‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 181 sur 188 · V — DES INTERJECTIONS · texte numérisé non relu

V — DES INTERJECTIONS

1243. Les interjections sont nommées par les Arabes vOi y^' voix, sons et appartiennent généralement à la classe des noms des verbes :^y^^ \ îLL-! (nos 955 et 1190). Tels sont s! et ^! hélas I ,^\ fil

Sous cette dénomination, les grammairiens arabes comprennent aussi certains sons insignifiants qui- servent à hâter le pas des chameaux ou autres bêtes de charge, comme ^jSt, ou que l'on emploie pour imiter le cri des animaux.

(1) Ces deux exemples sont lires de l'Alcoran, sur. 7, vers. 33, et sur. 20, vers. 47, édit. de Hinckelmann.

(3) Voyez le Hamata, édit. de M. Freytag, p. 61.

1244. Il y a une sorte d'interjection qui donne à un nom ou même à une proposition tout entière une valeur interjective et sert à exprimer la douleur.

On prend pour cela la particnle !j hélas/ ah/ que l'on place au-devant du mot ou de la proposition à laquelle on veut donner l'expression de la douleur ; et, à la fin de ce mot ou de cette proposition, on ajoute, si l'on veut, un éli/" précédé d'un faiha. Ainsi, l'on dit j—j; Ij ou !j— jj 'j hélas/ Zéid, c'est-à-dire je pleure sur le sort de Zéid; > y\ j^ «i^ (j^ tj ou bien jia. ^ Ij L>>^; j^ hélas/ toi qui as creusé le puits de Zemzem,je pleure sur toi/

Si le mot qui exprime la chose qui est l'objet de la douleur se termine par un élifbref(xï° 73), comme J-'y-, on ajoute un ï après cet élif, et l'on dit, par exemple, •s^Ly !j hélasl Moïse. D'autres changent Vélif bref en ^, et disent ll-y Ij.

1245. On peut toujours ajouter après Véli/" un » djezmé, et c'est l'usage le. plus commun. Ce s peut cependant prendre une voyelle, et cette voyelle est un dhamma ou un Itesra. Exemples :

ïlioj y^ Hélas/ Zéid.

ïLiXJ I j^ !j Hélas/ Abd Alméllc.

^y-j>y\ j-^ I à ^ u' ]j Hélas/ toi qui as creusé le puits de Zemzem.

i\^~-fJii ' ^ Mj Hélas/ prince des croyants.

s ^,j^ ^^ Ij Hélas/ Mat'idi Carb.

5 IJli, Ja^b tj Hélas/ Taâbbala Scharran. C)

1246. On voit que, pour ajouter la terminaison! ou »!', on

(1) A.Schultens a mal à propos regardé le », en ce cas, comme un afDxe de la 3« personne, employé d'une manière pléonastique. Voyez A. Schult. Opéra minora, p. 181 : Animadv. in psal. 9, v. 7; Ahmed, llls d'Arabschali, Vie de Ti- (Hour.édit. de M. Manger, 1. 11, p. 933.

supprime la voyelle ou voyelle nasale qui devrait lerniiiier le dernier mol. On peut aussi conserver la voyelle nasale, suivant quelques grammairiens, en substituant au témoin un .,; et alors on peut dire «LJ Jjj Ibis Ij ou ^Jj] 1^ Ij, au lieu de

Jj ; ^Ji. tj ou slijj j>iU !j hèlasl l'esclave de Zéid; on dit aussi, en retranchant le ienwiti seulement, v.-^. j /^ 'i- "'

1247. Lorsque la suppression de la voyelle finale et son changement en fatha suivi de ' ou si pourraient donner lieu à quelque confusion, on doit conserver la voyelle finale et substituer à l'é/i/'un j, si cette voyelle est un dhamma, et un ^, si elle est un Aesra. Ainsi, si l'on veut former cette formule interjective des mots i^^-i l'esclave de lui, vlJ-^ ^ l'esclave de toi

[ô femme], on dira 5 j-^!^ L et iSS^ !j, et non sl^^ tj et ïLObic tj, parce que l'on ne pourrait pas savoir si ces formules inlerjectives seraient dérivées de i-^-^ et ^bLc, ou de L;^»^

etjo;^.

Ce que la nécessité prescrit en ce cas, quelques grammairiens l'autorisent dans toutes les circonstances et permettent

de dire »yi=wJ.M !j, iXU I 51= 'j, V J^^ jr'. f^ ij^ 'j- V '-^H 'j. et ainsi des autres.

1248. De ^>>— s c mon serviteur, on peut former b^ tj ou uJlIc Ij hélas! mon serviteur.

(1) On dit ainsi au singulier s'-x.^a, au duel ^ L;c^-a et au pluriel ^y^-^, ce qui ne vient point, je pense, comme semble le croire Golius. du pronom w^^, mais bien de i-^-* pour 5 j;-» mulier. On dit dé liiêAi'e au duel V ^-~* et au pluriel sLJj u». Tout cela n'a lieu que lorsqu'on adresse la parole à des femmes. On trouye ainsi dans le« l-à-li^ 1 i^i li, d'Ebn Arabschah,Iiv. ii, ' "^~-~* ^1; ''^' .. ^ J^ dixit ei: o mater! et 0 mulier/ Si ce mol y enail

Cl y C ^

du pronom, on devrait dire, selon toute apparence, 8L:;^s au masculin et A wï L.» au féminin.

1249. Les grammairiens arabes nomment la chose qui est le sujet de la plainte et dont on déplore le sort ^—jjJ-^' ' ce qui est pleuré; ils nomment l'interjection 'j particule de complamie

JujjU ! ^ '.^jL, r^^i/ joint à la fin de la formule interjective,é;t/"

de complainte ï jJ U ! ^jLJ I , et le s qne l'on ajoute souvent après cet élif hé de silence, c'est-à-dire sur lequel la voix se repose complètement C-^CJj ! :L».

Je reviendrai sur cette formule de complainte dans la Syntaxe, lorsque je parlerai du vocatif.

1250. Les interjections n'appartenant pas à la grammaire, je n'en dirai pas davantage. W

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