‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 179 sur 188 · III — DES ADVERBES · texte numérisé non relu

III — DES ADVERBES

1107. Les rapports circonstanciels de temps, de lieu, de durée, de moyen, d'instrument, de motif, de société, d'intensité, etc., s'expriment, dans la plupart des langues, par des noms dont la relation avec le verbe ou l'attribut est indiquée par une préposition, comme venir au matin, vivre à la campagne, lire depuis une heure, regarder avec un microscope, broder à l'aiguille, jouer pour se divertir, se promener avec quelqu'un, etc., ou par des adverbes, ce qui revient au même, comme lire assidûment, travailler longuement, venir tard, etc.

1108. Ces deux manières d'exprimer les rapports circonstanciels sont connues des Arabes. Nous avons vu qu'ils ont des prépositions; ils ont aussi des adverbes, mais en petit nombre, et seulement pour exprimer des circonstances vagues. Ils suppléent à ce qui semble leur manquer de ce côté d'une manière qui multiplie les adverbes dans leur langue peut-être plus que dans aucune autre.

1109. Ce moyen est de mettre les noms à l'accusatif; et comme il s'étend à tous les noms d'action et d'agent, il n'y a ni nom, ni adjectif, ni verbe qui ne puisse former un adverbe.

Ainsi, -Là. !^ au dedans. Lia. ,Li au dehors, K-i r beaucoup,

3~J^ peu, IJ-a». très fort, Ixp ensemble, ljx demain, l-^j-J un Jour,

iO de nuit, ) X^ de jour, lL»j à droite, x Ui à gauche. Là LàJ' t

par hasard, Ijij t~. vite, i-i. avec désir, IsjJs de gré, l»j5 de force,

t.y! éternellement, etc., sont autant de noms, de noms d'action et d'adjectifs, qui tous, mis à l'accusatif, deviennent adverbes.

1110. f Les noms mis ainsi à l'accusatif par forme d'adverbe

se rencontrent souvent dans des expressions elliptiques, où ils dépendent d'un verbe sous-entendu. Exemples .-ÏÉlLj 1*1^, ce qui signifie ye suis prêt à vous obéir, mais veut dire littéralement auditu et obedientiâ; Uiw que Dieu arrose cette terre, à la lettre irrigatione; aj Uc^ mot à mot : laude ejus, c'est-à-dire qu'il soit loué ou je le loue. Ces expressions elliptiques sont des formules qui représentent ces propositions : Jl-^V^ IjJ-1 Ôjh*!.

ÂclL! audivi audiendo et parut parendo ; LjlI aJJ t ^Lil riget teDeus rigando; i JLjc>u, i^jc^^l laudoeum laudatione quœ ei debetur. Rien n'est plus commun que ces manières de parler en arabe, comme «iU ^^ puisses-tu périr ! ^ ^ ...^ ^^y soyez le bien venu, à la lettre: à votre aise et à votre commodité; i"ivJ j Uiî. le tout est à votre service, mot à mot:M«e cruche et un couvercle, Qt au contraire 'Lj>YjS ^j ^, par une double ellipse^ pour 'Lj>]^ Sj uL J ni cruche ni couvercle, c'est-à-dire n'attendez rien de moi. W

1111. f Cet emploi de Vaceusatif absolu pour tenir lieu d'adverbe est si multiplié, qu'il ne se borne pas aux noms dont la signification a une grande étendue et quelque chose de vague, comme les noms d'action et de qualité, les adjectifs et certains noms appellatifs; on en trouve des exemples, quoique bien plus rares, dans les noms d'une signification plus restreinte et dans des circonstances où l'usage ordinaire est de se servir de prépositions. Ainsi, on lit dans l'Alcoran : ^â}^\'j^''l^',Sjà ^

certes, je leur tendrai des embûches [sur] ta voie; diislj-o ta voie,

à l'accusatif, étant pour viJJsl w^s ^ sur ta voie ; 'Uj 1 jCi LO

»J y ^yi"^ [allez en] votre lieu, vous et vos associés; S-i LO votre lieu, à l'accusatif, étant pour Sj IC^ ^^t e« votre lieu; et il y a

(1) Voyez, sur le sens de ces expressions, Re\sk.6:Abulfed. Annal. Moslem.,l. I, p. 396; M. Freyta^ : Select. ex histor. Halebi,i). 88.

en outre ellipse du verbe 1»— ^a-^l allez. (') On lit encore Uj»'

^..L;....J \ LlUia) t conduis-nous [ver si la voie droite ; h) j-^ 1 la

voie étant pour LtlU I J,! «ers ta voie; [^Lli! il) t J-âr*;'. ^j

jlk! Li *y Isr*^^.! tu ! st Z)ieM accélérait pour les hommes le mal [conformément au] désir qu'ils ont qu'on accélère pour eux le bien; ^[s^^, à l'accusatif, étant pour ^lsr*\»„fe'.

1112. Quant aux mots qui ne sont employés que comme adverbes, les uns sont compris par les Arabes parmi les noms indéclinables, les autres parmi les particules. Entre ces derniers, quelques-uns font partie des particules préfixes (n^ 1030). C'est ici le lieu d'en parler avec quelque détail.

1113. ! adverbe interrogatif, ^L^-i-Xw^ ! ^^ s »-=>•, signifie est-ce

que et répond aux mots latins an, num, numquid. Exemple : t\ ^à,.,' I ^ ! L*/ ij-^y ' est-ce que nous croirons comme ont cru les insensés? Il se joint souvent dans ce sens à la conjonction

.1 et l'on écrit alors jV'- Exemple :^-.^ C^^ .iU j! es-^w donc Joseph ?

1114. Quand, de deux propositions consécutives, l'une commence par l'adverbe I et l'autre par ^.1, autre adverbe interrogatif, au lieu de la signification interrogative, ils prennent souvent l'un et l'autre la signification dubitative ou alternative, et doivent être rendus par soit que. Exemple :

Quant à ceux qui ont été incrédules, c'est absolument la même chose pour eux, les avertiras-tu f ne les avertiras-tu point? (c^esià-dire soit que tu les avertisses, soit que tu ne les avertisses point) ils ne croiront pas.

(1) C'est ce que remarque Djémal Eddin, qui observe que l'on dit de même /%^ ' i {J^' "^j ^-r'y° *' " frappé Zéid [sur] le ventre et [sur] le dos.

1115. L'adverbe ', au lieu duquel on écrit aussi I, sert encore quelquefois à appeler, et signifie oh/ holà/ Exemple :

0 douleur/ au joui' où des troupes de femmes pusillanimes, et l'ennemi redoutable par sa bravoure, sont tombés sur nous en tumulte, à Korra-Sahbil/

1116. ^^ est un adverbe qui n'est que l'abréviation de ^^ ; il ne se place qu'au commencement des personnes de l'aoriste, et il les détermine à la signification d'un temps futur. Exemple : iJJ I ^^^LsS—^ Dieu te suffira contre eux {0° 414).

On do£ne à ces deux adverbes le nom de particules de futur ^■''-f— ' >^,»^ ou de répit |j~-ijji' ^^=v; on ne les emploie

jamais qu'avec le mode indicatif ou les modes énergiques de

l'aoriste.

On dit aussi dans le même sens ^, j-1 et ^i-l. *

1117. J est un adverbe d'affirmation dont les différents usages reviennent tous à donner plus de force à ce que l'on affirme.

Ces différents usages sont :

lo Le LAM du serment ^-Ijsui ^ ^^ , lorsque l'on promet avec serment sous une certaine condition: on peut l'employer alors tant dans la proposition qui énonce la condition que dans celle

qui énonce la promesse. Exemple: .iJ.::^^^ ^-^'^\ ''^ <vD K Par Dieu/ certes, si tu m'honores, certes, je t' honorerai/ Le^premier de ces deux J se nomme v^i-i! 'lLL'JJ ] ^^ ! le i^Kupré-

paratif du serment, et le second *-~iiJ ! » >!^.^ >^ le lam répondant au serment ;

2° Le LAM répondant aux conjonctions si, si... ne > ''j-=>- f^

ajJj j3, au commencement d'une proposition affirmative hypothétique qui dépend d'une proposition suppositive exprimée par les conjonctions^^) si, ^yJ si... ne. Exemples: ,-■ " "° ■> jJ ôJ — ï..j»L> b5 si tu fusses venu me voir, certes, je t'aurais honoré;

UlJLkA J, Ljc^ Lllc ii3 ! J-^ "^ ^ si ce n'eût été la bonté de Dieu pour nous, certes, nous serions morts dans nos péchés ;

30 Cet adverbe sert souvent à séparer les deux membres d'une proposition ou à séparer le sujet de son attribut ou du reste de la proposition et donne de l'énergie au discours, ce qui le fait nommer ^^j^ I /^ le lam d'énergie. On le nomme

aussi Li.LsJ I ^bU ! /e lam qui sépare. Des exemples rendront cela sensible :

Et nous, s'il plaît à Dieu,cev\.QS, nous suivrons le droit chemin.

if ij'-' ^'-^ "^' ^' h^^^^ i^'j ^-^ -^ ^-^ (^.^ Cw» 'J

Ensuite, leurs cœurs se sont endurcis et sont devenus comme les pierres, et plus durs que les pierres ; car, parmi les pierres, certes, î7 y en a desquelles sourdent des fleuves; parmi elles, certes, il y en a qui se fendent et desquelles il sort de l'eau ; et parmi elles, certes, il y en a qui se précipitent par crainte de Dieu .

^ i) U ï ! v-::-^! i^J !j*lc ^sJj *if**-s; ^j j*'^^. ^ cjj—'^-^-j

Ils apprennent ce qui peut leur nuire et ce qui ne saurait leur être utile, et cependant ils savent , [que] certes, quiconque achète cette science n'aura pas départ à la vie future; et certes est bien mauvais le prix pour lequel ils ont vendu leurs âmes.

Nous l'avons élu dans ce monde, et il sera, dans le siècle futur, certes, du nombre des gens de bien.

Car Dieu envers les hommes, certes, est indulgent et miséricordieux.

Car tu es, certes, du nombre des envoyés de Dieu.

1118. Quand cet adverbe affirmatif est devant le sujet, on le nomme -'^^'^t ^^ le lam de l'inchoatif; et quand il est devant l'attribut, on l'appelle ^fls^t /)! le lam de l'attribut.

1119. Remarquez que cet adverbe étant devant l'article lui fait perdre son é/i/. Exemple: ^J , ^^ ^^J^ Lil^ certes, ce/a

est la vérité qui vient de ton Seigneur; /k^ est pour /i£- "^.

1120. On emploie quelquefois J à la place de J (no 1049) pour appeler au secours; mais alors il est préposition. Exemple: ^j \i U A moi, Zéid!

1121. f Quant aux adverbes proprement dits, ou aux noms qui sont employés ordinairement d'une manière adverbiale, c'est dans le dictionnaire, et non dans la grammaire, qu'on doit en chercher la connaissance. Cependant il ne sera pas hors de propos de présenter ici ceux qui sont les plus usités, en y joignant quelques observations. Comme un même adverbe est souvent susceptible de diverses significations, au lieu de les ranger par classes, je les présenterai dans l'ordre alphabétique.

1122. AD VERBES et NOMS AD VERÊIA UX

>■ i les plus usités

J<!^ oui.

fc ^ ç ' ' ^

i!, lil, Ui! et Util lorsque, bî et U!j! sont dés adverbes con-

jonctifs qui ne s'emploient d'ordinaire que quand il s'agit d'une

chose future. Quant à M, il est consacré au présent, ou plutôt il

indique la simultanéité de deux événements. Il signifie aussi vu que, attendu que.

i I et I J t signifient aussi alors, voilà. Dans ce cas, on nomme

cette particule ïLiLi-^ t li! idha indiquant un événement imprévu.

viJti! ou ^!3 il, adverbe composé de il et de l'article démonstratif oJlJ (n» 968), a/ors.

\jl ou i3! fort bien, en ce cas-là.

"i! 1 et ^ ! or- SMS, pà rfonc.

|.l peut être regardé comme un adverbe interrogatil signifiant es^eejwe,- il fait le plus souvent fonction de conjonction dubitative (n» 1113), et signifie ou bien; il réunit donc les deux significations du mot latin a«.

Lit est-ce que... ne, composé de l'adverbe interrogatif ! estce que et de l'adverbe négatif ^. Quelquefois W est employé comme nom de verbe, et signifie sache. O

^Â hier, employé d'une manière adverbiale.

.1 non.

L^ \ seulement. Les grammairiens nomment cet adverbe

t-^--^ ' ^j-L particule de restriction. Il équivaut k^\ ... U» non... si ce n'est. Exemple : Jj j ,3LSU t l ij 1 // n'y a d'autre

menteur que Zéid. C'est la même chose que Jj ", 'il ' - .ilCJ ! U.

Quelquefois L-» dans Ll j I est explétif, et alors ce mot n'est qu'une conjonction synonyme de .1; quelquefois aussi c'est le nom conjonctjf U joint à la conjonction .!, et le sens est car ce que; mais en ce cas il vaut mieux écrire ^ ^^■ j\ comment?

Lai hélas I ^>-=^j^j J^^ i^tXS expression de désespoir et de dé-

solation.

^1 oui.

J^l oh/ Ce mot signifie aussi c'est-à-dire.

(i) Voyez mon Commentaire sur les Séances de Hariri, sféance iX, p. W.

j^) et ^Çt quand. Ce mot parait composé de ^t et \J; il signifie donc proprement en quelque temps que ce soit que. ^j}\ [ubi] oû;^ji} J^ [unde] d'oû;^ji\ J,| [quà] où; \1^\ partou

où. L'adverbe ^^r^J, qui est proprement un nom indéclinable, peut servir, comme l'on voit, de complément à des prépositions. Il en est de même de plusieurs autres adverbes de lieu. Le mot ^j-i \ suivi de ^^^ sert à exprimer une comparaison entre deux objets dont l'un est fort inférieur à l'autre : Qu'estce... en comparaison de... {xï° 1084). Exemples :

Qu'est l'Iran en comparaison du Touran, et le Tigre comparé au Djéihanf

Demande aux déserts ce que sont auprès de nous les génies qu'ils renferment; demande-leur ce que sont leurs autruches au prix de nos juments de Mahra.

aj! , i-) I et o I bravo, çà donc, courage, continue.

L4-J ! arrête. -c'en est assex. Ce mot et le précédent sont compris parmi ceux que les grammairiens arabes nomment î Lilt J 1*3 "a ! nom^ des verbes.

•iM ensuite, après, employé adverbialement; Jjo ^j^ ensuite. Lorsque ce mot est employé comme préposition, il cesse d'être indéclinable, et se met à l'accusatif Sm, ou au génitif, s'il est précédé de la préposition w>, comme ^ V. Quant à Sjo 1^1, c'est une formule que l'on emploie communément dans les lettres ou dans les préfaces des livres, pour entrer en matière, après les louanges de Dieu ou les formules de civilité. C'est comme si l'on disait : Maintenant, pour en venir à ce qui est l'objet de cet écrit.

J«-j signifie aussi encore; on l'emploie en ce sens avec une négation, et il répond au mot latin nondum. ^■^, diminutif de Ajo , peu après.

^ oui, il est vrai, vraiment si, en vérité.

DU DISœURS 509

J^ entre. C'est un nom déclinable mis à l'accusatif (n" 1100). L^j tandis que, et quelquefois simplement entre, comme ^^j. U;.1j tandis que.

v.r-A3r> au-dessous. Il en est de ce mot comme de a«j .

\,:>r^, diminutif de o^.^:^ un peu au-dessous.

V et o^S'pMW, ensuite. Ce mot est considéré par les gram-

mairiens arabes comme conjonction v-aJac ^j=^ . J ici.

w>a. oM^, en vérité.

LiLa., , ,i,La> à Z)ieM ne plaise quel J'ai déjà classé ce mot parmi les prépositions (nol061); mais lorsqu'on le prononce avec un tenwin \iXL ou qu'en écrivant /^'^ on le dépouille de toute influence sur un complément quelconque, il devient adverbe, ou du moins expression adverbiale, -a. holà, sus! -i» çs. holà I

iJ^^Oi. [wèi] où; w^~^ (^ \unde] d'où; w^^^^a. ^Ji \qu6] où;

li^t^ partout où. On prononce aussi w-^^. C'est, à proprement parler, un nom indéclinable.

.jJ sous, au-dessous, plus près. C'est un nom déclinable mis à l'accusatif et le contraire de ^jy (n" 1098).

Il signifie aussi en avant de, interposé pour empêcher l'approche. Aux exemples que j'ai déjà donnés de (jj-^, pris en ce sens, on peut joindre celui-ci :

Jamais le feu de notre foyer n'a été éteint, pour écarter de notre demeure un voyageur nocturne.

Uj . souvent, quelquefois (n» 1106).

v,i^ . jusqu'à tant que, jusqu'à ce que.

^__3^ , jl, L, ^J>1. . Tous ces adverbes servent à indiquer le futur; ils sont synonymes de l'adverbe préfixe ^^ (nolll6).

A~9 et i^ A^ paix, silence/ C'est une de ces expressions que les grammairiens désignent sous le nom de Jl»4^ ! îUll noms des verbes.

^ Il M. a surtout, principalement. Ce mot est composé de ç-

pour y^y^,qui signifie égal, pareil, ou égalité, ressemblance, et de U, Le nom ^- est ici à l'accusatif sans tenwin, à cause de l'influence de l'adverbe négatif '^ , qui nie ici, non pas un attribut, mais l'existence même de la chose : c'est ce qu'on verra dans la Syntaxe. Quant à U, quelques grammairiens le regardent ici comme explétif, d'autres comme conjonctif. Je reviendrai là-dessus dans la Syntaxe. Après Uï- ^, si cette expression n'est pas suivie d'un nom, on met ordinairement jij ou simplement j.

^ au-dessus. On dit Je ^^, Ji ^, Js. ^, ^ J^, '^ ^,

^ Iy,' ^' cT*/ enfin JU' /^ et Jl>^' \y. d)

J£, ^^ peut-être, pour voir si. Cet adverbe admet les pronoms affixes. Je pense que Ji est de sa nature un verbe et que JjJ est composé de ce verbe et de l'adverbe affirmatif J.

^jsy. et jojP jamais. Cet adverbe se joint à une négation et ne s'emploie qu'avec un verbe au futur.

j-^ excepté. C est proprement 1 accusatif du nom^^— -c différence. On dit aussi adverbialement^ j! et non autrement; ce

mot est alors indéclinable, comme Jj<j, v,:>3:^, etc.

Xi39 et .kC Xiii tant s'en faut que, bien moins encore, bien loin de, sans qu'il soit besoin de.

Mi seulem.ent.

^j jî au-dessus. Il en est de j^y comme de Jjo.

(1) Voyez à cet égard le Commentaire de Zouzéni sur la Moallaka d'Amrialkaïs, à l'occasion de ce vers :

Voyez aussi le Sihah, à la racine bile.

'. ,, ' Jw 3 auparavant. L'viSage de ce mot est le môme que celui

deJ-^.

^ô chez, en la puissance de.

O-T^t dimmutif de j-^ un peu auparavant.

Jj , .xiiJ , ^J-a-9 déjà, en effet.

Jîi, ]aJ, Jai, JaJ, Lj jatnais. Cet adverbe s'emploie avec une

négation et avec un verbe au prétérit. Il ne doit jamais s'employer en parlant d'un temps futur ; quand il s'agit d'un temps futur, il faut se servir de j^jz ou de ! JjI, qui est un nom mis à l'accusatif.

.LT comme si. Ce mot, composé de la préposition vl) et de la conjonction .1, fait fonction d'adverbe conjonctif.

^[S combien. Ce mot est formé de v*J et de ^f : il senable donc que ^15' soit pour ^^; les poètes écrivent aussi (^.^.'''

\xS ainsi, composé de la préposition vi3 et du démonstratif li.Ce mot composé est considéré comme un nom (no 1046) et il peut servir de complément à un rapport d'annexion; on dit:

! j i a;-~. ç9 En une telle année.

bLi no7i, assurément.

L^JLJ' toutes les fois que. Cet adverbe est composé de l'accusatif de JS universalité, et de U.

S combien. C'est, je pense, un nom indéclinable; il pourrait se faire que ce fût une contraction de L-^, et qu'on eût dit d'abord S, puis S, comme on dit J pour J, de UJ pourguoi.i^)

U-S' comme, de même que ; composé de la préposition ^ et du nom indéclinable U.

v^à--5 comme, de la même manière que. C est proprement un nom mis à l'accusatif. Uili'rfe quelque manière que.

(1) Voyez-en un exemple dans ma Chrestomathie arabe,%' é(lit.,t. III, p. 112.

(2) Voyez ma Chrestomathie arabe, 2» édit.,t. 111, p. So.

^, adverbe négatif du futur et prohibitif : non, ne.

J, adverbe négatif du passé :Mon.

U, autre adverbe négatif du passé : ne pas encore.

UJ lorsque, adverbe conjonctif,qui ne s'emploie qu'en parlant d'une chose passée.

U) et 15 pourquoi? mot composé de la préposition J et du nom conjonctif indéclinable U.

^ non, ne. Cet adverbe négatif paraît formé de ^ et de la conjonction ^\ et signifie proprement [non erit ut] il n'arrivera pas que.

13 jj et ^y^. Ce sont proprement des mots composés de la conjonction suppositive Ji si et des négations ^ et U. On les emploie comme adverbes dans le sens de or sus, çà donc, comme iJ ! et ^ t .

vj:^ [uhnam] plût à Dieu quel Cet adverbe prend les affixes.

U, adverbe négatif du présent : non, ne.

^cX^ quand, lorsque; '^^^ en quelque circonstance que ce soit que.

l*» ensemi/e. C'est proprement l'accusatif d'un nom. Le même

mot, employé sans voyelle nasale, i^, équivaut à la préposition avec (n» 1097).

A/» et i^ 4-» arrête. C'est une de ces expressions que les grammairiens arabes appellent JUàl^ ! îU~>! noms des verbes.

i*^ toutes les fois que, autant de fois que. Ce mot est primitivement composé de U répété deux fois.

j»*j OUI.

Ij, adverbe qui sert à appeler et à exprimer la complainte: Holà! Hélasl On s'en sert aussi pour exprimer l'admiration. lalj bravo. CqsI une particule d'admiration et d'approbation,

J-^j. Ce mot se jomt toujours à un pronom afrixe,mais il demeure invariable : on dit ïi a.j à lui seM/jLj»i=wj à elle seule.

C'est la môme chose que si l'on disait ^s^.=^y et laJsa.^ , comme on dit dans le même sens 2.>^-i>j.

^j et ^,^, adverbes d'admiration et de reproche.

s^.j et JOj, ou, avec des compléments d'annexion, ^. ^ et

J-j j, ne sont que des noms dont on se sert pour déplorer le malheur de quelqu'un, ou pour lui faire un reproche : Malheur à toi/ Malheureux que tu es!

à-) j, particule qui sert à exprimer une plainte. Cette particule et plusieurs des précédentes semblent devoir être placées plutôt parmi les interjections. J'y reviendrai plus tard.

U voici.

I J) L» voici. Il faut remarquer que cet adverbe est composé de l» et du démonstratif IJ; aussi, si on l'emploie en parlant d'une femme, on dit ïJ^U voici.

Ji' est-ce que? adverbe interrogatif.

j*, )^or susj çà donc! est-ce que... ne? De cet adverbe, et de ^^, on forme ^«^c^^, qui signifie la même chose.

Ll» et U-s ici. De cet adverbe se forment d'autres adverbes démonstratifs, de la même manière que l'on forme les articles démonstratifs composés (nos 957 et suiv.) Ainsi, l'on dit ^ U-», V.1JJII» là, en parlant des choses éloignées; Liai» îcî^en parlant des choses qui sont proches; U;-» ^jj> d'ici, viULlâ \^ de là, 11» ^it [Amc] ici, viUU» l! [illuc'] là.

bjft voilà, voici.

I j y»la voici, composé de la et ! J yJ>.

^, •■z,^, ^4., ^]^. et ^IjÏ Ij d/ Ces cinq adverbes servent à appeler et à adresser la parole.

Parmi tous ces adverbes, un grand nombre sont en même temps conjonctifs, et servent aussi à interroger.

OBSER VA TIONS sur les adverbes d'affirmation

1123. t Les adverbes qui servent à affirmer, S->, ^-^J , ^t, J-4-!, j.^-a. et ►.;w^, sont nommés par les grammairiens arabes

wLiJ^ ' v ij^, ij^.^^ ' v ijj=^ et ijf^^^ \ ^jy=^> c'est-

à-dire particules qui servent à affirmer, à exprimer l'assentiment ou la conviction.

Il y a quelques observations à faire relativement à l'usage de ces divers adverbes.

1124. t Jij exprime l'assentiment à une proposition énoncée précédemment, soit afTirmative, soit négative. Ainsi, si quelqu'un dit J-> ; î Ls^ Zéid est venu, ou ^ ; ^Lk l» Zéid n'est pas venu, je dirai également, pour exprimer mon assentiment à ces deux propositions, *x!, c'est-à-dire la chose est comme vous le dites.

Il en serait de même si, au lieu des deux propositions que j'ai données pour exemple, on eût dit interrogativement : Zéid est-il venu ? ou : N'est-il pas vrai que Zéid n'est pas venu?

Mais il faut prendre garde d'employer **3 après une proposition négative inlerrogative, en sorte qu'au lieu de reconnaître la vérité de la chose qui a été présentée sous une forme négative par manière d'interrogation, on semble adhérer à la négation. Dans ce cas, il faut répondre en se servant de ,J-j.

1125. f ^ s'emploie après une interrogation ou une proposition énoncée négativement, et affirme la proposition contraire; c'est pourquoi je l'ai rendue par vramew^ si. Exemples:

Ils ont dit : Nous n'éprouverons le supplice du feu que pendant un petit nombre de jour s. Dis-leur... : vraiment si,ceMa; qui auront fait le mal et qui se trouveront enveloppés de leurs péchés, seront condamnés au feu, et ils y demeureront éternellement.

Les gardiens de l'enfer leur ont demandé : Est-ce qu'il ne vous est point venu de prédicateurs? Ils ont r^/)on<f m .Vraiment si, il nous est venu un prédicateur ; mais tious l'avons traité de menteur.

ç^] Jx p9J^)5 ^,ji j*?J^ C^, ^^' ^. ^, ^J -^' ^\

[»S'oMutens-/oi] rfw ^oitr où ion Seigneur a fait sortir des reins des enfants d'Adam leurs futurs descendants et a invité ceuxci à rendre témoignage contre eux-mêmes [en leur faisant cette question'] : Est-ce que je ne suis pas votre Seigneur? Ils ont dit: Si, vraiment, nous en rendons témoignage. [Dieu a fait cela, ne voulant pas] qu'ils puissent dire, au jour de la résurrection: Nous n'avons pas fait attention à cela. '')

1126. f ^5',que l'on peut aussi prononcer ^t, ne s'emploie,

pour affirmer, qu'après une formule de serment. Exemple : *-•;;> = , « , ^ , v. ^ ' t '^ Y ' '' "■'

Ils te demanderont : Cela est-il vrai? Dis-leur : Oui, par mon Seigneur, cela est vrai.

1127. f J^-' est synonyme de ^ ; mais les grammairiens remarquent qu'il est plus élégant d'employer JiJ en répondant à une question, et J^t lorsque l'on répond à une proposition énoncée soit affirmativement, soit négativement.

1128. t^^, que l'on prononce aussi^, est moins une particule affirmative qu'une formule de serment ; aussi peut-on la joindre à un autre adverbe affirmatif, comme J-4-' »-^4- certes, oui.

OBSERVATIONS sur les adverbes négatifs

1129. Les adverbes négatifs sont U, iJ, p , II) et ^. Le pre-

(1) L'auteur du Livre des définitions dit que si, à cette question de Dieu, on répondait oui ^ , ce serait un acte d'incrédulité (n» H24).

Voyez, sur ces adverbes d'afflrmation, mon Anthologie grammaticale arabe, p. 166 et 256.

mier, Li.nie ordinairement une circonstance présente et est nommé, à cause de cela, JU.^àj négation de présent; il se met devant l'aoriste signifiant le présent, et quelquefois devant le prétérit, pourvu que ce temps exprime uu passé peu éloigné du moment présent. W Le second, ^, nie une circonstance future et est nommé, à cause de cela, JLi;ul ! ^jj négation de futur. Ces deux adverbes négatifs sont cependant employés quelquefois d'une manière contraire à cette règle (no 379). J nie d'une manière absolue, et il est toujours employé avec l'aoriste, auquel il donne le même sens qu'aurait le prétérit, si la proposition était affirmative ; on le nomme ^S-JLk^ x^ négation générale. LXJ a le même usage que IJ : il nie une circonstance pour le temps passé jusques et y compris le temps présent, et signifie ne pas encore; il paraît assez souvent mis indifféremment pour J; et,en effet, il est visiblement composé de J et de ij" explétif; on le nomme ^^jiju^ j^ négation complète.^^) ^i nie une chose future; il est toujours joint à un aoriste, et lui donne la signification future ; on le nomme JUiL: ! AJ J^> Li' négation de futur avec énergie.

(1) Béïdhawi, snr ce passage de l'Alcoran (sur. 15, vers. 11) : *-4-^L> L^j

fJijY^- ,- -^ 1 ^J.^"J 1^ il ne leur venait point d'envoyé [de Dieu], qu'ih ne fissent de cet envoyé l'objet de leurs sarcasmes, dit : « La négation MA pour le présent ne se place que devant un aoriste ayant la valeur temporelle du présent, ou devant un prétérit signifiant un passé peu éloigné : c'est ici une expression où l'on énonce, sous la forme du présent, un événement passé.»

(2) Voyez, sur la différence qu'il y a entre V et '—*-', mon Anthologie grammaticale arabe, p. 218 et 234.

1130. Il faut observer que, s'il se rencontre plusieurs négations de suite, quel que soit le temps dont il s'agit, on peut faire

usage de ^ dans toutes les propositions négatives, excepté dans la première, où il faut avoir égard, pour le choix de l'adverbe négatif, à la distinction du temps présent, passé ou futur.

1131. L'adverbe négatif ^ perd aussi toute influence conversive du prétérit en futur s'il est précédé du verbe ^' — S' (n° 425) ou d'un autre verbe au prétérit ayant la valeur temporelle du passé. Exemples :

AJ) ,0! Jj AJJUj 5JJJU ^ «ÀJ (J*» ÏJÀJ JjJi aJ 1 Us) 2!j iSjc'\>>

V jiuj >— -!r^- \j*^ "^ "^

7e mangeai avec lui, et je ne savais pas [ou ne sachant pas] qu'il était de ces gens dont on se réjouit d'être délivré, quand on a appris à les connaître, et je bus du vin avec lui, parce que je n'avais pas été instruit qu'il était du nombre des hommes dont la fuite cause un vif plaisir, après qu'on a pu les apprécier.

Dans cet exemple, JLcI '^J est la même chose que si l'on

eût dit lie t 'i! v.^i^^lJ'j, à cause du passé précédent w^sr'U.

// se mt7 à m,archer appuyé sur un bâton de bois de palmier, tant qu'il entra chex ce schéikh capable de donner d'utiles leçons, et il ne cessa point de rester debout, etc.'''

1132. Quelquefois 'i! est employé pour nier, non une qualité ou un attribut, mais l'existence* même d'une chose. Exemple :

Il n'y a aucun motif de doute en cela.

(1) Je crois que dans ce dernier exemple, qui est tiré de la Vie de Timour,i\ eût été mieux de dire J 'j ^j ou Jj^. pj-

1133. Si "i! ne nie qu'un attribut, on le nomme ^^^ ,5^ "^ la ayant le sens de iéisa (n» 585); s'il nie l'existence, on' le nomme (T*-^^ I ^c^ "^ ^^ emportant négation de l'espèce. On verra dans la Syntaxe l'influence qu'il exerce, dans ces deux cas, sur les mots sur lesquels tombe la négation.

1134. L'adverbe "il prend aussi la valeur^jroAtôi^iue.Exemp.:

Ne mourez point sans avoir fait profession de l'islamisme. L'influence de V prohibitif sur le verbe qui le suit sera exposée dans la Syntaxe.

1135. On emploie encore ^ suivi d'un verbe au prétérit pour exprimer l'optatif (n» 382). Exemple :

Puissiez-vous n'éprouver aucun événement fâcheux, aussi longtemps que vous existerez I

1136. f Les Arabes font usage de la négation, par une sorte de litote, pour affirmer avec plus d'énergie. C'est ainsi que nous disons, en français, cet homme n'est pas prodigue, pour faire entendre que l'homme dont on parle est avare, et cela n'est pas d'une petite importance, en parlant d'une chose que nous jugeons fort importante.

On en a déjà vu un exemple dans la formule l^ V, qui à la lettre veut dire non posa l'égal de... et qui s'emploie dans le sens de surtout, principalement. En voici d'autres exemples :

Je me levai de bonne heure, mais non pas d'aussi grand matin que fait le corbeau (c'est-à-dire de meilleure heure que le corbeau).

J'éprouvai une certaine nuit une insomnie, inais non pas une

insomnie pareille à celle d'un amant qui a été chassé de la porte (c'est-à-dire une insomnie plus terrible que celle qu'éprouve un am,ant, etc.)-

Ils se jetèrent au-devant des armées, comme fait le lion, et ils se précipitèrent, mais non pas comme se précipite la pluie. W

1137. Quand la proposition négative est nominale, on emploie toujours U'ou 'i!. Exemples :

Dieu n'est pas insouciant de ce que vous faites.

Zéid n'est point un menteur.

1138. t L'adverbe négatif V est souvent explétif, comme on le verra dans la Syntaxe.

1130. Les particules préfixes,! adverbe interrogatif,i^ etj,

conjonctions, se placent devant les adverbes négatifs '^ etp,

et l'on dit, en un seul mot, ^1, iïj! , ILs I , lij\ [annon, nonne} est-ce que... ne?

1140. t II faut encore mettre .! au nombre des adverbes négatifs. On l'emploie:

l" Comme augmentant l'énergie de l'adverbe négatif I — '> ; mais, en ce cas, on doit peut-être plutôt regarder jl comme particule explétive. Exemples :

Il n'y a qu'une de ses épaules qui touche la terre.

Je n'ai vu parmi les hommes personne qui leur ressemble ;

(1) Il paraît que cette manière de s'exprimer était inconnue aux anciens Arabes. Je conjecture qu'elle a été empruntée de la langue persane, où elle est très commune. Voyez, à ce sujet, mon Commentaire sur les Séances de Hariri, séance IV, p. 39.

2° Il fait par lui-même la fonction de négatif, quand il est suivi de 'ill, comme dans ces phrases :

Ma récompense n'est due que par celui qui m'a créé.

Les incrédules ne sont certainement que dans l'illusion; W 30 ij! s'emploie aussi dans le sens négatif, sans être suivi de ^y Exemples :

Je ne sais si ce n'est pas une épreuve pour vouSj et un répit qui vous est donné pour un tew.ps. (2)-

Ces^ Z)îeM ÇMî retient les deux et la terre, pour les empêcher de se détruire ; et s'ils se détruisent, aucun autre, en son absence, ne les retiendra.

1141. f 3 j V est une expression composée qui signifie à la lettre il n'y a pas mot/en d'échapper, et doit se traduire par nécessairement, infailliblement, il faut, il est nécessaire.

(1) Je soupçonne que, dans ces dernières locutions, il y a une ellipse et que |.(' n'est autre chose que la conjonction si, précédée d'une réticence dont l'équivalent est que je meure, que je périsse, etc., si.

C'est ainsi que les Hébreux emploient la conjonction DN si pour nier avec une sorte d'imprécation : Si j'entre dans ma tente, si je monte sur mon lit,si j'accorde le repos à mes yeux et quelque sommeil à mes paupières, jusqu'à ce que j'aie trouvé un lieu de repos pour le Seigneur, une demeure pour le Dieu de Jacob. Psaume 131.

(2) Voyez l'Alcoran, sur. 21, vers. 109 et Ul.Djélal Eddin et Béidhawi expliquent ici ^ ' par *-* . Schultens a assez bien développé le sens de ^ S dans ce cas, dans ses Excerpta ex ffamosa, p. 389. Scheidius, au contraire, a mal traduit ^j' dans le vers 209 du poème nommé Maksoura, d'Ebn-Doréid.

fj-^ ^. autre expression composée, signifie la même chose

que 3j "^. Exemple :

^^jjld^''i ! '1 5^à^ t ^ l^j >^ y

Certainement, ce seront eux qui, au dernier jour, éprouveront une grande perte.

1142. Je dois rappeler ici que les Arabes ont un verbe négatif; j'en ai parlé ailleurs (n» 585).

OBSERVA TIONS sur les adverbes de temps

1143. i| et lit sont regardés par les grammairiens arabes comme des noms indéclinables; je présume que Jt a été primitivement un nom déclinable et que lit n'est autre chose que t^l ou il, accusatif de ce nom. Ce môme nom entre en composition avec divers mots qui signifient le temps ou une portion du temps : alors il leur sert de complément et il se décline. On dit donc >^-^-~^ et JX.;:jj en ce temps-là, j^»J. en ce jour-là, J-îiJcL, à cette heure-là. L'élifde il est changé ici en ^ conformément aux règles de permutation (n" 196).

La même chose a lieu dans !i>', quand ce mot est précédé de l'adverbe interrogatif !; on écrit alors iJ-ît.

Le mot it perd quelquefois toute idée de valeur temporelle et signifie attendu que, puisque. W

1144. L'adverbe !i' lorsque doit toujours être suivi d'une proposition verbale; après h], la proposition conjonctive peut être nominale ou verbale.

(1) 11 en est alors de j I , en arabe, comme en français de puis dans puisque. Voyez, sur les diverses acceptions de -5 ' , mon Anthologie grammaticale arabe, p. 167.11 y a des cas où l'on doit employer -2 ' dans le sens de voilà g««, après u-wi et '"«-4-^ tandis que. Ibid., p. 89.

'■5], qu'on écrit aussi ^j^u en ce cas-là, n'est que l'accusatif de -î'.

1145. Je me suis étendu assez au long ailleurs (n"» 384 et sui vants) sur l'influence que l'adverbe conjonctif bl exerce sur la valeur temporelle des verbes qui sont dans sa dépendance; mais comme je n'ai point parlé de il sous ce point de vue, il sera bon d'en dire ici quelque chose. On définit en général, ainsi que je l'ai dit, ^ t une particule qui s'applique au temps passé. Mais je crois qu'il est plus exact de regarder cet adverbe conjonctif comme exprimant la simultanéité de deux événements soit passés, soit présents, soit futurs ; et voilà sans doute pourquoi, à la différence de !i' et de W, il peut être suivi d'une proposition nominale.

Exemples du passé :

Ji, .> I J Uà. ^^ Acj U ^ ys' I

Un homme libre a tenu ce qu'il a promis, et une nuée d'orage a versé de l'eau quand elle a tonné.

Les prétérits sont ici substitués à des présents, pour donner plus d'énergie à l'expression (n» 365).

Ce n'est pas toi qui as lancé des flèches, quand tu as lancé des flèches, mais c'est Dieu qui a lancé des flèches. W

Dans ce cas-là même, i! peut être suivi de l'aoriste, prenant la valeur de l'imparfait s'il est sous l'influence d'un verbe précédent énoncé au prétérit (n» 426). Exemple :

Il ) 11 y a dans l'Alcoran des exemples sans nombre de ^ ' employé avec ellipse de tout antécédent et suivi d'un verbe au prétérit ayant incontestablement la va-

leur du temps passé. Les scholiastes disent qu'il faut alors sous-en tendre^ - ' souviens-toi. Mais comme on ne peut se souvenir que des choses passées, il est évident que, pour restituer intégralement l'idée non exprimée, il faut dire

•il ^o \^ jS i] Souviens-toi de ee qui arriva lorsque, etc. (N» 428, note.)

[Souveneg-vous donc de ce qui se passa] lorsque Dieu éprouva Abraham... et lorsque Abraham dit..., et qa&nà. Abraham élevait les fondements de la maison [sainte].

Exemple du futur :

1^ ]J)^ \ |^ jj ! !pji' il... ^! jjj t ^j^f. ->' 'j^JlJ? jl) JJ t ^'jj ^j

«Si tu voyais un jour ceux qui ont agi injustement, lorsqu'ils verront le châtiment..., lorsque ceux qui ont été suivis (c'est-àdire les faux dieux et les démons) s'excuseront d'avoir eu rien de commun avec ceux qui les ont suivis, et qu'ils verront le châtiment.

Dans cet exemple, les verbes t^' et 'j'. peuvent être au prétérit, quoiqu'il s'agisse d'une cliose future, comme dans un grand nombre de passages de l'Alcoran, par une figure de rhétorique plutôt que par aucune influence grammaticale; mais quant à l'aoriste ',3 »j. , il est évident qu'il a la valeur d'un futur, comme ^'>j', qui précède 5! (n» 376). <''

Quant au présent, je crois qu'il est exprimé par i!, toutes les fois que cet adverbe est suivi d'une proposition nominale, comme dans cet exemple : JwJâ «xi! i! \jjSi]'j souvenez-vous [du temps] où vous [étiex] en petit nombre; non pas qu'il ne puisse s'agir d'une chose passée ou future, mais parce que la

(1) On pourrait supposer que, de même qu'un prétérit antécédent influe sur les aoristes suivants pour leur faire prendre la valeur de l'imparfait, ici et dans

les cas semblables, l'aoriste antécédent ayant la valeur du futur ^ j j-^. influe sur les prétérits suivants pour leur donner la valeur du futur passé, en sorte

que ij — H et ' j ' « seraient les équivalents de 'j — H' J— ^ ^i ; — ^— Jj et

ij 'j -^ ijyj^lj (n" 429). Cette conjecture, qui m'est suggérée par ce passage, ne s'est pas présentée plus tôt à mon esprit, mais elle me parait digne de beaucoup d'attention, et tout à fait analogue au système qui détermine, en arabe, la valeur de formes temporelles.

forme même de l'expression a pour objet de la taire envisager comme présente. W

1146. On emploie encore il comme complément d'un autre nom qui signifie une idée de temps; il prend alors le même sens que U. Exemples :

Notre Seigneur, ne détourne pas nos cœurs, après que tu nous as dirigés.

Est-ce qu'il vous ordonnera de devenir incrédules^ après que vous êtes [présentemenQ musulmans?

1147. De i! et de !i! se forment U3! et Uli! en quelque temps

gwej et dJ ! 3 i I ou jJ I J I en ce temps-là.

1148. L'adverbe conjonctif de temps l*) lorsque, qm ne s'emploie qu'en parlant des choses passées, me paraît n'être autre chose que l'accusatif de J, nom d'action du verbe ï) unir, assembler. Ce nom s'emploie adverbialement, LÏJ, dans le même sens que ^*9. en totalité.

1149. Suivant certains grammairiens, LÎJ est employé quelquefois dans le sens de 'il \ sinon, si ce n'est que. (2)

1150. Après L*J, signifiant lorsque, on ajoute souvent .!. Exemple :

H^-j \^ tsUJ! j-~iJ ! i\L '.î Ltli Et quand celui qui portait la nouvelle fut arrivé, il la jeta

(1) On peut appliquer les principes que je donne ici au texte de la 8» surate de l'Alcoran, vers. 43 à 47 : on y trouvera i \ employé de toutes les manières indiquées ici, excepté dans le sens d'un temps futur.

(2) Il faut voir là-dessus mon Anthologie grammaticale arabe, p. 168, 202 et 275, et le Commentaire de Béïdhawi sur l'Alcoran, sur. 3, vers. 75; sur. 43, vers. 34 et sur. 86, vers. 4.

(la chemise de Joseph) sur son visage (le visage de Jacob) . W

1151. f A cette occasionne ferai quelques observations sur les noms qui servent à désigner le temps ou les parties du temps, quoique ce que je vais dire à ce sujet n'appartienne pas exclusivement aux adverbes de temps, c'est-à-dire à ces mêmes noms employés d'une manière adverbiale.

1152. t Par rapport aux noms employés soit comme noms, soit sous une forme adverbiale, lesquels désignent le temps, il est à observer que leur sens est fort différent suivant qu'on les emploie avec ou sans article. Sans article, ils ont une signifl-

cation vague, comme *j — j, uti jour, ij-^~^ un certain temps, e/^ J»! jusqu'à un certain temps. Si pn les emploie avec l'article, ils signifient le temps présent, comme '/5J ! le jour actuel, J^ ! le temps présent, ^j^ t J,t jusqu'à présent. Il en est de même quand ces mots sont employés à l'accusatif comme adverbes. Ainsi, w y j signifie e« un certain jour, '>''yl^)\ aujourd'hui, ."b! ! maintenant.

Il y a quelques noms qui indiquent des parties du jour et qui,

(1) On regarde, dans ce cas, la conjonction ^^1 comme une particule explétive (Anthologie grammaticale arabe, p. 257). Je crois que c'est à tort et que, dans ce cas-là, ^1 est A-1j-^— -a-/», c'est-à-dire que cette particule /ai7, étant réunie avec le verbe qui la suit, la fonction de nom d'action, et que la proposition conjonctive est virtuellement au génitif, comme complément d'un rapport d'annexion. J'applique la même analyse à toutes les propositions qui suivent LÏJ, lors même que la conjonction ^ ' n'y entre point. Plusieurs grammairiens arabes considèrent de même les propositions conjonctives qui suivent t'J', signifiant lorsque, et je pense qu'ils ont raison. Cela fortifie l'opinion que j'ai

énoncée, savoir que '^| et W sont des noms mis à l'accusatif. On pourra appliquer la même analyse aux propositions, soit verbales, soit nominales (Anthologie grammaticale arabe,p. 167), qui dépendent de '^^ lorsque; il ne s'agira que de considérer ^ ' comme un nom indéclinable.

devenant adverbes de temps, sortent de leur indétermination naturelle et sont déterminés au temps actuel, par la seule suppression du tenwin, sans addition de l'article. Tels sont ysr-" aurore et 8jO-i matinée. Mis à l'accusatif avec le témoin, )*xet ïjJ— c, ils signifient au temps de l'aurore et dans la matinée d'un jour quelconque; prononcés sans témoin, Js^ et ïjji, ils siguiflent aujourd'hui au lever de l'aurore et aujourd'hui dans la matinée. O

1153. f Quand les Arabes veulent exprimer, dans une circonstance de temps, ce que nous exprimons en français par le mot wii^me^ c'est-à-dire qu'une chose est arrivée avant que la période de temps dont on parle, le mois, le jour, l'heure, fût achevée, ils se servent des prépositions j^'» ou ^j,, auxquelles ils donnent pour complément le nom qui exprime cette période de temps, et ils donnent ensuite pour complément à ce nom un pronom afQxe qui se rapporte à la personne qui est le sujet de l'action. Ainsi, ils disent i^jj y LjL il sortit de son jour,

c'est-à-dire ce jour-là même; L^JJ iY O^U elle mourut de sa nuit, c'est-à-dire cette nuit-là même. On lit de même, dans l'Alcoran :

Si vous êtes patients, si vous craignez Dieu, et qu'ils viennent vous attaquer subitement de ce leur instant, c'est-à-dire dans cet instant-là même.

On dit à peu près de même, en ce qui concerne l'emploi de la préposition ^^ (n» 1087), ji J^ ou jU t ^ demain ;^}ï ^^

l' année prochaine ; j^ ^ci (j^ et v ^\ ^'^ ^^ à l'avenir. i"^)

(1) Voyez le Siftaft, aux racines ^s—" et \'^.

(2) Voyez i6(d.,au mot ^-s-J i.

Je pense qu'il y a ici ellipse d'un antécédent, comme serait -^^ J ou (j^-*-i À; et alors cet usage de la préposition ^jr^ rentre dans celui qu'on nomme /ja-auSJ (n» 1081).

OBSERVA TIONS swr les adverbes de lieu

1154. Les adverbes de lieu proprement dits sont 'J, ly>, ll>l>, jJU», vJJlIs. Ces trois derniers sont formés de 11», comme de l'article démonstratif lion forme ! i l» ou t j^, ^ ! 3 et 'l^ i.

1155. Outre ces adverbes, tous les mots qui indiquent un lieu sous un rapport général, et non pas comme renfermé dans des limites fixes, se mettent à l'accusatif, sous forme adverbiale. Exemples : '-~r^ à droite, JU.i à gauche, '-^ t-ij Ls^-i. à

l'orient et au couchant, \^\^] par devant, sS^^par derrière. Les détails relatifs à cette matière se trouveront dans la Syntaxe, lorsque je traiterai de l'usage des cas.

OBSER VA TIONS sur divers autres adverbes

1156. t !JI est un mot composé de l'adverbe interrogatif ! et de la négation î^; il signifie à la lettre est-ce que... ne \nonne'\, mais il s'emploie souvent pour affirmer. Exemple :

Ensuite, on les fera revenir vers Dieu leur Seigneur, la justice même. Est-ce que le dirait de juger n'appartient pas à lui? (c'est-à-dire certes, à lui appartient, etc.).

On dit aussi dans le même sens Jl avec le verbe à l'aoriste. Exemple :

Déjà souvefit un ami m'a reproché mon amour pour elle; pourquoi ne l'a-t-il pas vue? mon excuse alors aurait paru dans tout son jour (c'est-à-dire certes, s'il l'avait vue, etc.).

1157. f II en est de même de Ui, qui est composé du même adverbe iiiterrogatif et de l'adverbe négatif U. Exemple :

Par Dieu, si tu eusses outrepassé cela, est-ce que/e ne Vauraispastué? (c'est-à-dire certes, je t'aurais tué).

1158. t On se sert aussi de V! et de Ul comme particules destinées à exciter ou à i^éveiller l'attention, i;w~-0 ! .^ i^-^-

Dans ce cas, elles sont souvent suivies de^l, comme dans ces exemples :

à—^^ ]Jls:\ju,J »»,jJ-<« j y^'J /*^ ' ^ '

Est-ce qu'zVs ne replient pas leurs cœurs sur eux-mêmes, pour lui dérober la vue [de leurs pensées secrètes]?

Est-ce que ce n'es^ point une chose reconnue de tous les magistratSj que la race des Iiommes généreux est éteinte? W

Est-ce que les impies ne sont point dans lai tourment éternel?

Est-ce que ce ne sont pas eux qui sont les insetisés?

Dans cet usage de Î3! et Ut, ces particules ne perdent pas leur signification propre, comme on peut s'en convaincre par la manière dont j'ai traduit les exemples précédents. Mais on doit reconnaître par là même qu'on peut très bien rendre bîl et U! par certes, en vérité, el considérer ces mots plutôt comme des adverbes affirmatifs et énergiques que comme des par-

(1) Suivant quelques grammairiens, '-^),dans ce cas, veut dire *-i^'^ sache. Voyez, à ce sujet, mon Commentaire sur les Séances de Hariri, séance ix, p. 92.

■ DU DISœURS 529

ticules destinées à réveiller l'attention. Il y a cependant des cas où ce dernier motif semble rendre mieux raison de leur emploi, comme dans cet exemple :

Or sus! échanson, fais circuler une coupe et présente-la.

1159. La particule ^1, dans cette acception, ne doit point être prononcée ^1 avec un teschdid.

1160. Au contraire, !^1, prononcé avec un teschdid, ei il», composé de J.» et de '^, ainsi que b!jJ et L^J, sont des particules nommées par les grammairiens arabes particules d'excitation, (j^^ '; , :2;^^0 ! ^j^^ , (') mais qui servent également à exciter ou à faire des reproches. Elles sont suivies, dans le premier cas, d'un verbe à l'aoriste, et, dans le second, d'un verbe au prétérit. Ou peut les traduire ordinairement, quand elles se rapportent à un futur, par ne ferez-vous pas7 c'esl-kdire hâtez-vous de faire, ne manquez pas de faire; et, quand elles se rapportent à un passé, par pourquoi n'avez-vous pas fait? que ne faisiez-vous? Exemples :

Que ne disais-tu : Non, et que Dieu te conserve la santé!

Pourquoi n'as-tu pas suivi la route qui était propre à te bien diriger et ne t'es-tu point hâté de ptorter remède à ta maladie?

ij-iiT oi^ iiu \)\i} i!*i^f uT^ sLiiiL l[j

Si nous avions révélé ce livre dans une langue étrangère, certes, ils diluaient : Pourquoi ses versets ï}.'' ont-ils pas été énoncés d'une manière claire et intelligible?

(I) Voyez sur cela ce que dit Ebn Hescliam, dans mou Anthologie yiammaticale arabe, p. 170, et la note 80, p. 203.

èZ' ^^ ï4. ' ^ Jj^' ^p 'j^^ e;»f" ^-?*^' Zes incrédules disent : Pourquoi ne lui a-t-il pas été envoyé quelque miracle de la part de son Seigneur?

Ceux qui sont dans l'ignorance ont dit : Dieu ne nous adressera-t-il point la parole, ou bien ne verrons-nous point arriver quelque miracle?

•^yJL9 C>«J /.r^j \^yai Lu»U *»^^>• ^' j!«J-9 «^w;a;j

Z)47'(i avant toi nous avons envoyé [rios messagers'] à quelques peuples, et nous leur avons fait éprouver le malheur et l'adversité, pour voir s'ils s'humilieraient. Pourquoi, lorsque notre châtiment est tombé sur eux, ne se sont-ils pas humiliés? Mais leurs cœurs étaient endurcis.

Que ne nous fais-tu venir les anges, si tu es du nombre de ceux qui disent la vérité?

Seigneur, pourquoi ne m'as-tu pas donné du répit jusqu'à un terme plus éloigné, en sorte que je crusse? dans ce cas-là, je serais du nombre des gens de bien.W

(1) Cet exemple est remarquable, car l'aoriste conditionnel ^^-^ ' prouve que la proposition précédente a la valeur de l'impératif : c'est comme si l'on eût dit

^^l.Cela pourrait donner lieu de douter que la règle établie ici sur le sens des particules -^ ' , ^, ^jJ et ^y, suivant qu'elles sont suivies d'une verbe au prétérit ou à l'aoriste, soit exacte. J'ai suivi en cela l'opinion exprimée par Ardébili, dans son commentaire sur VAnmoudedj ^-x<J ' ^ «.0»*-) i! I de Zamakhschari (Anthologie grammaticale arabe, p. 258). 11 est certain que, dans

1161. Uj I est le plus souvent, comme je l'ai dit, un adverbe nommé par les Arabes^y— ^ I ^yÂparticxde de restriction (D et qui signifie seulement. Exemples :

Ma récompense est seulement à la charge de Dieu (c'est-àdire/e n'attends m,a récompense que de Dieu).

Nous ne faisons que plaisanter.

Le Messie Jésus, fils de Marie, n'est que l'envoyé de Dieu et son Verbe.

On n'est économe que de ce qui est précieux.

Cela est permis seulement parce que [l'attribut] est ici un nom appellatif.

Le sens est le même que si l'on disait aJ-Î ! ^ bJl^^l L>

l'Alcoran, X/ > suivi d'un verbe au prétérit, parait souvent destiné à exprimer

un impératif ou un optatif. Voyez au surplus ce que dit Ebn Hesctiam, au sujet

de ^JJ {ibid., p. 170 et 205). II reconnaît que, dans le passage cité, ^^-^j-^^ a la valeur d'un futur.

(1) Voici de quelle manière un grammairien arabe expose le sens et l'effet de cette particule :

(Man. ar. de la Bibl. du roi, n» 12-37, fol. 2, recto).

3éé DES DIFFERENTES PARTIES

ma récompense 7i'est à la charge [d'aucun autre] que de Dieu; et ainsi des autres exemples.

1162. f liU., et quelquefois J^, signifie, comme adverbe, à Dieu ne plaise que. Nous avons compris parmi les prépositions Uli, qui signifie excepté et qui, comme nous l'avons dit, est réellement un verbe (n" 1061); liU, employé comme adverbe, a vraisemblablement la même origine. Exemples :

A Dieu ne plaise que [pareille chose arrive] à ceux qui tn'écoutentl

A Dieu ne plaise que [cela soit ainsi]! Celui-ci n'est pas un être hunain.

Li U., en ce sens, peut aussi être suivi d'un nom sans préposition, comme .iJLiLk A Dieu ne plaise que [pareille chose arrivé] à toi! Il parait que le sens primitif de cette expression est : Que Dieu t'excepte! Que Dieu te garantisse! le sujet étant sbus-entendu et le verbe au prétérit faisant fonction d'optatif (no 381).

1163. t ^l^, accusatif de J^, nom d'action qui signifie proprement excellence, préférence, s'emploie adverbialement avec la préposition (^, quand il est suivi d'un nom, et avec la préposition ^ suivie de la conjonction ,', devant un verbe, pour signifier tant s'en faut que, bien loin que, bien moins encore. Exemples •

Il n'y a pas lieu de disputer, bien loin qu'î7 y ait lieu de frapper et de combattre.

- Ne portes pas la main au bien des orphelins, bien loin d'en user comme de votre propriété.

Dû raSC»URS 533

^>LJi J,étant suivi d'un verbe, on peut retrancher la préposition ^, comme on le voit dans l'exemple suivant :

5'i ce/a était juste, je l'aurais choisi pour moi-même et je ne m'en serais point détourné, bien loin que je le prohibasse.

1164. t L'adverbe Ji, que l'on peut souvent rendre par déjà, s'emploie :

1» Avec les verbes au prétérit, pour déterminer ce temps à une signification passée ou pour établir un ordre d'antériorité entre plusieurs prétérits (n°^ 362 et 366) ;

2" Ce même adverbe,'placé devant un verbe au prétérit, indique que l'événement passé est arrivé il y a peu de temps, ou que celui à qui l'on parle s'attendait à l'événement qu'on lui

annonce. On l'appelle, à cause de cela, >-^.j^ ' ^J^ particule xervaiit à rapprocher, et 7^J^ ' ^^y^ particule indicative d'une

chose à laquelle on s'attend. PLm5\,->^-i\ w^w -—s peut signifier Zéid vient de mourir (ou Zéid est mort), comme vous vous y attendiez. Il s'emploie aussi, dans ce dernier sens ou dans un sens fort analogue à celui-là, avec l'aoriste. Exemple :

^j^ LiJ I j.J-ï4 J-9

Sans doute, celui gui est absent arrivera;

3" D'autres fois, ^ sert à affirmer avec plus d'énergie. Ex. :

Certes, à Dieu appartient ce qui est dans les deux et sur la terre; il sait assurément de quelle religion vous faites profession ;

4° Il s'emploie dans le sens de 1»j ., et, de même que ce mot, il signifié tantôt g-î^e/^Me/bis, tantôt so!«ue«^(n<' 1106). Exemples:

Quelquefois, un menteur dit la vérité.

a L>Ij ! Q-^ 'v)f^ ' ^y ' "^

Souvent, je laisse mon adversaire avec le bout des doigts pâle;

5° Suivant quelques grammairiens, J— 3 a quelquefois une signification négative ;

6° Le mot -^i» s'emploie aussi comme un nom ou comme un

verbe, et il équivaut au nom .,,,—3. la suffisance ou au verbe

JJo il suffît. On dit, en l'employant comme verbe, *9,i ^-^

une pièce d'argent me suffit; on dit de même «a.^ !jj.j jJ» une pièce d'argent suffit à Zéid; et, en l'employant comme nom, *— >.i ^^^-j* et (*-9i>> -Mj "^- Dans ce dernier cas, on peut décliner J i» .

1165. De Ji, avec les conjonctions j et ^ et l'adverbe J, on forme les composés Jij , jJLà et JJlJ.

1166. Les adverbes Jj et Jij servent souvent à indiquer que la proposition qui les suit fait fonction de terme circonstanciel d'état J^. Le verbe de cette proposition peut être au prétérit ou à l'aoriste; s'il est à l'aoriste, on fait rarement usage de l'adverbe jj, et alors il faut dire Jij. W

1167. f '^ non assurément, n'est pas proprement un adverbe négatif; les grammairiens arabes nomment cet adverbe ^j^ e.X) I particule de répulsion, eij^y ! v^ àj=>. particule de réprimande; elle pourrait se rendre en latin par ais;7. Quelques-uns disent qu'elle sert aussi quelquefois à afFinaer et qu'alors elle est synonyme de UL:». en véritéA^)

(1) Voyez, sur les divers usages de la particule J-', mon Anthologie grammaticale arabe, p. 17b, 180, 2S9, 340 et 3S0. On se sert aussi de -la-S dans le sens de .X9 il sufpt.Yoyaz mon Commentaire sur les Séances de Haviri, séance xli", p. 469.

(2) Je doute de cela, et je crois que, dans ces circonstances, il vaut mieux recourir à une ellipse pour rendre compte de l'usage de cette particule. C'est

1168. Ji et JjJ /JeM^^^rfij ^slii.^ ! j ^^J^ ' '^/^ particules d'espérance et d'appréhension, s'emploient pour exprimer la crainte ou l'espérance d'un événement possible; on peut souvent les rendre par /jomt voir si, pour éprouver si, dans l'espérance yî/e. Quelquefois même elles doivent être rendues par si, exprimant le doute, et répondant au mot latin an ou nwn.Eyi.:

Qu'est-ce qui peut te faire connaître si cet homme se purifiera?

Je ne sais pas si ce n'est pas une épreuve pour vous!

1169. w^J Pli>,t à Dieu quel ^^ 1 ^^j=^ particule de désir, exprime le souhait d'une chose possible ou impossible, et plus souvent ce dernier. Quelques Arabes emploient cette particule dans le sens de vOJ-=>.^ puissé-j'e trouver /W

1170. Je conjecture que, dans l'origine, Je et Ju^ étaient des

aussi, ce me semble, le sentiment de Béïdhawi, dans son Commentaire sur l'Alcoran, comme on peut le voir aux surates 75 et 96. Au sujet de ce texte de la

96' surate : -^ y^, /»' >-^ . .i l^-^^ ' v* pieu a enseigné à l'homme ce qu'il

ne savait pas. Loin {de jioms]/ ce commentateur dit sur le mot -*^ : « Par cette '< expression, il repousse et éloigne les gens qui, par un effet de leur orgueil, « méconnaissent les bienfaits de Dieu, quoiqu'il n'ait pas fait mention de cela, « parce que le sens l'indique suffisamment. »

Voyez au surplus mon Anthologie grammaticale arabe, p. 169, 205 et 263.

(1) Dje-whari observe que, dans ce cas-là, ^-^^-^ gouverne deux compléments à l'accusatif, c'est-à-dire que cette particule régit une proposition nominale dont le sujet et l'attribut sont mis l'un et l'autre à l'accusatif. Voici son texte :

La=M, tjj; o>J Jj^ J'*>^f ^J"^ ^ij^-ï {J^J*'^ Jî' '4-?.-^ J'ai supposé que O-'-^^j devait être pris ici dans le sens optatif.

verbes et que, leur signification primitive s'élaiit altérée, on les a ensuite regardés comme des particules. Cela expliquerait pourquoi ces particules veulent après elles l'accusatif et prennent les pronoms affixes. <•)

1171. f De J*J et c^J,avec la particule U,se forment UW et

72. t L'adverbe Is voici, entre, comme je l'ai dit ailleurs (no970), dans la composition de quelques articles démonstratifs; en ce cas, il se joint en un seul mot avec l'article démonstratif et perd souvent son éli/". Ainsi, l'on écrit !3j», b Ji, ,')ïyt pour ! Jl*, «Jlft et tV.'l».

La même chose a lieu dans l'adverbe Ià»1» ici, que l'on écrit souvent U^*-

1173. f Ce même adverbe L» s'attache quelquefois de la même manière au commencement des mots qui ont pour première lettre un éli/' hamzé; et alors il perd son éli/ el il est

tout à fait assimilé aux particules préfixes. Exemples : \ xJU»

pour »xJ ! la voici que vous; Li lî pour ul U voici que moi.

1174. f Celte dernière observation s'applique aussi à l'adverbe Lj, qui exprime le vocatif. On écrit / ^'-^ ' '-*-^.'-i POur

(J) On peut se faire une idée de la signification primitive de ces mots en les

comparant aux verbes ^^ peu s'en est fallu que, et ,c~^ '' P^ut a7-river que.

- '' '\ ' — "—n— pourrait bien être une contraction de r.'S t (utinamesset), comme \e

verbe négatif ,^j^ parait être formé, par contraction, de 'ï^ k* (non est). Suivant le Kamous, an lien de J* et J*', on dit aussi »*, ^j^, ^', ^"^ ,

Les mots O^^ et J*J sont du nombre de ceux que les grammairiens arabes

nammmi particules assimilées au verbe '• .J*^ ^ a^^^ ^^ jj^;^. Voyez mon

Anthologie grammaticale arabe, p. Î44 et suivantes.

j^LD ! I4J I Ij ô hommes.' ^~^y*3 I »-^Lj pour A-f^' ! l-^t IJ ô prince des croyants. W

75. f L'adverbe Ij ne sert pas seulement à appeler; suivi de la préposition J, cet adverbe sert aussi à exprimer l'admiration (n" 1049). Il arrive alors très fréquemment que la chose qui est l'objet de l'admiration est exprimée d'une manière vague par un pronom afiixe et que le sens vague de ce pronom est expliqué ensuite par le nom lui-même, précédé ou non de la préposition ^j^. Exemples :

Parce que les hommes en place s'abandonnent à la fierté et aux réprimandes, oh ! quelles réprimandes!

v»,^Le ^ iJ U ^-^j V~^ O-^ \.^Ji». ^' ^. 'cJ-^

Je fus entraîné vers Alep par un désir invincible et par un attrait, oh! quel attrait!

Ohl alouette, toi qui as ta demeure dans une prairie fertile, l'air est libre pour toi; va donc pondre et siffler.

Ces exemples font voir que le pronom affixe qui suit la préposition J doit concorder avec le nom auquel il se rapporte logiquement et dont il tient la place.

76. Nous avons vu précédemment U employé cômnié adverbe négatif (n" 1129). On a vu encore {n° 987) que ce même monosyllabe forme un nom conjonctif; quelquefois, aussi, il perd ou semble perdre la valeur conjonctive et devenir synonyme de <^^-î' ou^»-^) chose. Ce même mot entre dans la composition de beaucoup d'adverbes et les rend ordinairement

(1) Il parait qu'on ne compte pour rien VéUfAnns 4 > car Ebn Hescham, dans le Mogni'llébib, nomme cette particule s-îii*.' ' ' — .^ '.

conjonctifs, en même temps qu'il leur donne un sens conditionnel et une signification plus énergique. Ainsi, de ^^^..~> de quelle manière, comment, w^^ où, ^^ J où, se forment L«ô-is-S

c?e quelque manière que, '-»%»• ew quelque heu que, L*;j ) partout

om; de i^yS totalité, mis à l'accusatif et ayant L^ pour complément, se forme aussi \-tXS toutes les fois que. La syllabe l» fait donc ici le même effet que la terminaison cumque en latin. On

la nomme jaar^icM^e ea;;3/é<twe.'jjh v^^,ou ïJji; ^.* ma explétif. On ne doit pas la considérer comme réellement explétive dans le composé UjI, signifiant seulement, et nommé à cause de cela particule de restriction, ^>a^ ! ^^a.. J'en ai déjà parlé (no 1161).

1177. J'ai dit ailleurs que U est employé comme adverbe de temps conjonctif, dans le sens de quamdiù (aussi longtemps

que) .-on l'appelle alors L«y»j3J 1 U ma de durée (no397). J'ai aussi observé que le verbe qui suit U se met au prétérit, mais qu'il doit être traduit par le passé ou par le futur, suivant que l'antécédent de cet adverbe conjonctif exprime une chose passée ou une chose future : le second cas est le plus fréquent. Voici un exemple du sens passé :

Je ne leur ai dit que ce que tu m'as ordonné, et j'ai servi de témoin contre eux, aussi longtemps que j'ai é\,é parmi eux.

1178. Il est souvent assez difficile de décider si le mot U fait fonction de nom ou de particule, soit adverbe, soit conjonction. Par cette raison, je réunis ici diverses observations relatives aux usages fort variés de ce mot.")

1170. Le mot U sert à généraliser tous les noms appellatifs,

(1) Voyez à ce sujet Ebn Hescham.dans mon Anthologie grammaticale arabe, p. 178 et suivantes.

Dû DtSCOURS 839

en indiquant que ces noms sont pris dans tout le vague dont ils sont susceptibles, avec restriction, il est vrai, à une petite quantité des individus compris dans l'espèce, mais sans détermination : U répond à peu près aux mots quelconque, quel qu'il puisse être, en quelque manière que ce soit. On le nomme

alors iv«Uà. U tnâ spécial, parce que sa signification propre, qui est universelle i»lc et s'applique à tout, est restreinte ici à une seule espèce de choses, au nom de laquelle U sert de qualificatif i-Xfc. On le nomme aussi à/Lj' L^ ma d'une signification complète, par opposition à L /» conjonctif, qui est A—a-sLj d'une signification incomplète, ayant besoin d'être déterminé, comme dans i^ ! Jus U ce qui est auprès de Dieu. Exemples :

Dieu ne rougit point de proposer une parabole quelconque, un cousin [par exemple] et une chose supérieure à cela [en petitesse].

Une troupe quelconque d'entre les factieux sera mise en fuite en ce lieu-là.

Ils sont en bien petit nombre.

Ils ne rendent que bien peu d'actions de grâce.

C'est pour un sujet quelconque que Kosaïr s'est coupé le nez.

U.'/ c r t y c i y y ty

Je n'ai pas du tout trouvé de pain chez lui.

1180. U se place quelquefois entre une préposition et son complément: cette particule est alors purement explétive et

540 DES DIFFKRENTES PARTIES

ne change rien au sens (nos 1037 et 1038). Exemples : 'LiLj Uj «V ^^-^^ . J Lif P^^' "" ^ff^^^ '^^ '^ miséricorde de ton maître, tu as usé de douceur envers eux; |»9^st «jjj'LUaik li* à cause de

leurs péchés, ils ont été submergés ; jSj [gavant peu.

On trouve ce mot placé de la même manière après l'adverbe affirmatif J. Exemple ;itiLl Lj-^Ji. U J-^,.,' à chaque âme, certes, est préposé un gardien. W

On interpose aussi quelquefois LJ entre deux noms réunis par un rapport d'annexion, comme on le verra dans la Syntaxe.

1181. U paraît encore explétif dans ' — «-J ,, L^ï et l JL L; ces deux derniers mots sont proprement des verbes joints au

(1) Voyez l'Alcoran, sur. 86, vers. 4, et sur. 43, vers. 34. Voici encore un exemple plus singulier, tiré de l'Alcoran (sur. il, vers. U3) :

Certes, oui, ton Seigneur leur rendra à tous la récompense de leurs œuvres. Donnons encore un exemple pris pareillement de l'Alcoran (sur. 36, vers. 82):

Béïdhawi en propose deux aualyses : suivant la première, ,.i' tient lieu de * I • J est le LAMde séparation, Li.LiJ I (n» 1U7); \S est explétif, ïjj S, Suivant la seconde, , ! est adverbe négatif, JLj LLl ! (n° H40) ; IJ^ pronoficé avec un tesehdid, est synonyme de ^ '. Dans tous les cas, ^'— :^*-r>- est ici pour ç. j-isr^; quant à '-^.X-', c'est un terme circonstanciel de lieu qui dépend de

^ï-;:*?- ou de ^ ir"'^ • En admettant la première analyse, le sens est le même

que s'il y avait : ^j j r^si^ "^.-^ ? i*^ ijl' ^^ admettant la seconde,

cette proposition équivaut à celle-ci : ^JJJ-^=^ '-V.-^-' 9 y^ ^^ Jj ^^ La première analyse paraît plus convenable au passage cité au commencement de cette note et oîi on lit effectivement ^jj- Peut-être dans ces textes vaut-il

mieux lire U3, adverbe qui est synonyme de '*;;a=^ : il y a alors un pléonasme.

Î)V DISÇÇl/RS Sél

conjonctif U. Le sens de ces mots est : Il arrive souvent quç, il y a longtemps que. L'effet que produit sur ces verbes l'addition de t» est de leur donner le caractère de particule ou mot indéclinable et de leur ùter toute influence sur la proposition qui les suit. Les uns joignent, dans ce cas, L^ avec les mots Ji et jUs; les autres séparent t» en écrivant. W

1182. Les conjonctions ,', ',\, ",', ^j^, etc., prennent aussi

le mot U après elles, et on rappelle alors 'is^ U nià d'empêchement, parce que l'effet de cette addition est de priver ces conjonctions de leur influence grammaticale sur le nom qui les suit, comme on le verra dans la Syntaxe.

1183. U,nom conjonctif, étant employé avec une préposition dans le sens interrogatit, on retranche d'ordinaire l'é/f/et on écrit J pourquoi? AJ^ jusques à quandf *^ pourquoi? Cq retranchement cependant n'a pas lieu si après L.-- on ajoute !i ; dans ce cas, on conserve Vèlif de U et l'on écrit, par exemple, !iU pourquoi?

1184. U, étant suivi d'un verbe à un temps personnel, est considéré, avec le verbe qui le suit, comme l'équivalent du nom d action, et alors on 1 appelle io , Jw«a^ L> ma faisant fonction de ?iom d'action. Exemples :

^.x-xc \.j> Ijjj pour .X-.XJ.0 IjJj

(1) Sur les cas où il faut séparer '— ' du mot qui le précède, ou écrire les deux mots en un seul, on peut consulter Hariri, dans mon Anthologie grammaticale arabe, p. 115 et H6.

Quelques grammairiens arabes considèrent U, dans ces expressions compo-

sées, comme faisant la fonction d'agent J^ Li des verbes J'-», S>, etc. Aussi, ces expressions doivent-elles être toujours suivies d'un verbe : si, quelquefois, elles sont immédiatement suivies d'un nom, c'est une inversion, j^^^^^ .V.-^j qu'on tolère dans la poésie. D'autres grammairiens regardent ^-^, en ce cas,

comme *— ?, j-^-^-°, c'est-à-dire faisant, avec le verbe qui suit, la fonction de nom d'aclion'

Ils désirent que vous périssiez, pour ils désirent voire perte.

-Z-^^j Uj ij'y^ 1 (^n^ O^U

-nO

Za terre a été étroite pour vous, avec ce qu'elle est fort étendue; O-^^j Uj équivaut à ^^^f malgré son étendue.

t> fait cette même fonction avec des verbes au passif. Ex. :

/^s ont supporté avec patience qu'ils ont été traités de menteurs e< tourmentés (c'est-à-dire d'être traités, etc.).

Dans ce cas, t» a la même valeur que la conjonction .i dans une construction pareille. Par suite de cela, U, avec toute la proposition qui en dépend, peut devenir complément d'un rapport d'annexion, ce qu'on verra dans la Syntaxe.

1185. -j- Quoique U, employé comme nom, soit de sa nature un nom conjonctif signifiant ce qui, ce que, il parait, dans certains cas, être pris, abstraction faite de toute valeur conjonctive, dans le sens de *^^^ quelque chose (n» 1181). Les grammairiens arabes le nomment alors ï/'i U, c'est-à-dire ma ayant une signification complète, par opposition au cas où il a la valeur conjonctive et où on l'appelle a-^u U, c'est-à-dire ma d'une signification incomplète. (*) Exemples :

Si vous faites vos aumônes publiquement, elles sont quelque chose de louable; et si vous les donnez en secret aux pauvres, cela vaut encore mieux pour vous.

(i) Le nom conjonctif (^ celui qui, s'emploie aussi avec abstraction de la valeur conjonctive. (Voyez mon Anthologie grammatic. arabe,f. 172, 173 et 209.)

L'objet que Je regarde est fort éloigné. (*)

1186. i-Je pense que U est encore synonyme de i ^ plutôt que conjonctif, dans ces expressions superlatives :

L'œil de l'antilope, dans cette circonstance, est la plus belle chose du monde.

L'autruche a la course très prompte^ mais sa course est la plus prompte quand elle a le vent en face.

1187. f C'est à cet usage de U dépouillé de toute valeur conjonctive qu'il faut, je pense, rapporter une locution peu usitée, mais fort énergique, dont voici des exemples :

Car, de tous les arts que cultivent les hommes, l'art de la parole est le seul qui ait quelque relation avec les substances spirituelles.

La figure est un tant soit peu allongée.

1188. -f II y a un assez grand nombre de formules adverbiales composées de deux mots liés par une idée commune; ces formules renferment toujours quelque ellipse (no» 595 et 936) : dans ce cas, les deux mots se mettent à l'accusatif, mais sans voyelle nasale, ou plutôt ils sont considérés comme indéclinables. Telles sont ces formules : v,i^— > .^:>~j pour o— > ..y'

O,- ) Al de maison en maison ; AL^ LJô pour 'Uw»5 ~\SSoJ^

♦ ■■ ■ • C ■ jC ■

(1) C'est un fragment d'un vers de la Moallaka d'Amrialkaïs; on peut voir ce

que dit Zouzèni du mot >— ^, dans son commentaire sur cette Moallaka (Amrulkeisi Moallakah, cum scholiis, édition de M. Hcngstenberg, Bonn, 1823).

â4<. DÉS DIFFÉRENTES PARTIES

tous les matins et tous les soirs; jj--j j^ entre deux, moyennement; w^~-i w^-^ ou >.^^'^~J ^■^^'^^-^ (^^ telle et telle manière.

1189. t C'est ici le lieu de parler d'une expression composée qui tient lieu d'un simple adverbe interrogatif, es^ce que? (an?) et qui se présente sous plusieurs formes, telles que v.^,/.— iljl,

dxol.!, Jilj].\, ^y, J\'y~s\. Le pronom de la seconde personne qui entre dans ces composés,et qui joue ici le môme rôle

que dans les démonstratifs jJJi, jJIi', S}'^, Uvb'.etc.lnoQGS), n'est qu'une sorte d'apostrophe adressée aux personnes à qui l'on parle. Les mots v-H^-jJ, tu as pensé et ^y tu penses ne changent point de forme, soit qu'on parle à un homme ou à une femme, à deux ou à plusieurs hommes ou femmes. L'adverbe d'interrogation est quelquefois omis. Exemples :

Quoi donc! si le châtiment de Dieu tombe sur vous, ou que la dernière heure vous surprenne, est-ce que vous invoquerez quelque autre que Dieu ? (*)

Il dit : Est-ce donc là cet être que tu as honoré et élevé audessus de moi? En vérité, si tu me laisses vivre jusqu'au jour de la résurrection, je triompherai de ses descendants, à l'exception d'un très petit nombreJ^^

Quoi donc ! si tu ettsses refusé de sortir, auraient-ils versé ton sang ou fait prisonniers tes enfants? ^^^

(1) Voyez l'Alcoraii, sur. 6, vers. 40, 46 et 47.

(2) Ibid., sur. 17, vers. 64. ,

(3) Voyez Ahmed, fils d'Arabscliah,r(« de Timoiir, t. II, p. 942.

C^:^j JH^ ^1^1

Est-ce que vous espérez me prendre et me tuer? W

^/i bien! quel défaut ton époux a-t-il donc vu en toi, et quelle mauvaise qualité a-t-il aperçue, pour te traiter comme il l'a fait?^^)

Voilà que les deux troupes sont comme des palmiers. Peux-tu savoir quelle est cette rusePi^)

Il faut observer que, dans ce dernier exemple, c'est une femme qui parle à sa sœur, comme dans le précédent c'est un renard qui adresse la parole à la femelle du canard; et néanmoins le verbe ^y est du genre masculin. De même, dans ^i'I^lit, le verbe est au singulier, quoique le pronom l^ semble indiquer qu'on adresse la parole à plusieurs personnes.

1190. Certains adverbes renferment la signification d'un verbe et en sont l'équivalent. Je range parmi les adverbes ces

mots que les grammairiens arabes nomment J'v*à^ ! îUl! les noms 6?es uerôes, c'est-à-dire noms substitués à des verbes et qui en renferment la valeur : ce sont proprement des expressions elliptiques {n° 955). Tels sont : v:>L4-~»» ^«-^'-i^» ^-^'-4-::*; qui servent à éloigner une personne ou une idée et répondent à Jjo qu'il soit éloigné!''^) Exemple : ^ ; O''»^ Loin d'ici, Zéid! ,l;:i;, est l'équivalent de LiJ£il ils sont différents. Exemple :

j j^ jjj .Li il y a de la différence entre Zéid et Amrou.

(1) Voyez Tebrizi, Commentaire sur le Hamasa, p. 36.

(2) Voyez Ahmed, fils d'Arabschah, dans le livre intitulé •Li.L^ 1 i^rLi,

(3) Cet exemple est tiré des Proverbes de Méidani.

(4) Le prétérit a ici la valeur de l'optatif (n» 381).

tjS"'' (jS"" ^^ iJ^J"" équivalent à o .^ il s'est hâté. Exemple ; Jj; .^r^ Zéid s'est hâté.

La plupart de ces expressions elliptiques ont la signification de l'impératif, comme ^-jjî et oJ^j ', , équivalents de J^t donne du répit; àij, équivalent de c.3 laisse; ila^, équivalent de

J^ pr-enas,' v.:>-B, 0-~», ^i>^ ou O-^, ^.:,^~», O-^ fîen« let, approche. Ces mots, étant suivis d'un complément au même cas qu'exigeraient les verbes dont ils sont les équivalents, on peut les regarder comme des verbes anomaux et imparfaits, ou, ce que je préfère, supposer qu'il y a ellipse du verbe; car on dit

Jj j >i) Jj j . et 1^ ; I u», comme on dit iJj ; -i-yc el ijj ; ~^j.>; or, dans ces dernières expressions, il y a certainement ellipse du verbe (no^ 1065 et 1098).

/' __ ^y C' ■' # fi —

j..^^, jJj4^, J4l^,J.j,^~a., -1%^ et A^/a-, acco!<rs^ arrive, etc., sont des adverbes de la même nature.

1191. I-L», que plusieurs grammairiens placent dans celte même catégorie, est plutôt un verbe anomal synonyme de o» viens ou apporte, et formé de b» et de "J ; il prend les terminaisons des nombres et des genres: '^jt, singulier masculin; ZXa>, singulier féminin; '-*u>, duel masculin et féminin; ]j^La>, pluriel masculin; 1^^^^, pluriel féminin. On donne aussi à ce mot les formes de l'aoriste énergique.

1192. On compte encore, parmi ces noms de verbes, des mots de la forme Jl*s ou Jl»3, qui dérivent de beaucoup de verbes trilitères et ont la valeur de l'impératif. Ces mots, ne recevant aucune variation de genre ni de nombre, peuvent être regardés comme des adverbes (nos 355 et 956).

1193. J:}\îi\ prends garde à toi, est moins un adverbe qu'une expression elliptique; car c'est l'accusatif du pronom de la seconde personne, formé de LJt el du pronom afiîxe (n» 1016). Aussi, cet affixe change-t-il de genre et de nombre selon le genre et le nombre des personnes à qui l'on parle. On dit, pour

le féminin singulier, ~2J LJ I ; pour le pluriel masculin, J\->\ , etc. Il faut sous-entendre le verhe ^•ys^ prends garde.

Il faut, le plus souvent, après oJlJ!, à moins qu'on ne dise ,i) U ! vjjlj t , introduire la conjonction 5. O

1194. Il y a plusieurs autres expressions elliptiques semblables à celle-ci, et j'en ai déjà indiqué quelques-unes en parlant des prépositions; mais il ne sera pas hors de propos d'en donner ici d'autres exemples. On dit ^^J! pour 1:^' éloigne-toi, retire-toi; cela signifie proprement : Va vers ^i-m^me.Exemples :

Gazelle de la plaine, laisse-moi et retire-toi.

Retirez-vous, enfants de Becr, retirez-vous : ne savez-vous donc pas encore à quoi vous en tenir sitr notre compte^

1195. Le mot l^, composé de la conjonction ^ j, de la préposition '^ et du pronom affixe l», est encore une expression elliptique du même genre. Elle signifie fort bien, à la bonne heure, et vient à la suite d'une proposition conditionnelle. Ex.:

Tu as vu et lu as entendu : si donc tu te rends à ma demande et si tu obéis, à la bonne heure, et fort bien ; sinon, sache que trois choses marchent à ma suite, f^-t

{{) Voyez Hariri, dans mon Anthologie grammaticale arabe, p. 71.

(2) Cet exemple est tiré de VUisloiff de Timour, par Ahmed, (ils d'Arabschah. M. Manges a mal à propos imprimé l^ (t. I, p. 126). On trouve un exemple tout pareil en turc, dans le dictionnaire de Sléninski, au mot '— fe-^^ (i' édit., t. III p. 8i)6) ; on y lit ï*»Jj '-^- Je n'ose pas déterminer quel est le verbe dont il y a ellipse dans cette manière de parler.

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