‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 23 sur 188 · Un mot qui commence par un ! hamzé doit souvent être · texte numérisé non relu

Un mot qui commence par un ! hamzé doit souvent être

joint au mot qui le précède, et celte union est indiquée par un

f ■•' signe nommé wesla j^j, c'est-à-dire jonction, qui se figure

ainsi (— ) et se place au-dessus de Vélif. Je crois que ce signe

n est autre que le (jo du mot J~oj. Lorsque cette union a lieu, Vélif est toujours suivi d'une lettre djezmée, et alors cette lettre se prononce en une seule syllabe composée avec la dernière syllabe du mot précédent. Quant à Vélif, il perd sa valeur et sa voyelle propre et devient absolument muet dans la prononciation. Exemples : vj^l vJ^j!' au lieu de ^jX^\ o--jK.

prononcez raaytou'bnaca au lieu de raaytou ibnaca; >,£XUJI ^!, prononcez ibnou'lmèliki au lieu à'ibnou almèliki.

Si le mot qui doit s'unir avec le mot suivant par le wesla finit par une lettre quiescente, mais non djezmée, cela n'empêche pas l'union. Exemp.: iîo^t \^, ^>jp' y), J^sr"^! ^J, prononcez ghaza'lmédînèta, abou'lwézîri, fi'lmèsdjidi.

(1) Voyez, sur les règles orthograpliiques du ftawza, un Traité spécial inséré dans le tome IX des Notices et Extraits des rtianuserits, 1" partie, p. 67 et suiv.

131. Si la lettre qui suit Yélif d'union et qui, de sa nature, est toujours diezmée, devient, par une raison quelconque, mue par une voyelle, on peut, suivant quelques grammairiens,

supprimer l'élif A'wmon. Ainsi, si au lieu de ^l!, on ditj^l,

il convient encore de retrancher Vélif et d'écrire seulement

j^. C'est ainsi que si, comme je l'ai déjà dit (n" 93), on change

^f*^jll en^^'l, on peut aller plus loin et, supprimant i'élif &e

l'article, écrire j^S. Cependant, il paraît que ce dernier cas est moins toléré que le premier. W

132. De ce que nous venons de dire, il suit que Vélif n'est jamais marqué d'un weda que lorsqu'il est au commencement d'un mot; mais il faut observer que Tunion indiquée par le wtsla n'a lieu que dans les cas suivants :

10 Dans l'article Jt;

2° Dans les impératifs réguliers de la première forme des verbes;

3° Dans les temps de la septième forme des verbes et des formes suivantes qui commencent par un é/î/;(2)

(1) Voyez le manuscrit arabe de la Bibl. du Roi.n» 1234.11 peut être bon de transcrire ici le texte de ce grammairien. Le voici :

^^LJlj .S^y J,t J^s^ l.^ .^ UJt J^yt BJ-*!» jt ^c jj \'^\ ^JLjJ\ ^> L^xc '^*Lt JUI tJJ>(iis. ^}s^) Jj-^ 'ilj

^ji\^ jç.^ ys> J yi 'ij^) xr,^ ^i bt ^.^xxJ! ç^ ^

JjLiJI ^t ,J^'j Ç^^J*^ v-i'^.;j v'j^l Jjï-i» 5)*^.'l sO'^^'t

Au lieu de JuiJ'sU ■'U.j'^, je crois qu'il faut lire JLx:<iT .Lo ^U.jT.

— Voyez aussi les Notices et Extraits des manuscrits, tome VIII, p. 323, note 1, et tome IX, p. 28.

(2) Suivant la Grammaire des -Maronites, la voix passive ou objective de ces

4° Dans les dix noms suivants : ..►it, ïjjI, vut, ,oLiîl, ,.\Ixjij\,

vi^l, p, Ipl, Hpl et ^1

133. f La raison pour laquelle Véli/'peul devenir muet dans toutes les circonstances indiquées ci-dessus est vraisemblablement que cet I n'a été introduit dans tous ces mots que pour en rendre la prononciation plus facile; peut-être même ne l'écrivait-on pas originairement. Ce qu'il y a de certain, c'est que les grammairiens arabes, ou du moins la plupart d'entre

es

eux, regardent l'article J' comme consistant uniquement en un J;<i) et dans le langage vulgaire même, on ne lait entendre le plus souvent que cette lettre. Je crois qu'il en a été de même primitivement de Vélif qm forme les impératifs et que l'on

prononçait, par exemple, /t/0M6 ,^^\S', et non pas oktoub ^^\ , comme l'on écrit aujourd'hui. Cela me paraît d"autanl plus vraisemblable, que, dans la plupart des langues, l'impératif est le mot le plus court de tout le verbe. Cette conjecture est d'ailleurs confirmée par l'usage des lanj^ues hébraïque, syriaque, etc., et par les impératifs de quelques verbes arabes irréguliers.

184. Uélif sujet à l'union indiquée par le wesla se nomme Jwjp! isJ*J> ou J-<o^! ^iJ!, c'est-à-dire élif d'union; et tout autre é/t/ initial qui n'est point susceptible d'union se nomme j»Jii)l ïy»», c'est-à-dire hamza de séparation.

formes dérivées ne permet point l'union, parce que le dhamma qui caractérise leur élif formatif ne doit point souffrir d'élision. (Gramm. Afaron., p. 23.) Cette doctrine est contraire à celle des grammairiens arabes et à l'usage. Dans l'Alcoran, en effet, cet élif est toujours considéré comme un élif d'union.

(1) Khalil, célèbre grammairien, regarde l'article J' comme composé essentiellement de Vélif hamzé et du lam. Ce hamza est même, suivant lui, un hamza

de séparation ^iJ ) 5)**, et s'il est devenu hamza ou élif d'union j~-^j ' 'ij«>j

ce n'est qu'à cause de l'usage fréquent qu'on en fait dans le discours. Voyez à ce sujet mon Anthologie grammaticale arabe, p. 234.

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