FORMATION DES ADVERBES
Téquivalent de notre locution moderne ne dire ni oui ni non. Mais« dans la régie, l'ancien français renforçait oc avec le neutre il (de illud), d'où oHy expression elliptique pour o est il (hoc est illud), ce qui équivaut littéralement à notre locution affirmative c'est cela. Oïl devint ouîl, ensuite le { final tomba et nous eûmes oui. — Ce o-il (hoc illud) avait pour correspondant nen-il (non illud), devenu en français moderne nenni.
Les adverbes suivants sVmploient surtout en composition :
Or ou ore a été formé de Tablatif de hora, sous-entendu in ; il signifiait donc ri cette heure^ maintenant. Dans ce sens, nous ne remployons plus que dans Targumcntation : Or, cela étant post\.. Mais or a formé les adverbes composés loi's {Vorejj alors (à Vore), dorénavant (d'ore en avant, c'est-à-dire de cette heui'e en avant), désormais (dès ore mais, mot à mot : dès cette heure en plus, c'est-à-dire à dater de cette heure), encore (latin hanc horam, à cette heure; c'était le sens primitif d'encore, comme dans cet exemple : Je lui ai déjà dit mon avis et je le lui dirai encore quand je le reverrai, c'est-à-dire à cette heure à laquelle je le reverrai).
Si^ dérivé de «te, a formé aussi (vieux français a^, du latin aliud sic) y ainsi (vieux français asi, du latin fiac sic].
Jà, dérivé dejam, n'existe plus qu'en composition : déjà [de et jà), jadis (jà et dis, pluriel de t/i. jour, mot à mot il y ajà des jours], jamais [jà et mais, plus).
Hui, dérivé de hodie, ne s'emploie plus qu'en style de pratique : d'hui en un mois (Ac. I. Ainsi le composé aujourd'hui est un pléonasme, puisqu'il signifie littéralement au jour d'aujourd'hui.
Tant (de tantum] entre dans les composés autant (aliud tantum), partant [pertantum, littéralement pour autant), pourtant.
Tôt (du latin tot-cito] entre dans les composés aussitôt, bientôt, plutôt, tantôt.
Mais, dérivé du latin magis, signifiait autrefois plu«, davantage; c'est le sens qu'il a conservé dans c«s locutions négatives ou interrogatives : Je n'en puis mais. En puis-je mais? Ce mot entre en composition dans désormais^ jamais, ,
b) Les adverbes simples suivants sont dérivés d'adverbes latins formés d'adjectifs neutres en e : bien (Iiene), mal (maie), loin (longe), tard (tarde).
c) Il y a d'autres adverlx'S simples qui sont formés d'adjectifs employés au neutre., comme vrai, faux, juste, clair, chaud, net, fort, bas, haut, court, tnenu, vite, exprès, /in, ferme, bon, etc., dans: Cette fleur sent bon, il parle haut, etc.
d) Quclc|ues-uns de nos adverbes sont composés et formés d'adverbes latins renforcés par une préposition placée en tête : demain [de mane, de bon matin), d'où lendetnain = l'endemain, souvent (subinde), assez (ad satis), ensemble (in siniul), dehors, etc. Cette catégorie comprend en outre les adverbes dessus, desaous, dedanSf etc., qui iiulivfois s'employaient aussi comme prépositions.
e) Quelques adverbes sont composés du substantifs précédés d'adjectifs, de noms de nouibi'e indéfinis ou de propositions : longtemps, toujours (tous les jours)^ autrefois, parfois, quelquefois [fois du latin vice), toutefois, dans l'ancien français toutes voies, de voie (d'où voyage), qui avait aussi le sens de fois, etc.
f) Certains adverbes sont formés de phrases entières, comme naguère pour il n'y a guère [guère, beaucoup, §8i). Peut-être est formé de cette manière.
3. Les adverbes dérivés en tnent sont surtout des adverbes de manière. Ils sont formés au moyen du suffixe mentj ajouté à la forme féminine des adjectifs: prompt, prompte^ment*^ franc^ franche-ment] sage, sage-ment] nouveau ^oxxr nouvel, nouvellement.