‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 113 sur 409 · La voydle tonique est modifiée dans les cas suivants · texte numérisé non relu

La voydle tonique est modifiée dans les cas suivants

a) Si la consonne finale est un n, qui rend nasale la voyelle précédente (§ 14), le e du féminin dissout la nasale, et le n devient sonore : /în, fine.

Bénin et malin mouillent en outre len : bénigne (lat. benigna), maligne.

b) Dans les adjectifs qui sont terminés par un r précédé d'un e, ce e prend au féminin un accent grave : léger, légère.

Si l'on écrivait légerey il y aurait deux syllabes muettes à la fin du mot, ce qui ne peut avoir lieu en français, puisqu'il faut nécessairement que la dernière ou Tavant-demière ait Taccent tonique.

6. H y a doublement de la consonne finale dans les cas suivants :

a) Les adjectifs en el et iel, en ien et et doublent la consonne finale, ce qui conserve le e sonore absolument comme le ferait l'accent grave sur le e (§ 45): cruel j cruelle (= ctt/<^le); pareil, jparetlle; ancien, ancienne; net, neXie.

Toutefois les adjectifs suivants en et : cMnplety cmicret, discret, inquiet, replet, secret, prennent l'accent grave et font complète, etc.

Ces mots complet, concret, etc., sont des mots savants (lat. êtumy êta) qui n*ont pas obéi aux règles que la langue a suivies pour le doublement de la consonne finale dans les mots populaires.

b) Le doublement des consonnes finales l, nett a lieu même après d'autres voyelles que le e :

V Pour le /, dans gentil, gentille ; ntd, nulle ;

3® Pour le n, dans tous les mots en oti : bon, bonne ; mignoHy mignonne]

3** Pour le t^ dans sot^ «otte, et dans les trois adjectifs diminutifs en ot : bétlot^ pûlot^ vieillol^ qui font belloXXe^ pâloXXie^ vieiltotte; mais les adjectifs suivants (lat. ôfwm, ôtà) bigot ^ dévot ^ idiot^ manchot j ncM, font bigote, etc.

Les adjectifs en al (lat. âlis) ne doublent jamais la finale : naval fait au féminin navaUf etc.

c) Les adjectifs beau, nouveau, fou, fnou, sont venus par le changement de / en i« de la forme primitive enl ibel, nouvel, fol, md, que Ton emploie encore devant un nom commençant par une voyelle (ou un h muet) : bel oiseau, nouvel habit (§ 38a). Pour former le féminin, on ajoute régulièrement un e à cette seconde forme en doublant le l : belle fleur, folle dépense.

Vieux fvetulus) a une seconde forme vieil (vetulumj : vieil arbre, d'où le féminin vieille [vetulaj : vieiUe femme. Jumeau fait également jnmeUe : Ceat sa sœur jumelle. Philippe le Bel, Charles le Bel sont des archaïsmes.

7. La consonne finale peut être transformée de plusieurs manières :

a) Le s terminant les adjectifs est muet ; le e le rend sonore au féminin, mais avec le son du z : gris, g^-ise ; ras, rase (lat. rasus, rasa).

Dans les mots suivants le s se double au féminin, par raison d*étymologie, parce qu'il représente un ss originel : bas, gras, las, épais, exprès, profès, gros, métis, qui font baBBB, lasse, eocpreBM, etc. Gras (de crassus) a une seconde forme cras, qui ne s'emploie qu'au féminin : ignorance craBse. Tiers fait tierce. Frais fait fraîche (a. h. ail. frise, d'où en bas \siim frescus, fém. fresca).

b) A la fin des mots, x se présente quelquefois, après un u, à la place d'un s doux (= z) dont il a la valeur dans la liaison : glorieux, ; au féminin , le s primitif (lat. ôsus) reparaît : glorieuse (gloriôsa).

Mais X fait ss (c) par raison d'étymologie dans doux, roux, faux, féminin : douce, rousse, /iausse. Préfixe conserve x, qui est étymologique : somme préfixe,

c) La consonne f terminant un adjectif est toujours sonore ; elle s'adoucit et devient v au féminin : te WcAe craintive.

Le t; latin final passe toujours à la forte f, ainsi vif de vivufn; le féminin ramène le V étymologique : vive (§ 34).

d) Dans les adjectifs long, obiong^ on est obligé d'ajouter un u après g, au féminin, pour conserv^er au g le son guttural, puisque, devant e et i, il se prononce^* ; une longue nuit (§ 54).

e) Il en est de même des adjectifs public, caduc, turc, grec, où la consonne c, prenant le son s devant e ou t, est forcément changée en son équivalent qu : caduque^ piddiquey ft^rque,

grecque (le c reste pour conserver le e «onore) (§ 54). Dans UafWf franc, où le c est muet, on le change au féminin en ch r blanche^ //-anche. Sèc, quoiqu'il ait le c sonore, £Biit au féminin ^he.

Le latin siccus avait pour féminin 9tcca, qui a donné régulièrement en français sèche, par le changement organique de c en ch devant la voyelle a (§ 35). On a formé de la même manière le féminin de blanc et de franc (a. h. ail. blanch, franco).

8. Les fioyns de personnes, qui tous ont été originairement des adjectifs, ont des féminins coiTespondants dont la plupart se forment, comme dans les adjectifs, par Taddition d'un e : Pami, l'amie ; le berger, la bergère ; le veuf, la veuve; le bailli (autrefois baillif), la baUlive.

Il en est de même des noms d'animaux qui mâi^quent la différence de sexe par la différence de terminaison : le serin, la serine] Vours, V ourse (§ 66).

Toutefois les noms de personnes qui sont déjà terminés au masculin par un^ forment leur féminin au moyen du suffixe esse r le prince, la princesse; le nègre, la négresse; mais si ces mots sont employés comme adjectifs, ils ne changent pas au féminin : la race nègre. Deux noms d'animaux suivent cette règle : Vâne, Vâfiesse ; le tigre, la tigresse.

Les substantifs-adjectifs ne sont pas soumis à la règle des noms en e, et l'on dit conséquemment, sans changer e en esse : une aveughy une do^nestique, une malade, une Arabe, excepté toutefois une Suissesse.

De même les substantifs adiste, adversaire, camarade, conciergey élève, émule, esclave, patriote, pupille, etc., sont des noms à genre commun qui, pour désigner les deux sexes, n'ont qu'une seule et même forme caractérisée par le e muet (§ 68).

Enfant est aussi des deux genres : il est masculin comme nom générique et quand il désigne un garçon, il est féminin quand il désigne une fille ; au pluriel, il est toujours masculin : Laissez venir à nwi les petits enfants.

Le doublement de la consonne finale a lieu :

a) Après e, dans les mêmes cas que pour l'adjectif : le chameau {kVorif^\VL^chamd),la chame\ïe;le chieny la chienne \ le poulet, la poideite.

ft> Aprèso, dans tous les mots en c/w ; lelion,lalioxaLe;lepaon, la paonne, et dans un seul euot :le linot, la linoXie.

c) Enfin après a, dans le chat, h cfiatXe ; lepaysan, lapagsanne^

' Quelques noms de personnes ou d'animaux ont des féminins correspondants irréguliers : fils, fille; liéros, héroïne; roi, reine;

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