‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 63 sur 188 · Le prétérit antérieur ou plus-que-parfait s'exprime par · texte numérisé non relu

Le prétérit antérieur ou plus-que-parfait s'exprime par

le prétérit du verbe J^ joint au prétérit d'un autre verbe, et si, entre plusieurs prétérits antérieurs, il y en a auxquels on veuille donner une signification relative d'antériorité, on le fait en plaçant la particule Ji entre le verbe 'J^ et l'autre verbe. Exemple :

Raschid mourut à Tous; il était allé dans le Khorasan pour combattre Rafi, fils de Leîth ; car ce Rafi s'était précédemment révolté, avait secoué le joug de l'obéissance et s'était emparé de Samarcande. Raschid marcha donc en personne contre lui et mourut à Tous.

Observez que, dans cet exemple, les verbes '^^ et v-l-J^, au prétérit, sont changés en plus-que-parfaits, aussi bien que le verbe - U. qui suit immédiatement le verbe ^ . La particule v^, dans ces mots -V^J" t'j^' ^^' ^^ •!"' interrompt et fait cesser l'influence de ^ et de ^.

mais pour le sens c'est un futur. L'emploi du prétérit pour le futur est très commun dans le style des Arabes. C'est ainsi qu'on lit dans l'Alcoran : L'ordre de Dieu est arrivé, n'en hâtez point par vos vœux l'arrivée. »

ijLs^^ 1^ 6ÎÎI ^1 j,f JUj- iiyi' ^ji) I .^ J i^lj

Rien n'est effectivement plus fréquent dans l'Alcoran, quand il s'agit de la résurrection, du jugement dernier, du bonheur des élus et de la punition des réprouvés; mais c'est ici plutôt une figure de rhétorique, une prosopopée, qu'un usage grammatical fondé sur les principes de la langue. On peut consulter làdessus l'Abrégé de rhétorique intitulé ^L**) ! ^-^iii^, imprimé à Calcutta, p. 173etsuiv.

DO DISCOURS liSÏ

367. Si, avant la particule J-i> placée devant un verbe au prétérit, il y a un autre verbe à ce même temps, il n'est pas nécessaire d'exprimer le verbe 'K pour donner au second verbe la valeur du plus-que-parfait. Exemples :

Je formai le dessein de partir de Barkaïd, et déjà /'avais observé les éclairs (c'est-à-dire les signes avant-coureurs) de la solennité.

Les mots ^Jl^^t. Ji valent autant, en vertu du prétérit vju**;!, que si l'auteur eût dit : d-^^ Ji Ji^:==>.

Il alla de bonne heure chez Fadhl et il trouva que celui-ci était déjà allé de grand matin au palais de Raschid.

368. Le prétérit du verbe /^ étant placé devant l'adverbe conjonctif de temps U, tous les prétérits qui suivent la particule prennent la valeur du plus-que-parfait, avec un degré d'antériorité pour celui ou ceux qui dépendent de UJ. Exemple :

Lorsque Salah Eddine avait eu appris la nouvelle de la marche de l'ennemi vers Acca, il avait rassemblé les émirs.

369. La particule y si, exprimant une supposition et formant un lien entre deux propositions corrélatives, donne aux verbes qui la suivent, pourvu qu'ils soient au prétérit, le sens du prétérit antérieur ou plus-que-parfait du mode suppositif. Je dois observer que je distingue les propositions suppositives des propositions conditionnelles, en ce que la condition énoncée par les premières est toujours censée ne devoir pas se réaliser, ce qui n'a pas lieu dans les propositions conditionnelles. Si l'on dit à un homme : Si tu étais équitable, tu satisferais tes créanciers; ou : Si tu avais été homme d'honneur, tic au-

Ï6B Des différentes parties

rais commencé par payer ies dettes, on fait entendre qu'on doute fortement de sa probité, idée qui ne se présenterait à l'esprit de personne si l'on s'exprimait ainsi : Si tu es équitable, tu satisferas tes créanciers.

Dans le cas dont il s'agit ici, le premier verbe doit être rendu en français par le plus-que-parfait de l'indicatif, et le second par le plus-que-parfait du subjonctif, ou, pour parler plus exactement, du mode suppositif.

Exemples des verbes au prétérit, dépendants dep :

iS^Yj i>! (^U! J*?^ '^^^j '^ y

Si ton Seigneur /'avait voulu, il aurait tait de tous les hommes un seul peuple.

Si Dieu nous eût dirigés, certainement nous vous aurions dirigés.

Si y'avais été de la famille de Mazin, les enfants de Lakita, qui descendent de Dhohl, fils de Scheîban, n'auraient pas pillé m.es chameaux.

Il faut observer, dans ce dernier exemple, que le verbe

Lr^> quoiqu'il soit à l'aoriste, représente un prétérit, parce

qu'il est sous l'influence de la particule négative J , comme on le verra par la suite.

370. Avec la particule composée "^J si... ne, le verbe de la première des deux propositions corrélatives est souvent sousentendu, ce qui ne change rien à la valeur du second verbe.

Exemple :

. Si non (c'est-à-dire si ce n'eût été Ali), certes Omar aurait péri.

\> ySs^\ j.^ '.JiXJ imjj .»-^^^ ^' j-^ V

Si non (c'est-à-dire si ce n'eût été) la bonté de Dieu envers vous et sa miséricorde j certes vous auriez été du nombre des malheureux.

371. On peut ajouter la particule .1 après J , ce qui a lieu quand le verbe ne suit pas immédiatement la particule J3; mais cela ne change rien au sens des verbes. Exemple :

Si les habitants de ces villes avaient cru et avaient eu la crainte (de Dieu), certes nous aurions répandu sur eux des bénédictions du ciel et de la terre; niais ils ont traité [nos paroles] de mensonges, et nous les avons châtiés à cause des actions qu'ils faisaient.

372. Quelquefois aussi on interpose le prétérit du verbe 'J^ entre la particule 3^ et le verbe qui en dépend immédiatement, et même on répète le verbe .15' avant le verbe de la seconde proposition corrélative; la valeur temporelle des verbes des deux propositions reste toujours celle du passé, et elle n'en est que plus déterminée à la signification du prétérit antérieur suppositif. Exemples ;

S'ils /'eussent connue (cette science), certes ils n'auraient /jas crucifié le Dieu de gloire.

OXijJJÎfl) oi^i vjûtls ÔIT^ /Siy'avais su cela, certes je Saurais frappé.

373. Si, après J , le verbe de la première proposition est à l'aoriste et celui de la seconde au prétérit, les verbes prennent la valeur du présent, ou plutôt du futur, en conservant toujours l'idée de'^pposition. Dans ce cas, le premier verbe doit

être rendu en français par l'imparfait de l'indicatif et le second par celui du subjonctif, ou plutôt par le suppositif.

Si un avare touchait la paume de la main de Yahya, certes son âme deviendrait généreuse pour répandre des dons.

Si,, après no^rc »nor<^ ^es ëcAos rfe nos voix se rencontraient, quoiqu' nne vaste soliticde séparât nos deux sépultures, certes l'écho de ma voix, bien que mon corps fût déjà réduit en cendres, tressaillerait et bondirait de plaisir au son de la voix de Létla.

^Uli! îULj J } 141»! Jju j^ o^j"^' tjyj^- c^-"^' '^- r-''

( — s — iJi — •■-' — f

N'est-ce donc pas une chose suffisante pour diriger ceux qui possèdent la terre, après ses anciens habitants [que nous avons exterminés, de savoir] que, si nous voulions, nous les châtierions à cause de leurs péchés/

374. La même chose arrive souvent, quoique les deux verbes des propositions corrélatives soient au prétérit. Exemples:

„^A£, lyLi. LàliLa ij .i Affilia- (V» ^yy y (vTr'."-^ ' lT^^J Que ceux-là donc soient saisis de frayeur qui, s'ils laissaient après eux des enfants faibles, craindraient pour eux.

Si, lorsque mon corps reposera dans la tombe sous les pierres

dont il sera couvert, Léïla Akhyaliyya me saluait, certes, ou je lui rendrais le salut avec des transports de joie, ou une chouette, sortant de ma tombe, se porterait vers Léïla, en poussant de grands cris.

Prince des fidèles, si vous agisses ainsi, vous porterez les hommes à enfreindre leurs serments; si, au contraire, vous laissiez votre frère Haroun en possession du droit de succession au trône, et si vous faisiez reconnaître Djafar pour successeur après Ha7^oun, ce serait un moyen plus solide d'assurer votre disposition en faveur de Djafar. <•)

Dans ces trois exemples, auxquels je me borne, il est certain que les verbes qui sont sous la dépendance de la particule, quoique tous au prétérit, ne doivent point être rendus par le passé, et qu'on ne peut supposer que le sens soit : Ceux... qui, s'ils avaient laissé... auraient craint, etc.; Si Léïla m'avait salué... je lui aurais rendu le salut... ou une chouette... se serait portée, etc.; Si vous aviez laissé votre frère... et si vous aviez fait reconnaître Djafar... c'aurait été un moyen plus solide, etc.

375. L'influence de la particule Ji reste la même, si celte particule, au lieu d'être placée à la tête des deux propositions corrélatives, se trouve entre les deux propositions. C'est ainsi

(1) Cet exemple est propre à faire ressortir la nuance délicate qui distingue la

condition de la supposition. Le khalife avait formé le projet de destituer son

frère et de lui substituer son propre fils; le vizir, en exprimant cela, se sert de

jj^ j comme énonçant une chose qui vraisemblablement se réalisera; mais quand

il s'agit de son propre avis, opposé à celui du khalife, il emploie ^j comme énonçant une chose future qui a peu de probabilité.

qu'on dit indifféremment en français : Je le punirais, s' il mari' quait à son devoir, ou s'il manquait à son devoir, je le punirais. Exemples :

Ils seraient satisfaits, si vous deveniez incrédules comme ils ont été incrédules .

Zes ^ens qui ont reçu les écritures seraient satisfaits s'ils vous faisaient redevenir incrédules, après que vous avex cru.

376. Il faut donc, ce me semble, conclure de tout ce qui précède : 1° que si, après la particule j3, le verbe de la première des deux propositions corrélatives est à l'aoriste, la supposition a le sens du futur; 2° que si, dans la première des deux propositions ou dans toutes les deux, on introduit le prétérit du verbe }^, la supposition a nécessairement le sens du passé; 3° que si les deux verbes sont au prétérit et qu'on n'introduise point comme auxiliaire le verbe .'S', la supposition peut s'appliquer au passé ou au futur et que ce sont les antécédents et les circonstances du discours qui en décident. <•'

(1) Je sais que je m'éloigne ici de l'opinion des grammairiens arabes, qui éta-

blissent en principe que la particule y est consacrée à exprimer une condition relative au temps passé, lors même qu'elle est suivie du futur (Anthologie- grammaticale arabe, p. 173 et 260). Aussi Béïdhawi, à l'occasion de ce passage de l'Al-

coran: ^j'^' '^' ^f y^ (sur. 8, vers 52, édition de Hinckelmann), a-t-il soin

d'observer que ^y y est là pour '-^^. 'i y • Mais il faut observer que ces mêmes grammairiens modifient cette assertion générale et font remarquer qu'on

emploie quelquefois y au lieu de ^j' dans des propositions conditionnelles qui ont pour objet l'avenir. C'est à peu près là ce que je dis, mais avec cette diffé-

rence que je conserve toujours entre les deux particules hypothétiques y et ^j^

une distinction fondamentale, la première exprimant une SMppos/Jfon, dans le sens technique que j'ai défini (n» 369), et la seconde exprimant une simple condition. On se rendra, sans aucun doute, facilement compte de cette différence si

DU DISCOURS let

377. L'adverbe négatif !^ donne au prétérit le sens du futur. Exemples :

J'en jure par celui qui m'a amené dans votre demeure, je ne goûterai point des mets de votre hospitalité, à moins que vous ne promettiez que vous ne vous imposerez aucune gène pour moi.

Quand la princesse Schadi Mélic fui tombée dans ce malheur terrible et que ses entrailles eurent été embrasées du feu (de la perte douloureuse) de Khalil,elle dit : «.Je ne sentirai point le goût (amer) de ta perte et je ne te survivrai /JOî'n^.»!*)

J'ai juré (c'est-à-dire je jure) que le vin n'aura rien de commun avec tnoi aussi longtemps que mon âme restera unie à nion corps et que ma bouche pourra énoncer mes paroles.

C'est surtout dans les formules de serment qu'on emploie ainsi, avec la particule négative '^^ le verbe au prétérit, dans le sens du futur.

l'on fait attention que, d'après le sens qu'a le mot iS en hébreu, il parait que la signification primitive de cette particule a été d'exprimer un souhait, «tinam.

(1) Cet exemple est tiré de la Vie de Timour, par Ahmed, fils d'Arabschah, édition de M. Manger, tome II, p. 776. Les mots le feu de Khalil sont une allusion à la fournaise dans laquelle, suivant les musulmans, fut jeté Abraham, qu'ils surnomment iffta/iJ, c'est-à-dire l'Ami de Dieu.ha, princesse Schadi Mélic, après avoir dit ce qu'on lit ici et déclamé quelques vers relatifs à sa situation, se poignarda. Les vers qu'elle déclama, et qui ont été bien mal traduits par M. Manger, signifient : Tu étais la prunelle de mes yeux, et mon œil a versé des larmes sur toi. Meure qui voudra, à présent que tu »'es plus, car tu étais l'unique objet de mes soucis.

C'est sans doute pour donner plus d'énergie à l'expression qu'on emploie le prétérit au lieu de l'aoriste dans les cas dont il vient d'être parlé, comme, dans d'autres circonstances, on s'en sert au lieu de présent (n» 365).

378. Lorsque ^ a été précédé d'une autre proposition négative où l'on a fait usage des particules U ou J, dont la première sert pour le présent et la seconde pour le passé, la particule'iî perd toute influence sur la valeur temporelle du verbe qui la suit; et si le verbe est au prétérit, il conserve la signification du passé qui lui est propre. ") Exemples :

IjlÂc -ft.T...J ix^l» O-Jjui. "^j !j^ "jj L^,,. i^Cjo' 0,J;â U -Xj!

Certes^ Je n'ai tué ton filsj ni par inadvertance, ni de dessein prémédité, et je n'ai point fait servir sa tête de gaine à mon épée.

J'ai éprouvé, en fait de choses surprenantes, des événements tels qu'aucun homme n'en a jamais vus et qu'aucun narrateur n'en a racontés.

379. Il y a, dans l'Alcoran et dans les poètes, des exemples du prétérit conservant, après la particule négative^, la valeur du temps passé. Exemples :

Il n'a pas cru et il n'a pas prié, mais il a traité de menteur et il a tourné le dos.

Quelle est l'action mauvaise qu'il n'a pas faite! f'^)

(1) Je reviendrai là-dessus quand je traiterai des adverbes négatifs.

(2) Voyez, à ce sujet, mon Anthologie grammaticale arabe, p. 253 et 275.

380. L'adverbe négatif "iî, qui entre dans les particules exci-

tatives '^Ij'^J^ et ^, n'a aucune influence sur la valeur temporelle des temps du verbe qui les suivent.

381. On se sert, en arabe, du prétérit pour exprimer l'optatif, ce qui est vraiment une signification future; en français, on emploie le présent du subjoncLif, mode qui renferme toujours quelque idée du futur, et il y a ellipse ûeje veux ou Je souhaite. Rien n'est plus commun, en arabe, que cet emploi du prétérit dans les formules de bénédiction, de vœux, de comprécation ou d'imprécation. Ainsi, quand on parle de Dieu, ou après l'avoir

nommé, on ajoute J,IjO' qu'il soit élevé/ ou ^j J-4>- qu'il soit

glorifié et élevé/ Après le nom de Mahomet, on dit : i-LM ,jLi

^L»j ills que Dieu lui soit propice et lui donne la paix/ Telles

sont encore ces formules : iic iJJ ! '^'. que Dieu soit satisfait

de lui/ iA l> >0 que son règne soit long/ tyai y- que ses viciotres soient magnifiques / j^~»JL.. ^i puissiez-vous demeurer en

bonne santé/ aJJ! a-àjJ que Dieu le maudisse/ ïJs iJj! .y que Dieu illumine son tombeau /Woici des exemples de cette manière de parler :

Qu'une pluie abondante et qui devance l'éclat de la foudre arrose , en tombant des nues, la terre qui renferme les restes d'Arib, fils d'Asas/

La générosité (que Dieu daigne affermir l'armée de ton bonheur/) fait l'ornement (de l'homme).

382. On exprime de même l'optatif par le prétérit, après la particule négative 'i!. Exemples :

0 vous, habitants de cette demeure, puissiez-vous être pré-

iro DES DIFFERENTES PARTIES

serves de tout mal! puissiez-vous n'éprouver aucun dommage, tant que vous vivrez t

'LLj J li-lc ^.Vj O^x-Joj w-s^ .\i jJ!s^ Lclii, Ja)u a Puissé-je ne point obtenir (au jour du jugement) l'intercession de Mahomet, si jamais j'ai porté la main sur cette femme pour un but équivoque !

Tu OS très bien parlé, et puissent tes dents (à la lettre ta bouche) n'èivepas brisées, et puisse quiconque usera de dureté envers toi n'être jamais l'objet de la bienfaisance 1

Je lui fis don de deux pièces d'argent, et je dis : Qu'elles ne soient pas (c'est-à-dire ye veux en faire le sacrifice), quand bien même il ne serait qu'un imposteur!

Cet usage du prétérit est une nouvelle application de la signification énergique attachée à ce temps.'"

383. Il est à propos d'observer que, si le prétérit devant être entendu dans le sens de l'oplatif, la proposition où il se trouve vient à la suite d'une proposition conditionnelle, il faut introduire la particule conjonctive ^ avant le verbe de la proposition optative. Exemples :

Si tu es le fils de Hammam, en ce cas puisses-^w être salué avec respect, et puisses-^î< vivre /«armi des hommes généreux/

jji^lj ^3^j i^r**'^ c^ *-^' i^j^ '^'j

(1) Voyez, sur cet usage du prétérit, une observation curieuse d'un sctioliaste arabe, dans le Spécimen historiœ Arabum, p. 56, et dans A. Schullens, Liber Job, cum novd versione, tome 1, p. 496. — Voyez aussi mon Anthologie grammaticale arabe, p. 127.

ÛO ÛISCOURS 171

S'il n'en est pas ainsi, en ce cas, que Dieu frappe mes pattpières de débilité et ma joue de points de diverses couleurs.

La raison de celte règle, c'est que, sans l'interposition de la conjonction ^, le verbe au prétérit, au lieu d'avoir la valeur de l'optatif, aurait celle du futur de l'indicatif, par Tinfluence

de la conjonction .1 si, comme on le verra plus loin.W

384. Après !il lorsque, particule conjonctive de temps, qui est spécialement consacrée aux choses qui se rapportent à l'avenir, comme LU l'est à celles qui se rapportent au passé, le prétérit prend le sens du futur, soit absolu, soit relatif. Dans ce

dernier cas, le verbe qui suit immédiatement lit doit être traduit par le futur passé. Exemples :

ji ^,^Tjt uj^ ù ^u^Tiii j ^ciL; L^L Lç, ^j

Peut-être une partie de cela parviendra-t-elle à votre connaissance, dans ce livre, quand nous viendrons à parler de la dynastie des enfants d'Abbas.

iit*)j-^- ,.j^^*^ < '■^1 (•r*.>^^^"^-~' 1.)' 1*-^-;^'' r-^^ Vous ne vous rendrez coupables d'aucune faute en les épousant, lorsque vous leur aurez donné leurs salaires.

Bépondes à l'invitation de Dieu et à celle de son envoyé quand celui-ci vous appellera à ce qui peut vous procurer la vie.

Sur une monture semblable à celle-là, je poursuivrai ma route, lorsque mon compagnon (saisi de terreur) dira : Oh I plût à Dieu

(1) Voyez mon Commentaire sur les séances de Hariri, p. .33.

que je pusse te racheter et me racheter moi-même decette solitude!

3 xct lil ^r»" Y ^ — '■ "^ — ^ "^ •T'J

>! ^j— »J j^"^' ^^ "^ — ' ^1 — ~^ isij-^c Après cela, il faudra de toute nécessité comparaître (devant Dieu) lorsque sera préparé ce chemiii, dont le pont a été jeté sur le feu, pour servir de passage à ceux qui se rendront (devant le tribunal suprême).

385. Quand la particule !il est placée à la tête de deux propositions corrélatives dont les deux verbes sont au prétérit, elle donne aux deux propositions le sens du futur absolu ou relatif, ou celui du présent indéfini. Exemples :

lijà) JCj Uxai. i'jS!)l] Ocj 2U. !i)l

Quand la promesse de la vie future viendra à se réaliser, nous vous amènerons tous ensemble.

Quoi/ lorsque nous serons réduits en poussière, est-ce que nous serons l'objet d'une nouvelle création?

Lorsqu'on crie : Ya-t-il ici un homme de cœur? je m'imagine qu'on a parlé de moi; j'y vole sans délai et je n'hésite point.

Lorsque Yahya manie une affaire, tous les obstacles qu'elle présente deviennent faciles à vaincre.

386. Quelquefois, dans ce cas, le verbe de la première proposition est à l'aoriste. Exemple :

|jJ^ jX» liii) îlli p liXsw ji !y)U IJjU! l(c^ ^ '■ijj

Lorsqu'on leur lira nos versets, ils diront : Nous avons entendu; si nous voulions, nous dirions des choses pareilles à ceci.

387. Si le verbe de la seconde proposition est à l'aoriste ou à l'impératif, ce qui indique également une chose future, le verbe de la première proposition doit être traduit par le futur passé. Exemple :

Mais, lorsque vous aurez été invités, entrez, et lorsque vous aurez mangé, dispersez-vous.

388. Pour faire cesser cette influence de l'adverbe conjonctif ! J| sur les verbes au prétérit, il ne faut que placer avant b'

le prétérit du verbe ^J^^='• Alors les deux verbes doivent être rendus en français par le passé, et le plus souvent le premier se traduit par le plus-que-parfait et le second par l'impératif.

C'était un des usages de Timour et l'une de ses inventions ingénieuses que, dans le commencement de sa fortune, lorsqu'il était descendu chez quelqu'un en lui demandant l'hospitalité, il s'informait de son origine et retenait dans sa mém,oire son nom et sa généalogie.

389. Il n'est pas même nécessaire pour cela que le prétérit du verbe ^'==' soit exprimé; il suffit qu'avant h\ il y ait un verbe au prétérit, duquel dépende la proposition conjonctive.

Exemple :

A^e soyez pas semblables à ceux qui ont été incrédules et qui ont dit, en parlant de leurs frères, quand ceux-ci ont voyagé dans la contrée, ou bien sont allés à une expédition m.ilitaire: S'ils fussent restés chez nous, ils ne seraient pas morts et ils n'auraient pas été tués.

Avec tout cela, nous ne voyagions qu'en grande hâte, et nous ne montions que des chameaux légers à la course, et lorsque nous avions campé dans quelque endroit, ou que nous étions descendus vers quelque citerne, nous ne prenions qu'à la dérobée de courts instants de séjour et nous n'y faisions pas une longue station.

II faut observer que JJaJ J équivaut à un prétérit, comme nous l'avons déjà remarqué (n» 369).

Dans le premier de ces exemples, c'est le verbe !yJLs qui exerce l'influence sur lit; dans le second, c'est le sens des imparfaits ou présents antérieurs j~^s w nous voyagions et Jo.jJ Sj et nous ne montions.

390. Il suffit même, pour opérer sur les verbes qui suivent lit l'effet dont il s'agit, que ce qui précède cet adverbe conjonctif renferme nécessairement l'idée du passé. Dans l'exem-

pie suivant, cet effet est produit par le verbe ^i! je me souviens, car on ne se souvient que de ce qui est passé.

^JX.;3^<J^\ J/^ '^ ^' ^^ ^^~^ J^' -^ ^^Y^Sf". cr^j'r ^'

^S^ ulxi '^'L. !^u liiàJÎ uiwit iic=! i^u nu

Je me souviens qu'étant à Kazwin, lorsque la nuit venait, nous mettions nos meubles, nos hardes et tous nos bagages dans des caveaux souterrains et cachés que nous avions dans nos maisons, ne laissant point la moindre chose sur la terre; quand le ;oMr venait, nous retirions nos effets de leur cachette, et lorsque la nuit approchait, nous les y resserrions de nouveau.

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