SOI
lui, elle euiv, elles
à moi
à nous
à toi
à vous
à soi
à lui, à elle à eux, à ellex
de moi
de nous
de toi
de vous
de soi
de lui, d'elle d'eux, d'eUes
Pour l'accusatif ou le datif, outre la foime principale ou absolue, qui s'emploie seule comme terme indépendant, il y en a une seconde qui est toujours unie au verbe et que, pour cette raison, on appelle conjointe. Les pronoms conjoints sont :
I II ma [in>
Sing. Plur. Sing. Plur. S. et P. Sing. Plur.
Ace. me nous te votis se le, la les
Dat. me nous te vous se lui leur
Le pronom personnel est dit réfléchi lorsqu'il renvoie au sujet de la proposition, c'est-à-dire qu'il exprime un retour de l'action sur celui qui la fait : Je me lave, et direct ou indicatif quand il renvoie à un objet qui n'est pas le sujet de la proposition : H me lave. La troisième personne a un pronom réfléclii, soi, >r, qui est distinct du pronom direct, le, la, fes'.
Le pronom le. la, les^ ressemble à l'article défini, mais il s'en distingue par le sens et la place qu'il occupe dans la proposition. Il s'élide comme l'article: Je Venteyuh; il en est de même de me, te, se : H s'est ble^é. Mais on n'élide point la voyelle finale du pronom le ou la quand il est placé après le verbe, par ex. : Menez-le à la inaiaan, /wewr^-la avec vous, parce que ce pronom, ayant l'accent tonique, est séparé par une pause du mot qui le suit; mais, si le ou la est suivi de en ou de i/, le e s'élide : Menez-Vj/, faites-Ven sortir.
Il faut encore remarquer que les pronoms // et le s'emploient au neutre comme mots invariables, // avec les verbes imperson-
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nels, et le avec le verbe ëre : Il jrfete/. Elle était désobéissante^ num elle ne le sera plus.
Il y a en outre deux pronoms neutres, ce sont les particules adverbiales en et y, qui peuvent remplir la fonction de véritables pronoms personnels conjoints pour exprimer : en^ le génitif, à la place des' formes absolues de lui, d'elle, d*eux, (f elles, et y le datif, à la place des foimes absolues à lui, à elle, à eua:, a elles : Cette affaire est importante :je m'en occupe depuis longte^nps, fy songe sans cesse.
Les deux premières personnes, au singulier et au pluriel, dérivent des pronoms latins coiTespondants : je vient de eyOy qui se transfoima successivement en eo, io et Jo, devenu je pai- assourdissement delà voyelle fmale; tu repi'éaente le latin tu. Me, te, se sont le latin me, te, se ; moi, toi, soi viennent également de me, te, te, avec diphtongaison de ê. Nous, vous sont le latin nos, vos. Pour désigner la 3* pei-sonne, le pronom latin i« (il), ea (elle), id (cela) a été remplacé par un autre pronom démonstratif, i/I(2 (celui-là), iUa (celle-là), iWud (cela), dont la première partie a donné régulièrement le nominatif t7 de ille, elle de illa, ils de illos, elles de illas, tandis que la seconde partie est devenue Taccusatif le, la, les, qui est en même temps noti'e article défini (i). Lui est le latin illi-huic, contracté en illuic; leur dérive du génitif latin illorum, pluriel de ille; entin eux était à l'origine els (du latin illos], qui a donné régulièrement eux par le changement de l en u.
En, qui remplace le génitif latin comme lexir le datil, vient de indè (en, de là), qui avait reçu, dans la langue populaire, l'acception àeex illo, ab illo. Indè devint en français int qu'on trouve dans les Serments de 842; au X« siècle il est erU (forme qu'on retrouve dans souvent de «u6inde), au XIl* en. — Y était dans notre ancienne langue i, et à l'origine iv (dans les Serments), qui n'est autre que le latin ibi, fréquemment employé dans la langue vulgaire pour illi, illis, à ce lieu, à ces lieux, ou à lui, à eux ; de là le sens adverbial et le sens pronominal.
Les- formes du pronom pei'sonnel étaient dans l'ancien français : 1 II nia lllb
Sing. Plur. Sing. Plur.S.etP. Sing. Plur.
^) J*'0,jo, jf* nos tu voH — il: ele tV (els) ; e/*»»
mi,moi,Mei nos ii, toi, tei vos si,soi,sei lui;lei,lui elnielcs
à mi à nos à ti à voh à si à lui; à Un, à lui à els; à eles
de mi de nos de ti de vos de si de lui ; de lui, de lei d'els ; d'ele^
b) me nos te vos se lo, le ; la les
me nos te vos se U; H for
Mi, ti, si sont bourguignons, moi, toi, soi picards, mei, tei, sei nonnands. Lui n'a été usité jusqu^iu milieu du XIII». siècle que comme masculin ; puis il sen'it aussi pour le féminin à coté de la forme lei (en bourguignon). Li fut aussi peu à peu employé pour lo masculin lui et le féminin lei; c'est sans doute une forme abrégée de lui accentué sur la seconde voyelle et distincte du pronom conjoint K(^). Ils, qui a remplacé els dans le français moderne, apparaît pour la première fois au commencement du XIV* siècle (^).
(i) Voici un oxempU^ remai-quable qui nnmli*e l'emploi primitif de ce mot comme pi-onom démonstratif:
Où est ma pars, f*ire cowpains GariH.
Et la (C€Ue de) mon frère, Guillaume de Moucim. (Garin, 1, 111.) (2) Diez, Gr. II, 95. Je trouve un exemple de cet emploi de li dans Aucassin : Se vos i parlés et vos pères (votre père) le savoit, il arderoit et mi (moi) et 11 (elle) en nn fu.
(ti)Fa\\oi, Recherches sur les formes grammaticales de la langue française et de ses dialectes.
3. n y a donc deux sortes de pronoms personnels : le pronom conjoint et le pronom absolu, dont l'emploi est très différent.
a) Le pronom al)èolUf aussi appelé disjoint, s'emploie seul ou précédé de prépositions comme le substantif , ainsi on dira, avec la préposition à : Je penserai à toi, comme on dit : Je pense à Dieu.
b) Le pronom conjoitU est ainsi appelé parce qu'il ne s'emploie que joint au verbe et qu'il n'est jamais régi par une préposition ; ainsi le pronom te, par exemple, maix^ue le datif sans le secours de la préposition «, et : Je te parlerai équivaut grammaticalement à : Je parlerai à toi.
Les pronoms absolus figurent donc dans la proposition comme termes indépendants et ont l'accent tonique comme les substantifs. Les pronoms conjoints, au conti-aire, s'appuient sur le verbe qui suit et perdent l'accent tonique. Ainsi dans : Je penserai à toi, toi ne s'appuie pas sur le verbe petiser et reçoit l'accent tonique ; et dans : Je te parlerai, te s'appuie sur le verbe parler et perd l'accent tonique.
Mais, dans la langue moderne, les pronoms je, tu, il, ils, qui autrefois servaient exclusivement à exprimer le sujet ou nominatif, ne s'emploient plus que joints au verbe, et leur place est prise, lorsqu'on veut insister sur le pronom, par les accusatife correspondants moi, toi, lui, eux; ainsi nous disons moi qui cJiante, en substituant au nominatif je l'accusatif moi. Quant aux autres pronoms-sujets elle, nous, vmis, elles, ils ont les mêmes formes qu'à l'accusatif, mais ils s'en distinguent en ce que, joints au verbe, ils n'ont pas l'accent tonique ; ainsi le pronom elle est atone dans : elle chante, tandis qu'il est accentué dans elle qui clianie. Il faut donc distinguer les pronoms je, tu, il, die, nom, vous, ils, elles, considérés comme pronoms conjoints qui ne s'emploient qu'au nominatif, et les pronoms moi, toi, lui, elle, nous, vous, eux, Mes, qui, comme pronoms absolus, peuvent exprimer le cas direct ou nominatif aussi bien que les cas obliques.
De ce qui précède, il résulte que nous avons réellement une déclinaison en français, mais dans les pronoms conjoints seulement, puisque nous y distinguons par des formes différentes le nominatif, l'accusatif et le datif. Ainsi lui est un véritable datif dans : Je lui réponds, tandis que dans : Je songe à lui, il a la foniie ordinaire du complément indirect. Quant aux pronoms absolus, la sjutaxe les traite comme des membres indépendants qui sont précédés ou non de prépositions dans les mêmes conditions que les substantifs.