Participe en s
2. Les verbes suivants ont une consonne radicale qui n'est pas élidée à l'infinitif et au S. du présent :
Mettre. La consonne radicale tt se simplifie en t au S. du présentée m^t-s, etc. (V. le tableau, § 120).
Mettre est formé de mittëre eije mis de mlsi.
Prendre. La finale est d devant une consonne, je prends, et n devant une voyelle: nous pren-mis ; qnsnià la syllabe finale est muette, le n se double poui- rendre sonore le e du radical : ils prennent. (V. le tableau, § 120.)
Prendre dérive de prendére, contraction de prehendëre. Le e nasal devient muet devant les flexions accentuées et sonore devant les flexions muettes : je prends, nous prenons, que je prenne. Le prétérit a eu deux formes, l'une dérivée du parfait classique prendi (prin, prindrent), l'autre (pris, presis, pristrenl) d'une forme vulgaire^ presi, qui a prévalu dans la langue moderne.
Querre. Ce verbe, qu'on trouve encore dans La Fontaine, a été remplacé à Tinfinitif par quérir; mais il sert encore à former les deux futurs (V. quérir). — Le composé enquerre, synonyme de s^ enquérir, n'est plus usité que dans la locution 4 etiquerre, pour avertir qu'un mot, un calcul, un fait a besoin d'être vérifié. On l'emploie aussi comme terme de blason.
Querre est formé régulièrement de quœrëre.
Ardre s'est conservé longtemps dans cette phrase populaire : Le feu de Saint-Antoine vous arde. On trouve encore le présent dans La Fontaine : Haro! la gorge niard.
Ardre vient de ardëre, qui, plus régulièrement, donna ardoir. L'ancienne langue avait le prétérit ars, arst, arstrent, dérivé de arsi. Le participe arden- ,tem a donné ardent, qui est resté comme adjectif.
Semondre. La finale du radical est n. Il y a intercala-
tion d'un d aux temps du fiitur. L'Académie dit que ce verbe n'est usité qu'à l'infinitif: semondre à des obsèques; le fait est que la plupart des temps sont tombés en désuétude ; cependant on peut employer le présent au singulier : je semons^ tu semons^ U semontj le fiitur semondrcU, le conditionnel semondrais, et l'imparfait jie setnofiais (Littré).
Ce verbe vient de $ubmonére, dans les textes latins du moyen âge, de monëre, pour monêre. L'ancien participe semons a donné semonce.
3. Les verbes suivants ont pour finale du radical la consonne s, qui s'élide devant une autre consonne.
Circoncire. CircoficisafU. Je circoncis^ nous circoncisons^ vous circoncisez^ ils circoncisent. Circoncis^ circoncisons^ circoncisez. Que je circofunsse. Je circoncirai. Je circoncirais.
Occire est vieilli et n'est usité qu'à l'infinitif et au participe occis.
Circoncire et occire sont formés de circumcidëre^ occidëre ; la consonne radicale s représente le d latin, élidé à TinOnitif. L*ancienne langue conjuguait occire (ocire) comme rire: ocions, ociois.
Clore. Ce verbe a les formes suivantes : Je dosy tu dos U dot. C2os. Que je dose. CloSj dose. Clore. Je dorai. Je dorais. Le. prétérit manque ; le pluriel du présent nous dosons^ vous closez^ Us dosentj l'imparfait je dosais et le parlSbipe présent closant sont inusités. — Enclore et édore se conjuguent de même ; mais édore n'a pas d'impératif, parce qu'il ne s'emploie qu'aux troisièmes personnes : Il a endos ce bois dans son parc. Les œufs sont édos ce nuxtin. Uœuf édora smis un rayon des cieti^ (Bér.). — Fordore ne s'emploie qu'à l'infinitif et au participe : Il s'est laissé fordore. Il a été forclos.
Clore dérive de claudere, dont le d est devenu s devant les voyelles ; le prétérit clausi se retrouve dans Tancienne langue : clos, closis, closty closlrent.
4. Les verbes suivants ont partout le même radical, dont la finale n'est pas une consonne, mais la voyelle radicale ellemême.
Rire. Le participe est ri sans s. (V. le tableau, § 1 20.)
Rire dérive de ridêre^ devenu ridére dans le latin vulgaire; le d radical y est syncopé à toutes le» formes; le prétérit ris reproduit le latin risi ; le participe était autrefois ris de risum,
— Clure dans conclure, exclure, inclure, perclure, reclure* Les trois premiers verbes ont la conjugaison complète: Conduant. Je condus. Chnclus, ctmduons^ conduez. Que je condue, que nous conduions. Je concluaiSj nous concluions, etc. Je condus. Que je condusse. Condu, exdu^ sans le s qui est resté dans indus^ perdus^ redus. — Perdure n'est plus dans les dictionnaires; mais VsÂjectit perdus permet de le faire rentrer sans peine
dans l'usage (Littré). — Reclure ne s'emploie qu'à l'infinitif, au participe et aux temps composés : Il s^est reclus dans sa cet- Iule,
Conclure, exclure, inclure,etc., tous composés de Tinusité dure de claudere (con-cludere, eic), ont, comme rir^, perdu le d partout. Mais le prétérit, au lieu d*étre en i, comme dans rire, est naturellement en u, puisque, dans les verbes forts, ce sont les personnes à flexion atone qui règlent les autres. Je conclu^Sf il conclU'St, ils conclusrent, provoquèrent Télimination du i de concluHs, conclusimes, concluaisles, et, par suite, l'assimilation complète de ce prétérit, où u est radical, à ceux dans lesquels cette voyelle provient de la flexion ui.
Intrure. Ce verbe n'est usité qu'au participe et aux temps composés : Qm sera-ce de ceuoc qui se sont mtrxis dans le sanctuaire? (Mass.)
Intrure dérive de intrudi^re, de in, dans, et trudere, pousser.