‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 25 sur 188 · Lorsque ï'élif d'union se trouve au commencement · texte numérisé non relu

Lorsque ï'élif d'union se trouve au commencement

(1) Cette règle est formellement donnée dans le ^-s.>j^a3 vw>lo , p. 52 et S3; l'auteur en donne cet exemple : j-f' i JJJ 4 . Prononcez, dit-il, par j , e'està-àire S^y > «' écrivez par un ^ , c'est-à-dire j^f' ' . Voici un autre exemple de rAlcoran(sur.lO,vers.l6): jî^ ^yjl '■«Lfl| ^jj=J^ )l j-J-^' JL» ijxi» jJi , prononcez ainsi : likaanârti.

d'une phrase, il faut nécessairement le prononcer par la voyelle qui lui est propre : cette voyelle n'étant point écrite, il faut la suppléer; ce qui exige, à la vérité, la connaissance des formes grammaticales, mais présente peu de difficultés. J"ai remarqué quelques manuscrits de l'Alcoran où, dans ce cas, la voyelle propre à l'é/'i/ d'union est écrite en encre rouge au-dessus du wesla, et au-dessous de Vélif, si cette voyelle est un kesra.

139. Quand le mot qui précède Vélif é'nmon finit par une consonne djeztnée, au lieu de rendre à Véiif d'union, dans la prononciation, la voyelle qui lui appartient, on doit donner à la lettre djezmée qui précède l'é/i/ d'union une voyelle accidentelle et purement euphonique; celte voyelle peut être un fatha, un kesi-a ou un dhamma; mais le choix n'en est point arbitraire.

On emploie le fatha:

1° Après les monosyllabes, w», a^, ^ suivis de l'article J!

ou du mot 1^'; 2" Après les affixes de la première personne j, ou ^, quand

ces afïixes sont suivis de l'article JT. Exemples : Ll^Ji Jjj»l,

ihdhiiya'ssirâta , jJ I X6*> nùnètiya'llati.

On peut aussi, dans ce dernier cas, faire l'union, sans donner aucune voyelle au ^ du pronom afïïxe de la première personne

et dire, par exemple : iL-â.'t J,ju»l ihdini-ssirâta,el J>Ut ï^

nimèii-llaii, c'est même là l'usage le plus ordinaire.

On emploie le kesra :

1° Après les mêmes monosyllabes ^, «./, ^, suivis de tout

autre éUfd union que de celui de l'article j' ou du mot v*j1 ;

20 Après tout autre monosyllabe finissant par une lettre djezmée, comme ^jt, Jj', Ji, J», etc., excepté Js^, et aussi après le mot l^',

3° A la 3« personne du singulier féminin du prétérit, comme ::'; à la 3e personne tant masculine que féminine

du singulier; à la 2e personne masculine du même nombre, et à la l™ personne commune tant du singulier que du pluriel,

dans le futur apocope ou aoriste conditionnel, J^^^', ^^O,

.^^JiXj', -ùS^ , ^^JiCi, et à la 2e personne du masculin singu-

lier de l'impératif v ^i t ;

4° A la fin des génitifs des duels en état d'annexion, comme

5° A la fin des secondes personnes féminines de l'aoriste conditionnel et de l'impératif des verbes défectueux dont le

3 final est précédé d'un faika, comme »^^> , par apocope de

^yi^î ; ^■^f , par apocope de ^Jy^/ ; et ^^j ! , par contraction

pour -~a>. I .

Dans ces génitifs de duels et dans ces personnes des verbes défectueux, quand le 3 n'est point suivi d'un é/t/ d'union, on ne doit pas manquer de mettre un djezma sur ce ^\ car on doit prononcer kitâbay , mèdînètay , ioghzay, terdhay, irdhay, en faisant sentir le ^ , et non kitâba, mèdtnèta, ioghza, ierdha,

irdha, comme on prononce ^ . ^i' > jj^ et >», .

On emploie le dhamma :

1° Après le pronom »J6l et les pronoms affixes 1^= et ^ ;

2° A la fin de la 2» personne du pluriel masculin du prétérit,

comme jdaîs ;

3° A la fin du monosyllabe J-» ;

4° Dans les personnes du pluriel des verbes défectueux, où, par l'effet d'une contraction, le j caractéristique du pluriel,

au lieu d'être quiescent après un dhamma, comme dans \y^ ,

!yLo>.; et ^jr^ ^ , est précédé d'un fatha, comme Ij-j». , Ij^i ! ,

Iji-ftx,; et 'j-j^'- Dans ces cas, s'il survient un éZi/ d'union, on

ajoute un dhamma, et l'on écrit ^y., [y^vtl, l>***^ et ^y*>. S'il n'y a point d'union, il faut mettre un djesma sur le j. Le pronom affixe ~ï changeant, dans certains cas, son

dhamma en kesra, s'il survient alors après lui un é^t/ d'union, le ' doit prendre pour voyelle accidentelle, suivant les uns, un kesra, et, suivant les autres, un dhamma. Ainsi les uns disent

JjfiJt .^ (3=-, et les autres, Jjïit .^ jjl.

140. Lorsque le mot qui précède l'é/i/" d'union finit par une voyelle nasale, on supplée, après le ^, virtuellement renfermé dans le tenwin, et qui sert à faire l'union, un kesra que l'on

n écrit pas. Ex. : ^jf a*-,! Jj^j résoulon-i-smouhou Mousa.

Quelquefois, en ce cas, on place au-dessus de Y élif à' union la figure d'un j avec la voyelle qui doit servir à faire l'union.

Quelques grammairiens admettent une exception à la règle précédente : si la voyelle nasale est suivie d'un élifA'xm'xon qui devrait avoir pour voyelle propre un dhamma, ils emploient un dhamma au lieu du kesra pour faire l'union; ainsi ils prononcent l j Là.:) I ^jl u> sélamon-o-dkholou, et non sélamon-idkholou.

141. 7 Dans les manuscrits coufiques, ou du moins dans quelques-uns de ces manuscrits, une ligne tracée en encre rouge et placée horizontalement auprès de Yélifet avant cette lettre, indique le wesla. Cette ligne se place au haut de Vélif d'union, si la voyelle qui précède l'élifest un /"aiha; au bas de Vélif, si elle est un kesra; et vers le milieu, si elle est un dhamma : la voyelle qui appartient à cet éli/", et qui ne se prononce point, est écrite en encre verte.

142. f Dans les manuscrits africains, ou du moins dans plusieurs des plus beaux manuscrits de l'Alcoran , le wesla est indiqué par une petite ligne rouge placée horizontalement avant l'é///" d'union, au haut, ou au bas, ou au milieu de cette lettre. Outre cela, ré/i/ conserve son hamza; mais le point qui l'indique, au lieu d'être jaune, est de couleur verte.

143. Quelquefois on supprime tout à fait l'é/i/ d'union : cela a lieu : 1° dans cette formule : ^Ji I J^}^ ! iîî ! w , où l'on

supprime Vélif d.\i mot -.»! ;

2° Dans le mot ^\ , quand il est entre deux noms propres qui ont corrélation enire eux, comme dans jj*c ^ jjj Zéîd, /î/srf'^OTroM,et non quand il n'est pas entre deux noms propres, comme dans -*c ^-j I J->j Zéïd, fils de mon oncle, ou quand ces deux noms forment deux parties différentes de la proposition, comme dans J^-* ^ j..;j Zéïd [es{\ fils de Mohammed; (*)

3° Dans l'article j! précédé de la préposition préfixe J, et

de l'adverbe d'afTirmation J certes. Exemple : S=^j^ et ^^^sAi pour J^JJ'^ et t^i'^;

4° Dans les verbes et les noms, quand il est précédé de l'adverbe interrogatif i, comme v^^XàjI et Jua^] piur ^^i^j^W et jJa^] ! ;

5» Dans l'article J t , précédé de l'adverbe interrogatif î ,

comme «Ul pour -LjM . Dans ce dernier cas, on peut aussi conserver 1' ! d'union. (2)

(1) Voyez, relativement à la suppression de l'elif d'union dans les mots f—^<

et (^ 1 , mon Anthologie grammaticale arabe, p. 112 et 113.

Observez en outre que, dans les cas mêmes où Vélif d'union du mot (V ' doit

être supprimé, il est d'usage de le conserver si ce mot se trouve placé au commencement d'une ligne.

(2) Si l'on en croit Erpénius {Grammat. arab., édition de 1767. p. 64 ), i'élif d'union qui appartient à l'impératif des verbes trilitères est quelquefois omis

après les particules conjonctives j et v ? • Je ne trouve rien de pareil dans le

liber Tasriphi ni dans les grammaires de Martellotto,Guadagiiuoli, etc. M. Frœhn ( de Numorum Bulghar. forte antiqu ssimo, p. 29 ) admet cette observation ; mais il n'en cite qu'un seul exemple, tiré de l'édition d'Elmacin, et qui n'est, selon toute apparence, qu'une faute d'impression. M. Lumsden, dans sa grammaire arabe, ne fait aucune mention d'une semblable suppression de Vélif d'union.

DU MEDDA

144. Lorsque l'élifûe prolongation est suivi immédiatement d'un \ mû, soit par une voyelle simple, soit par une voyelle nasale, au lieu du dernier de ces deux 1 , on n'écrit que le hamza avec la voyelle convenable, et l'on met sur Vélif de prolongation un signe qui se figure ainsi ( ~) et qu'on nomme

medda j^ ou b^ , et matia Ih^ , c'est-à-dire prolongation; exemple : .(-».«.. Ce signe n'est autre chose qu'un », abréviation du mot is'i^ ou \)ei> ; on emploie surtout ce signe lorsque le hamza qui suit l'^Zî/de prolongation termine un mot.

145. On place aussi le medda sur Vèlif qui se trouve au commencement d'un mot ou d'une syllabe, lorsque cet ! est radical, qu'il est mû par un faiha et qu'il devrait être suivi, soit d'un é/t/hamzé avec un djezma, soit d'un élif de prolon-

gation. Exemple : \S> \ pour Lî/l ! et jji^'t pour j»^! ' . En général, le medda est employé pour indiquer l'absence d'un élifhavazé ou de prolongation, radical ou accidentel; et ordinairement, quand on écrit le medda, on supprime le hamza si c'est un élif h&mzé, et la voyelle, qui est toujours un fatha.

146. Le même signe se met aussi sur les lettres lorsqu'elles sont employées comme chiffres, ou, par abréviation, pour tenir lieu des mots entiers, comme on le verra ci-après.

147. f L'usage du medda a lieu dans beaucoup d'autres cas et est bien plus fréquent dans certains manuscrits de l'Alco-

ran; on le distingue en medda conjoint J..saj> et medda disjoint J-^î-i^ . Le medda conjoint a lieu toutes les fois que le hamza est précédé, dans le même mot, d'une lettre de prolongation quelle qu'elle soit; exemple : Tj^, hU , 7 ^ . Le medda dis- Joint s'emploie lorsqu'un mot qui commence par un ! est précédé d'un autre mot dont la dernière lettre est une lettre de

prolongation : on place alors le medda sur celte lettre de prolongation, mais on le figure en encre rouge ; exemples : ,3' »^' ;

Il faut observer que les finales s et s , faisant fonction de

pronoms affixes, sont toujours censées suivies d'une lettre de prolongation, quoiqu'elle ne soit pas écrite : c'est comme si

l'on écrivait »3 et ,» .

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