COMPOSITION AVEC DES ADVERBES
faire, bien-dire, bien-être; bénir (de benedicere) est entièrement verbe, ainsi que le dérivé bénéficier. Les composés nominanx sont plus nombreux : bienveiUant (== bienveuillant, § 112), biendisant, bienfai^tU, d'où bienfaisance, bienfait, d'où bienfaiteur* bienheureux, bienséant, d'où bienséunce, bienvenu, d'où (la) bietij venue, bienrotdu (aussi écrit en deux mots : bien voulu); bietUâtj adverbe. Mots savants: bénédidion, bénéfice, d'où bénéficier, bénévole.
Bien faire et bien dire, quoique pris substantivement, sVcrivent aussi sans trait d'union : Le bien faire vaut mieux que le bien dire (Ac). Bienvenir f verbe, n'est usité qu'à l'infinitif dans cette locution : se faire bienvenir de quelqu'un (Ac.)
3. Mal, du lat. nude, particule séparable, a donné plus de composés que son contraire bien. Les composés avec mal sont : a) quelques verbes de formation ancienne : waMrf/V^ (maledîcere), tnalfaire (employé seulement à l'infinitif), ou nouvelle : maugréer, malmener, maltraiter, mai verser; b) un beaucoup plus grand nombre d'adjectifs et quelques substantifs: malade (dans la vieille langue malate, de maie aptus), d'où maladie, maussade (maie sapidus), malotru (de maie astrutus, né sous un astre défavorable), midingre (de l'anc. heingre, qui est le latin aegrum, malade), malveillant (= malveuillant, § 112), d'où tnalveillance^ malaisé (dans tnalaise, mal est adjectif), maladroit, d'où midadresse, malappris, malentendu, malfamé, malhabile, malhonnête, d'où malhonnêteté, malséant, malpropre, d'où malp'opreté, mal^in^ etc. ; mal-en-polnt, adv. ; mal-jugé, mal-être, subst. Mots savants : malédiction, maléfice, malévole,
4. Mes (jné devant une consonne autre que s), particule inséparable dont la signification est péjorative et qui foime surtout des verbes : v. fr. mescheoir (du lat. minu^^i cadere, proprement mal tomber, avoir mauvaise chance), d'où méchaM; mésallier, mésoffrir, mésuser, mcsseoir; mécrolre, médire, méfaire, se méfier^ mépriser, etc. ; — substantifs et adjectifs : mésaventure, méchef, mésintelligence, mégarde, etc. ; mécontent, mécréant, etc.
Ce préfixe ne vient pas de l'allemand miss, mais du latin minus, pris dans le sens de moins bien, c'est-à-dire pas très bien, étymologie qui est confirmée par la forme ancienne du préfixe français et par sa forme dans les autres lant^ues romanes: le latin minuê-pretiare&e\\ei\{ enesp. menos-preciar^en port, ^nenosprezar, en prov. mens-prezar, en fr. uiespriser ou mépriser. Mais, si cette étymologie est à l'abri' de contestation, il faut admctb-e d'un autre côté que la multiplicité des composés romans avec mes s'est produite sous l'influence de la particule germanique.
5. Pen, du latin pacne, presque, n'existe que dans des mots d'origine savante: 2^^/î//i5?f/e (formation populaire : presqu'île), pénombre,