DU HAMZA
124. Tout ! qui est mû par une voyelle ou qui est mobile de sa nature, quoiqu'il devienne djeziné par quelques raisons grammaticales, est marqué d'un signe nommé hamza y6.9 ou B^<J>, c'est-à-dire piqûre, à cause de l'effet que produit l'effort
Du ; devant le ^r- et le (/»; Uu , ►«« devant les lettres j et (/» ; Du [^ devant le ^ ', Du (/s devant le; et le /►»; Du ijo devant le >i et le i; Du -B devant le C^ et le ^J ; Du i devant le w» et le •^ ;
Le ç- étant devant le «, ils se changent tous deux en p-, eoinnie ■•— 'f*^;
prononcez /»=^ ■ Le P- étant devant le 5 , ils se changent tous deux en -it, comme «•(-cJ-";
prononcez »=.^' 1 •
Le (Jj, devant le v,i) , se change en v^J-
Le ^^ , devant le ^^ , se change eu jji .
Le J, devant le , , se change en j , outre le cas particulier à l'article J*
devant les lettres solaires.
' \ ^' Le jj se cliange en /• devant le >~^; devant les six lettres du mot ^j'^j',. >
il s'unit à la lettre qui le suit, en perdant sa propre prononciation.
Quant à l'insertion, la première lettre n'étant pas djezmée, cette Grammaire ne l'admet qu'entre deux s, dont le premier perd alors sa voyelle»dans la prononciation; ce qui n'a lieu encore qu'avec quelques restrictions, et pourvu qu'il n'en puisse pas résulter d"éqnivo([ue (p. ;i9). Il en est de même dans tous les autres cas; l'insertion cesse quand elle peut donner lieu à une é(|uivoque (p. 3â). Eulin, quand un p- quiescent est suivi d'un p- ou d'un ' , il y a bien insertion, mais, par un effet contraire, c'est le p- qu'on double et c'est la lettre
suivante qui perd son articulation propre (p. 32). Je crois que la plupart de ces permulalions sont de véritables fautes de prononciation, et j'ai même lu des grammairiens arabes qui, loin de les convertir en règles, recommandent de les éviter.
fait par la poitrine )^our produire une émission de l'air, subite et énergique (nos 30 et 86) : ce signe est formé ainsi ( «)• Le hamza ou é/i/hamzé est une véritable articulation dont nous avons déjà indiqué la valeur (n" 30) et diffère essentiellement de Vélif non hamzé, qui n'est jamais mû par aucune voyelle et qui n'entre dans les mots que comme lettre de prolongation ou comme lettre muette (n" 68). J'ai déjà fait remarquer le rapport qu'il y a entre l'articulation du atn et celle de Vélif hamzé, et j'ai observé que le hamza n'est autre chose que la figure du atn tronquée (n" 45). Le hamsa se met au-dessus de l'éli/' lorsque celui-ci est mù par un faiha ou par un dhamma, ou marqué d'un djezma, et alors la voyelle ou le djezma se
placent au-dessus du hamza; exemples : j^\ , j^\ , ►..'.. Si Vélif esi mù par un kesra, le hamza se place au-dessous de la
lettre et le kesra au-dessous du hamza; exemple : w;^'*' •
Dans la plupart des manuscrits, on omet presque toujours le hamza.
125. f Dans les manuscrits coufiques, ou du moins dans quelques-uns de ces manuscrits que j'ai vus, le hamza est indiqué par une petite ligne horizontale, de couleur verte, qui se place avant i'<5/i/;au haut de la lettre si la voyelle est un fatha, au bas si c'est un kesra, et à la moitié de la hauteur si c'est un dhamma. (le{\.e même ligne se place au-dessus du . et du ^, lorsque ces lettres tiennent lieu d'un I hamzé, comme je le dirai tout à l'heure. Outre ce signe, le hamza est encore marqué par la couleur du point qui indique la voyelle : ce point est jaune.
126. f Dans beaucoup de manuscrits africains, le hamza est pareillement indiqué par un gros point jaune placé au haut, ou au bas, ou vers le milieu de Vélif, suivant que la voyelle est un fatha, un keara ou un dhamma; on joint en outre au hamza la voyelle convenable.
127. Lorsque le ^ et le ^ tiennent la place d'un é/t/ mobile, ce qui arrive souvent, comme on le verra dans le dernier chapitre de celte première partie, on place au-dessus de ces lettres, et quelquefois au-dessous du jT, un hamza; exemples:
yy' o-^- Dans ce cas, il est plus régulier de supprimer les points du ^; ainsi, l'on doit écrire J-^'J, et non Jolj'.d)
128. Il arrive souvent qu'au lieu d'écrire soit Vélif, soit le j ou le ^ substitués à Vélif, comme il vient d'être dit, avec le hamxa, on n'écrit que le hamxa et l'on supprime la lettre qui devrait l'accompagner.
Cela a lieu :
1" Souvent au milieu et toujours à la fin des mots, après une lettre de prolongation ou une lettre djezmée, quelle qu'elle
soit. Exemples : îL-:^., =^o,, = ^^, ^yso, ■ ^z,, O,, i.^, ^-^^ ,
>ïj> , vO^i'^jj», ï^y^, etc. ;
2° Au milieu des mots, après un t de prolongation, toutes les fois que le hamza a pour voyelle un fafha. Exemples :
3" Au milieu et à la fin des mots, toutes les fois qu'il se rencontrerait de suite deux ^ ou deux ^, dont le second serait quiescent, si l'on ne supprimait pas la lettre qui est affectée du hamza. On écrit donc :
(1) 11 parait que ce n'est pas une règle rigoureuse, car Hariri s'en est écarté dans sa XXVI* séance. (Voyez mon édition des Séances de Hariri, avec un Commentaire arabe, \). m et 272.) 11 y a pourtant des grammairiens qui altaclient une graude importance à cette, règle orthograpliique.-Motarrézi raconte qu'Abou Ali Farési, étant allé avec un de ses amis rendre visite à un docteur qui jouissait d'une grande réputation, remarqua devant lui un papier sur lequel se trouvait
le mot JjLJ , écrit avec deux points sous le ^ • Abou Ali demanda au scheïkb
de qui était cette écriture, et celui-ci répondit que c'était lui-même qui avait écrit cela. Alors Abou Ali, se tournant vers son ami, avec l'air d'un bomme qui est en colère, lui dit : « Nous avons perdu nos pas en venant faire visite à un personnage tel que celui-ci »; et à l'instant même il sortit.
{j^jj pour {j^j})
■Jijf
- dJ->f^
^IjJ
4° Au milieu des mots, quand le hamxa a pour voyelle un fatha et est immédiatement précédé d'une lettre djezmée sur laquelle on pourrait transporter la voyelle du hamza, en supprimant tout à fait l'articulation propre de celui-ci. Exemples:
'À i ,M> pour 'LJUL/'
5° Au milieu des mots, le harma étant mû par un fatha et
précédé d'un autre fatha, comme .o pour w^^i; mais cette
manière d'écrire est rare et contraire à l'usage reçu. La suppression du j et du ^, dans les cas compris sous le
no 3, n'est pas d un usage général, et 1 on écrit souvent ^r^j . , y^lÀ., fT'^j, B'^j) etc. Quelques grammairiens même donnent la préférence à cette orthographe, excepté dans les cas où le hamza est précédé d'un I quiescent ou d'une lettre djaz-
mée, comme dans ij-y-'o, ir}^ , Jj^^j fy-* et autres semblables.!»)
(1) Voyez Hariri, dans mon Anthologie grammaticale arabe, p. 117 et 118.
129. f II y a des cas où l'on supprime tout à fnit le harma^ en sorte que celle des lettres ', ^ et ^ qui devait être affectée de ce signe, ne tait plus que la fonction de lettre de prolonga-
tion : cela s'appelle "^i^-^i . ?;^^ allégement du hamxa. Dans
d'autres cas, on se contente d'adoucir l'aspiration du hamaa,
ce qui se nomme sj*^' iJn-t***^ adoucissement du hamxa. Je parlerai en détail de cela, dans le dernier chapitre de ce premier livre, en traitant des règles de permutation des lettres ', ^ et ,c. Lorsque l'on conserve au hamza sa valeur, cela s'appelle
B^^3 1 ^3;;^=^ faire sentir exactement le hamza. O
DU WESLA