VERBES RÉGULIERS EN RE § L
ant. Je plains^ etc., nous plaignons, etc. Plains, plaigtions, pUdgnez. Que je plaigne. Je plaigfiais. Je plaignis. Que je plaignisse. Plaint. Je plaindrai. Je plaindrais. — Le verbe poindre a toutes ses formes; mais quelques-unes sont peu usitées. Il est actif: Qttel taon vous point? (La F.) Oignez vilain, il tous poindra; peignez vilain, il vous oindra, et neutre : Le poil commence à lui poindre au menton. Le jour poindra bientôt. Laissez former le corps jusqu'à ce que la raison commence à poindre (J.- J. R.). Je glissai bien vite dans les impressions plus intimes de la mémoire et du coeur; eUes me peignirent, et je ne pus les supporter. (Lam.)
Tous ces verbes, à Texception de craindre, geindre, aveindre, empreindre et épreindre, dérivent de verbes latins en angëre, ingère, ungére, qui, après la chute à rinfinitif de la pénultième atone, ont pris un d euphonique (par ex. cingëre, cin're, ceindre); devant les voyelles, le g s'est adouci en un i consonne qui en s'unissant au n l'a transformé en n mouillé. Ainsi la finale gn [n devant une consonne) représente ng latin. Craindre et geindre ont également gn pour finale du radjcal dans les temps du présent ; ils sont formés, avec Tintercalation d'un d euphonique, de tretnére et gemëre, qui donna aussi gémir, avec faute contre l'accent. Aveindre, empreindre et épreindre dérivent de ahemëre, imprimëreei exprimer e, \jè prétérit était en s, d'après le latin i joins, join-8is, join-st, etc. =junxi^ etc. La forme faible actuelle est relativement récente.
5. Les verbes suivants, dont le radical a pour finale i ou y, ne rentrent dans aucune des catégories précédentes.
Braire. Ce verbe n'est usité, selon l'Académie, qu'au présent, à l'infinitif et aux deux ftiturs : Les hommes faibles hurlent avec les loups, braient avec les ânes, et bêlent avec les moutons. Un âne chargé d'or ne laisse pas de braire. On pourrait l'employer sans inconvénient aux autres temps : il brayait, il a brait.
Raire. Il a les formes suivantes : Rayant. Je rais, tu rais, il rait, nous rayons, vous rayez, ils raient. Que je raie. Je rayais. Sait. Je rairai. Mais il ne s'emploie guère, selon l'Académie, qu'au présent : Les cerfs raient quand ils sont en rut. Les cerfs ont rait toute la nuit. La biihe a la voix plus faible et plus courte, elle ne rait pas d'amour, mais de crainte (Buff.).
Raire, pour ràîre, est dérivé, d'après Diez, d'un type latin ragire, formé sur le modèle de mugire, vagire.
Bruire. Bruire n'est guère usité qu'au présent, à l'imparfait et à l'infinitif: Le vent bruit. Les flots bruient^ bruyaient horriblement. On entend bruire le tonnerre. Le participe présent bruyant est toujours adjectif.
Si ce verbe vient de rugire, comme on l'admet généralement, il faut le considérer comme fourvoyé dans la conjugaison eiire. C'est, en effet, à la conjugaison en ir que, comme l'ancien muir (mugire), il devrait appartenir, et il tend d^ailleurs à y passer, ainsi qu'on peut le voir dans les exemples suivants : Tous, jusqu'aux insectes, bruissaient sous Vherbe (Bern.). Il n'y a pas une feuille qui frémisse, pas un insecte qui bruisse sous Vherbe immobile (Ch. Nodier).
Tout cela a roulé en bruissant (Lam.). Au milieu de toutes les idées contradictoires qui bruissent à la fois dans ce chaos (V. Hugo). Le Rhin bruissait dans Vombre (Id.).
Frire. Outre l'infinitif, ce verbe, dont la véritable finale (y) ne paraît jamais, n'est usité qu'aux formes suivantes : Je fris, tu fris, il frit Fris (impératif). Frit. Je frirai. Je frirais. On supplée aux autres formes au moyen de faire suivi de frire: Faites frire.
Frire est formé régulièrement de frigêre.
B. Verbes irréguliers en re.
1" CLASSE. — Prétérit en s.
1. Ces verbes se subdivisent en deux catégories, selon que le participe est en s ou en t.