A cette même forme, plusieurs verbes ont une signifi
cation privative nommée par les grammairiens arabes ^,^u~J ! , c'est-à-dire qu'ils signifient ôter, détruire, faire cesser une qualité, un attribut, une manière d'être indiquée par la première
forme. Exemples : -^rls avoir les dents jaunes, -^^i faire disparaître cette altération de la couleur naturelle des dents; ^jay être malade, [J'y soigner un malade; ^Js avoir une lésion organique de la rate, 21o donner des remèdes contre cette maladie; .^-■^ être incommodé d'une ordure dans l'œil, ^Ji ôter
cette ordure; ^jà arracher les teignes -JUï de la peau d'un chameau.
La même signification s'attache quelquefois à la quatrième
forme. Exemples : o-î. se plaindre, X^'^ faire cesser les plaintes
de quelqu'un, jo' perdre les premières dents.
^Tl. 11 y a un assez grand nombre de verbes actifs absolus
à la quatrième forme, comme J^! s'avancer, yi\ reculer en arrière (n» 267).
278. Il y a aussi un grand nombre de verbes qui, à la quatrième forme, ont une signification neutre et indiquent seulement la possession ou une manière d'être. Ex.: '^3^\ être nèces-
, siteux, ip^! être réduit à l'indigence, ^£p! être riche, «wJijI être dans l'abondance ou être réduit à l'indigence, ^ ! posséder du lait, jtj\ posséder des dattes, S*^^ être riche en chameaux, etc.
279. La quatrième forme sert encore à indiquer le mouvement ou le transport vers un certain lieu. Exemples: ^} aller dans le Yémen, ^l>\ aller en Syrie, Jla.! aller vers les
- DU DISCOURS m
montagnes, J-^î aller vers la plaine, j,y] voyager vers le Téha-
^ ^ Ce ^ C^
ma, -Xœ-'I se transporter dans le Nedjd, (Jj »•*' aller en Irak, etc. On peut supposer que dans une multitude de cas où la seconde et la quatrième forme ont un sens neutre ou réfléchi, c'est qu'il y a ellipse d'un complément que peut-être dans
l'origine on exprimait (n» 267). Ainsi, iàLj', Zj , ^^Is! , Jli' seraient des expressions abrégées et elliptiques pour i^a-j 4=^. , A-jù ^, A^jj (.JJi, A^j J-^i ou A-^ , etc.
280. La troisième forme a ordinairement la même signification que la première, avec cette différence néanmoins qu'elle rend transitif le verbe relatif qui était intransitif, et transitif, par rapport au complément qui n'est pas le complément ou l'objet immédiat de l'action, le verbe qui, par rapport à ce complément, était intransitif. De là il résulte que le complément indirect, dont le rapport avec le verbe, à la première forme, exigeait une préposition pour exposant, devient complément immédiat et s'unit avec le verbe, à la troisième forme,
sans préposition. Ainsi, les verbes ^.^'==> écrire et J--. envoyer, qui sont relatifs et transitifs, ont pour complément direct, à la première forme, la chose qu'on écrit ou qu'on envoie, et pour complément indirect la personne à qui l'on écrit ou vers laquelle on envoie. Le rapport entre le verbe et la chose qu'on écrit ou qu'on envoie est immédiat, et il n'est pas besoin alors d'exposant; au contraire, le rapport entre le verbe et le complément indirect a pour exposant la préposition J,t. Exemples:
JLl, vjX-U' \^ ■^Z^^ j'ai écrit une lettre au roi; Ulil LCL,,
O^-JI nous avons envoyé notre frère vers toi. Si l'on se sert de la troisième forme ^.^>^ et J— ' i , la personne à qui l'on écrit ou vers laquelle on envoie devient le complément direct et s'unit avec le verbe sans la préposition J,! . Ainsi l'on dit : -»»"4t o-^l^ et f..'\^ ' Ô^' , , ce qui signifie j'at écrit à l'émir
Gij'ai envoyé vers le vizir. Il en est de même de |r^, verbe absolu et intransilif, s'asseoir; ce verbe, mis à la troisième forme, signifie s'asseoir avec quelqu'un ou auprès de quelqu'un
et devient relatif et transitif. Ainsi l'on dit : .IkLDi ,pU- *^ a été assis auprès du sultan; au lieu qu'à la première forme il
aurait fallu dire ^UxLl' I S^ ,j^- H en est de même de ijii^
être dur, âpre au loucher; ^jJ^^ se comporter durement envers quelqu'un; .a être doux, ^^ traiter quelqu'un avec douceur.
De même encore, pour rendre en arabe ces mots : il lui a dit, on dit ordinairement, en se servant de la première forme,
iJ JU, à la lettre, diccit ad eum; mais on peut dire aussi, en
employant la troisième forme, ÎJj'i, affatus est eum sermone.