Nœns propres
1. Le nom propre, étant le nom de Tinclividu considéré isolément, ne peut se dire dans la règle qu'au singulier.
n y a cependant des cas où le nom propre s'emploie au pluriel tout en restant nom propre ou en devenant nom commun, comme dans cet exemple : Les Boileau et les Gilbert furent les Javénals (= les poètes satiriques) de leur siècle.
2. Les noms propres qui, sans changer de nature, se mettent au pluriel, n'en prennent point la marque ; c'est ce qui a lieu :
a) Lorsqu'ils sont employés par emphase, c'est-à-dire lorsqu'on se sert du pluriel, quoiqu'on n'ait en vue que le seul individu dont le nom rappelle l'idée : Les Corneille et les Racine ont illustré la scène française.
h) Quand ils désignent des personnes qui ont porté le même nom : Les deux Corneille étment frères et sont nés à Bouen.
Cependant le nom propre prend la marque du pluriel quand il peut être considéré comme un titre commun à une famille illustre, à une race royale, etc. Les Bourbons o^it régné eti France et les Stuarts en Angletei*re. On écrit de même, à l'imitation du latin : les Gracques, les Horaces et les Curiaces.
La phrase suivante présente les deux cas du pluriel sans ^ et avec s : La feinme qui donna le jour aux deux Corneille avait r âme grande^ l'esprit élevé^ les mœurs sévères; elle ressemblait à la mère des Gracques : c'étaient dei4x femmes de même étoffe, (Aimé-Martin).
c) Quand ils sont pris dans un sens matériel pour désigner des ouvrages, des revues ou journaux auxquels ils servent de titre : Envoyez-moi deux Télémaque, c'est-à-dire deux exemplaires du Télémaque. Voici plusieurs Revue britannique qui vous intéresseront. Je voi4s rends les Journal des Débats que vous m'avez prêtés.
On dira de même : J'ai acheté deux Grammaire de Port- Royal; dans ce cas le nom commun remplit la fonction de nom propre et prend l'initiale majuscule. H en serait autrement, si ce titre était employé dans un sens général, comme dans cette phrase : Cet écolier a acheté plusieurs grammaires.
3. Les noms propres employés comme noms communs pom* désigner Vespèce^ prennent la marque du pluriel, c'est-à-dire s et jamais x; c'est ce qui a lieu :