Le tableau que je joins ici présente le paradigme d'un
(1) Voyez, sur les nombres, mes Principes de grammaire générale, 2» édition, p. 122 et suiv.
(2) Voyez ibid., sur les genres, p. 128 et suiv.
(3) Voyez ibid., sur les personnes, p. 49 et suiv., et aussi p. 176 et suiv.
verbe trilitère primitif régulier; je vais offrir quelques observations tant sur la manière de former les modes, les temps, etc., que sur l'usage de ces diverses variations qui surviennent dans la forme du verbe.
OBSERVATIOA^S sur la manière de former les modes, les temps, etc., d'un verbe primitif trilitère régulier
333. Il n"est pas nécessaire d'insister sur la manière dont se forment les personnes de chaque temps, non plus que sur les signes qui distinguent les nombres et les genres; l'étude du paradigme en donnera une connaissance plus parfaite que ne le feraient les détails dans lesquels nous pourrions entrer. Nous nous contenterons donc de présenter ici quelques observations.
334. Les personnes du prétérit se forment en ajoutant une ou plusieurs lettres après les radicales. Suivant le système des grammairiens arabes, il n'y a aucune personne du verbe qui ne renferme un pronom j::^, exprimé ou sous -entendu, pronom qui est l'agent ou le sujet du verbe. Plusieurs des lettres ajoutées à la racine pour former les personnes sont donc considérées par eux comme des pronoms.
335. Le caractère essentiel de l'aoriste, c'est que toutes les personnes de ce temps sont formées par l'addition de Tune de ces quatre lettres ', O-, ^ et ^, avant les lettres radicales :
ces quatre lettres sont comprises dans le mot technique ^!^i .
On les nomme Jj 'j ^J 1 «-^ i^ ' les quatre créments, ou ^^JJ a.
4-c.L*kJ! lettres formatives de l'aoriste. Ces lettres, dans le verbe primitif régulier, ont pour voyelle un fatha; quelques Arabes leur donnaient autrefois pour voyelle, dans certains cas, un kesra,Q\. l'on en trouve des exemples dans les poètes."'
(1) Dans le verbe J^ s'imaginer, il est d'usage de dire, à la première personne du singulier, J'^] , au lieu de J^' • — Il parait, par un passage de Béïdhawi
336. L'impératif se forme de l'aoriste du mode conditionnel par la suppression des créments. Quand, à l'aoriste, la première radicale a un djezma, ce qui a toujours lieu dans le verbe primitif trilitère régulier, on ajoute avant cette lettre, pour for-
mer l'impératif, un élif mû nommé ^'^l ij^^ hamza de l'impératif.
337. Toutes les personnes du verbe qui se terminent par une lettre djezmée, venant à être suivies d'un mot qui commence par un é/i/" d'union, la lettre djezmée prend une voyelle. Cette voyelle est toujours un kesra, excepté à la deuxième personne du masculin pluriel du prétérit, où elle est un dhamma.
Ex.: .UjLU' ^j^^xxL) J le sultan n'a pas écrit, i)LwJ ! ^^cj^=:\ écris la lettre, iJLllM >-.v.-^^ J si vous écriviez la lettre?
338. Lorsque la dernière lettre radicale d'un verbe est un O, elle se confond par un teschdid avec le C^ formatif de
plusieurs personnes du prétérit. Ainsi l'on écrit C-^', w^', O^', Ux3', etc., pour C^-~j', O^', c^cuS' et U:^~
339. Si la dernière radicale est un O, on la conserve, mais on ne la prononce pas, ce que l'on indique par la suppression du djezma, et l'on double le o» formatif, sur lequel on place
un teschdid. On écrit, par exemple, v.£^ et o>iJ pour o-U
et ^L^ . La même chose a lieu si la dernière radicale est une
des lettres ,i, .5, ja, i et J», comme ^x^ pour c^-Çj: et
vj>]sj . pour '-£^ j .