‹ Grammaire arabe de Silvestre de Sacy. 3. ©d., pub. par l'Institut de Carthage et rev. par L. MachuelChapitre 68 sur 188 · Le prétérit du verbe ^^i signifiant le passé absolu · texte numérisé non relu

Le prétérit du verbe ^^i signifiant le passé absolu

doit souvent être rendu en français par un passé relatif, c'està-dire par le présent antérieur ou imparfait; mais c'est un idiotisme de notre langue. Exemple :

'iJ'^ ^yj à ^j ^^^Lo' jlf iJt ^j Jli>«t tj»j

Un des exemples de cela, c'est qu'il y avait un marchand qui avait trois fils. A la lettre : un marchand i\i[.,et à lui furent, etc.

412. Une observation bien plus importante, c'est que le prétérit du verbe ^jli' parait être employé le plus souvent comme simple lien entre un sujet et un attribut, abstraction faite de toute valeur temporelle. Exemples :

Ces gens-là, il n'est pas à eux (c'est-à-dire il ne leur convient pas) d'y entrer, si ce n'est avec frayeur.

Dieu n'est pas pour /amer /jérir (c'est-à-dire n'est pas capable de laisser sans récompense) votre foi.

Cet Alcoran n'est pas pour être inventé (c'est-à-dire de nature à être inve?itéj, si ce n'est par la permission de Dieu.

Il n'est à aucune âme qu'elle croie (c'est-à-dire aucune âme ne peut croire), si ce n'est par la permission de Dieu.

Est-ce donc une chose surprenante potir les hommes que nous ayons fait des révélations à l'un d'entre eux?

<l îJ J ^^-J ^CiJ! iijJw.aV ,V-S^j \S'y^. ^—^-^^ ij ^

Ce livre n'est point raie histoire inventée à plaisir, mais (c'est) la confirmation de ce qui l'a précédé.

L'homme appelle par ses vœux le mal, comme il appelle le bien, car l'homme est impatient.

Ca?' les dons de ton seigneur ne sont point empêchés.

Lj->d>. B^LuuJ ^j5<o! i-^.J «Lii^J v*J i3jJ-'5 •'**^. '-^1 ivl'

Ton seigneur donne la subsistance abondamment ou avec mesure à qui il veut, car il est instruit à l'égard de ses serviteurs.

Les justes boiront d'une coupe dont la liqueicr est du camphre.

On fera circtiler autour d'eux des vases d'argent et des amphores qui sont des bouteilles.

Je pourrais multiplier à l'infini ces exemples, clans lesquels il est évident que le prétérit du verbe ^J^=> est employé avec abstraction complète de tout temps passé, absolu ou relatif, et est réellement l'opposé du verbe négatif (V-J, qui n'a point d'autre temps que le prétérit et qui a la valeur du présent indéfini. (1)

(1) On pourrait étendre cette observation et l'appliquer à beaucoup de cas où les verbes au prétérit paraissent employés sans aucune idée de temps. G'estainsi

qu'on dit f-j^' '-' v jj» c'est-à-dire v ij s'emploie dans te sens de ^j-^'',

et de même *%- '•î' *J^, c'est-à-dire O'I-i, avec un complément à l'accusa

tif, signifie la même chose que j^i^ construit de la m^me manière. On trouve

aussi \>^> »-' employé de même que ^jO l-j».

On pourrait aussi, pour rendre compte de cet usage du prétérit du verbe jj'^> regarder, dans les exemples cités et dans tous les cas semblables, le prétérit comme une forme énergique. Ce ne serait plus alors qu'une application de l'oh servatlon faite précédemment (n- 363) ; mais l'autre manière d'envisager la chose me parait préférable, parce qu'il semble le plus souvent que rien n'appelle une expression énergique.

413. L'aoriste étant susceptible de la variété des modes, nous devons diviser nos observations relatives à la valeur temporelle de ce temps en ayant égard à cette variété.

414. L'aoriste, au mode indicatif, a tantôt la valeur du présent défini ou indéfini, tantôt celle du futur, et l'on peut établir pour règles générales, en premier lieu, qu'il doit être traduit

par le futur : !<> quand il est précédé de la particule ^»«. ou de

ses formes abrégées^— l, v»J — L ou [^; 2» quand il est précédé

de l'adverbe négatif ^, pourvu qu'il n'y ait pas eu auparavant

dans la phrase une des autres particules négatives U> et J

ou Ûi; 3° quand il y a, dans les antécédents ou dans l'énoncé même de la phrase, quelque chose qui détermine l'idée d'un événement futur; en second lieu, qu'en l'absence de ces conditions, et quand l'aoriste est dans la dépendance de l'adverbe négatif U, il doit être rendu par le présent. Exemples de l'aoriste ayant la valeur du futur :

l.u i^-X^ ^jAui U Lb j LiLjii v,iU3 j-xJl> ^

Quiconque fera cela par un esprit d'inimitié et d'iniquité, nous lui ferons éprouver l'ardeur du feu.

^^Xli\ diip» illjj! (^r^ P^l ^-i-^r^ ^«ii/ i=s^

Tu trouveras mon retour près de toi plus prompt que le mouvement de ton œil.

S'ils tournent le dos, ils ne sont que dans une voie écartée (du droit chemin), et Dieu te protégera suffisamment contre eux.

.jj^ax.)^ ^ x jjuc L^j^ j.àyj y}

Craignez tin Jour où une âme ne paiera rien à l'acquit d'une autre, où l'on ne recevra de leur part aucune intercession, où

l'on n'acceptera d'elles aucune compensation, enfin où les hommes ne recevront aucune assistance.

Dieu jugera entre eux, au jour de la résurrection.

Ces^ ainsi ywe Dieu ressuscitera les morts et vous rendra témoins de ses miracles : peut-être vous comprendrez (c'est-à-dire pour voir si vous comprendrez).

Vous sèmerez à l'ordinaire pendant sept ans, et ce que vous moissonnerez, laissez-le dans l'épi; après cela, il viendra sept années dures gui consommeront ce que vous aurez mis en réserve pour elles.

Si tu voyais ceux qui ont été coupables, au moment où ils verront le châtiment.

Garantissez-vous vous-mêmes, ainsi que les gens de votre famille, d'un feu qui a pour alim.ent les hommes et les pierres, et sur lequel sotit préposés des anges robustes qui ne désobéiront point à Dieu, quelque chose qu'il leur ordonne, et qui feront tout ce qui leur sera commandé.

Exemples de l'aoriste ayant la valeur du présent : Dieu (est) voyant (c'est-à-dire voit) ce qu'ils font.

Il ne m'appartient pas de le changer en un autre.

// se forme aussi une écume semblable, de ce (minerai) que vous exposez à l'action du feu, pour en faire des bijoux ou des meubles à votre usage. C'est aitisi que Dieu vous propose «w emblème de la vérité et du mensonge. Quant à l'écume, elle s'en va et est rejetée sur les bords; mais pour ce qui est utile aux hommes, il reste sur la terre. C'est ainsi que Dieu propose des comparaisons à ceux qui ont bien répondu à l'invitation de leur seigneur.

Ceux qui sont restés incrédules n' aimeni point qu'il vous soit envoyé quelque chose de bon de la part de votre seigneur.

^. ^' «^^ j'-"^^' Jy}^

L'homme n'est point justifié par le témoignage des gens de sa maison.

i^LijT:^ ;l3T^:;xé; ij^iïT^t ^>; j ^,J^t u jiBjl

Certes, ceux qui cachent le livre que Dieu a fait descendre (du ciel) et qui achètent au prix de ce livre quelque chose de peu de valeur, ces gens-là ne font autre chose que dévorer le feu (qui consutne) leurs entrailles; Dieu ne leur adressera /)ot«< la parole ait jour de la résurrection, et il ne les justifiera /Jom^.

On voit, dans ce passage, des exemples de l'aoriste signifiant le futur après ^ et le présent après U.

415. Il arrive très souvent qu'un verbe à l'aoriste indicatif est dans la dépendance immédiate d'un verbe précédent, sans l'interposition d'aucune particule conjonctive, et qu'il lui sert en quelque sorte de complément. Dans ce cas, le verbe dont il s'agit doit être traduit en français, ou par le subjonctif précédé de pour que, afin que, ou par l'infinitif précédé d'une préposition, ou par le gérondif précédé de la préposition en, ou enfin par le participe présent. Exemples :

Il partit, entraînant mon cœur, qu'il conduisait comme par la bride.

Aujotir où notre séparation allait se réaliser, elle s'est avancée couverte d'habits de deicil, en mordant le bout de ses doigts, comme l'homme qui se repent et qui a le cœur serré.

Il s'en retourna en se félicitant de sa course du matin et en louant l'assemblée et sa générosité.

^^J<£ ] jja^ilj s j9.j3! ^y^j lV:^' o>^' v^j^ ^j^^ ôJi*?.

Je me mis à parcourir la place d'où était venue la voix que j'avais ouïe durant la nuit et à porter des regards curieux sur tous les visages pour reconnaître (la personne qui était l'objet de mes recherches).

Je commençai à faire circuler parmi mes compagnons de voyage leur mérite distingué.

Nous restâmes à guetter son retour, comme on observe l'apparition de la nouvelle lune qui annonce les fêtes.

LJLiiw»j j»^-^^ v?>^ lÇ*^ j j»Lj i» ! (j^i *wlj

Il s'est dirigé vers vous, par préférence à tous les autres mortels,pouv solliciter de vous un repas hospitalier et un logement.

Recevez donc un hôte facile à satisfaire, d'un noble caractère, qui se contentera de ce qui est doux comme de ce qui est amer,

et qui s'en retournera en publiant vos bienfaits.

416. L'aoriste, au mode subjonctif, s'emploie après l'adverbe énergique J^ et a toujours la valeur du futur. Exemples:

Le feu ne nous touchera qu'un petit nombre de jours.

Il w'entrera dans le paradis que ceux qui seront juifs ou chrétiens.

417. Au même mode, l'aoriste précédé des conjonctions .1, J^ que, afin que, ou de leurs composés, ou des prépositions Ji^ en sorte que, jusqu'à ce que, et J pour, afin, a toujours

la valeur du futur relatif, (*)et il doit se rendre en français par le mode subjonctif et par le temps analogue à celui qu'on a employé dans la proposition qui sert d'antécédent, ou bien par l'infinitif précédé de pour ou afin de. Exemples :

(i) La conjonction ^^ et la préposition ^^^ow, suivies de l'aoriste au mode subjonctif, emportent toujours une idée de futur. Il n'en est pas de même quand ces particules sont suivies du prétérit, comme on le verra dans la syntaxe. Voyez, à ce sujet, mon Anthologie grammaticale arabe, p. 169, 248 et 257.

Pensez-vous que vous entriez dans le paradis ?

d ■ • — ii — s ^it >,^JJLlo

Nous n'avons institué la Kibla dont tu faisais usage (dans la pratique de la prière) qu'afin que nous sussions distinguer (ou que pour distinguer) ceux qui suivraient l'envoyé (de Dieu) de ceux qui retourneraietit sur leurs pas.

// ne m'appartient pas que^e le cliange (ou de le changer).

Accorde-moi un aide pris dans ma famille, mon frère Aaron; fortifie par lui mes reins, et associe-le à mon ministère, afin que nous célébrions beaucoup tes louanges.

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