CHAPITRE VII
De la ponctuation et des abréviations
168. Les Arabes, dans l'usage ordinaire, n'emploient aucun signe pour indiquer les pauses, soit à la fin d'une période, soit
dans le cours même de la période. Ils indiquent seulement la fin d'un sujet soit par un point rouge, soit par un de ces signes é ' (\ ' * > soit en écrivant en rouge le mot qui commence un nouvel article, ou en prolongeant une des lettres de ce
premier mot, comme L^ Jj . Ces différentes manières d'indiquer le commencement d'un nouvel article répondent à notre alinéa.
169. f Si, dans les manuscrits ordinaires, on ne fait usage d'aucun signe de ponctuation, ces signes, au contraire, sont très multipliés dans les manuscrits de l'Aicoran : la fin de chaque verset y est indiquée par cette figure ^ \ ; après chaque dixième verset, on emploie un autre signe qui ressemble au ^j isolé, mais entièrement fermé. Ces deux signes marquent plutôt la division par versets, fondée en général sur la rime, qu'ils ne servent à distinguer les endroits où le lecteur doit s'arrêter pour rendre plus intelligible le sens du discours. Les véritables signes de ponctuation sont de petites lettres écrites en encre rouge dans l'interligne supérieur. Le > indique une pause,
nécessaire pour éviter un contre-sens; c'est l'abrégé du mot >yà nécessaire. Le i, abrégé du mot ^Jiiiu" , c'est-à-dire universel, absolu, indique une pause universellement reçue par les lecteurs de l'Aicoran. Le ~ , abrégé du mot^'U. permis, indique une pause laissée à la volonté du lecteur. Le j , abrégé du mot j^-?'"' toléré, indique une pause permise, mais peu convenable. Le (jo, abrégé du mot (j^^y /ici^e, marque un
léger repos accordé seulement par nécessité, et pour que' le lecteur puisse reprendre haleine. Lorsque le sens exige qu'on ne s'arrête point à la fin d'un verset, cela est indiqué par le mot '^ non, écrit au-dessus du dernier mol de ce verset, et
dont le sens est ^-^j ^ il n'y a point ici de pause. Le , a ,
abrégé du mot J..* on dit, indique une pause contestée. Les
deux lettres —ai», qui sont l'abréviation des mots >J.»^=i ^*b, indiquent une pause reçue parmi les lectexirs de l'école de Coufa. Enfin les lettres A ii,qui représentent les mots is^-;:-"^ ï-i-ïj ,
sont le signe d^ une pause extrêmement légère.
Parmi ce grand nombre de signes de ponctuation particuliers à l'Alcoran, les plus nécessaires et les plus usités sont: le i, le -. eL le mot "iî .
170. •{■ On se sert quelquefois, mais rarement, d'abréviations dans l'écriture arabe : les unes sont d'un usage général, comme
*xJLo , qui est l'abrégé de ces mots iLj <ulc aiil ^J.^ Que Dieu
lui soit propice et lui accorde le salut ! formule qu'on emploie
toujours après le nom de Mahomet; el Zc , abrégé de i — ~ — le
f^HTQue la paix repose sur lui ! a^. abrégé de aie ^! ,.ie.
Que Dieu soit satisfait de lui l autres formules dont la première se joint toujours aux noms des autres prophètes, tels qu'Abraham, Moïse, et la seconde s'emploie surtout quand on parle d'Ali et des imams de sa race, etc. D'autres abréviations sont particulières à certains livres, telles que celles-ci : ^ , abrégé
de «-^ pluriel ; ^ , abrégé de s>.^ af^ pluriel de pluriel ; (> , pour ^ jj j*' connu; &, pour jt-^^y nom de heu ; i , pour
JlL ville; 8, pour bjJj bourgade, fort usitées dans les dictionnaires; Lj , abrégé de 'j**^' il nous a raconté, et L>o, abrégé de Lij^x^ il nous a transmis par tradition, abréviations qui se trouvent fréquemment dans les recueils de traditions; v^', «pour 8|à. \ ^\, mot à mot, jusqu'à sa fin, c'est-à-dire et ccetera, qui est d'un usage très commun, etc.'*'
(1) Ce sont aussi certaines lettres qui indiquent, dans les manuscrits de l'Alcoran, les noms des lecteurs sur l'autorité desquels sont fondées les diverses manières d'écrire ou de prononcer le texte. Voyez, sur ces lettres, HoUing. Smeg. Or., part. UI, Bibl. Or., p. iiii; Tyehaen, Klem. Arnb., p. 56; Notices et Extraits des manuscrits, t. IX, I" partie, p. 90 et 971.
171. •;■ Les abréviations sont quelquefois indiquées (n° 146) par une figure semblable au medda; souvent aussi elles ne sont indiquées par aucun signe particulier.
172. f Je ne parle pas ici de certains mots insignifiants, tels
que ZJ I et ^ZJjiZ^S , qui se trouvent au commencement
de plusieurs chapitres de l'Alcoran : on les regarde ordinairement comme des abréviations que chacun explique à sa manière. Mais les Mahométans eux-mêmes convenant qu'ils n'ont rien de certain sur la valeur de ces lettres, on ne peut pas assurer que ce soient de véritables abréviations. <i'