Livre cinquième. Chapitre dixième
966. II n’est guère nécessaire de faire observer qu’en joignant à
un nom duel ou pluriel des adjectifs qui ne se rapportent qu’à un nom
singulier, on doit faire concorder ces adjectifs en genre et en cas avec
le nom auquel ils se rapportent et les mettre au singulier, quoique le
nom soit au duel ou au pluriel; exemple: ^
f avais deux amis l’un sensé et C autre imbècille. Si, au contraire, un même adjectif est commun à deux ou plusieurs noms singuliers, on doit le faire concorder avec eux en nombre. Pour le faire concorder aussi en cas et en genre, il faut que ces noms soient au même cas et du môme genre, comme o-ôû; fai parlé à
Amr, et fai écrit à Zaïd les deux poètes ; car s’ils ne sont point au même cas, l’adjectif ne concorde qu’en genre et on le met soit au nominatif soit à l’accusatif.
967. L’adjectif étant employé de manière qu’il forme avec le nom qui le suit une qualification complexe du nom qui le précède, exige quelques observations particulières. En premier lieu, il faut observer que l’adjectif employé de cette manière doit concorder par rapport à la qualité de défini et d’indéfini avec le nom qui le précède. On dira donc:
,v>- f \ s L>- et f ! I iAjj e L> . En second
lieu, si l’adjectif a pour complément un génitif ou un accusatif, il doit aussi concorder avec lui en genre en nombre et en cas. Ainsi l’on doit
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et
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nominatif, alors l’adjectif concorde par rapport au cas avec le nom auquel il sert de qualificatif, mais par rapport au genre et au nombre, il concorde avec le nom auquel il sert d’attribut suivant les mêmes règles qu’il faut
Dp la Concordance.
observer dans la concordance du verbe avec le sujet quand le verbe
précède le sujet. Il faudra donc dire: o j-*,
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968. Le nom auquel l’adjectif sert d’attribut se nomme en arabe w<*»
cause, parce que c’est lui qui est cause que la qualification exprimée par l’adjec^f est appliquée au nom qualifié par cet adjectif (n? 592).
969. Nous n’avons pas besoin de revenir ici sur certains adjectifs verbaux dont la concordance varie selon leur signification ; il en est parlé no* 276 et 280. «
970. Les adjectifs s’emploient fréquemment .vuls en sousenlendant le nom (n? 286). Le pluriel régulier du féminin et le pluriel irrégulier du masculin servent alors ordinairement à rendre ce que les langues
classiques expriment par le pluriel du neutre ; exemples : o L^u Laj \
les bonnes oeuvres ; oUx+iî les choses possibles ; oL>-ljJl les
choses nécessaires ; Oo t ! les adversités / les causes
y -os
motrices ; I les obstacles.
971. Toute proposition qualificative, soit verbale, soit nominale, soit circonstancielle , étant de sa nature indéterminée ne peut pas plus qu’un adjectif indéterminé se joindre à un nom déterminé ; et si néanmoins l’article est employé quelquefois avec le nom qualifié par cette proposition, c’est pour donner au nom appellatif toute la latitude dont ce
nom est susceptible ; exemple : jU !■* il
ne convient pas à un homme quelconque qui te ressemble. Si la pro- Schier, grammaire arabe. 27