‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 153 sur 409 · U y a suppression du 5 de la 1. S. et du t de la 3. S · texte numérisé non relu

U y a suppression du 5 de la 1. S. et du t de la 3. S

a) Après un e : P à l'indicatif présent des verbes en et- et de quelques verbes en */• (cueillir , saillir^ couvrir^ ouvrir, offrir^ souffrir) :faime, U chante^ il cueille, il souffre; 2" au présent du subjonctif de tous les verbes : que je rompe^ qu'il coure^ sauf être : que je soiSj qu'il soit^ et avoir : qu'il ait (que j'aie est régulier), enfin à l'imparfait du subjonctif, mais seulement à la 1. S. : que je chafitassey que je fisse^ etc.

b) Après ai et a : P au prétérit des verbes en er :je chantcdy il chanta; 2® au présent du verbe avoir :fai, il a, et par conséquent au futur de tous les verbes, puisque ce temps est composé avec avoir :je chanterai, je romprai, il partira.

Cependant le t de la 3. S., qui est étymologique, repai*ait dans la forme interrogative, et on le place entre deux traits d'union, parce qu'on a cru qu'il était euphonique : Chante-iril ? souffre-t^? a-t-f/ la fièvre? partira-tr-il? (^).

2. n y a également suppression du s à la 2. S. de l'impératif dans les verbes en er : donne, va; il en est de même des verbes qui, à cette personne, sont terminés par e, savoir : V cueillir, couvrir, ouvrir, offrir, souffrir: cueille, souffre; Savoir, savoir, voidoir : aie, sach^, veuille. Le 8 reparaît quand le verbe est suivi immédiatement d'un des pronoms efi et y : cuedles-en, aies-en, vas-y, etc.; mais on dit veuille en prendre, sache y poui-voir, parce que les pronoms etx et y ne sont pas compléments du verbe qui précède, mais bien de l'infinitif qui suit.

•Les terminaisons personnelles étaient en latin :

Singulier. Pluriel.

Ire personne o, i, m mus

'2< » 8(»tiJ tis

a« )» t nt

(i) Cet n'est ni étymologique ni euphonique, comme l'a démontré M. Gaston Paris : « La grande perturbatrice des lois, ici comme ailleurs, c'est l'analogie. On disait chanient' ite, chantait-il, chantuient^l», chanteront-ila, chanterait-U, chanteraient-iU, chantàP-U, chantaMerU'iU; on a dit de môme chante-t-il, parce qu'on disait boit'Ut dort-il, court-U, est'il, reçoit-il, etc. > (Romania, ISTH, 441).

238 TEMPS J)U PUKSENT § 108

La finale s de la première personne du singulier en français est contraire à rétymolopie. Cette première pei-sonnc n'avait jamais de s en latin : amo, videOj legOj audio, et, par suite, dans Tan^ien français, j'aime^ je voi, je H, j'ouî. Au XIV* siècle s'introduisit Thabitude irrationnelle d'ajouter un s à la première personne et de dii'e je vois, je lis, j'ouïs.

Le « de la 2. S. est étymologique et s'est maintenu partout ; il existe môme à l'impératif pour Jes verbes autres que ceux en er.

A la 1. et 2. S. du présent de l'indicatif, les verbes pouvoir, vouloir et valoir prennent x au lieu de s : je peuT, je veuT, tu vaux (§ 70).

Le t qui caractérise la troisième personne est étymologique, amaty videt, legii, audit f et se trouvait dans l'ancien français, même à la !>*« conjugaison : 1*2 amety il voitj il lit, il ouït.

Les finales ons, ez (z=ts), dérivation régulière de amus, atis^ sont celles des verbes en er au présent de l'indicatif ; elles furent, dès les premiers temps, attribuées à toutes les autres conjugaisons, et on les retrouve les mômes à tous les temps, sauf au prétérit dont la première personne <hi pluriel est en mes et la seconde en tes. Ces terminaisons mes et tes se sont encore conservées dans les formes verbales où l'accent est sur le radical, savoir sommes, êtes, dites, faites, dérivées régulièrement de sumAis, estis, dicitis, facitis.

Le erU de la B"* personne est toujours muet, parce qu'il est formé de ant latin, qui était inaccentué. Les verbes être, avoir, faire^ ainsi que aller, font au présent : sont, onty font, vont, formés régulièrement de sunt, habent, fadunt, vadunt. Cette terminaison ont est devenue la règle au futur de tous les verbes, ce temps étant formé avec le présent à'avoir :ils chanter-ont (v. § 110).

m. Terminaisons temporelles.

A. Verbes faibles ou réguliers.

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