Dans beaucoup de verbes elle n'a qu'une signification
neutre, comme j.lii~.! être droit, (L.x-L.t être digne, ,lCi:~,'
être humble, ^j,^x-x l être achevé, complet, >aUiw' se répandre avec abondance, être divulgué.
303. Quelquefois elle indique le commencement d'une action. Exemples: M-x-,) se réveiller, j.L XwI «'e/jaorrwtr, j^—^-x— )
s assoupir, , v~ju) se familiariser.
304. La douzième et la treizième forme ne sont usitées que dans un petit nombre de verbes; elles ajoutent ordinairement de l'intensité ou de l'énergie à la signification primitive, ainsi
de i^yi"^ être âpre, raboteux, dérive ^^»ici.! être très âpre, très
raboteux; de ialt être adhérent, dérive Ljlil s'attacher fortement et inconsidérément à quelque objet.
305. 11 n'est pas rare que les verbes dérivés, et surtout ceux de la huitième et de la dixième forme, aient une .signification
différente de celles que nous venons d'indiquer. Ainsi SA1l£.\ , qui vient de Jjis faire un nœud, lier, signifie croire, faire profession d'un dogme; ^''■=^'^-.1, qui vient de v^U. couper, fendre, signifie répondre aux désirs de quelqu'un, exaucer sa prière;
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^~s^^l, qui vient de ^-^ vivre, signifie rougir de honte. Q.'bsl
à l'usage et au dictionnaire à apprendre ces significations, qui s'éloignent plus ou moins des rapports ordinaires existant entre la forme primitive et les formes dérivées, mais que souvent on peut ramener à l'analogie de la règle commune en les analysant.
306. Ce n'est pareillement que par l'usage qu'on peut apprendre dans quelles formes dérivées chaque racine est usitée.
307. Une observation que nous ne devons pas omettre, c'est qu'il y a un assez grand nombre de verbes qui ne sont point usités à la première forme ou ne le sont point dans un sens analogue à celui qu'ils ont dans les formes dérivées. Ainsi
}£■] secourir, ,j\jij se secourir récipi^oguemeni, ,Ux! demander du secours, viennent de .Is, qui à la première forme est étranger à toute idée de secours. On dit à la deuxième forme ^»Ji reconnaître que quelqu'un est indigent, et à la quatrième ^j-Ji! être dans l'indigence, tandis que la première forme ^JJj n'existe point du tout. De même ■,--»■>, à la première forme, partir, s'en aller, n'a aucun rapport avec ^^i dorer, pas plus que JkJ briser, avec ^J^i'^ argenter. Encore un exemple : ÀJ-
signifie nager, tyj^ porter du fruit de deux ans l'un, et («jLc contracter un engagement pour un an. Il serait facile de multiplier ces exemples à l'infini. Ce qui donne le plus souvent lieu à ces formes dérivées ou augmentées qui n'ont point de verbe primitif ou simple, c'esi que les verbes dont il s'agit prennent leur origine d'un nom qui exprime une chose et non une action,
une qualité ou une manière d'être (no 249). Ainsi ^jJj] être dans l'indigence, proprement posséder une obole, ^.j^^jsj dorer, >^~s. contracter pour un an et /^ porter du fruit de deux ans l'un
viennent de jj-Jy obole, ^.^i or, j.ic année.
308. Nous avons observé que, parmi les formes des verbes, il y en a qui se correspondent de manière que l'une exprime l'action et l'autre l'efïet de l'action ou son impression sur la personne ou la chose qui en est l'objet. Le verbe qui exprime cette Impression est nommé, par rapport à celui qui exprime
l'action c-jlk», c'est-à-dire o6éman^,«OMms, et cette dépendance
s'appelle i-cjLk» obéissance, soumission. Ce rapport entre le verbe dominant et le verbe soumis, mots que j'emploie pour ue pas me servir des termes d'actif el de /aassî/ qui ont d'ordU naire une autre deslinaliou, n'est pas arbitraire, et lorsqu'il y a plusieurs verbes dominants qui ne diffèrent point par la signification, chacun d'eux a un verbe soumis avec lequel il est
dans une relation spéciale. Ainsi J-IT ei jZS signifiant l'un et l'autre briser, le premier a pour verbe soumis J-.'.>.Cj I et le second jZSLi se briser ou être brisé. De ^Jy et ^Xf séparer. le premier répond à (J__r^' et i^j^\ , le second à (J/j'. H en est de même de JJa» et jï^ fendre, par rapport à ^îa^jl et Usai se fendre; de ^Jas et iJ^ couper, par rapport à sJLiij! et ^Lï;
de O-^ et v.i,^;3 mettre en petits morceaux ,t^slv rapport à ô^'' et o^ , etc.
309. La première forme du verbe est quelquefois dans un rapport du même genre, mais inverse, avec un verbe dérivé. Dans ce cas, le verbe dérivé est de la troisième forme, qui
exprime une participation d'action l^'MJ , et le verbe primitit exprime la supériorité 'Ci\îj> . Exemples : IS^îJ^ Sjj^^ *^ « disputé de noblesse avec moi et j'ai eu l'avantage; A:xt»i X^^ il a cherché à me vaincre et je l'ai vaincu; i. 'S..'..!> JkiîLl il a
fait effort pour me devancer et je l'ai devancé, i.sJJij ulil^=
il a correspondit par écrit avec moi et j'ai eu la supériorité sur lui en fait de correspondance. Celte circonstance a quelque influence sur la manière de conjuguer le verbe simple, comme on le verra plus loin.
310. Il s'en faut beaucoup que les dictionnaires les plus complets conlieniient toutes les formes dérivées dans lesquelles chaque racine peut être employée, mais celte omission est de peu de conséquence, car il est rare qu'un verbe dérivé.
qui se trouve omis dans les dictionnaires, parce qu'il est d'un usage peu fréquent, s'éloigne de la signification le plus ordinairement indiquée par sa forme.
311. Les verbes quadrilitères n'ont que quatre formes : une primitive et trois dérivées. La première répond à la première des verbes trilitères, la deuxième à la cinquième, la troisième à la septième et la quatrième à la neuvième.
312. Toutes les variations dont le verbe est susceptible, soit pour former les verbes dérivés du verbe primitif, soit pour la formation des voix, des modes, des temps, des personnes, des nombres, des genres et de certains noms verbaux sont comprises par les Arabes sous le mot wA)^^, qui signifie changement d'une forme en une autre, &i revient à peu près à ce que nous appelons conjugaison. Les Arabes nomment le verbe qui sert de paradigme ou de modèle ^^'}^^ balance, et ceux qu'on
conjugue suivant le paradigme jj j^ pesés.
313. Le verbe est ou régulier ou irrégulier. Le verbe régulier, nommé par les Arabes Jl^ sain, est celui qui suit dans
toutes ses inflexions la règle commune ou le paradigme J»». Il ne doit y avoir parmi ses lettres radicales aucune des lettres ', j et ^.nommées faibles; la seconde radicale ne doit pas non plus être semblable à la troisième. Le verbe irrégulier, nommé -i^ 'rf non sain, est celui qui a parmi ses radicales
une ou plusieurs des lettres faibles ou bien dont la seconde et la troisième radicale sont semblables. Cet accident de régularité ou à' irrégularité est nommé par les grammairiens arabes
LÏilS' qualité.
314. Il y a dans la langue arabe un petit nombre de verbes qui doivent être regardés comme des verbes primitifs de cinq ou six lettres, ou comme des verbes dérivés qui appartiennent à des formes qui ne sont pas comprises parmi celles dont j'ai
donné le tableau; tels sont .JJacîc! , ^yasrijj', ^->-^i! ; mais ces exemples sont très rares, et l'on doit observer que le , entre toujours ou presque toujours dans ces dérivés d'une forme inusitée et qu'en le retranchant il est aisé de les ramener à une racine quadrilitère.