‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 36 sur 188 · RÈGLES GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

RÈGLES GÉNÉRALES

178. Les trois lettres ! , , et ^ se mettent souvent l'une pour l'autre; et c'est pour cela que les Arabes les ont nom-

mées lettres infirmes AW! ^__jjj^ , parce qu'ils considèrent ces permutations comme une sorte d'imperfection ou de faiblesse. Ces permutations peuvent être réduites à certaines règles, dont la connaissance est très importante pour trouver la racine des mots dans la composition desquels entrent une ou plusieurs de ces lettres. Presque toutes les anomalies auxquelles la suppression et la permutation de ces lettres donnent lieu peuvent être rapportées à l'une des règles suivantes.

179. Les lettres ! , j et ^ éprouvent rarement quelque changement lorsqu'elles sont au commencement des mots, à moins qu'il ne survienne au commencement des mots quelques particules inséparables, qui font que les lettres t , • et f cessent d'être initiales, comme je le dirai plus bas.

180. Vélif, soit hamzé, soit faisant fonction de lettre de prolongation, ainsi que le j et le ^ se trouvant quiescents (i' après une voyelle hétérogène, se changent ordinairement en

H) En disant que Vélif de prolongation, après une voyelle hétérogène, se ctiange en j ou en r, suivant la voyelle qui le précède, j'entends parler, entre autres choses, du changement qui arrive lorsque les verbes qui à l'actif

reçoivent un ' de prolongation, passent au passif, comme JJ ^ , passif <J-lJ^ » et lorsque des noms qui, au singulier, renfennent un ' accidentel, passent au pluriel, comme j'-^-i^.' , pluriel j-p'-^' ■ Je dois pourtant observer que ces cas-là n'appartiennent pas précisément à la permutation dont il s'agit ici.

la lettre analogue à cette voyelle, c'est-à-dire qu'après un falha, l'é/i/prend la place du wavo et du ya; qu'après un kesra, le ya prend la place de Vélif et du waw; enfin, qu'après un dhamma, le waw prend la place de Vélif &i du ya : car Vélif esi analogue au fatha, le ya au kesra et le waw au dhamma. Ainsi l'on dit :

pour

cT-f-^

181. Assez souvent le . et le q , précédés d'un fatha, n'éprouvent aucun changement : dans ce cas, ou ils sont affectés d'un djezma, et alors ils forment une diphtongue avec le fatha, comme dans j.yj et JJ, ou ils n'ont pas de djezma, et ils se prononcent comme un I de prolongation (nos 68 et 104). Exemples:

a — -/• prononcez si >.

Sj Lvc — 8 b5 ^

182. Les lettres ' , j et 3 étant quiescentes, disparaissent quand la consonne qui doit les suivre est marquée d'un djezma; ainsi l'on écrit :

pour

j»— "--:! pyiJr j*^

183. Cette suppression se fait pour éviter le concours de deux lettres quiescentes après une même voyelle. Ce concours a lieu cependant toutes les fois que de ces deux lettres la première est une lettre de prolongation, c'est-à-dire un ! après un falha, un j après un dhamnia, ou un ^ après un kesra, que ces lettres ne sont point radicales, et que la seconde est une consonne non écrite, mais insérée par un teschdid dans

celle qui la suit, comme dans les mots i^', Jli.(i)

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