P* PERSONNE. 2» PERS. 3« PERSONNE
Sing. Plur. Sing. Plur. S.etP. Sing. Plur.
a) Absolus : moi nous toi vous soi lui, elle eux, elles
b) Conjoints:
Nominatif : je ik>u» tu vouh — il, elle Us, elles Accusatif: me nous te vous se le, la les Datif: tne nous te votis se lui leur
La distinction des pronoms conjoints et des pronoms absolus (*) était beaucoup moins tranchée et moins rigoureuse dans Tancienne langue que dans le français moderne; mais elle n'en existait pas moins, comme on peut le constater dans les exemples suivants : Vos ne le me povez nier (Théâtre fr,y p. 257). Parler à mi (Garin, 1, 187). Parlez à moi (Garin, I, 18G). Irai-je avec ti (Garin, I, 18?). Parler voldroie un pou à tei, si te plottst (Les RoiSy 229).
Quant au remplacement du nominatif par Taccnsatif, qui est devenu une règle formelle, il n'avait pas lieu en général dans le vieux français, où Ton disait : Je qui chante (ego qui canto). Vn débris de l'ancien usage est resié dans la formule de pratique : Je soussigné déclare,,.
1. Les pronoms personnels sont des mots de nature substantive qui, dans la phi-ase, remplissent les mêmes fonctions que les noms, comme sujets ou compléments. Mais des pronoms moi, toiy soi, etc., dérivent d'autres pronoms personnels fnoti, ton, son, etc., qui sont appelés possessifs, parce qu'ils présentent une idée de possession, qu'ils indiquent qu'un objet appaiiient à Tune des trois personnes du singulier ou du pluriel. Ainsi dans: Mon chien est noir^ c'est-à-dire le chien de moi, le chien est possédé par lai™ personne ou celle qui parle; mmi désigne parmi tous les chiens celui que je possède, c'est un pronom possessif.
Ainsi les pronoms possessifs sont de vrais pronoms personnels, puisqu'ils marquent les personnes grammaticales. Mais il y a entre les pronoms personnels proprement dits et les pronoms possessifs cette différence, que les premiers s'emploient comme substantifs et les seconds comme adjectifs, que les uns sont des pronoms substantifs et les autres des pronoms adjectifs.
(1) Cette distiiictiun, qutî les anciens Kranunuiriens, comme Restaut, avaient déjà faite sans en tirer des conséquences pratiques» nous parait non seulement utile, mais encore nécessaire, comme, par exemple, pour montrer aux élèves <jiiand il faut employer les formes me ou à moi^ lui ou à lui, à elle^ et pouiquoi l'on dit : Je lui parle, tandis qu'il faut dire : Jn perisâ à lui, et non pas : Je lui pense. C'est pour ne pas avoir connu cette distinction que le Père Girard, en parlant des pronoms-compléments, s'est perdu dans un dédale d'explications qui n'expliquent rien du tout. (V. lesch. II-V de sa Syntaoce de la proposition.) Quant aux grammairiens modernes, G irault-Du vivier, lA'mare, Boniface, Cbapsal, Bescherelle, Poitevin, I^arousse. ils n'ont pas même l'air de soupçonner que l'emploi de ces formes grammaticales présente des difficultés que l'élève i)eut résoudre par l'instinct de la langue, sans doute, mais avec bien plus de ienteur et de tâtonnements <iue s'il est aidé dons ce travail par le raisonnement.
208 PRONOMS IXTEUROGATIFS § 89
Dans rancienne langue, on séparait les deux mots, et on plaçait immédiatement après l'impératif le pronom représentint la personne ou la chose que Ton voulait indiquer; au XVI* siècle, Ilabelais dit encore : Voy me là prest à boire (pour me voilà prêt). Le sens propre et primitif de voir se montre très bien dans Texpression voici venir^ condamnée par Voltaire, quoiqu'elle soit très correcte.