‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 48 sur 188 · Cette multitude de formes dérivées dont un seul verbe · texte numérisé non relu

Cette multitude de formes dérivées dont un seul verbe

qu'on peut dériver de j»^ et J-%' ; et pour le s>, comme dans X*^ et ji^-,

qui semblent venir de -^^La. et y~3.

On pourrait encore rapporter à des racines trilitères augmentées de deux

lettres des mots tels que Jj-»-J^^^ , ^A»iJ i.> , *jc-^ , ^j^>.^ , etc.; mais toutes ces observations ne pourraient conduire qu'à des hypothèses étymologiques tout à fait étrangères à la grammaire.

primitif est susceptible contribue beaucoup à la richesse de la langue, et, quoiqu'elle semble d"abord devoir en rendre l'étude plus difficile, elle la facilite au contraire. Les rapports' qui existent entre la signification du verbe primitif et celles des verbes dérivés sont tels d'ordinaire que celui qui connaît la signification du primitif peut se dispenser de recourir au dictionnaire pour connaître le sens des dérivés, quoiqu'ils se présentent à lui pour la première fois. Il est nécessaire d'entrer à ce sujet dans quelques détails.

268. Les verbes primitifs sont, par rapport à leur signification, ac^i/s ou neutres (n° 2^9), absolus ou relatifs (no 250), et les verbes relatifs sont transitifs ou intransitifs (n° 251).

Il est nécessaire d'observer ici que beaucoup de verbes qui sont aujourd'hui absolus et inlransitifs paraissent avoir été dans le principe relatifs et transitifs et n'ont cessé de l'être que parce que l'usage, qui tend toujours à la concision du langage, a supprimé le complément sur lequel tombait leur action.

•' c B Ce

Ainsi, J-jjl s'avancer, y:)\ se retirer en arrière, ^.Ji! s'avancer hardiment, et beaucoup d'autres d'une signification analogue me semblent avoir signifié autrefois jooWe?- en avant, porter

en arrière et avoir eu pour complément ^»^i son visage, ou

sa personne.

Beaucoup de verbes sont tantôt absolus et tantôt relatifs, comme v sJj s'arrêter et arrêter quelqu'un. Il y a aussi un grand nombre de verbes qui sont transitifs au

sens propre et intransitifs au sens métaphorique. Ainsi ■^•^, comme verbe transitif, signifie tii'er quelqic'un,aii sens propre; devenant intransitif, comme ix^ ^j^ tirer le bt^as de quelqu'un, il signifie élever quelqu'un à une haute fortune en le protégeant; .îlil, comme transitif, veut dire élever un bâtiment; devenant intransitif, comme s^3j 3lï!, il veut dire répandre la renommée de quelqu'un.

Enfin, un très grand nombre de verbes changent de signification suivant qu'ils sont transitifs ou intransitifs, et encore, dans ce dernier cas, suivant la préposition au moyen de laquelle ils se joignent à leurs compléments. Ainsi, pour en

donner un seul exemple, ■wiJj, absolu et intransitif, signifie s'arrêter, se tenir debout (stare); relatif et intransilif, il veut dire arrêter (sisterej ; relatif et intransilif, prenant son complément au moyen de la préposition (^,il signifie savoir, prendre cotinaissance d'une chose, lire une lettre. W

269. Le verbe relatif est nommé 3S1j> ou j j^-^ ?"» passe au delà, et ^stj qui tombe, parce que l'action passe en quelque sorte du sujet sur celui qui reçoit l'impression ou l'effet de l'action et qu'elle tombe sur lui. Tels sont les verbes w^ frapper, J-*c faire.

270. Lorsque le verbe est absolu, c'est-à-dire qu'il ne désigne qu'une qualité, une manière d'être ou une action qui s'exerce dans le sujet lui-même, sans laisser d'impression sur

aucun autre objet, il se nomme Jjixp ^ qui ne passe point,

ailj ys, qui ne tombe point et j» ;jJ inhérent. Tels sont ^j-"^ être

beau, ~.»3 être joyeux, iji? et ^J-^ être assis.

271. La seconde et la quatrième forme donnent aux verbes neutres et aux verbes actifs absolus la signification relative;

ainsi, ^ji être joyeux, étant à la seconde forme --Js, signifie réjouir, rendre joyeux; Jac être grand, à la seconde et à la quatrième forme 3=5 et .!iaS'\s\gn\ûe rendre grand, regarder comme grand, honorer, etc. ; ii~i?- être assis, à la quatrième forme i/~L=>-', signifie faire asseoir; .^^^i s'en aller, à la quatrième forme ^-^->!, signifie renvoyer, faire disparaître; ^■>-^

(1) Le lapport du verbe ^jiâj avec le grec ÊTtîoTaïAat mérite d'être observé.

DU DISCOURS ISl

à la première forme dire la vérité, étant mis à la deuxième

l^j-vc, veut dire regarder comme vét'idique, croire; >

la première forme, mentir, signifie à la seconde forme regarder comme menteur.

272. Quant aux verbes qui, à la première forme, sont actifs et relatifs, la seconde et la quatrième forme leur donnent une signification doublement relative, au moyen de laquelle le sujet agit sur l'oljjet, non pas immédiatement, mais par l'intervention d'un autre terme qui est lui-même objet par rapport à l'action du sujet principal et sujet par rapport à l'impression

produite sur l'objet principal. Ainsi, de \L>y^ frapper, àénveni à la seconde forme '^y^ et à la quatrième w^'' 1"^ signifient/(2tVe/r«joper; de >.^:i^r. écrire, dérive à la seconde forme

^^"'^--^ faire écrire, enseigner à quelqu'un à écrire. On voit dans l'exemple suivant : J'ai fait Paul frapper Pierre, c'est-àdire j'ai agi sur Paul en sorte que Paul a frappé Pierre, que je est le sujet principal, mais il y a un terme intermédiaire, qui est Paul, dont je me suis servi pour faire frapper Pierre, et soit que ce terme intermédiaire soit exprimé ou sous-entendu, on voit qu'il est réellement objet par rapport à moi, qui suis l'auteur principal de l'action et sujet par rapport à l'impression faite sur Pierre, sur lequel il agit en le frappant.

273. Les verbes, à la seconde forme, sont fréquemment synonymes de ceux de la première forme; ils expriment seulement une sorte d'énergie. Exemples : ^k'*» et ik'li diviser, séparer, disperser; ....Ç—i et ^~^=! briser; ÔJ et ;:^ réduire en petits morceaux ; sJas et «^ coitper,e[c.

274. Ils sont aussi, mais rarement, employés comme verbes neutres et réfléchis à la place de ceux de la cinquième forme.

Exemples : i~^j et i^y aller; ^—^^ et ^.^,SJ^ se détourner.

275. Ils sont souvent, quant à leur signification, dérivés d'un

nora.el veulent dire faire, produire la chom signifiée par ce nom. Exemples : j>i-3 rassembler une armée, à& ij^^ armée; JMSs. faire du pain, yts-. faire du vin, Jià faire du vinaigre, w'A-S dorer, de yÀ pain, j*.^ vm, J^à. vinaigre, ^.^i or.

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