En arabe, il y a plusieurs verbes qui ajoutent à l'idée
de l'existence avec relation à un attribut, celle d'une circons-
tance de temps, comme »i~.t être au lever de l'aurore, fryc\ être
au matin, ^--»' être au soir.W On emploie souvent ces verbes en faisant abstraction de la circonstance de temps qu'ils renferment, ce qui les assimile au verbe substantif; et, d'ailleurs, comme cette idée accessoire est moins un attribut du sujet qu'un terme circonstanciel, on peut les considérer comme autant de verbes substantifs; aussi les grammairiens arabes les
nomment-ils ^^^=' ^j=>-^ les sœurs du verbe i^^^=' .
249. Parmi les verbes attributifs, les uns expriment une action du sujet; les autres, une action ou une impression reçue par le sujet, et produite sur lui par un agent qui lui est étranger; d'autres enfin, une simple qualité ou manière d'être du sujet. Les verbes attributifs sont donc, ou actifs, comme J^^ battre; ou passifs, comme kMi I être coupé ou séparé; ou neutres,
comme i;^~^ être beau, ij^ I être noir.
250. On peut diviser les verbes, sous un autre point de vue, en absolus et relatifs. Les verbes absolus sont ceux qui renferment en eux-mêmes un sens complet, comme oU mourir, j~. être joyeux. Les verbes relatifs sont ceux qui, pour la plénitude du sens, exigent un complément, comme fLok venir,
JJ.! prendre, car le sens reste incomplet tant qu'on n'exprime point le lieu d'où l'on vient et la chose qu'on prend. Un grand nombre de verbes peuvent être employés tantôt d'une manière absolue et tantôt d'une manière relative.
(1) On emploie dans le même sens le verbe J-xJ être assis; en voici denx exemples tirés de l'Alcoran, sur. 17 : L>j^-V^ J^ïïà^T l^! iiî! js^ J*^ ^
iîjiir^ , vers. 22; ii^ ' Ji' V^kL^ iJj OJ^ J,t iiJjJ' ^ij JiiJ 1^
î^.r~^ 4^' ■>^, vers. 29.
251. Les verbes l'elatifs s'unissent au complément avec lequel ils sont en rapport, tantôt immédiatement, c'est-à-dire sans l'intervention d'un autre mot, tantôt médiatement, c'està-dire par l'intervention d'une préposition qui sert d'exposant au rapport. Ceux qui s'unissent immédiatement à leur complément sont nommés transitifs, et les autres, intransitifs. Exemple d'un verbe transitif : ^^f^jiaij ! C^<s^. tÙ \ Dieu aime ceux qui se purifient. Exemple d'un verbe intransitif : ^.^03 ^ ,^! J je n'ai point pu sur cela; en français, /c n'ai point pu cela.
Les grammairiens arabes nomment les uns et les autres transitifs J-*x^ ; mais, quand il s'agit des derniers, ils disent qu'ils sont transitifs au moyen de telle ou telle particule; ainsi, dans l'exemple cité, le verbe ',S3 est dit ,JjÛ I*xp transitif par le moyen de ^j«-c •
252. Un même verbe peut avoir deux compléments et être transitif par rapport à l'un et intransitif par rapport à l'autre.
Exemple : i-uib AJV! tu as ordonné moi (jussisti me) par rapport au meurtre de lui; en français, tu m'as ordonné de le tuer. S'il s'unit à ses deux compléments immédiatement, sans aucune
préposition, il est doublement transitif. Ex. : L^ (jUalZJ ! tyL.) ils ont abreuvé le sultan, poison, c'est-à-dire ils ont donné du poison à boire au sultan.
253. Ces notions préliminaires sur la nature du verbe, ses différentes espèces et l'influence qu'il exerce sur quelques autres parties du discours seront rappelées avec plus de développements dans la syntaxe; mais elles étaient indispensables ici pour l'intelligence de ce que j'aurai à dire, dans un instant, des différentes formes des verbes. O
(1) On fera bien de lire ce que j'ai dit, sur ce sujet, dans mes Principei de grammaire générale, 2* édition, p. S à 15 et p. 210 à 220.