‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 64 sur 188 · Si, dans ce cas, le verbe qui suit immédiatement li · texte numérisé non relu

Si, dans ce cas, le verbe qui suit immédiatement li

est au prétérit et l'autre à l'aoriste, le premier doit être traduit par le plus-que-parfait et le second par l'imparfait. Exemple :

Le pilote, lorsqu'il avait transporté dans son bateau une personne d'une rive à l'autre, recevait pour salaire un bracelet d'or.

392. Toutes les fois que les deux particules ^^ jusqu'à ce que, de telle sorte que, afin que, et î-i! lorsque se trouvent réunies en tête de deux propositions conjonctives qui sont en corrélation, la valeur temporelle des verbes des deux propositions dépend des antécédents. Suivant que ceux-ci expriment une chose passée ou une chose future, les verbes des propositions conjonctives, mis au prétérit, devront aussi être traduits par le passé ou par le futur, soit absolu, soit relatif. Exemples du sens futur:

Au jour où nous rassemblerons de chaque nation une troupe de ceux qui traitent nos versets de mensonges, alors ils seront poussés jusqu'à ce que, alors qu'ils seront venus, il (Dieu) leur dira : Avez-vous donc traité mes versets de mensonges !

Les prétérits ij^ et JU ont le sens du futur, à cause de

l'aoriste ji.3^ qui précède til ,c^-

^' ^^[J^J^ j'-^l '^J^-'^ Jp ^^j^' u' J-^ ^- ^'

Je le ferai, à condition que je resterai toute cette nuit près de ce jeune homme et que la prunelle de mes yeux ne le perdra point de vue, jusqu'à ce que, quand il acquittera (ou aura acquitté), après le lever de l'aurore, ce qui sera resté à payer sur

le prix de notre accommodement, la coque cessera de renfermer le poulet (c'est-à-dire il sera libre de devenir ce qu'il voudra), et il sera absous fc^?< crime que je lui ai imputé), comme le loup accusé injîistement d'avoir versé le sang du fils de Jacob a été reconnu innocent.

Les prétérits J^^ et ^Ji ont le sens du futur, à cause de l'aoriste J*J! qui précède !J! ^3^-

On dirait qu'il (le nénuphar) est amoureux du soleil du matin. Vois en effet sa fleur, à l'aurore et au coucher du soleil; quand le soleil se sera montré à découvert, le nénuphar se montrera à la vue, jusqu'à ce que, alors que Véclat de cet astre sera disparu, il ùisYttKYaiirsL pareillement.

Le verbe c^jU a la valeur du futur, parce que ce qui précède b' IL est une chose énoncée au futur. Quant au verbe

v.,^^,, qui est à l'aoriste, cela sert à déterminer d'une manière précise le verbe ^j:^li au sens du futur passé, lorsqu'il sera

disparu, comme i?^^ détermine oU^s-' à la même signification, lorsque le soleil se sera montré.

Exemples du sens passé :

Les troupes de Salomon, comjwsées des génies, des hommes et des oiseaux, furent rassemblées près de lui, et on les polissait jusqu'à ce que, quand elles furent arrivées ^srés de la vallée des fourmis, une fourmi dit

Le verbe j-io. qui précède 'il ^•^ énonçant une chose passée, les prétérits \y\ et ci^SU ont aussi la valeur du passé.

DU DISCOURS m

//s continuèrent donc tous deux leur chemin, jusqu'à ce que, lorsqu'ils furent arrivés chez les habitants d'une ville, ils leur demandèrent à manger, mais ceux-ci leur refusèrent l'hospitalité.

Les prétérits LIjI et UjikiLl ont la valeur du passé, à cause

que UJiij! qui précède 'Ji ^x:^. énonce une chose passée. Il en est de même de l'exemple suivant :

Nous n'avons point envoyé avant toi, si ce n'est des hommes inspirés de nous, jusqu'à ce que, quand nos envoyés se son t laissés aller au désespoir et se sont imaginé qu'ils avaient été convaincus de mensonge, notre secours est venu à eux.

393. Si l'aoriste qui précède les particules conjonctives li| ^^ a le sens du présent indéfini, les verbes au prétérit doivent aussi être traduits par le même temps, avec cette différence pourtant que le verbe ou les verbes qui dépendent immédiatement de b' représentent un passé prochain et peuvent être rendus en français par le prétérit indéfini. Exemple :

C'est lui qui les fait voyager sur la terre et sur la mer, jusqu'à ce que, quand ils sont entrés dans le vaisseau et que les bâtiments sur lesquels ils sont ont vogué avec tin vent favorable et qu'ils s'en sont réjouis, il survient un vent violent, et les flots les assaillent de toute part, et ils pensent être perdus sans res-

source; ils invoquent Dieu, en le priant avec une piété sincère... et après que Dieu les a délivrés du danger, ils se livrent à toute sorte de violences injustes sur la terre. W

Autre exemple :

Mais )7ioi, depuis que j'existe (je suis) du nombre de ceux qui, dès qu'ils ont mangé, se retirent.

L'aoriste ^S) ou l'adjectif verbal ^'LS'est ici sous-entendu.

394. Tout ce que nous avons dit de la valeur temporelle des verbes après bl lorsque, a lieu également après U ! j' toutes les fois que. Exemples :

Est-ce donc qu'ensuite, quand (le châtiment) arrivera, vous y croirez alors?

Dès qu'elle nous eut vus, elle ne tarda pas à .f' approcher de nous, jusqu'à ce que, quand elle fut en notre présence, elle dit

1 A*i iJ! J^ i:;x'S U tiLà ï Ls ilil! ! i î.!I

Je prends les mots qui ne sont encore que de l'argent, et lorsque je les aurai forgés, on dira : C'est de l'or.

(I) On pourrait être tenté de regarder dans ce passage {Alcoran, sur. 10, vers. 23)

les verbes a^^-^^=> , ij^.j^ , 'j-^j^ , O''^, 'l^, '»*J= et '^-i comme

énonçant tous des choses passées; mais les aoristes f-.^. et j.».?*^. s'y opposent, et je crois la manière dont j'envisage ces verbes au prétérit plus conforme au génie de la langue.

11 y a dans le texte une énallage de personne que j"ai fait disparaître dans la traduction. Le texte signifie à la lettre : Cesl lui qui vous fait voyager... jusqu'à ce que, lorsque vous êtes... <■< que les bâtiments sur lesquels ils sont... et qu'ils s'en réjouissent, etc.

Toutes les fois que les champs les plus fertiles n'offraient aucune pâture dans une année de sécheresse, leurs feux hospitaliers appelaient joar leurs flammes les voyagetirs, et ils oîiraïenl à manger à leurs hôtes de la viande fraîche.

395. Quoique l'adverbe conjonctif tit soit spécialement consacré aux choses futures et ne perde ordinairement cette destination spéciale que par l'influence du verbe .J^=' ou de quelques autres antécédents, cependant il arrive quelquefois, mais très rarement, qu'on le substitue à l'adverbe conjonctif O, qui par sa nature, sert à énoncer les événements passés. Exemples:

Et quand ils ont vu une occasion de faire quelque comm^erce et de se divertir, ils se sont dispersés /io?<r y courir et ils font laissé debout. W

Souvent j'ai versé à boire, alors que les astres étaient descendus au-dessous de l'horizon, à uti compagnon de table dont la présence ajoutait un nouveau charme à la coupe que je vidais.

Ici, le sens passé est déterminé par le prétérit o^-^Ji— qui précède lit.

396. On trouve quelques exemples pareils avec U 13! . C'est ainsi qu'on lit dans l'Alcoran :

(1) C'est uniquement sur l'autorité des commentateurs de l'Alcoran que, dans

ce passage (sur. 62, vers. H), ou a traduit les verbes ij'j , '^y^l et ^yf par le prétérit, car rien, ni dans ce qui précède, ni dans ce qui suit, ne s'opposerait à ce qu'on les traduisit par le futur.

// n'y a joas non plus (aucun reproche) à faire à ceux à qui, alors qu't/s sont venus te trouver pour que tu leur fournisses des mo7itures, tu as dit : Je n'ai pas de moyen de vous fournir des montures, (et qui) s'en sont retournés versant d'abondantes larmes à cause du chagrin qu'ils ressentaient de ne pouvoir contribuer (à la défense de l'islamisme) par aucun sacrifice.^

397. Après la particule U signifiant aussi longtemps que, et nommée à cause de cela i»a*j5J! U ma de durée, le verbe se met au prétérit, mais il doit être traduit par le futur. Exemp.:

Il m'a ordonné de m'acquitter de la prière et du paiement de la dîme, aussi longtemps que je demeurerai en vie.

.UJJI 1^ ^jx ïiJir*'! 'iSSyei\ i-J>\j^j iSSlJ] àJiysA^. s.£C»bj

Il ne te faut point d'autre preuve que son miracle très grand et son prodige piermanent et subsistant dans tout le cours des siècles, qui se perpétuera aussi longtemps que se succéderont le Jour et la nuit, et que durera l'alternative de la lumière et des ténèbres, prodige qui n'est autre que le glorieux Alcoran.

Puissiez-vous, aussi longtemps que vous vivrez, n'éprouver aucun dommage!

(1) Ce passage est tiré de l'Alcoran (sur. 9, vers. 93). C'est encore sur l'autorité des commentateurs qu'on lui donne le sens du passé. Il n'y a dans la construc-

on, ni dans ce qui précède et ce qui suit, rien qui exige cette interprétation.— Voyez, à ce sujet, mon Anthologie grammaticale arabe, p. 198 et 199. Voyez aussi

a note 1 ci-après, p. 193.

Je Jut^e que Jamais Je ne t'oublierai, aussi longtemps que l'astre du Jour lancera ses rayons éclatants ^ qu'une vapeur trompeuse se jouera sur la face d'une plaine aride et brûlée des feux du soleil; aussi longtemps qu'on verra briller les astres suspendus à la voûte céleste, et que les rameaux du lotos se couvriront de feuilles.

Si cependant U, pris en ce sens, dépendait d'un antécédent qui exprimât un temps passé, le verbe au prétérit qui suit l> conserverait la valeur du passé. Exemple :

// s'est diverti tant qu'il a été Jeune, mais quand sa chevelure a blanchi sur sa tête, il a dit à la frivolité : Eloigne-toi.

398. Après la conjonction conditionnelle ,! si, le verbe au prétérit a la valeur du futur; en français, par un idiotisme particulier à cette langue, on le traduit par le présent. Exemples:

Je crains, si Je me révolte contre mon Seigneur, le châtifnent d'un Jour terrible.

Il vous est ordonné, lorsque la mort surviendra à l'un d'entre vous, s'il laisse du bien, de faire un testament.

Notre Seigneur ne nous châtie point si nous oublions oti si nous tombons dans quelque faute.

399. Si l'on veut que le verbe au prétérit après ,.,t ait la valeur du passé, il faut interposer le verbe ,.}^=' ou un verbe

équivalent à celui-ci (no 248) entre la conjonction et le verbe qui doit avoir la valeur du passé. Exemple :

Accueille donc mes excuses, ou bien use d'indulgence, si j'sâ commis une faute ou fait une action criminelle.

400. Lorsque la conjonction ,1 si a dans sa dépendance deux propositions corrélatives, dont la première exprime une condition et la seconde un événement dépendant de cette condition, comme dans cette phrase : Si Zéïd vient me voir, je l'embrasserai, les verbes mis au prétérit ont tous la valeur du futur. (1) Exemples:

J,U ô-*^ ^tÎ3i SXè '.\

Si je fais cela, je perdrai mon bien.

(1) Suivant les grammairiens arabes, dans les cas dont nous avons parlé dans le numéro précédent, il y a tout de même deux propositions corrélatives jointes

par la conjonction ^j' «î. Seulement, celle qui aurait dû être la seconde a été

placée avant la conjonction, ou bien, la seconde proposition est sous-entendue et indiquée par celle qui précède la conjonction. — Voyez Tebrizi, dans son Commentaire sur le Hamasa,k l'occasion de ce vers (p. 13) :

Voyez aussi Béïdhawi, sur la sur. 43 de l'Alcoran,vers. 4, dans l'explication de ces mots: ^^^r*^ ^^ .» •■' ■'• — ' ^1 Ls^'^^JJI »X.;x •^j^:aX3], en

supposant qu'on prononce ^^' . Il dit que Nafi, Hamza et Késaï lisent in par un

kesra et considèrent cette proposition comme une proposition conditionnelle qui, ayant pour objet de les taxer de sottise, offre une assertion certaine sous la forme d'une chose douteuse, et que ce qui précède cette proposition indique la

proposition corrélative '''j^i J^.5 l^J^ ^j . C'est ainsi que les commenta teurs de VAlfiyya analysent les express! ««l'^J*' Tu (seras) injuste si tu fais cela.

teurs de l'ilf^j/i/a analysent les expressions pareilles à celle-ci : jj' f^ O^i

Ceries, si tu fais voir à ceux qui ont reçu (de Dieu) le livre (révélé) des miracles de toute sorte, ils ne se conformeront jjas â ta'kibla (c'est-à-dire à la pratique qui t'a été prescrite de tourner ton visage vers La Mecque quand tu fais tes prières).

S'ils te traitent de menteur, ^\%-leur (ce qui équivaut à tu leur diras) : Mes œuvres sont pour moi et vos œuvres sont pour vous. Il en est de môme après la particule ^! sinon, composée de ,' si et i^ non. Exemple:

C^^idi J 1 j ^iX**iJ j^ LiT*/*:^ s^lS^jc (>^.Na3 C^-j^^j ^ -^li; 1 u Jl?

Ze yw^'e /ta' rftV; Tu as entendu le récit de ta femme; maintenant fournis les preuves de ton innocence, sinon je mettrai à découvert ton hypocrisie eify'ordonnerai qu'on te mette en prison.

En analysant cette phrase, on voit facilement qu'elle se réduit à ces deux propositions corrélatives : Si tu ne fournis /las les preuves de ton innocence, je mettrai à découvert, e^c.

401. Si l'on veut, dans ce cas, que les verbes mis au prétérit dans les deux propositions corrélatives aient effectivement la valeur du passé, il faut recourir au moyen déjà indiqué, c'està-dire à l'interposition du verbe .'S', qu'on place entre ^! et les verbes qui doivent signifier un temps passé. Exemples:

Si sa chemise a été déchirée par devant, en ce cas elle a dit vrai, et il est du nombre des inenteurs.

\ylSyJ AltxS AiîLj ,;i^ \ VUi . , \

Si vous avez cru en Dieu, mettez donc votre confiance en lui.

Si la luire, qui a une mansion dans l'astre de Siriiis, s'est couchée, la lune de la poésie s'est levée, ou si la pleine lune, qui a une demeure dans la constellation nommée Nethra (ou le Nez du Lion),s'esl dérobée à la vue, la pleine lune de la prose a paru datis tout son éclat.

Dans ce dernier exemple, ^J>^„, à l'aoriste conditionnel, est

l'équivalent du prétérit jj'^==', comme on le verra bientôt. (')

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