FORMATION DES ADVERBES
Cette règle souffi'e les exceptions suivantes :
a) Quand l'adverbe est formé d'un adjectif terminé par une voyelle sonore, on supprime le e du féminin : polij poU-ment^ et on le remplace dans les mots suivants par un accent circonflexe : assidu y continu, cnf, dû (fém. dy£i),f/(ti, nu, résolu, qui font assidâirLentf etc. L'Académie donne f/ahnenf et gaiement.
b) Dans les adjectifs suivants, le e muet du féminin devient sonore et prend l'accent aigu : commun, confu.% diffus^ crp-ès, imimiun, obscur, précis, profonde aveugle, conwwde, conforme^ énorme, opimâtre, uniforme, qui font communé-im&oX^ aveuglément (aveuglement est substantif), *etc. Impuni fait de même impunément. Gentil fait gentiment,
(?) Dans les adjectifs en ent ou ant, l'adverbe se forme immédiatement du masculin par la suppression du t et l'assimilation du n au m de ment: rident, r/o/emxnent; courant. courBJOCLrnent. Sont exceptés lent, présent, véhément, qui suivent la règle générale.
Les adverbes de manière dérivés d'adjectife expriment des idées, tandis que tous les autres adverbes sont de simples mots de rappoH marquant les relations de l'action à la personne qui parle.
Les suflîxes latins 6, ter, qui sennicnt à former les <iilvorbi*s^ ont disparu parce qu*ils n'étaient pas accentués, et le français a formé un nouveau suffixe de Tablatif du substantif werM (Ame, esprit), qui avait pris chez les écrivains de VEmpire le sens de manière^ façon. Cet ablatif mente joint à un adjectif an féminin a donné r.'tdveri)e français vn 7nent: honente-menie, honnêle-meni.
On a vu que, dans Taticien français, les adjectifs ({ui avaient en latin une soûle terminaison pour les deux genres, n*en avaient aussi qu'une en français : fortis, grandis, legalis, vilia, formèrent fort, grand, loî/aU vil, qui servirent poui' le féminin tout aussi bien que pour le masculin (($ 701. Aussi, dans les anciens adverl)es de manière, formés dt« adjectifs »ie cette sorte, le suffixe ment n'est-il jamais précédé du e muet, caractéristique ordinaire du féminin. Ou disait fortment, grandment, loyalment, vilment. Dans la dernière moitié du XiV« siècle, lorsque les tendances de régularisation des formes gramniaticuU^ euivnt fait ajouter un e muet au féminin de ces sortes d'adjectifs, les mêmes tendances lirent adopter les nouvelles formes féminines dans la composition des adverbes de manière. On eut aIoi*s pour le féminin forte, grande, loyale, vile, dont on forma les adverbes fortement, grandement, loyalemetU, vilement. Toutefois, il nous est i-t^sté quelques traces de l'ancien usage., nous disons gentiment et non pas gentillement, et l'on vient de voir ipie les adjectifs en ent et en ant, qui étaient autrefois du nombre de ceux qui avaient les deux genres semblables, ne prennent pas le e muet devant le suffixe adverbial ment; ainsi patient fait patiemment v.i non pas patientement.
4. Les locutions adverbiales sont formées d'adjectifs ou de substantifs précédés de Tune des prépositions de, à, en, /xrr, sur, comme d'abord, de côté, à présent, à droite, à to)i, à la fin, en face, fxtr hasard, peu à peu, coup sur coup, etc.