‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 20 sur 188 · On distingue le teschdid en nécessaire et euphonique · texte numérisé non relu

On distingue le teschdid en nécessaire et euphonique

112. Le teschdid nécessaire est celui qui se place après une consonne mue par une voyelle. Si ce teschdid était omis dans l'écriture, il pourrait y avoir du doute sur la manière dont on devrait prononcer le mot, et, par suite, sur sa signification.

Ainsi, jifls signifie être pendu à quelque chose, et se dit d'un chameau qui tire à lui les branches d'un arbre pour en manger les feuilles, parce qu'il est en quelque sorte suspendu à ces

branches; ij^c, avec un teschdid, signifie suspendre à quelque chose. Le teschdid nécessaire n'a pas lieu après une lettre de prolongation (n" 101), si ce n'est dans les racines sourdes, comme on le verra lorsque nous parlerons de la conjugaison des verbes sourds. On écrit alors 51/ pour O^U. Il y a encore plusieurs circonstances qui nécessitent l'usage du teschdid après une lettre de prolongation. J'aurai soin de les faire remarquer à mesure que l'occasion s'en présentera.

113. Le teschdid euphonique, c'est-à-dire employé pour rendre la prononciation plus facile, indique qu'une lettre doit être doublée dans la prononciation pour tenir lieu de celle qui la précède, dont l'articulation alors ne se fait point entendre. Cela a lieu pour éviter le choc de certaines lettres dont la rencontre est dure et désagréable à l'oreille.

On distingue plusieurs espèces de teschdid euphoniques.

114. Le premier a lieu sur les lettres solaires qui suivent l'article JI, et c'est ici que s'applique la distinction des lettres solaires et lunaires (n''62). Ex. : /r^J'', prononcez arrahîmou, et non alrahlmou. Si le mot commence par un J, quelquefois on retranche un des deux J : ainsi l'on écrit toujours ^iJI et ^1 pour ^il'l et JcJ-^' . Ce retranchement a toujours lieu

quand l'article perd son t, parce qu'il est précédé de la préposition J, et que le mot commence par un J.Il y aurait

alors trois J de suit»; mais on en supprime un et l'on écrit »SJ et JIlJ au lieu de ^'J et J-~LL) .

115. Le teschdid euphonique a lieu secondement après un ^ dj'ezraé et se place sur la consonne qui le suit, si elle est une des cinq lettres comprises dans le mot j^j-y' (\\° 51). Ainsi, l'on écrit «ôj *?, et l'on prononce, comme si c'était un seul

mot, mir-rabbihi, au lieu de min rabbihi. Il en est de même lorsque le ^ n'est point écrit, mais est seulement renfermé virtuellement dans une voyelle nasale. Ex.: >^»j» , ,1x5 ; prononcez kitâbom-moubinon.

Le ^ disparait quelquefois tout à fait dans les prépositions

w« et vc devant les mots U et jjj», comme U' , L^ , JJ; et *li>

pour U ^, U vc , yf vc et y' ^y?, et même devant d'autres mots, quoique beaucoup plus rarement, comme J-~L» pour

116. Un troisième usage du teschdid euphonique, c'est lorsque, dans le même mot, il se rencontre, sans aucune voyelle intermédiaire, deux consonnes dont l'articulation est presque semblable et qu'il serait difficile de les articuler chacune sépa-

rément avec exactitude. Ainsi, au lieu d'écrire o»^,', ^^-joj^ ,

3'xàS et O^-iJ, on écrit vO^ij', c^-Ij^-j, J3.à.! , v,>i>-', et l'on prononce arattou, baçatia, akhaitoum, labitia.

117. t On trouve encore dans les manuscrits de l'Alcoran plusieurs autres cas qui donnent lieu à l'emploi du teschdid euphonique. Voici ceux que j'ai observés :

118. -;- Toutes les fois que de deux mots qui se suivent, le premier finit et le second commence par la même consonne, et que cette consonne doit être djezmée à la fin du premier mot, on place un teschdid sur celle qui commence le mot suivant. Ex.:ïcliî.J! «îi Ji; ï^&iJ J,^) îiîl Ji!;^! Iji Jlï3l- L».

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