EN GÉNÉRAL
502. J'appelle verbes imparfaits tous ceux que les grammairiens arabes comprennent sous la dénomination générale
de verbes infirmes J— xjl^ . Ce sont ceux qui ont, parmi leurs
(1) Voyez, à ce sujet, mon Anthologie grammaticale arabe, pages 294 et 311.
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lettres radicales, une ou plusieurs des lettres j et ^. Ces lettres, comme on l'a vu précédemment, sont, avec Yélif non
hamzé, appelées lettres faibles ou infirmes iW ! ^^J^ (n» 178) et elles communiquent cette dénomination aux verbes dont je vais parler.
503. Les verbes imparfaits sont divisés en différentes classes. La première comprend ceux qui ont un j ou un ^ pour première radicale ; la deuxième, ceux qui ont un j ou un ^ pour seconde radicale ; la troisième, ceux qui ont un j ou un ^ pour dernière radicale, soit que la racine soit trilitère ou quadrilitère; la quatrième classe et les classes suivantes comprennent les verbes dans lesquels il se trouve deux des lettres j et ^5; à la quatrième classe appartiennent ceux dont la seconde et la troisième radicale sont quelques-unes de ces lettres infirmes; à la cinquième, ceux qui ont quelques-unes de ces lettres pour première et pour troisième radicale. Chacune de ces classes peut, outre cela, renfermer des verbes qui soient en même temps imparfaits et hamzés.
504. On ajoute encore une sixième classe, dont les trois radicales sont des lettres j et ^, mais on n'en peut produire tout au plus qu'un ou deux exemples. Je traiterai de chacune de ces classes séparément.
§ XVI - DES VERBES LMPARFAITS DONT LA PREMIERE RADICALE EST UN j OU UN ^, NOMMÉS FEilB^S ASSIMILÉS
505. Les verbes dont la première radicale est un j ou un ^ sont nommés par les Arabes JL-i^, c'est-à-dire assimilés, à cause que leur conjugaison, au prétérit, est conforme à celle des verbes réguliers; parmi ces verbes, ceux dont la première radicale est un j sont sujets à plus d'anomalies que ceux dont la première radicale est un ^.
506. La principale irrégularité des verbes qui ont pour première radicale unj, c'est qu'ils perdent quelquefois cette lettre à l'aoriste et à l'impératif. Ce retranchement, cependant, n'a lieu, le plus ordinairement, que dans ceux de ces verbes dont la seconde radicale a un kesra pour voyelle à l'aoriste; mais il faut observer que plusieurs verbes de cette classe, dont la seconde radicale est mue, au prétérit, par un kesra et devrait, suivant la règle générale, prendre un fatha à l'aoriste, y con-
servent le kesra, étant de la forme j»s, aoriste J-»-^ (n» 351), et perdent, en conséquence, le j . Exemples :
aor. j. — «-J pour
Le même retranchement a lieu à l'impératif, où l'on dit .Xe pour JlCjI et J^» pour Jf^j!.
507. Lorsque la seconde radicale n'est pas mue à l'aoriste par un kesra,ce temps se forme régulièrement, comme S-^^î de J-^j et 5^ de ij.O Quelques grammairiens, cependant, donnent alors à l'aoriste l'une de ces formes: J^U, J-^>J et
(1) Le seul verbe .X?j peut prendre à l'aoriste un dhamma.en perdant sa
première radicale : on dit donc ->-?^ et X^.. . Djewhari, qui cite un vers de
Lébid à l'appui de la forme •^— ^ , dit que cette forme est particulière aux Arabes descendants à'Amir.
{i) Zouzèni, dans son Commentaire sur la Moallaka, de Lébid, expliquant le
mot />a>^ , dit :
Ijiu *s:>Vj *a^ljj j*a.y w**ai.j J*iJ'j ^^5^' (J4=^' îl^t »£s.y\
J'ai fait observer précédemment (n° 333) que, chez quelques tribus arabes, les créments de l'aoriste prenaient pour voyelle le kesra. — Voyez, à ce sujet, mon Anthologie grammaticale arabe, page HO.
Quand l'aoriste est régulier, l'impératif se forme aussi régulièrement, comme i-^J, J-iî', ^^'^>}- Dans les deux derniers exemples, le ^ est substitué au j radical, suivant les règles de permutation communes aux lettres !, ^ et ^ (n" 180). Ainsi i^), impératif de 5j, est pour j5^.'.
508. Plusieurs verbes éprouvent aussi la suppression du j à l'aoriste, quoique leur seconde radicale soit mue à ce temps par un fatha. Ces verbes sont ^Isj fouler aux pieds, qui est pour LLj; ;a— 'j êh^e vaste, jtSj tomber, e-^ij laisser, '.--^j don-
ner, ^^ poser, qui font à l'aoriste L-iaj, ^^, M^, f- •>•>,■, '-r^i
et »i=j' La raison en est que ces verbes prennent un fatha à l'aoriste accidentellement, parce qu'ils ont pour deuxième ou troisième radicale une lettre gutturale (no348). Le verbe pSj laisser n'est usité qu'à l'aoriste et à l'impératif.
Le verbe .ij laisser, inusité au prétérit, fait aussi à l'aoriste ,^> et à l'impératif J.Î.
509. L'irrégularité de tous ces verbes n'a lieu qu'à la voix subjective de la forme primitive; à la voix objective de cette même forme et à toutes les formes dérivées, tant à la voix subjective qu'à la voix objective, ils ne sont sujets à aucune irrégularité; il faut cependant excepter la huitième forme, ainsi qu'on le verra dans un instant (n" 511).
510. Les verbes qui ont pour première radicale un ^ ne sont point, à propreuient parler, irréguliers; ainsi l'on conjugue régulièrement :
, ^— wj aoriste
Il faut seulement observer que le ^ radical se change en j
quand il est qiiiescent après un dhamma. Ainsi J—^j fait, à
l'aoriste de la quatrième forme, j— «-^; au lieu de j--^>; il ne s'agit que d'appliquer dans ce cas la règle de permutation (no 180).
511. Nous avons déjà observé ailleurs (n" 465) que les verbes qui ont pour première radicale un j ou un ^ le changent ordinairement à la huitième forme en un >o, qui se confond par un ieschdid avec le C^ caractéristique de cette forme; on dit donc 3ju! et^y-~j1 pour iJùj! et ^^-1^! ; quelquefois, néanmoins, on conserve la forme régulière, en observant seulement de changer le j en ^ quand il est quiescent après un kesra, le ^ en j quand il est quiescent après un dhamma, et l'un et l'autre en I s'ils sont quiescents après un fatha (n» 180). Au surplus, il y a des grammairiens qui n'admettent point cette licence. Exemples :
j>ux j! pour ->«)jl de J cj
§ XVII - DES VERBES QUI SONT EN iMEME TEMPS ASSIMILÉS ET HAMZÉS
512. Il y a quelques-uns des verbes assimilés qui sont en même temps hamzés, comme :
'!j, lij, ^-îs. aoriste y~i, ^3-j, >— laj Mais cela ne présente aucune nouvelle difTiculté.
513. t Le verbe <^r--:> fait à l'aoriste ir>\r^,, ij^~-iri et ^j^>, et à l'impératif (J-Lj' et ij^>}. Quelques grammairiens admettent aussi à l'aoriste jj-^tj et ^j-"-r;; on dit encore i^r-^' au lieu de , wl-~^ (n" 335).
514. t La conjugaison d'un quadrilitére de cette classe n'est pas plus difficile. Je n'en connais pas d'autre exemple que le
verbe L'jU : il fait au prétérit C;U, c^L'jl—;, >.oL;Lj, '»-A.j, etc.;
à l'aoriste cr}j;->, ..i^^.'j-, etc., le premier ^ étant changé en
j, suivant la règle (u" 180); l'impératif !^L.:>, ^->}—l> ^'-:î>
'j->}->, ^i!—-, n'offre rien de particulier.
§ XVIII — DES VERBES IMPARFAITS DONT LA SECONDE RADICALE EST UN j OU UN ^, NOMMÉS VERBES CONCAVES