‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 66 sur 188 · C-/^C|^CC//Ç/, '. »Cy ^'î'-'l · texte numérisé non relu

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Tuez-les, partout où vous les trouverez, e^ bannissez-les de tout lieu duquel ils vous auront bannis.

1^ UI^j L^^U; j^lL

Il m'a établi comme une source de bénédiction, partout où je serai.

Entrez dans votre champ, de quelque façon que vous le voudrez.

Que chacun de vous lise le premier chapitre de V Alcoran, toutes les fois que viendra le jour ou la nuit.

Et dis-moisi tu vois aujourd'hui un homme qui ne profite pa^ de sa bonne fortune au jeu de hasard, aussi longtemps que le sort lui sera favorable.

La raison de cela, c'est que, dans tous ces cas, il y a toujours dans le fait deux propositions corrélatives en rapport de condition, quoique leur ordre soit interverti.

406. Cependant, dans ce cas, à l'égard des deux mots ^ et U,dans lesquels le sens de la conjonction j) si est beaucoup moins sensible quand ils ne dominent point deux propositions corrélatives, ce sont, je crois, les antécédents qui déterminent la valeur temporelle des prétérits qui suivent ces mots conjonctifs. Et voici à cet égard ce que j'ai observé :

\o Si la proposition qui précède est une proposition dans laquelle le verbe n'est point exprimé, les verbes au prétérit auront la valeur du présent indéfini. Exemples:

Tu (es) sous ma protection contre les attaques de quiconque mange du pain et boit de l'eau.

Je (suis) instruit de ce que vous cachez et de ce que vous manifestez.

I '• uT ■ ■'■■■"■ ' ' ' '- " ' ' ' '■ " \'' •XT -'^ c X ti- c "T, ,

y — k — '' — — ^ v^ ) ~i Celui d'entre vous qui parle en secret et celui qui parle à haute voi\, celui qui se cache dans l'ombre de la nuit et celui qui inarche en plein jour (sont) tout un (pour lui).

On voit clairement, dans cet exemple tiré de l'Alcoran, que les prétérits^) et^tè^ sont identiques, quant à la valeur temporelle, aux adjectifs verbaux wi^CJ et > ',lw.

Mais la vraie piété, c'est (la conduite de) celui qui craint (Dieu).

*JI w-lji jl ij4=^' m' ^' '^ oXJlbG 5!.! ^ i\y^ U

La rétribution de celui qui veut faire icn mauvais traitement aux personnes de ta maison n'(est) autre chose, sinon la prison ou un châtiment douloureux.

Si cependant ces propositions nominales renfermaient un commandement, un souhait ou une interrogation qui leur imprimât le caractère d'une chose future, les verbes au prétérit

qui suivent ^j^ et L» deviendraient de vrais futurs. Exemples :

Ils dirent: Quelle (sera) sa rétribution? Ils répondirent : Sa rétribution (sera) celui même dans le bagage duquel (la coupe) sera trouvée.

l^lj^à. ^ J«— j il«vw' [^ J- ■^. .)' *-^' i^L-^ vi.^ ^^ JJif ^*à

Quel homine (seim) plus coupable que celui qui empêchera que le nom de Dieu soit loué dans les lieux consacrés à son culte, et qui s'efforcera de les détruire ?W

2° Toutes les fois que les mots ^ et U' sont dans la dépendance d'un verbe antécédent, c'est la valeur temporelle de ce verbe qui détermine celle des verbes qui dépendent de ces mots conjonctifs.

Ainsi, après l'impératif, comme dans plusieurs des exemples que nous avons déjà donnés, le prétérit prend la valeur du futur, parce qu'on ne commande qu'en vue de l'avenir.

Exemples du sens présent :

^3T ^'JT'^ JjU j^:; ici. j{ ^ ^ Lj ^li

Cela est un avis que l'on donne à ceux d'entre vous qui sont croyants en Dieu et au dernier Jour.

0 notre père / ton fils a volé, et tious n'attestons ici que ce que nous savons.

Le prétérit Uj.^ n'est ici qu'une manière énergique d'exprimer le présent (n» 365).

Exemples du passé :

*^' 1*^ l/° r^. (Jf*/ iJ-"' .*^^' ^^^ J-*::^^' ■^jXAj

Parmi ces eiivoyés, il y en a que nous avons élevés en rang au-dessus des autres; entre eux, il y en a à qui Dieu a adressé la parole.

Depuis son éloignement, nul ne m'a plu de ceux qui se sont

(1) On pourrait, daas cet exemple, traduire tous les verbes par le présent indéfini,

attachés à moi, et nul ne w'a inspiré de l'affection de ceux qui ont cherché à former des liaisons avec moi.

2jJ a.. '■' •■'I j i—;-» Sii jCL~,) j SjLs-n^I , 4,-^.^ y SJl3C-ïw.l 3

iSow discours fut trouvé excelleiit et charmant par tous ceux qui y assistèrent; chacun le pria de le répéter et lui demanda la grâce de le copier sous sa dictée.

Une des circonstances rapportées par ceux qui nous ont transmis cette histoire, c'est qu'Abla fut au nombre des personnes qui se trouvèrent présentes.

Exemples du futur :

Préparez pjour leur résister tout ce que vous pourrez de forces.

Appelez à votre secours, hors Dieu, qui vous pourrez. Dis à celni qui blâmera : Voilà l'excuse que je fais valoir. /Z n'entrera dans le paradis que celui qui sera juif ou chré-

tien.

Qui est-ce qui rejettera la religion d'Abraham., sinon celui gui sera atteint de stupidité f

^/îrt g-z^e périsse ce/wi qui périra d'après un titre authentique, et que vive celui qui vivra en vertu d'un titre authentique.

— ît

Quiconque en boira n'est pas des miens; quiconque n'en goûtera pas, celui-là est des miens : à l'exception de ceux qui en puiseront dans le creux de leur main.

LiLJsjj! ^ ,! :>!.! ^*3 i-rr^ ijir>^ ivr*'^-^' ij*^» o-'tiJlytj

Les mères nourriront leurs enfants deux ans entiers pour ceux (d'entre les pères) qui voudront compléter le temps de l'allaitement.

Certes, je me laverai de cet opprobre avec l'épée, quel que soit le sort que doivent attirer sur moi les secrets divins.

3" Il faut observer pourtant que très souvent les verbes au prétérit, précédés de ^ et O, conservent la valeur du passé quoique les antécédents soient des présents ou des futurs. La raison en est, sans doute, que les mots conjonctifs ^j^ ou U n'y retiennent presque rien du sens de la conjonction conditionnelle ^ si. C'est ce qu'on peut observer en réfléchissant attentivement sur les exemples suivants :

Savez-vous ce que vous avez fait à Joseph et à son frère?

L antécédent wk est ici, à la vérité, au prétérit, mais c'est

pour donner plus d'énergie au discours (n" 365), et le sens exige le présent.

siLc llcli^ ij'-^j jV ^^ -*-^^ tj' '^'^ ^

Dieu nous préserve de retenir prisonnier (aucun de vous) sinon celui entre les tnains duquel nous avons trouvé notre ustensile.

L'expression aD! iU*' est l'équivalent de aUIj ^JS. Ceux qui unissent ce que Dieu a ordonné que l'on unît.

7^ viendra après cela sept aimées dures qui mangeront ce que vous aurez réservé d'avance pour elles.

Il résulte de ces observations que la valeur temporelle des verbes au prétérit qui suivent les deux mots conjonctifs ^ et Lî dépend beaucoup des circonstances.

407. Ce que nous avons dit de l'influence des mots conjonctifs J^, U, etc.,surla valeur temporelle des verbes au prétérit qui se trouvent dans les propositions corrélatives placées dans la dépendance de ces mois, a lieu également pour les verbes de la première proposition, quand la seconde, ou ne contient point de verbe, ou est remplacée par une proposition d'une autre forme, séparée de la première par la conjonction ^.W Exemples:

ijJJ^j .j JJ I |Jc i-ij\ Uili <ux«~. U Jju aJ^ ^^

Quant à celui qui changera (les dernières volontés d'un mourant) après les avoir entendues, l'iniquité de cette action (tombera) seulement sur ceux qui les changeront.

Celui qui sera malade ou en voyage, en ce cas un certain nombre de jours (c'est-à-dire il jeûnera en remplacement un certain nombre de jours).

<U«...a.JJ^^) j»>^-^ ^^-^ ^jo^

Quiconque d'entre vous verra, le mois (la lune), qu'il le jeûne!

(1) Je développerai plus tard la théorie de ces expressions et l'effet produit par rinterpositiou de la conjonction s i •

Dû DISCOURS i93

Quiconque sera ennemi de Dieu, de ses anges, de ses envoyés, et de Gabriel et de Michel, certes Dieu est ennemi des inc7^édiiles.

1'.' .'y^'cs ^ ^ \ ' 1

Et ce que vous moissonnerez, laissez-le dans les épis.

Quant à ceux qui suivront ma direction, il n'y aura nul sujet de crainte pour eux. (')

408. Il est souvent indispensable de détruire l'influence de quelques-uns des mots qui renferment la valeur de la conjonction ^1 si sur les verbes au prétérit qui sont dans leur dépendance, afin que ces verbes conservent la valeur temporelle du passé.

Cela a lieu très fréquemment avec l'adverbe conjonctif '-<s-l-==> toutes les fois que, et le moyen qu'on emploie pour cela est de placer le prétérit du verbe .LJ' devant UJi': alors

(1) J'ai remarqué dans l'Alcoran un passage où le mot conjonctif U semble perdre son influence ordinaire sur les verbes au prétérit qui le suivent; c'est celui-ci, de la sur. 59, vers. 5 et 7 :

i j4^b Ile "^^ L'^j 5jii^ Jj-^J^ 'Sb] Uj

Suivant les commentateurs, il faut traduire au passé : Tout ce que vous avez coupé de palmiers, ou que vous avez laissé sur pied, c'a été par la permission de

Dieu ,et ce que Dieu a accordé de butin à son envoyé sur les habitants des

villes, c'est pour Dieu, pour son envoyé Ce que l'envoyé vous a donné, prenezle, et ce dont il vous a ordonné de vous abstenir, abstenez-vous-en. Rien, à la rigueur, n'empêcherait qu'on ne pût traduire par le futur : Tout ce que vous couperez et ce que Dieu accordera de butin, etc. Mais, suivant la tradition, tout

cela ne fut promulgué qu'après l'événement, et, par conséquent, se rapporte à des choses passées. On peut supposer toutefois que, dans l'intention de l'auteur, cette loi, quoique proclamée à l'occasion d'un fait passé, était une règle donnée pour l'avenir, et alors tout rentre dans la règle commuue.

tous les verbes des deux propositions qui sont dans la dépen-

dance de L^i' deviennent des passés, et ils doivent être traduits par l'imparfait, en français. Exemples :

,j. ^^tiJ^'^T; ii^i'^7 ^ ^lLIdT^' ^ i^ ^li,

JUsbJ !j )ai^\ ^/> iJUaJLi Là-Ji^l .yj^

Toutes les fois qu'on entendait parler de quelque sage précaution ou de quelque disposition de prévoyance de la part du sultan, il paraissait, rfe la part du khalife, tout au contraire, quelque marque de négligence et d'insouciance.

Toutes les fois que nos gens s'abandonnaient à leur course rapide et répandaient de leur corbeille les dattes bonnes et mauvaises, son regard de travers et l'air fier de son nez annonçaient qu'il ne se retenait que pour mieux sauter, et que, s'il se rentassait sur lui-même, bientôt il allait éteindre les bras (pour saisir sa proie).

Il en est de même de U^', Ujj t, etc.

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