait plus que des demeures

vides et un lieu désert.

1070. On emploie encore la préposition \* pour citer l'auteur d'un discours, d'un récit, ou pour désigner la personne au nom de laquelle on parle. Exemples :

Le fils d'Omar nous a raconté, le tenant de son père. On dit à peu près dans le même sens :

Nous ne ferons pas cela en vertu de tes paroles.

1071. La préposition ^ est quelquefois employée pour indiquer le moyen ou l'instrument avec lequel on fait une action Ljljc:-^bi3, comme dans cet exemple : /r-J-sJ ! ^ Ô4^j J'ai tiré

une flèche de l'arc; mais il est aisé de voir que cet usage de ^j*

rentre dans la signification indiquée par le mot ëjjLii-'! (no 1066).

Il en est de même dans ces manières de s'exprimer : voL-» ^— ^ e^^ C'* mourut à quatre-vingts ans passés; ^ O''-' »-i~o jJ. t7 mourut laissant un fils encore jeune.

1072. Quelquefois l'antécédent qui devrait précéder la préposition ^ n'est pas exprimé, et il faut le suppléer pour bien se rendre compte du sens de la phrase. C'est ce qu'on voit dans ce passage de l'Alcoran :

J'ai aimé avec passion les biens [de ce mondé] au point de négliger le souvenir démon Seigneur.

C'est comme si l'auteur eût dit: Jj ^i ^ dJJi J^ X^ ou autre chose semblable.

Il en est de même dans ce vers :

On dirait qu'en souriant elle découvre des perles artisiement rangées, ou des grêlons, ou des marguerites blanches.

En disant ^ *-^', le poète a exprimé la même pensée que

s'il eût dit^ — 'I Jy; vi^^ii/ J>^llj- til ly 15', ainsi que je l'ai rendu dans ma traduction.

1073. ^ signifie encore en comparaison de. Exemple:

Oik es-tu (c'est-à-dire quel mérite as-tu) en comparaison de ce vers extraordinaire qui réunit toutes les choses auxquelles on peut comparer l'ouverture de la bouche!

1074. La préposition ^ suit d'ordinaire le mot ^-isj, et cette

formule : (ji -L^s, signifie à plus forte raison, sans qu'il ^oit besoin de faire mention de.

1075. Enfin, ^^ est quelquefois employé comme nom indéclinable servant de complément à une préposition et signifiant ï~a.Lj côté. On dit donc : i^^. jj* ^ C-^i=>. Tu es venu du côté de sa main droite.

1076. ^, préposition, indique :

1° Un rapport circonstanciel de temps ou de lieu '^Ji^ I , et signifie dans, parmi. Exemples : J 3— ^J! J dans la mosquée, iLU I .IJ^ J en cette année-là ;

2° On se sert de Jpour exprimer l'idée de multiplication et de proportion, comme i^-à^^ iJ^ trots multipliés par cinq;

>jD bl .J ^i^ e-—' ' ^ i-c).J ,y»vfti. iJjJa sa longueur est de cinquante coudées, sur douze de largeur; 3» La préposition J> signifie encore en comparaison de. Ex.:

La vie présente, en comparaison de la vie future, n'est qif'u,ne jouissance usufruitière ;

4° Quelquefois ^ répond à la préposition aucc, comme dans

cette phrase : UJ ! ^.^^...«i. J L=Ly II partit avec cinquante mille

hommes. C'est comme si l'on disait au milieu ou entouré de, etc.;

5° La préposition^ signifie souvent aM«t<;W de, concernant, •

cela a lieu surtout dans les titres de livres. Exemple :

Le livre des astres brillants concernant l'histoire de Misr et du Caire.

6" La préposition ^J semble souvent, dans les propositions négatives, faire le même effet que la préposition ^ placée devant l'attribut (n» 1036). Exemple:

Mais la famille à laquelle j'appartiens, quoiqu'elle soit nombreuse, n'est dans rien (c'est-à-dire d'aucun secours) en fait du malheur, quelque léger qu'il soit.

On voit que « '^i > ^y^ revient à peu près au même que

• -i-J l j-vJ OU L-~î. 'J~>;J.

1077. \1J auprès, ^om lequel on dit aussi ^S^ et même \iJ, \jj, 'Ij, .jJ.iJ.D, jJ, lis , est plutôt un nom qu'une préposition.

1078. j^ et J^ sont employés, ^l^}) ' J •'-^^' P"""^ '"'*^' quer le commencement d'une certaine période de temps passée ou présente; ces mots équivalent à depuis. Exemples :

/e ne l'ai pas vu depuis le vendredi.

Je ne lui ai pas parlé de ce mois-ci.

On ne doit mettre le nom qui suit ^ ou iJ^ au génitif que quand il exprime une période de temps qui n'est pas encore achevée, comme dans le second exemple.

1079. Si '^ est suivi d'un élif d'union, on peut donner pour voyelle accidentelle au dxal un dhamma ou un kesra (n" 139).

1080. I^ et J^ qui en est une contraction semblent venir de

i) ,.y». Suivant quelques grammairiens arabes, ces mots sont * c • • î T*

une contraction de ^^ et de^:», dans le sens de ^-^ i. Ces

mots ont tantôt le sens de V, tantôt celui de ^j, tantôt enfin

ils réunissent le sens des deux prépositions ^^ et J,L Quelques

grammairiens regardent ces deux mots comme des noms, mais on les considère plus généralement comme des particules.

1081. V est une préposition qui signifie de. Elle s'emploie:

1» «tj—^L-ibU, pour indiquer le point de départ ou le commencement, relativement au lieu ou au temps, par opposition à la préposition J, employée ti4^^ pour le terme. Exemple :

Quand l'émir sortit du palais;

2° Elle sert, >,,,--^j^, pour indiquer la composition, les parties qui entrent dans un tout. Exemples :

L'homme est composé d'âme et de corps.

Quelqu'un d'entre vous désirera-t-il avoir un jardin [composé] de palmiers et de vignes f

30 Elle s'emploie, ^ja;j3J, pour indiquer une portion àprendre dans un tout. Exemples :

Il prit quelques pièces d'or, ou des pièces d'or.

/)'entre /es hom.m.es, il y en a qui ne croient pas en Dieu.

C'est ainsi que nous employons en français les mots du et des, qui supposent toujours l'ellipse des mots une portion. (D

Cet usage de (^ se reconnaît à ce qu'on peut remplacer la préposition par le mot (jaau une portion de, quelques;

40 On se sert de ^^ pour exprimer la cause d'un événement JJ«îU. Exemples:

(1) Voyez mes Prine. de gramm. gén., 2» édil., p. 40 et 123.

!j»lc! .»l jl kà. LL»

//s on^ é^é submergés à cause rfe Zewrs péchés.

Ce/a [a été ainsi] à cause d'une nouvelle que j'ai apprise;

5° Elle s'emploie, .j'^-^ oU(^:-~ôUJ,pour expliquer ou déterminer le sens d'une expression vague et indiquer ce à quoi elle s'applique. Exemples :

Evitez l'abomination des idoles (c'esl-à-dire évitez l'abominatiçn qui consiste dan& les idoles).

Ce qui a été perdu de l'argent (c'est-à-dire l'argent qui a été perdu).

£'//cs devront subir la moitié de ce qui est imposé aux femmes mariées en fait de châtiment : telle est la loi donnée pour ceux d'entre vous qui craindront de se rendre coupables de crime.

Ce que vous dépenserez en fait d'aumônçs vous sera rendu.

1082. Dans les propositions négatives et dans les propositions interrogatives emportant le sens d'une négation, il arrive souvent qu'au lieu de mettre le sujet ou le complément du verbe au cas qui lui convient, on l'exprime sous la forme d'un terme circonstanciel.par le moyen de la préposition ^^, qui est alors ïJ-îh explétive. Exemples :

Il n'est point venu à moi d'homme (c'est-à-dire iwrsann»). Nous disons de même en français : il n'est point venu de femme.

yoM« n'avez poini de Dieu au^re g-we /mi.

/^ n'î/ a point d'animal qu'il ne saisisse par les crins qui couvrent son front.

Il n'y a point de nation qui devance le terme qui lui éit pùcè.

Là même chose a lieu, quoique plus l-aremeïi't, dàrts leè propositions affirmatives, ce que cependant tous les grammairiens arabes n'admettent pas. En voici un exemple :

fjr! Jr^ ^^ ^^ J/. •^' cT'. 3>îj // fait descendre du ciel des montagnes (c'est-à-dire des nuages gros comme des montagnesj dans lesquelles il y a de la grêle. W

1003. Les rapports d'annexion représentant ordinairement, comme on le verra dans la Syntaxe, les prépositions J ou jV. il arrive souvent, comme je l'ai déjà fait observer relativement à la première de ces deux prépositions (n" 1051), que, dans le cas d'inversion ou pour quelque autre raison, on substitue la préposition w^ au rapport d'annexion. Exemples :

Ils mirent une troupe d'enfants sur son passage (à la lettre de lui sïtr le passage).

On voit queJ*4J I ^ a!» est pour »J^ ^,

J..~=rWJt wîJjJ ] ao ^ ^.y> ^ ij^ Ji^ S^^

lî t'eit iïirvenu, quand tu étais Marié te désespoir (à la lettre)

(1) Voyez là-dèssus mon Anthologie grammaticale arabe, p. ^,'^1 le Commentaire de Tebrizi sur le Hamasa,p. 41, au sujet de ce vers :

m DES DIFFERENTES PARTIES

sur le désespoir j de ta part)^ un secours que t'accorde Celui dont la bonté se plaît à exaucer les prières.

1084. La préposition ^ s'emploie aussi pour dire en comparaison de. Exemple:

Où es-tu de Noé (c'est-à-dire qu'es-tu en comparaison de Noé) et de la longueur de sa vie ?

Nous avons déjà vu qu'on se sert de ^ dans le même sens.!*)

1086. C'est à une acception semblable de ^ que s'applique la dénomination arabe de JUaJ'^ ^ indiquant un rapport de

connexion. C'est ainsi qu'on dit ^^ c>-~|j -^^^ c^^ ^^ j^ n'ai aucun rapport avec toi et tu n'as aucun rapport avec moi (à la lettre -.je ne suis pas de toi et tu n'es pas de moi). (2)

(1) Il arrive assez fréquemment qu'on emploie y> au lieu de ,»* (n« 1073), comme dans cet exemple :

Vous contentez-vous de la vie présente, en sorte que vous renonciez à la vie future?

Suivant quelques grammairiens, ,.y^ dans cet exemple et dans les cas semblables, signifie à la place de J •^.

(2) Voyez Béidhawi, sur le verset 27 de la 4» surate de l'Alcoran. Dans un passage cité dans ma Chrestom. arabe, 2* édit. , t. Il, p. 421 , il faut sans doute entendre

c fi,ycfy \i. y r

de même la préposition ^ • Ainsi les mots ^ ^-^^ ' j ---^ ^ signifieraient à la lettre :ily a des rapports de rang et de dignité entre toi et lui. Peut-être estce aussi à ce genre de relation qu'il faut rapporter ^5-7-^ ^ dans ce vers de la Moallaka d'Antara {Anthologie grammatv:ale arabe, p. 27 du texte) :

On voit un exemple pareil dans un vers du Hamasa que j'ai cité précédemment au sujet de la préposition v3 et oti on lit : ' ^^ ij. j-^ ' ^^ '.j-^rr (nM076).

C'est encore ainsi qu'un critique cité par Tebrizi dans son Commentaire sur le

1086.11 y a diverses formules dans lesquelles la préposition

t^ est employée ^J'^ comme explicative, mais par une sorte

de pléonasme, comme dans celles-ci : vj^J-Js ^j-/» i~i Hj pour

.JiaJ U (no 1050); S-=-\ ,-t^ ^ii-aU, ce qu'on pourrait traduire par prodige d'homme pour homme prodigieux; jJ^-, ,.^ dJ.i siî <M es Mw homme admirable. W

1087. On emploie aussi ^j^, suivi d'un nom qui exprime une idée temporelle, avec une valeur adverbiale, comme J-*) ' ^y demain, ie reviendrai sur cela quand je parlerai des adverbes.

1088. On interpose quelquefois entre les prépositions jV et ^ et leur complément le mot U explétif, qui ne change rien ni au sens ni à la construction. Exemple : -—^.j ^ L^ pour ^-^.,j> ^jc dans peu.

1089. t >, préposition préfixe, n'est autre chose qu'une contraction de la préposition w^, contraction qui a lieu non seulement dans l*^ de ce que, composé de ^ et de U, et dans ,%** de ceux qui, composé de ^^ et de ^, où le teschdid remplace le ^, mais aussi dans d'autres circonstances, ce qui cependant n'arrive que rarement. Exemple :

Hamasa (p. 53), reprochant à un poète d'avoir manqué aux règles de l'analogie en disant :

Nous sommes comme l'eau des nuages; il n'y a point, dans la source de laquelle nous descendons, d'homme faible, et l'on ne compte parmi nous aucun avare, s'exprime ainsi :

Ce vers est mauvais, parce que les idées qu'expriment les mots cohoum (être émoussé) et modha (être tranchant) n'ont rien de commun avec les nuées du ciel.

(1) Golius a eu tort de traduire cela par servet te Deus ab aliquo. Voyez, à ce sujet, mon Commentaire sur les Séances de Honri, séance xxxii, p. 361.

Et il ne se sauva des deux tribus qu'un très petit nombre d'hommes, ^^;-Ii-l» est pour ^J:^ ' ^. On trouve de même XjL^ pour

*Uij t y des chosesj JUL pour JU t 'w» des richesses, UdJu» pour UUJ t j^ c?e l'épine, ^j]'^ ^ pour ^jj^ ! ^^ des chamois.

109Q. f o, particule préflxe, est pareillement une abréviation de la préposition ^, On dit par contraction Uo c?e ce ç-we et -^ic cfe cewo; ç'mî, pour

1091. Ce petit nombre de prépositions semble insuffisant pour rendre cette multitude de rapports qui, dans la plupart des langues, sont exprimés par des prépositions. Les Arabes y suppléent par des noms qu'ils mettent à l'accusatif; quand ces noms n'ont pas de complément, ils sont de véritables adverbes; quand ils ont un complément, ils équivalent à un adverbe suivi d'une préposition. Prenons pour exemple (jjy.Ce mot signifie le dessus; sous une forme indéclinable, et considéré comme adverbe, ^J|J»,il signifie au-dessus et équivaut au latin supernè, sursûm; son équivalent en français est la préposition à et son complément le dessus, c'est-à-dire au-dessus.Si ce même mot a un complément, il perd sa voyelle nasale et signifie alors au-dessus de. Exemple : Ja-J ! (Jj jj au-dessus du

toit. Le mot ^Jjjj équivaut alors à la préposition sur, ou plus exactement à la préposition à, à son complément le dessus, et à une autre préposition de. Nous reviendrons sur ce sujet dans la Section suivante. P)

(1 ) Bïiihàwi, dans son Commentaîré sur l'Alcoran (sur. 8, vers. 1), observe que, dans quelques manuscrits, ou trouve J"i^J* au lieu de J'Ai y I ^. (2) Les fioms «iniployés de cette manière conservent si bien leur natui^ de

1092. Parmi ces noms qui tiennent lieu de prépositions, il y en a un petit nombre sur lesquels il est à propos de faire quelques observations; ce sont i», i-* et Jij^î.

1093. «^ ou 9J' pourrait être regardé comme une préposition, mais ce qui prouve que c'est un nom, c'est qu'on peut lui donner la terminaison de l'accusatif et la signification adverbiale; on dit Ist» ensemble {simul].

1094. Sans perdre sa signification propre, i» doit souvent être traduit par malgré, nonobstant. On dit dans le même sens ^ ^. Exemples:

Timour, nonobstant sa situation gênée, le petit nombre de ses armes et de ses troupes, l'infirmité de son corps et la faiblesse de ses moyens, et quoique d'ailleurs dépourvu d'argent et d'hom.mes, leur disait qu'il aspirait à la royauté.

aj^ BjUi ^h ^ "j ^y^ \ 'XI ^ ! il» ji.yj' il ^ jj I ji^ li'

Comme le collyre, dont on ne prend qu'autant qu'il peut s'en attacher à l'aiguille et qui, malgré cela, est promptement consommé.

Tu as jeté des fondements, mais ce sont ceux des troubles et des malheurs ; tu as marché, mais dans la voie de la destruction

nom, qu'on peut en former des diminutifs; ainsi, de J-:^ axanl de et -^ aprèi.

on fait o—^ et >\^ . Us se trouvent l'un et l'autre dans Omar, fils de Faredh, et le commentateur dit qu'on s'en sert pour rapprocher, c'est-à-dire pour indiquer un petit éloignement ^^jyi-^' aj' jJ LJ.

des bons exemples, et, malgré tout cela, quand même tu parviendrais à V élever au plus haut des sept voûtes célestes, tu n'égalerais point encore en grandeur Pharaon et Scheddad .

Il ne put point démolir et détruire les pyramides, quoique détruire soit bien plus facile qu'édifier.

1095. Le mot J — '-s. chez, au heu duquel on prononce aussi ^j£, et J-x, ne peut devenir le complément d'aucune préposition autre que ,.w». C'est une faute de dire ^J^ J,l .<*' Le mot j—lc signifie aussi en comparaison de. Il veut dire encore selon l'avis de. Exemple : ^.>-* à mon avis, à mes yeux.

1006. Ujoc, sorte d'adverbe conjonctif, signifie tandis que.

1097. ^t^ en la compagnie de, avec, et ^^s- dans la demeure de, chez, étant joints au verbe .î^jexprimé ou sous-entendu, doivent souvent être rendus en français par le verbe avoir, comme nous l'avons dit plus haut de la préposition J (n» 1049). Exemples :

la.ll '11).5 iJl ^■^ '}^ ^

Il n'était chez moi qu'une seule pièce d'or (c'est-à-dire je n'avais qu'une seule pièce d'or).

Il n'est avec moi ni pièce d'or ni pièce d'argent (c'est-à-dire je n'ai ni or ni argent).

1098. Le mot \^> est proprement un nom qui signifie infériorité ;\\ s'emploie, sous forme de préposition, en divers sens:

lo , J.Î et ,jjJ ^ signifient à l'exclusion de,préférablement à.

(1) Voyez, à ce sujet, mon Comment, sur les Séances de Hariri, séance xxiv, p. 251, et mon Antholoyie grammaticale arabe, p. 73 et 127.

Exemples : ^

' '.'■■' x'i I" '*' ' vi I' "iiT ' '• "• '

// invoque, à l'exclusion de Dieu, ce ç'mî ne peut ni lui faire du tort ni lui être utile.

Il est venu chez vous préférablement à tous les autres hommes pour vous demander de la nourriture et une demeure ;

2° Le mol .ji, signifiant proprement aw-rfessoMs, exprime aussi l'infériorité en nombre ou en étendue. Exemple :

Entre ces deux [forteresses], il y a moins du jet d'une pierre;

3° Jjj^ se dit encore pour exprimer un obstacle interposé entre une chose et celui qui désire en approcher; il est alors synonyme de 'X'\ devant. Exemples :

En avant de cela, il faut arracher l'écorce du katad (sorte d'arbre tortueux et épineux; c'est-à-dire : awan^ de réussir à cela, il y a de grands obstacles à vaincre).

On ne ferm.e point de porte devant Timour et l'on ne fait pas tomber de voile pour lui dérober la vue de ce qu'il désire.

!■ t y *• y i ^K 'Il '■'' ' c t y t f t, y r " ,C y t y .y

A Khalf[lieu qui dépend] de Mina, sont des Arabes de notre sang, dont une mort assurée défend l'approche à un amant gui vient chercher [chez eux] un refuge.

Am.rialkaïs a couru vers un certain but; mais son trépas l'a arrêté en s'interposant entre lui et ce but;

40 On se sert aussi de .js5 pour dire l'opposé, le contraire,

Hy'

la différence ; il est alors synonyme de^. Exemple :

y'^ jj-^ ^^i c'-^ r*^

m DES DIFFERENTES PARTIES

// y en a parmi eux qui sont gens de bien et d'autres qui sont le contraire de cela ;

5° On emploie encore . jJ pour signifier sans. Exemple :

L'âne se vendra bien sans cela;

6° Enfin '.jS indique Xsi proximité ; ainsi l'on dit -iJJi .j^ Ia» ceci est plus près que cela ou est en avant rfe ee/a.

On dit aussi jJjji .iJl pour dire approche-toi de moi;k la lettre : approche-toi en avant de toi;

7° .o'> employé avec un pronom affixe de la seconde personne, remplace l'impératif du verbe Jx^' prendre. Exemple : IS-J 3 >^j-5 sous toi Zéid, c'est-à-dire /irenrfs Zéid. On voit par le complément mis à l'accusatif qu'il y a ellipse d'un verbe : cette proposition iJj; viJjjJ est l'abrégé de celle-ci: .1 ^^^ 1 Jj : JolU. On dit de même «ooji prends-le; B^*xJji prenez-le.

C'est une de ces expressions elliptiques que les grammairiens arabes appellent noms des verbes Jl*3^ I lUl!.

On fait de \jJ le diminutif [ji'^^-

1100. Parmi les mots qui correspondent à des prépositions en français et en latin, il ne faut pas oublier (^, qui est proprement un nom qui signifie intervalle. Mis à l'accusatif, sous forme adverbiale, (^ pour (^ J, il signifie entre.

Il faut observer que si les deux termes que réunit le mot V J sont des pronoms, ou si l'un d'eux seulement est un pronom, il faut répéter le mot '^j-^ devant chacun d'eux. On dit donc ç4-Jj i-4-J entre lui et moi, j^*oj >>>:>,; ^^j^^ entre Zéid et

Amrou, (S-^\ ijr'.i c^-~ri entre vous et voire frère.

Le nom (j-r-J peut servir de complénlent à une préposition, et alors il se décline.

On dit ^-— J (j-rr^, mot à mot, entre les deux mains de, pour dire devant quelqu'un ou avant quelque chose.

1101. De 1^:^^ se forment Uv-~-) et L^ tandis que, adverbes de temps conjonctifs. Ces adverbes conjonctifs n'ont, suivant l'analogie ordinaire, aucune influence sur la proposition qui les suit, et l'on dit i—^i^ ^^' L-^-j tandis que nous l'attendons, ^-j^y^ J-j j '-w j tandis que Zèid est battu. Cependant il faut observer que UIj s'emploie quelquefois comme simple équivalent de ^j^^ et gouverne alors le génitif; il y a plus, c'est que u-—», signifiant tandis que, régit quelquefois au génitif le sujet et l'attribut de la proposition nominale conjonctive qui le suit. Exemple :

Tandis que les hommes étaient occupés des exercices de la fête, ces chefs élevèrent leurs m,ains. <*'

1102. On dit ^ — j— j L/ pour signifier .■ioit... soit, tant... que. Exemple : J y^s7^j v^ é^y^ f.K-! ^-^ soit connus, soit inconnus.

1103. f Les Arabes comptent aussi parmi les prépositions le mot w» . , qui peut s écrire et se prononcer de toutes les manières suivantes : ■wj, , '^,, w». , wj., w'., O^j .,.^:>-f . , '•Z^u et

Ce mot signifie ordinairement beaucoup, et quelquefois, mais plus rarement, quelques, une petite quantité. (2) Il ne s'emploie jamais que suivi d'un nom indéterminé mis au génitif.

(1) Cet exemple est tiré de la Vie de-Timour, par Ebn Arabschah, t. II, p. 660. Je doute fort de la légitimité de cette construction.

(2) Les grammairiens et les lexicographes arabes ne sont pas d'accord sur la

signification propre de ■ m . L'auteur du Kamous dit que « ce mot s'emploie

« pour indiquer exclusivement un petit nombre ou un grand nombre, on bien « dans l'une ou l'antre de ces deux significations , on bien par jactance pour a grossir un nombre, ou enfin qu'il n'indique par lui-mémo ni un grand nombre

C'est à tort que ^j a été considéré comme une préposition; je crois que c'est véritablement un verbe, ou un nom indéqlinable employé d'une manière adverbiale.

1104. Il arrive souvent que Cj\ est remplacé par la conionctionj, et quelquefois par les conjonctions v^ et Jj; elles gouvernent alors le génitif, ou, pour parler plus exactement, ces conjonctions et le génitif qui les suit indiquent l'ellipse du mot ■^j. On trouve même quelquefois des noms au génitif régis par le mot w», sous-entendu, sans que cette ellipse soit indiquée par aucune des conjonctions marquées ci-dessus.

1105. Quelquefois on joint à O > le pronom affixe singulier masculin de la troisième personne. Ce pronom sert decomplément à v>> . , et le nom qui devait lui servir de complément se met à l'accusatif ; ainsi, l'on dit bL=^', iJ> , beaucoup d'hommes, 'V ^.\oeauco7ip de femmes. De quelque genre et de quelque nombre que soit le nom, le pronom affixe est toujours le pronom singulier masculin de la troisième personne; il est alors ce qu'on appelle ^'-^ ' ^^-*i>, ce dont je parlerai plus loin.

Quelques grammairiens font concorder, en ce cas, le pronom en genre et en nombre avec le nom qui le suit.

1106. De Çj . et de U» on forme le mot LiJ . , qui est véritablement un adverbe et qui signifie souvent^ quelquefois; au lieu de Ujj,on peut dire US^, l^^, Uj^, U^j, Ijo', l^.' et U^j.Dans ces composés,l^ est regardé comme explétif par quelques gram-

« ni un petit nombre, et que cette idée n'est déterminée que par l'ensemble du « discours et par ses circonstances.»

Voyez sur wJ; mon Anthologie grammaticale arabe, p. 243.

Quelquefois ^j semble avoir pour complément un nom déterminé; mais c'est qu'alors il n'y a pas une vraie détermination. Voyez mon Commentaire sur let Séances de Hariri, séance iv, p. 38.

mairiens; cependant, il parait former réellement le complément de s j, , et il en modifie la signification en lui donnant une valeur adverbiale. Je reviendrai sur l'usage du mot U.

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