‹ Grammaire comparée de la langue françaiseChapitre 154 sur 409 · Temps du lyrésent · texte numérisé non relu

Temps du lyrésent

1. Les flexions des temps de la première série ou temps du présent sont aujourd'hui les mêmes pour tous les verbes, sans distinction d'origine; il faut toutefois excepter les trois personnes du singulier du présent de l'indicatif et la deuxième de l'impératif, qui sont en e muet dans les verbes en er et quelques verbes en ir (§ 107) \je chant-ej tu cueill-eSj il souffr-e; chant-e*

Les temps du présent, c'est-à-dire le présent des trois modes, l'imparfait de rindicatif et le participe présent, répondent aux temps analogues de la conjugaison latine.

2. Le participe présetit (et géromlif) se termine en ant dans tous les verbes.

I lia II b IV 0) .

Chant-ant Fin-iss-ant Part-ant Romp-ant

La flexion ant, dérivation régulière de and (umj, ant (em) des verbes en are, fut, dès le principe, attribuée aux verbes de toutes les conjugaisons.

(i) Nous désignonîi les coniuKaisons régulières par les noms généralement admis do !• itoxw les verbes on er, de Ir pour les verbes en Ir, en dislin^ant les verbes à radical allongé par lia et ceux à radical simple par llb, et de IV* pour les verbes en re.

Je

chant-6

Tu

chant-es

chant-e

chant-ons

<:haiit-ez

Ils

chant-ent

II b-

par-8

roinp-8

par-8

romp-8

pai^t

romp-t

part-ons

romp-ons

part-ez

romp-ez

part-ent

romp-ent

§ 108 TEMPS DU PRÉSENT i8î)

3. Le préMnt de V indicatif n'a qu'une forme et cette forme se compose des terminaisons personnelles. Au singulier les verbes en er et les verbes en /;• cités au § 107 prennent un e muet qui rend sonore la deniière lettre du radical (§ 56) ; après ce e, on omet à la 1. S. la terminaison s des autres verbes, terminaison qui n'est pas étymologique; à la 3. S., la terminaison^, qui existait déjà dans l'ancien firançais, tombe également après le e. excepté dans la fonne inten^ogative. Il résulte de là que le présent a des terminaisons différentes, mais au singulier seulement, pour les verbes en er et poui* ceux en re ou en ir.

lia s. Je chant-6 tin-t-s

lîn-i-t P. N. chant-ons lin-tsA-ons

fin-]««-ez tin-i««-ent

La voyelle Hnalc des mots latins accentués sur la pénultième tombe le plus souvent en français, à moins qu'elle ne soit un a, auquel cas elle se maintient presque toujours, transformée en e muet : ainsi canto, cantas, eantat, produisirent chant, chantes, chantet, comme perdOj perdis^ perdit^ donnèrent peref, perd^j perdft). Dès le XII» siècle, on commença à ajouter un e muet à la I. S. et à retrancher le t de la 3. S., ce qui amena pour les yeux comme pour Poreille la similitude de ces deux personnes.

4. \j% présent de f impératif n'a, que la deuxième personne du singulier et les deux premières pereonnes du pluriel, et il n'a pas de première personne du singulier, non point, comme on le prétend, parce qu'on ne peut se commander à soi-même, mais parce qu'en pareil cas il est inutile d'exprimer le commandement.

I lia II b IV

*2 Chant-e Fin-i-s Par-g Romp-s

P. 1 Chant-ons Kin-i«»-ons Part-ons Uomp-ons

'2 Chant-ez Fin-l«<-ez Part-ez Homp-ez

On voit que le présent de l'impératif ne se distingue du présent de l'indicatif que par l'absence du pronom-sujet.

Chante n'a point de «, parce qu'il est formé de canta. C'est la seule forme dérivée du latin. La l" et la 2™* personne du pluriel ont été empruntées au présent de l'indicatif. Le latin avait une troisième personne à Timpératif, tant au singulier qu'au pluriel; cette forme ne peut pas subsister en français, parce qu'elle se confondrait avec la deuxième personne du singulier, et qu'il n'y aurait pas, comme dans les autres temps, le pronom-sujet pour les distinguer (§ iOl).

5. Le présent du subjonctif est caractérisé par la forme e, qui se change en i devant les terminaisons personnelles ons et ez; mais ce i ne sonne pas comme voyelle, c'est un i consonne qui

Que je

chant-e

Que tu

c)iant-es

QuMl

chant-6

Que nous

chant-ions

Que vous

chant-iez

Qu*ils

c)iant-ent

II h

part-e

romp-e

part-es

roinp-es

part-e

romp-e

part-ions

l'omp-ions

part-iez

romp-iez

part-ent

romp-ent

240 TEMl^ DU PASSÉ § K»!)

a la valeur du y français et forme une diphtongue (impropre) avec la voyelle qui suit, de telle sorte que rompmiSj priions se prononcent rom'pi/o^i$,pri'i/otK% etc.

lia

iin-iss-e

fin-tM-es

Hn-tM-e

nu-iM-ions

(in-ÎM-iez

fin-iM-ent

On voit que le e du présent du subjonctif amène partout le rejet de la terminaison s de la I.S., ainsi que la suppression du / étymologique de la 3. S.

Les flexions muettes e, en, e (t) et ent sont tintes des formes correspondantes •am^ as, tU, ant de la III* conjugaison latine, tandis que les formes accentuées ionê et iez sont dérivées de eâmus-iâmtiSyeàtiS'idtia des II* et IV* conjugaisons latines.

6. Jj imparfait de Vindi4:<xtif se compose pour tous les verbes, tant en er qu'en re, oir et t/-, des terminaisons personnelles que l'on fait précéder de la forme ai, qui devient i (= y français) à la 1. et 2. P., ainsi :

I II a

S. 1 Je chant-ai-s fîn-ù«-ai8

'2 Tu clianl-ai-8 rin-t>»-ai8

:t 11 chant-ai-t fin-ÎM-ait

P. 1 N. chant-i-ons fin-M^ions

2 ' V. chant-i-ez fin-tM-iez

3 Ils chant-ai-ent (In-îM-aient L'imparfait avait, dans Tancien français comme en provençal (i), deux formes

'distinctes, Tune pour les verbes en er et Tautre pour les verbes des autres conjugaisons : le latin àham avait donné ave, aue, oe, oie, tandis que ébam ou iébam était devenu eve, ee, eie. Plus tard ces deux formes oie et eie se confondirent, la diphtongue ei ayant été remplacée par oi (§ 47), dont la prononciation, qui avait d*abord été ouè, se modifia par ce mélange de formes et finit par se réduire à un' simple è, bien que Ton conserv.1t la figuration oi, anomalie qui n*a cessé que de nos jours avec le triomphe de l'orthographe dite de Voltaire (^). Vers le XIV* siècle, on voit tomber le e muet de la 1. et de la 2. S. et s'ajouter à la 1'* le 8 qui, d'après félymologie, ne devait appartenir qu'à la seconde. Le e muet de la 3. S. que l'on trouve dans les textes du X* siècle avait déjà disparu ■au XI* siècle.

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